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	<title>BDzoom.com &#187; Cecil McKinley</title>
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		<title>« Mr. Punch » par Dave McKean et Neil Gaiman</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Apr 2017 23:01:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour mon dernier article publié sur <em>BDzoom.com</em>, j’ai naturellement choisi de parler de mes deux chouchous du monde des comics, les immenses Neil Gaiman et Dave McKean (à qui je dois la quasi-moitié de mon pseudonyme). La réédition de leur « Mr. Punch » est l’occasion rêvée de se pencher à nouveau sur le travail de ce magnifique duo, car cette œuvre est l’une de leurs plus belles collaborations, épuisée depuis bientôt une quinzaine d’années en France (deux tirages chez Reporter en 1997 et 2003). Un voyage profond et troublant dans les méandres des souvenirs d’enfance, entre mémoire et fantasmes, mis en images par un Dave McKean hautement inspiré et talentueux. Superbe...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-0.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-114187" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-0.jpg" alt="" width="156" height="227" /></a>Lorsque « Mr. Punch » est sorti chez Vertigo en 1994, Gaiman et McKean n’en étaient pas à leur premier coup d’éclat ensemble, loin de là, puisqu’ils avaient déjà réalisé « Violent Cases » en 1987, « Black Orchid » en 1988-89, « Signal to Noise » en 1989, sans parler de leur collaboration sur « Sandman » cette même année. Bref : que des chefs-d’œuvre. Très énervant. En 1994, Gaiman aborde l’avant-dernière ligne droite de « Sandman », avec deux derniers volumes à venir de la série régulière, et notre homme travaille beaucoup. Mais cela fait déjà quelque temps qu’il n’a pas collaboré « pleinement » avec McKean : certes, les couvertures de ce dernier pour « Sandman » sont si géniales qu’elles en sont devenues une institution, mais nos deux compères ont encore besoin et envie de se lancer dans l’aventure commune d’un vrai récit de bande dessinée, dans une narration séquentielle en osmose, comme ils savent si bien le faire. Et quel autre sujet que l’enfance saurait mieux rassembler et inspirer ces deux auteurs et artistes qui savent combien on ne peut pas devenir adulte si l’on abandonne l’enfant qu’on a été&#8230; ?</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-1.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114182" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-1.jpg" alt="" width="550" height="742" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Les cheminements de la mémoire et de l’enfance, du rapport au rêve et à la réalité des adultes, sont quintessentiels de l’œuvre de Gaiman, on a pu le constater à d’innombrables reprises à travers ses comics, ses romans, son théâtre ou ses enregistrements&#8230; Il retrouve en cela la poétique de McKean qui ne cesse d’expérimenter les différents passages de la vie à travers des kaléidoscopes de techniques mixtes, complémentaires, visions aussi incarnées qu’irréelles. Pas étonnant que ces deux-là, maîtres des faux-semblants afin de mieux révéler la réalité enfouie des choses, se soient à ce point entendus et rejoints en osmose dans tant de créations belles et intelligentes. « Mr. Punch » ne fait pas exception, œuvre du souvenir, de l’identité, du fantasque, du questionnement de l’être. Un homme se souvient de son enfance&#8230; cette période où il venait de traverser l’âge de raison. Ses parents l’avaient envoyé chez ses grands-parents le temps que sa petite sœur naisse. Une fin d’été froide, et l’ennui qui s’installe&#8230; mais aussi un castelet, sur la plage, où se jouaient des représentations de « Punch et Judy »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-2.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114183" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-2.jpg" alt="" width="550" height="742" /></a></p>
<p style="text-align: justify">« Punch et Judy », c’est un peu l’équivalent (en un peu plus trash) de notre « Guignol » au Royaume-Uni ; un spectacle de marionnettes assez féroce censé sensibiliser les enfants au bien et au mal&#8230; Mr. Punch est un effroyable nabot qui tue tout le monde ou presque autour de lui (son bébé qu’il balance par la fenêtre, sa femme qu’il trucide, etc.) en hurlant des « C’est comme ça qu’il faut faire ! ». Inspiré de la commedia dell’arte (Punch et Judy sont des transpositions de Pulcinello et Joan), apparu au XVII<sup>e</sup> siècle, ce théâtre cruel pour enfants perça en Angleterre en 1840, le personnage de Punch donnant même son nom au fameux journal satirique qui naquit l’année suivante (et où apparurent des prémisses de la bande dessinée !). On sait combien Neil Gaiman est viscéralement attaché au patrimoine, aux contes traditionnels et à la culture populaire de son pays, de la troupe itinérante de Shakespeare à la pop music en passant par Dickens ou les légendes au coin du feu. Le théâtre de « Punch et Judy » lui donne un terreau de choix pour nous parler du folklore de l’enfance anglaise, entre deux mondes, avec ses mystères et ses histoires plus ou moins obscures&#8230; Certes, l’enfance telle que la décrit Gaiman est universelle, avec ses peurs, ses incompréhensions, son imaginaire, mais il y a aussi là un très bel hommage à tout ce que la Grande-Bretagne a légué de si pittoresque à ses enfants (la qualité de leurs livres jeunesse, souvent mythiques, depuis toujours, en témoigne&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-3.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114184" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-3.jpg" alt="" width="550" height="742" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Nous plongeons donc ici dans les méandres de la mémoire d’un homme qui cherche à mieux comprendre ce qu’il a vécu étant enfant ainsi que la personnalité de ceux qui l’entouraient à l’époque&#8230; Mais nous ne suivons pas vraiment un fil, nous découvrons différentes bribes d’une même période selon des associations de faits, de sentiments. Comme le fait dire Gaiman au protagoniste : « Le chemin de la mémoire est sinueux et périlleux, et nous ne l’empruntons pas sans risques. Il est plus facile de faire de courts trajets dans le passé, par des souvenirs en miniature, en jouant de petits spectacles dans sa tête. » Et de conclure malicieusement : « C’est comme ça qu’il faut faire. » Et c’est comme ça que le narrateur fait, nous entraînant dans des successions de zones de flou, d’ombres, de choses incomprises à l’époque, de paroles qui reviennent en écho, de révélations, avec le terrible Mr. Punch qui scande régulièrement sa folie. Dès lors, une cartographie du sensible et de l’être se fait jour, petit à petit, sans apporter forcément de réponses, mais éclairant en tout cas toute la complexité de l’existence des adultes au travers des yeux d’un enfant&#8230; On retrouve ici toute la profondeur et l’intelligence de Gaiman qui ne cherche pas à tout disséquer et expliquer, préférant exprimer les choses en tenant compte de leur potentiel d’inconnu – et de la force même de cet inconnu sur notre imaginaire, nos croyances quotidiennes&#8230; Cette humilité paradoxalement très imaginative de Gaiman l’amène à chaque fois à la justesse&#8230; car si les choses n’ont pas été plus définies, elles résonnent néanmoins plus clairement en notre for intérieur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-4.