C’est le 15 avril 1941 qu’Edgar Jacobs est présenté par son ami d’enfance Jacques Van Melkebeke à Hergé, à l’occasion de la représentation de « Tintin et Milou aux Indes » au théâtre des Galeries, à Bruxelles : une pièce écrite par Hergé et Van Melkebeke. Cette rencontre marque le début d’une longue et fructueuse amitié entre le dessinateur des aventures du déjà célèbre Tintin et l’imposant baryton devenu dessinateur par nécessité. Au fil de cet ouvrage passionnant, Éric Verhoest revient sur les trois décennies au cours desquelles les deux maîtres de la ligne claire se sont livrés à un amical duel. Jacobs, et plus encore Hergé, ont fait l’objet d’une multitude d’ouvrages (1) ; celui-ci est le premier réunissant les destins croisés de ces deux géants de la bande dessinée belge.
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Artiste aux multiples facettes, Philippe Druillet est un ogre qui, depuis plus de 50 ans, dévore ses passions à belles dents. Visionnaire ayant bousculé de son trait puissant plusieurs générations de lecteurs, il a marqué et marquera encore pour longtemps de son empreinte la bande dessinée de science-fiction qui s’endormait alors. Après avoir valorisé ses œuvres les plus emblématiques, les éditions Glénat réunissent, en un seul pavé, ses travaux moins connus restés dans l’ombre.
Tout a commencé avec « Lone Sloane », pas celui publié par Pilote,mais son prédécesseur édité en bichromie par Éric Losfeld en 1966. Ces planches mythiques du « Mystère des abîmes » nous sont proposées dans leur version d’origine,
avec en prime les couvertures des rééditions et les reprises de deux courtes aventures de Lone Sloane : « Saint Naufrage des extases » (un récit datant 1966 écrit par Michel Demuth) et « Nova » (publié dans le premier numéro de Pilote mensuel en 1974).
La seconde partie rend hommage à Lovecraft : romancier culte que Philippe Druillet considère comme son premier maître (le second étant René Goscinny).
Reprise des illustrations réalisées pour « Démons et merveilles » chez Opta en 1976, de couvertures d’ouvrages et de dessins…
Une trentaine d’histoires courtes réalisées au cours des années 1970 composent la troisième partie.
Ce sont des récits complets parus pour la plupart dans les mensuels Pilote et Métal hurlant : « Le Garage à vélos », « Danse », « Noce », « Blob : », « Duel », « Agorn »…
Place ensuite aux histoires écrites par Philippe Druillet pour d’autres dessinateurs : réédition de « Firaz et la ville fleur » dessiné par l’étonnant Monsieur Picotto paru chez Dargaud en 1980,
suivi par « Le Mage Acrylic » édité en 1982 aux Humanoïdes associés mis en image par Serge Bihannic qui, l’album terminé, a complètement disparu du monde de la bande dessinée.
Et pour conclure, quelques collaborations fugitives avec divers auteurs : « Les Aventures d’Yrris » avec l’immense Alexis dans Métal hurlant en 1975, « La Reine noire » une histoire imaginée par Marcel Gotlib illustrée par Philippe Druillet… enfin « Quatre pour conclure », exercice à quatre mains réunissant Gotlib et Druillet paru dans les pages de Fluide glacialen 1978.
Au total un bel et conséquent ouvrage de 368 pages en noir et en couleurs : du pur bonheur avec, en prime, les commentaires non dénués d’humour de l’auteur.
Cet album est une version enrichie de « Mirages » publié en 1976 et 1980 aux Humanoïdes associés, réédité en 1985 par Dargaud : une remise à jour complète de qualité accompagnée de raretés inédites.
Voilà une occasion unique pour découvrir Philippe Druillet sous un angle nouveau, avec une facette pas toujours connue de son riche univers.
Noël approche, c’est une belle idée de cadeau à se procurer chez nos amis les libraires, bien entendu !
Henri FILIPPINI
« Mirages et folies augmentées » par Philippe Druillet
Éditions Glénat (35 €) — EAN : 9 782 3440 3799 7






















Immense créateur ce Philippe là! Et bien « pillé » par les américains… Mais c’était bon signe, on ne prend que chez les très grands!