Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...L’ironie des espoirs… de Boucq : désarmant !
Après plusieurs albums beaucoup plus classiques en matière de bande dessinée, l’inclassable François Boucq livre ici un OVNI. Cet album contient tous les genres, dans un mélange hétéroclite de gags, de récits BD plus ou moins longs, de dessins de presse, d’illustrations et de parodies. Le tout se présente sous l’angle d’un comique ironique, voire féroce, tirant à vue sur les bizarreries et l’absurde de notre époque, dictateurs compris !

D’abord présenté en temps de Covid dans un livre numérique (« Comic-Boucq » n° 1, 2020) chez le même éditeur, l’ensemble demeure inédit et augmenté en papier, à l’exception de quelques extraits parus dans Le Monde.
On y croise bien sûr Jérôme Moucherot, le personnage fétiche de Boucq, des clins d’œil (y compris à la BD), de fausses annonces et publicités, pour des charges parfois féroces, dans le style caricatural et vif qu’on lui connaît.
Un album vraiment à part.
Le ton sans concession, critique et loufoque, le rapproche de « Portrait de la France » (toujours aux Éditions i, 2017), dont il est une sorte de prolongement, mais avec plus de dessins libres, parodiques et « gratuits »… et donc moins de BD.
Ces dernières sont, elles aussi, très diverses, variables en longueur d’une à quelques pages : nous pourrons y voir le reflet d’une inspiration immédiate, d’une confection spontanée, autant que des exercices personnels.
Parfois constituées d’une seule planche, les BD présentées utilisent souvent Moucherot, comme cette histoire qui le trouve aux prises avec un animal étrange et malfaisant, incarnant une force du mal, dans une atmosphère déjantée et baignée de dialogues complètement fous.
Cette histoire-ci, qui est la plus longue avec sa trentaine de pages, n’est composée que de deux cases par page.
Une autre BD, plus courte, mais de forme plus classique avec ses planches en couleurs, vient illustrer le thème des forces du mal dans un quotidien absurde, nourri de dialogues virant à l’abscons…
Des textes hilarants, grinçants, ironiques, émaillent ce livre, sous la forme de fausses affiches, annonces, publicités, slogans, signés François Boucq, Vanessa Duhamel et l’éditeur Jean Annestay.
Tout cela constitue, avec les dessins humoristiques et les planches, un ensemble de 120 pages volontairement foutraque, sans hiérarchie et provocateur.
Un album atypique, réservé d’abord aux fans et aux amateurs mordus du dessinateur.
Patrick BOUSTER
« Forces du mal à (re)vendre » par François Boucq
Éditions I (24,90 €) – EAN : 978-27650-08-9


