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114185" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-4.jpg" alt="" width="550" height="742" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Nous avons donc affaire à du très bon Gaiman, à la fois tendre et terrorisant, poétique et cru, mystérieux et fascinant. Mais la fascination devient totale avec les images créées par Dave McKean, alors à l’un des sommets de son style polymorphe, pluridisciplinaire&#8230; orchestre visuel à lui seul. De bout en bout, c’est une merveille de sensibilité artistique, de liberté créatrice, d’inventivité prégnante. Outre les dessins à l’encre et les peintures (ou les deux mêlés), McKean utilise la photographie (en tant qu’image en soi qu’il retravaille, ou comme moyen de restituer ses compositions faites d’objets épars), mais aussi les superpositions de matières, le collage, et même la création de vraies marionnettes qu’il anime, met en scène et photographie pour recréer des scènes de théâtre&#8230; L’ambiance générale, faite d’alternances de tons rompus et de couleurs criardes, de visions incertaines et de dessins francs, ouvre de nombreuses voies de ressenti de l’œuvre, épousant parfaitement le propos de Gaiman. Tout n’y est que beauté et mystère, nous ramenant pourtant à nos angoisses indicibles venues de loin, une « tragédie comique » ou une « comédie tragique », comme le dit le sous-titre&#8230; Un beau conte pour adultes.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-5.jpg" rel="lightbox[114181]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114186" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Mr-Punch-5.jpg" alt="" width="550" height="742" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>PS : Voilà&#8230; Comme je l’ai dit en introduction, ceci est ma dernière chronique pour </em>BDzoom.com<em>, après 11 ans de loyaux services et près de 600 articles&#8230; Je voudrais vous remercier, chers lecteurs et chères lectrices qui m’avez lu ici, assidûment ou sporadiquement, depuis peu ou depuis longtemps, et vous dire que je n’ai eu qu’une idée en tête depuis le premier <a href="https://www.pokerisivut.com/forum/viewtopic.php?t=15478&amp;start=150#p231843">article</a> : vous donner envie de découvrir et de lire des ouvrages beaux et intéressants ; le reste importe peu. Je remercie évidemment Laurent Turpin et Gilles Ratier ainsi que tous mes collègues de </em>BDzoom.com<em> qui ont supporté mes interminables articles, et au moment où j’écris ces lignes j’ai une pensée très particulière et très intense et profonde pour mon ami Claude Moliterni, qui m’avait chaleureusement invité à rejoindre l’équipe </em>BDzoom<em> en 2006 pour écrire sur les comics, et auquel je pense si souvent, et qui me manque tant&#8230; toujours autant. Enfin, je souhaite la bienvenue à Franck Guigue qui prend la relève de cette rubrique « Comic Books » dès samedi prochain ; je suis sûr qu’il vous fera lui aussi découvrir de très chouettes albums ! Bon, bah&#8230; faut y aller, là, hein&#8230; Allez, je vous fous enfin la paix ! Et bonnes lectures ! Ne cessez jamais de lire !</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Mr. Punch » par Dave McKean et Neil Gaiman</strong></p>
<p style="text-align: justify">Éditions Urban Comics (14,00€) – ISBN : 979-1-0268-1118-3</p>
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		<title>« Sous les bombes sans la guerre » par L.L. de Mars</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Apr 2017 10:32:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[« Sous les bombes sans la guerre » est l’un des albums les plus puissants, bouleversants, beaux et impressionnants que j’aie lus depuis bien longtemps. À la fois témoignage et expérience, c’est une œuvre aussi brute que subtile, aussi magnifique qu’emplie de terreur et de tristesse, un terrain libre où l’humain et la création s’interpénètrent douloureusement – mais nécessairement. Exutoire artistique d’un dessinateur qui est terrassé par le décès de son père, travail de mémoire sur la lignée des valeurs transmises par <em>L’Humanité</em> et <em>Pif</em>, cri de rage face à la mort tout autant que remise en question de ce qu’est son propre art, cet album est un lieu rare où l’expression d’un créateur se fait vérité – au détriment absurde des normes qu’on a tous fini par accepter – avec ses fulgurances et ses errances telles qu’elles doivent exister. Sublime sur le fond comme sur la forme, contenu et contenant, car de surcroît les éditions Tanibis ont fait ça bien (pléonasme).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-0.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-114028" title="Sous les bombes 0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-0.jpg" alt="" width="165" height="227" /></a>Étant donné le parcours et la production protéiforme et frontale de L.L. de Mars (fondateur du « Terrier », l’un des premiers websites artistiques français où arts plastiques, musique et littérature se côtoient librement ; chantre du Copyleft et penseur d’une réforme de la politique éditoriale et artistique ; artiste pluridisciplinaire mais aussi pamphlétaire engagé&#8230;), cet album – vu sa nature – ne pouvait pas être anodin, ni même « normal ». Avant de parler du fond, avant même de commencer à lire l’album, on est déjà interloqué par l’objet en lui-même, beau et mystérieux. À l’instar d’un Chris Ware, L.L. de Mars a envisagé chaque cm<sup>2</sup> de son album comme un espace de création. 52 pages en quadrichromie, en grand format (24 x 33 cm), avec sa jaquette brillante dont les découpes font apparaître un dessin noir et charbonneux, sur papier mat granuleux&#8230; Il y a là une invitation à envisager dès le départ cet album selon une autre manière de lire, d’aborder une création, le livre n’étant plus un emballage mais un médium à part entière de l’œuvre, cette couverture dépliable en panoramique nous faisant accéder à son verso où une suite de cases introduisent le propos de l’album, nous révélant dans le même temps la couverture en noir et blanc dont nous n’avions vu que quelques parcelles&#8230; Ce premier déploiement de papier est donc aussi un déploiement de l’œuvre, une introduction pudique – utilisant l’art du livre – à la tragédie qui se joue ici et qui ne se dévoile pas « comme ça »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-1.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114029" title="Sous les bombes 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-1.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette suite de cases qui subissent par endroits les découpes de la jaquette (le dessin s’y désagrégeant ou les cases devenant noires, exprimant ce qui ne peut plus l’être ou installant un silence entre deux paroles), l’auteur se confie à nous, intimement mais crûment. La mort de son père l’a tellement atteint qu’il pense ne plus savoir dessiner, que toute velléité de créer, de tracer un trait, est devenue aussi vaine qu’inaccessible. Quand la mort frappe ses proches, comment continuer à dessiner ? Pourquoi continuer ? Que dessiner ? Dans quel but ? Et qu’est-ce qu’on crée tout court ? L.L. de Mars ne le sait plus, mais il a tout de même essayé, du fond de sa douleur, de son néant, et le résultat se trouve dans cet album. Un album si riche et complexe que moi aussi j’ai l’impression de ne plus savoir écrire, tant je ne sais par quel bout l’aborder&#8230; car il y a quelque chose de très impressionnant, dans ces pages ; la charge émotionnelle se fait tellement sentir dans chaque trait, chaque coup de pinceau, que l’empathie envers cette terrible réalité s’impose avant tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-3.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114031" title="Sous les bombes 3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-3.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Quoi que cet album puisse être, je pense qu’il ne faut pas chercher à le définir, à le catégoriser, justement, car il n’y en a nul besoin, ce n’est qu’un réflexe, et surtout il ne se présente pas comme étant autre chose que ce qu’il est : un terrain de création, une déflagration de soi, l’art dans ce qu’il a de plus brut et nécessaire, organique, vital, se foutant de ce qui se fait ou pas, et de comment on doit le dire. Pour autant, ce n’est pas un chaos ni un foutoir, plutôt une incursion dans la mémoire créatrice et filiale de ce dessinateur dans le désarroi, tentant de se réapproprier son art alors que ce décès le submerge&#8230; Et parce qu’on n’est pas dans la « BD témoignage » à la mode et superficielle mais bien dans le p&#8230; de vrai témoignage viscéral sans filtre, ça remet aussi un peu d’humain dans un paysage culturel où la biographie est trop souvent devenue un produit, un gimmick, une apparence, une réputation. Ici, on revient à l’humain de la manière la plus substantielle qui soit ; à la Bacon&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-2.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114030" title="Sous les bombes 2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-2.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous en étions à cette couverture granuleuse en noir et blanc révélée sous la jaquette&#8230; Une illustration superbe, onirique, tragique, dernier sas avant la plongée dans le cœur de l’œuvre. Il ne sera pas question ici d’un récit de faits mais d’un récit d’émotion. D’une suite d’émotions. La narration n’y est donc pas linéaire ou chronologique, mais plutôt fragmentaire, aléatoire, nous faisant plus comprendre l’essence d’un ressenti, d’un souvenir (et accéder ainsi au sens qu’a tout cela) que nous relatant des événements selon la forme d’un journal intime. Les séquences se complètent plus qu’elles ne se succèdent, créant une œuvre labyrinthique, à l’image des chemins que prend la souffrance malgré le rempart de l’esprit. Cet album est un espace en soi, et non une suite de pages. La parole y est quasi absente, inaudible ou absconse, et l’image se déploie selon différents visages : compositions libres, peintures, planches de bande dessinée, strips, images narratives&#8230; C’est un flot de traits, de couleurs, qui résonnent comme autant de larmes et de cris, de silence et de néant, de colère sourde. On ne peut qu’être ému face à la vérité créatrice qui surgit de chaque touche, de chaque trait. C’est déchirant. Vraiment.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-5.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114032" title="Sous les bombes 5" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-5.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour donner un visage à cet événement dramatique, L.L. de Mars a choisi la pudeur au sein de cette déflagration. Et c’est ici qu’intervient une ramification qui rattache cette œuvre à l’histoire de la bande dessinée. En effet, le père de l’auteur, en tant que militant communiste, vendait le journal <em>L’Humanité</em> sur les marchés (en compagnie de son propre père : une vraie histoire de famille !), et L.L. de Mars, enfant, fut donc abonné durant de longues années à <em>Pif</em>, une lecture dont il gardera toujours l’éthique humaniste et engagée. Dans cet album, L.L. de Mars se dessine sous les traits de Pif le chien, tandis que son père revêt les traits de Top, transposition de la filiation à travers ces deux personnages majeurs créés par José Cabrero Arnal. Pif, tout le monde le connaît, apparu en 1948 dans la revue <em>Vaillant</em>. Mais avant lui, il y avait eu Top, créé en 1935 en Espagne pour le magazine <em>TBO</em>. Précurseur de Pif, Top finit par être considéré comme son père génétique avec le temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-4.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114033" title="Sous les bombes 4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-4.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de ces incarnations fictionnelles, l’auteur transforme certaines séquences mythiques de ces deux bandes dessinées en les tordant sous le sceau de sa tragédie. Pour Top, il y a ces séquences spectaculaires où il se faisait piquer par des moustiques géants, où il maigrissait tant dans sa geôle qu’il pouvait s’échapper de ses chaînes&#8230; Pour Pif, le gag de la truffe allongée se transforme en longue coulure angoissante, et il ne fuit plus seulement la colère d’un boucher mais bien cet espace de mort étouffante&#8230; De même, dès la première page, on voit Top tomber de l’espace du rêve puis de son lit, s’éveillant en sursaut, tout comme à la fin de ses aventures en 1935, en hommage au <em>Little Nemo</em> de McCay. Par moments, d’autres figures de l’univers de Pif surgissent, mais là aussi, César, Agathe, Doudou ou Placid et Muzo voient leur image dégradée, s’étioler, se désagréger : c’est bien tout cet univers qui est en train de mourir dans le cœur, l’âme et le ventre de l’auteur alors qu’il accompagne l’agonie de son père&#8230; Restent la rétine et la main.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-6.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114034" title="Sous les bombes 6" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-6.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a du cartoon et du <em>Guernica</em>, dans cet album intense et cruel – la figure du cheval apparaît çà et là. « Sous les bombes sans la guerre » : les bombes ne sont plus celles de la Guerre d’Espagne vécue par Arnal avant de se réfugier en France au début de la seconde guerre mondiale, avant de créer Pif après la libération, lui l’antifasciste, mais bien celles des métastases qui font parfois de la vie finissante un champ de bataille. La maladie, l’hôpital, la mort&#8230; et puis la respiration à retrouver après le chaos. Plus qu’un album, « Sous les bombes sans la guerre » est un acte d’art et de vie contre la mort qui engendre de très grandes émotions chez le lecteur. Si vous ne trouvez pas cet ouvrage chez votre libraire à cause de son tirage limité (façonnage particulier et artisanal du livre oblige), n’hésitez pas à le lui commander, à l’exiger, à faire un scandale en toute amitié jusqu’à ce que vous l’obteniez. Et un grand bravo à Claude Amauger (éditeur impeccable et passionné qui se cache trop timidement derrière Tanibis) pour ce nouvel acte éditorial que notre monde trop réactionnaire reconnaîtra un jour d’utilité publique sans l’avoir compris à temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-7.jpg" rel="lightbox[114027]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-114035" title="Sous les bombes 7" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Sous-les-bombes-7.jpg" alt="" width="550" height="756" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Sous les bombes sans la guerre » par L.L. de Mars</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Tanibis (16,00€) – ISBN : 978-2-84841-039-5</p>
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		<title>« Judge Dredd : Démocratie » par Colin MacNeil et John Wagner</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 23:01:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[En cette veille d’élections, je ne résiste pas au plaisir ni à la nécessité de vous parler de cet album « Judge Dredd » dont les trois récits qui le constituent se penchent sur les thèmes ô combien importants de la démocratie et du totalitarisme dans l’univers terrifiant créé par Wagner dès le début de <em>2000 AD</em> il y a déjà de cela... 40 ans. Trois histoires où le talent et la complexité de cet auteur extraordinaire nous étreignent frontalement. À vos urnes !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-0.jpg" rel="lightbox[113814]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-113818" title="Judge Dredd Democratie 0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-0.jpg" alt="" width="178" height="227" /></a>Les trois histoires réunies dans ce volume sont parues respectivement en 1990 (<em>America</em>), 2004 (<em>Terror</em>) et 2014 (<em>Mega-City Confidential</em>) : c’est-à-dire qu’une décennie au minimum les sépare les unes des autres, démontrant combien le thème du combat entre démocratie et totalitarisme reste l’un des fondamentaux régulièrement abordés de l’univers de « Judge Dredd ». J’aimerais ne pas revenir là-dessus, car on peut espérer que la chose soit maintenant bien comprise et admise, mais « Judge Dredd » est le contraire d’un comic réactionnaire et violent ; c’est au contraire une œuvre humaniste militante mais qui prend le parti de nous faire exploser quelques réalités en pleine tronche afin de bien nous rappeler que rien n’est acquis (ok, parfois ça perturbe, mais faut encaisser le choc et bien comprendre ce que Wagner est en train de nous dire). « Judge Dredd » est rarement une lecture confortable, et le lecteur y est hautement sollicité en termes de réflexion et d’éthique. C’est bien. C’est comme ça qu’on devient intelligent, en faisant marcher ses neurones, et non pas en recevant notre porridge attendu et adoré. Mais si Wagner nous bouscule, il ne le fait pas sans amour non plus, car cet homme profondément révolté n’a pas son pareil pour faire vibrer notre fibre humaine au sein d’un festival d’atrocités morales, de sales blagues et de violences en tous genres. Les deux premiers récits de cet album nous le prouvent&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-1.jpg" rel="lightbox[113814]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113815" title="Judge Dredd Democratie 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-1.jpg" alt="" width="550" height="831" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>America</em> et <em>Terror</em> sont deux histoires d’amour fortes et justes, dont le caractère pourrait paraître classique (archétype éternel de l’amour impossible) mais dont Wagner tire une dramaturgie plus ample. Car si la personnalité des amants est bien sûr à prendre en compte, leur destinée commune se retrouve entravée par la nature du système dans lequel ils vivent, évoluent, et donc&#8230; aiment. La société ultra-surveillée des Juges, avec sa Loi omnipotente qui brise quiconque n’y prête pas allégeance, sécuritaire au point que le choix entre liberté et justice se pose d’emblée en chaque chose, est-elle réellement apte à engendrer une vie ou chacun puisse se sentir libre d’aimer ? Rien n’est moins sûr, car dans le monde de Judge Dredd, on n’a pas d’autre choix que de devoir choisir son camp. « America », c’est le prénom de l’héroïne qui a décidé de combattre la société des Juges aux côtés des Démocrates, dont la faction active et violente « Guerre Totale » multiplie les attentats : tout un symbole&#8230; Bennett Beeny, lui, est un chansonnier qui a réussi en acceptant les règles du jeu, ne regrettant pas la perte de sa liberté au vu de ses revenus. Comment, alors, America et Bennett pourraient-ils bien s’aimer ? Et si oui, l’éthique sera-t-il plus fort que l’amour ? <em>America</em> n’est pas n’importe quelle histoire, puisqu’elle fut publiée dans le tout premier numéro de <em>Judge Dredd Megazine</em> en 1990, une revue créée pour justement mieux creuser certaines facettes de « Judge Dredd » de manière plus resserrée et adulte. Dans <em>Terror</em>, c’est un autre couple que nous voyons être dans l’incapacité de pouvoir s’aimer : Sonny est un terroriste de « Guerre Totale » qui finit par renoncer à sa cause après avoir sauvé une certaine Zondra d’un attentat. Mais le reste du mouvement va-t-il accepter son choix ? Évidemment, l’étau va se resserrer autour de nos deux amants&#8230; Cet angle amoureux qu’utilise Wagner pour mieux parler d’un sujet politique effroyable n’est pas la moindre qualité de ces récits poignants.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-2.jpg" rel="lightbox[113814]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113816" title="Judge Dredd Democratie 2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-2.jpg" alt="" width="550" height="831" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, <em>Mega-City Confidential</em> nous parle de la possibilité ou non de contester, de dénoncer et de rendre public des dysfonctionnements violents – et souvent savamment cachés – des puissances au pouvoir. Autrement dit, un récit sur le statut des lanceurs d’alerte au sein d’un monde sécuritaire et déviant. Erika Easterhouse travaille dans un département secret du Grand Hall de la Justice et découvre que les projets et actions de cette section portent grandement atteinte à la vie privée du peuple. Mais trouvera-t-elle des personnes qui soient assez courageuses et impliquées dans le combat démocratique pour que l’affreuse vérité éclate au grand jour ? Ces terribles histoires font gravement écho avec notre monde contemporain, la science-fiction d’hier étant malheureusement souvent la réalité d’aujourd’hui&#8230; L’ensemble de l’album est dessiné par Colin MacNeil dont on admirera ici le talent chromatique, notamment dans les deux premiers récits qui – entre crayons et peinture – proscrivent le cerné noir au profit de modelés aux couleurs intenses. Après avoir lu ce « Judge Dredd », vous ne pourrez plus ignorer combien il est important de défendre et de participer à la démocratie afin de faire reculer l’obscurantisme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-3.jpg" rel="lightbox[113814]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113817" title="Judge Dredd Democratie 3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Judge-Dredd-Democratie-3.jpg" alt="" width="550" height="831" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Judge Dredd : Démocratie » par Colin MacNeil et John Wagner</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Delirium (25,00€) – ISBN : 979-10-90916-33-3</p>
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		<title>« Strange Fruit » par J.G. Jones et Mark Waid</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Apr 2017 23:01:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[« Strange Fruit », au départ, c’est le titre d’un morceau de jazz chanté par l’immense Billie Holiday à partir de 1939. Pas n’importe quel morceau, puisqu’il est considéré par beaucoup comme l’acte de naissance de la chanson contestataire, rien de moins. « Southern trees bear a strange fruit, Blood on the leaves and blood at the root, Black bodies swinging in the southern breeze, Strange fruit hanging from the poplar trees. » (« Les arbres du Sud portent un fruit étrange, Du sang sur les feuilles et du sang aux racines, Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud, Un fruit étrange suspendu aux peupliers. ») : terrible texte sur les pendaisons infligées aux Noirs américains par une population blanche raciste que Holiday chantait à la fin de chacun de ses concerts, car selon elle « cela permet de faire la différence entre les gens bien et les imbéciles ». Il en va de même avec ce « Strange Fruit » de Waid et Jones qui aborde de manière assez subtile la place accordée aux Noirs dans les comics super-héroïques, mais non sans puissance évocatrice, étrange récit qui résonne comme une révolte sourde, lucide mais quelque peu amère...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-0.jpg" rel="lightbox[113502]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-113503" title="001_057STRANGEFRUIT01.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-0.jpg" alt="" width="150" height="227" /></a>Et si le « premier vrai super-héros » apparu en Amérique n’avait pas été blanc, en 1938, mais noir, en 1927 ? Eh oui, après tout, pourquoi pas ? Mais les comics – comme toute chose en ce bas monde – ne sont que le reflet du visage de notre société et de ce qui a fondé son histoire, avec sa mémoire collective et ses propres mythes et fantasmes. À une époque où la culture blanche colonisatrice avait établi sa puissance aux quatre coins du globe, difficile alors de voir les Noirs occuper une autre place dans la bande dessinée que celle de « bon sauvage », « faire-valoir » ou « compagnon magique » du héros blanc, traités avec une condescendance plus ou moins affichée ou assumée. Je parle ici de super-héros récurrents qui ont pu avoir une vie de papier digne de ce nom, et non d’avatars déviants créés dans l’urgence le temps d’un bouche-trou de 8 pages non réitéré ou presque. Dans les sixties, le changement vient de chez Marvel. Avant Le Faucon créé en 1969 comme co-équipier à part entière de Captain America alors que la culture noire se faisait de plus en plus prégnante aux USA, il y eut le pionnier du Silver Age, j’ai nommé T’Challa, La Panthère Noire, créé en 1966 dans « Fantastic Four » (la même année que la naissance du mouvement « Black Power ») ; dès le départ, T’Challa n’a pas été un « sous-super-héros noir » : c’est un roi, puissant, à la tête d’un peuple doté de très haute technologie (merci Kirby, et ce ne sera pas ta seule contribution en ce sens). Malgré tout, jusqu’à aujourd’hui, peu de super-héros noirs ont eu droit à l’ampleur du traitement ultra-majoritaire des blancs. Alors bien sûr, on pourra néanmoins citer Luke Cage (qui sous son alias Power Man est le premier super-héros noir à avoir droit à son propre titre en 1972), Tornade, Blade (côté DC, ouille, c’est pauvre&#8230; Tyroc ?), et il y a aussi les indépendants (« Spawn »), moins frileux&#8230; mais sinon, rien de révolutionnaire, et certainement pas cette contre-offensive assez idiote de discrimination positive via les adaptations cinématographiques où des acteurs noirs finissent par remplacer d’historiques visages pâles de papier (tout ça sent le rattrapage mâtiné d’opportunités mercantiles&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-1.jpg" rel="lightbox[113502]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113504" title="001_057STRANGEFRUIT01.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-1.jpg" alt="" width="550" height="830" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Alors bien sûr, il faudrait étayer le propos, mais en synthèse, on ne pourra que constater combien les Noirs ont aussi été discriminés dans l’univers des comics super-héroïques. Contre cela, que faire ? Certainement pas remplacer un super-héros blanc par un acteur noir à l’écran, mais créer de vrais beaux super-héros noirs, plutôt, non ? Mais difficile de réagir sans risquer de verser dans le caricatural, la stigmatisation malheureuse par défaut, ou la revanche contre-productive&#8230; la marge de manœuvre est plus ténue qu’il y paraît. Avec « Strange Fruit », Mark Waid a trouvé un angle qui se révèle aussi pertinent qu’intelligent au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture, évitant l’étalage de surpuissance tout autant qu’un certain sensationnalisme militant. Il ne nous propose pas une grande épopée avec un super-héros noir tellement classe que les super-héros blancs feraient profil bas, ni n’a créé un super-héros noir surmusclé et surmilitant ou encore une nouvelle idole en devenir ayant bientôt sa propre série&#8230; Waid a préféré travailler en creux afin de faire se révéler à travers la trame de son récit et la nature de son héros (un super-héros noir et muet) la discrimination faite aux super-héros noirs dans les comics. Il est là, mais n’a ni nom ni identité, et ne prononce jamais un mot. Son arrivée sur Terre et le peu de temps qu’il y aura passé auront été autant sensationnels que discrets puis bientôt oubliés&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-2.jpg" rel="lightbox[113502]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113505" title="001_057STRANGEFRUIT01.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-2.jpg" alt="" width="550" height="830" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que Waid a mis les pieds dans le plat, en faisant apparaître ce premier super-héros noir (et premier super-héros tout court) en Louisiane, en 1927&#8230; Comment pourrait réagir cette population blanche et colonialiste, animée par la haine et le racisme, autrement que par la violence face à un être supérieur dont la couleur de peau est celle de ceux qu’ils ont toujours traités en inférieurs ? Mais le grand péril vient avant tout de la crue historique du Mississippi qui menace d’engloutir d’innombrables habitations. Face à cela, ce surhomme énigmatique tombé du ciel serait-il finalement une aide et non un danger ? Tout au long du récit, nous assistons aux différentes façons dont réagissent les gens devant cette nouvelle donne raciale alors que la menace gronde. La suffisance hautaine des puissants et la hargne assassine des populations de race blanche se heurte à l’humilité résignée des populations de race noire, avec entre elles deux quelques électrons libres et bienveillants. Le contexte est réaliste, l’action est simple, se déployant sur la longueur plutôt que dans une accumulation de ramifications. Il en découle un temps assez lent, comme si ce temps s’était parfois arrêté, afin que l’on se focalise entièrement sur l’apparition de ce personnage, sur son mystère, sa puissance&#8230; son silence. Nous n’embarquons pas dans un feu d’artifice d’action et de super-vilains, nous sommes dans le monde des hommes, et quelque chose d’irréel se passe&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-3.jpg" rel="lightbox[113502]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113506" title="Strange Fruit 3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-3.jpg" alt="" width="550" height="830" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le style peint réaliste de J.G. Jones convient évidemment parfaitement à ce récit poignant où l’expression des visages est primordiale. Son aquarelle est assez lumineuse et contrastée, « bizarrement » plutôt froide alors que la restitution de la chaleur moite de la Louisiane tendrait plutôt à l’inverse (mais ne serait-ce pas non plus une manière d’instaurer aussi une atmosphère propice à la méditation et au recueillement ?). Même si cette histoire singulière se déroule sur une centaine de pages, la temporalité particulière, l’angle resserré de l’action et le dénouement final abrupt nous plongent dans une drôle de sensation, entre tristesse, regret et inachevé, c’est-à-dire exactement ce qu’espérait exprimer Waid quant à la prise en compte des minorités dans les comics&#8230; On l’aura compris, « Strange Fruit » est un comic intelligent, subtil, profond, qui continue à résonner en nous bien après l’avoir refermé.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-4.jpg" rel="lightbox[113502]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113507" title="Strange Fruit 4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Strange-Fruit-4.jpg" alt="" width="550" height="835" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Strange Fruit » par J.G. Jones et Mark Waid</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Delcourt (15,95€) – ISBN : 978-2-7560-9185-3</p>
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		<title>« Dans l’ombre de la peur » par Josh Neufeld et Michael Keller</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 23:01:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous qui êtes en train de lire ces lignes, chers internautes, je pense que vous avez bien conscience que nous ne sommes pas seuls, là, maintenant et ici même, vous et moi. En nous connectant à <em>BDzoom.com</em> (moi pour écrire et vous pour lire), nous avons tissé un fil dans les ramifications de nos habitudes sur la Toile, tous nos déplacement numériques étant autant de traces que des entreprises privées et autres grands groupes collectent pour s’en servir à des fins commerciales. Mais tout ceci n’est pas une finalité dans le processus : ce n’en est même que le début, et la suite pourrait bien atteindre dangereusement le respect de nos vies privées mais aussi de notre environnement socio-économique. Voilà bien ce que nous décrivent Keller et Neufeld dans cet ouvrage aussi concis qu’efficace et... nécessaire !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-0.jpg" rel="lightbox[113220]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-113224" title="Ombre peur 0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-0.jpg" alt="" width="128" height="198" /></a>Chroniquer cet album me pousse à féliciter à nouveau les éditions Çà &amp; là pour leur rigueur passionnée et l’intelligence de leur ligne éditoriale, témoignant d’une éthique impeccable. Je pense notamment à un album comme le « Freedom Hospital » d’Hamid Sulaiman (racontant les débuts de la guerre en Syrie) et à leurs bandes dessinées documentaires qui nous proposent un travail de vulgarisation exemplaire quant à des sujets ô combien importants. Je pense bien sûr aussi aux ouvrages du brillantissime Darryl Cunningham que publient en France ces éditions, nous rendant bien plus intelligents (sa BD sur les dangers du néolibéralisme est remarquable, cliquez sur ce lien pour lire l’article que je lui avais consacrée en 2015 : <a href="http://bdzoom.com/?p=80360">http://bdzoom.com/?p=80360</a>) ! « Dans l’ombre de la peur » s’inscrit très logiquement dans la cette lignée de ces « bandes dessinées pédagogiques et engagées », nous permettant de bien mieux appréhender ce nouveau problème de la préservation de nos vies privées à l’heure où nos données personnelles deviennent des marchandises via le Net. Et l’heure tourne, et apparemment il y aurait urgence à réagir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-1.jpg" rel="lightbox[113220]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113221" title="Ombre peur 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-1.jpg" alt="" width="550" height="764" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le dessinateur Josh Neufeld n’en est pas à sa première bande dessinée documentaire, puisqu’en 2014 Çà &amp; là avaient déjà publié « La Machine à influencer » (avec Brooke Gladstone au scénario) qui disséquait nos relations à l’information à travers une histoire des médias et de ses ramifications complexes avec le pouvoir, ainsi que l’évolution des pratiques journalistiques. Cette fois-ci, avec le journaliste Michael Keller, il participe à un véritable petit manifeste pour la défense de nos droits numériques ; « petit », car l’ouvrage est volontairement concis, une cinquantaine de pages seulement, mais « grand » par l’étendue de la réflexion qu’il nous propose de développer nous-mêmes. Sous-titré « Le Big Data et nous », il nous présente de manière factuelle mais non dénuée de critique quelle est l’origine du problème, où nous en sommes aujourd’hui, et ce qui risque de se passer si les choses continuent d’évoluer ainsi ; à avoir un monde qui peut faire froid dans le dos, digne des romans de SF dystopiques les plus glaçants : une humanité qui aurait cédé toutes ses libertés individuelles pour avoir accès à la consommation et dont chaque comportement serait enregistré et utilisé à des fins économiques et sociales, nous transformant <em>in fine</em> en marchandises. Toute l’importance de cet ouvrage réside dans cette prise de conscience à avoir dès maintenant, car les conséquences de ce que nous abordons pour l’instant comme une atteinte plus ou moins gênante pour notre vie privée pourraient bien s’avérer totalitaires au bout du compte. Eh oui. C’est tout sauf un petit problème ! Et malgré un ton qui évite le catastrophisme et la peur (au contraire, nous sommes dans la transmission et la bienveillance), le discours de Michael Keller est sans ambiguïté : de manière ferme, claire et précise, il nous prévient du monstre à venir. On ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenus&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-2.jpg" rel="lightbox[113220]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113222" title="Ombre peur 2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-2.jpg" alt="" width="550" height="764" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La scène inaugurale de l’album revient à cette réunion de 2004 passée assez inaperçue à l’époque mais dont les conséquences sont aujourd’hui considérables. La sénatrice Liz Figueroa y rencontra les cofondateurs de Google, avec Al Gore en médiateur. Mais ce fut un échec, la sénatrice n’ayant pas pu interdire à Gmail d’utiliser les données personnelles de ses utilisateurs à des fins commerciales. Comme elle le dit, Google a une définition du respect de la vie privée bien différente de la sienne&#8230; Aujourd’hui, nous en sommes à cette surveillance-traçabilité-utilisation de nos données, mais Keller va plus loin en nous donnant quelques exemples concrets d’un possible basculement dans la connexion totale et constante des êtres qui permettrait de spéculer financièrement sur la vie de chacun. Un danger notoire à la Big Brother, assez effrayant. Ainsi, l’auteur tente de nous faire comprendre combien notre propre attitude quant à ce que l’on concède ou non, à ce que l’on maintient ou non de notre dignité, de notre intimité, de notre être profond, est un enjeu fondamental dans ce problème. Il nous met en garde et nous réitère combien il est précieux de préserver son intégrité dans un monde prêt à tout – ou presque – pour nous influencer dans notre comportement quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-3.jpg" rel="lightbox[113220]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-113223" title="Ombre peur 3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/04/Ombre-peur-3.jpg" alt="" width="550" height="764" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Car l’autre facette primordiale de ce problème est une conséquence active de l’évolution numérique dans notre quotidien, notamment au sein des réseaux sociaux où beaucoup étalent leur vie. C’est la « théorie du dévoilement » : le fait de préserver son intimité et de ne pas participer à un événement numérique dit « fédérateur » entraînerait une suspicion de la part de tous ceux qui partagent tout ainsi que des diverses surveillances en place. Sur ce point précis, l’alerte lancée par Michael Keller en appelle à notre éthique et à notre responsabilité individuelle, au nom de tous, afin de revenir à des relations raisonnables car raisonnées. S’appuyant sur des entretiens avec des chercheurs, des universitaires et des utilisateurs d’Internet, le duo nous offre un terreau de réflexion que nous nous devons de prendre en compte. On aurait pu souhaiter que cet album creuse encore plus son sujet sur la longueur, mais finalement ce format court est une réussite, synthétisant la chose avec brio et ayant l’immense vertu de présenter exactement les questions que nous devons tous nous poser. Bravo !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Dans l’ombre de la peur » par Josh Neufeld et Michael Keller</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Çà &amp; là (14,50€) – ISBN : 978-2-36990-235-5</p>
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		<title>« L’Exécuteur T2 : La Confession » par Arthur Ranson et John Wagner</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Mar 2017 23:01:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un premier tome paru le printemps dernier, la trilogie « L’Exécuteur » de Wagner et Ranson s’épaissit d’un nouvel opus qui nous plonge plus avant dans le parcours d’Harry Exton, ancien mercenaire pris dans un jeu mortel. Toujours aussi rude et réaliste, implacable, ce deuxième tome ne baisse pas en intensité ni en sales types... Noir à souhait.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_0.jpg" rel="lightbox[112431]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-112435" title="Executeur 2_0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_0.jpg" alt="" width="152" height="198" /></a>Dans le premier tome, nous faisions connaissance avec Harry Exton (si vous prenez le train en marche, cliquez sur le lien suivant pour lire l’article que je lui avais consacré ici même : <a href="http://bdzoom.com/?p=100967">http://bdzoom.com/?p=100967</a>). On l’a vu avec Judge Dredd, les « héros » de John Wagner sont rarement de chouettes mecs, en tout cas personne que quiconque d’à peu près normal ait envie de côtoyer. Non pas qu’ils soient <em>absolument</em> mauvais, mais ils sont d’une radicalité stupéfiante, incarnant le totalitarisme du monde moderne, qu’il soit articulé ou subi. Ils ne sont pas là pour nous plaire mais pour nous faire réfléchir (et pourquoi pas agir), ils ne sont ni là pour qu’on s’identifie à eux ou qu’on soit dans un confort de lecture. Wagner n’est jamais dans le confort ; plutôt dans le crissement dérangeant, comme un sursaut salvateur qui devrait engendrer plus de courage et d’intelligence par-delà les pages de l’album. Avec « L’Exécuteur », le cynisme assassin des puissants est clairement dans la ligne de mire, sous-entendant qu’il ne faut pas s’étonner alors de voir leurs exécutants basculer eux aussi dans la folie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_1.jpg" rel="lightbox[112431]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112432" title="Executeur 2_1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_1.jpg" alt="" width="550" height="733" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le premier tome, donc, ce Harry Exton avait accepté de faire partie d’un « jeu mortel » où il serait l’exécutant d’une « voix », autrement dit d’un commanditaire qui le rémunérera s’il en réchappe. Des hommes, des armes, on secoue le tout et on parie. Jeu secret d’hommes de pouvoir gagnant ou perdant de l’argent selon que leur poulain sort vivant ou non de l’épreuve, mais où l’exécutant peut devenir « très riche&#8230; ou très mort ». Nous étions donc en Angleterre, et Exton semblait s’en être tiré vivant, au terme d’un récit où il dut aller jusqu’au bout de la logique du « jeu ». Avec ce deuxième tome, nous le retrouvons en Amérique. Un sénateur a décidé de faire de lui son nouvel exécutant, car le « jeu mortel » s’exporte bien, apparemment&#8230; À peine tiré d’affaire, Exton va donc replonger dans la spirale de la violence, avec au bout du chemin une confession qui pourrait bien bouleverser l’ordre (ou plutôt le désordre) des choses&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_2.jpg" rel="lightbox[112431]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112433" title="Executeur 2_2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_2.jpg" alt="" width="550" height="733" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">John Wagner continue de nous plonger frontalement dans l’articulation plus ou moins obscure de ces « petits jeux de riches » jonglant avec les vies humaines. Le « héros », quant à lui, se renforce dans ses actes de violence, donnant à ces puissants se croyant au-dessus de tout une réponse à la hauteur de leur cynisme plutôt qu’il ne s’affirme personnellement dans cette escalade. En allant au-delà de ce qu’ils escomptaient, Exton leur fait exploser leur saloperie à la figure ; on voit bien où Wagner veut en venir, dans un pamphlet ne supportant pas l’ambiguïté. Car on ne jouit pas de ce récit, on le suit avec effroi. La spirale semble inexorable, donnant à voir tout ce qui meurtrit notre humanité dans l’ombre. Avec son style réaliste, Ranson rend le propos encore plus âpre et perturbant. Vivement la suite, comme on dit !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_3.jpg" rel="lightbox[112431]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112434" title="Executeur 2_3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Executeur-2_3.jpg" alt="" width="550" height="733" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« L’Exécuteur T2 : La Confession » par Arthur Ranson et John Wagner</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Delirium (24,00€) – ISBN : 979-10-90916-32-6</p>
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		<title>« Les Solitaires » par Tim Lane</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Mar 2017 23:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec « Les Solitaires », Tim Lane nous invite à une plongée sans concession dans l’arrière-salle de l’Amérique, celle des laissés-pour-compte, des clochards, des marginaux, des excentriques, des miséreux, des illuminés, des loubards et autres déviants. Mais c’est aussi un panorama de ce qui a constitué la culture populaire américaine, entre polar, rock et beat generation...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-0.jpg" rel="lightbox[112136]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-112140" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-0.jpg" alt="" width="138" height="198" /></a>L’album est imposant, avec ses 300 <a href="https://www.pokerisivut.com/forum/viewtopic.php?t=15478&amp;start=150#p231843">page</a>s pleines à craquer. Et en le parcourant d’un premier regard, on se rend compte tout de suite combien nous avons affaire là à une œuvre kaléidoscopique, d’une grande richesse narrative et séquentielle. En effet, Tim Lane ne s’est pas contenté d’enquiller des récits dans une logique linéaire afin de faire dé<a href="https://www.pokerisivut.com/forum/viewtopic.php?t=15478&amp;start=150#p231843">file</a>r une simple galerie de portraits, ayant plutôt envisagé chaque parcelle de son ouvrage selon une identité narrative ou/et visuelle qui lui est propre. Ainsi, nous trouverons ici des bandes dessinées « classiques » plus ou moins longues, mais aussi d’autres où des pavés de textes viennent s’intercaler entre les cases, des photos légendées ou non, des illustrations pleine page maquettées comme pour un magazine, des cut-out (figurines en papier à découper, coller et monter), des pages dépliables rappelant celles des vieux journaux illustrés, des paroles de chansons, des extraits de faux vieux fanzines, des fiches « techniques », des croquis, de la prose pure (ou parfois illustrée), et encore d’autres compositions&#8230; Ce visage polymorphe – qui n’entame en rien la cohérence générale de l’album, au contraire, c’est même cela qui lui donne son identité si particulière – procure d’emblée un haut plaisir de lecteur et d’esthète.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-1.jpg" rel="lightbox[112136]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112137" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-1.jpg" alt="" width="550" height="739" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Car qui plus est, le dessin de Lane est vraiment très très chouette, oscillant entre Kirchner et Burns, avec même un clin d’œil à Eisner dans le récit « Spike ». Un noir et blanc impeccable où l’à-plat franc et massif des masses alterne avec l’art pluriel de la hachure. Le réalisme blafard de Lane colle parfaitement à la destinée tragique de chacun de ses anti-héros, avec des contrastes forts qui théâtralisent comme il se doit l’angoisse, la déprime, la peur, la solitude, ou encore le danger. Car au-delà de cette galerie d’orphelins, de clochards, de rockers, de bikers, de paumés, d’alcooliques et autres créatures en perdition, c’est bien de la violence humaine dont parle cet ouvrage. De la violence qui constitue aussi le visage de l’Amérique. Sûrement pas le plus reluisant, mais peut-être le plus authentique&#8230; Violence physique tout autant que morale qui traumatise, handicape, persécute, assassine&#8230; Violence aussi du manque, de la frustration, du vide ou de l’absurdité de l’existence, lorsqu’on subit sans réagir, qu’on se laisse entraîner, qu’on a définitivement baissé les bras ou qu’on en soit devenu fou. Misère sexuelle, misère économique, misère humaine&#8230; mais aussi quelques espoirs, parfois&#8230;</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-2.jpg" rel="lightbox[112136]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112138" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-2.jpg" alt="" width="550" height="745" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Vous l’aurez compris, non seulement on n’est pas là pour rigoler mais en plus la charge est intense, car les textes ne nous épargnent pas non plus. Nous ne sommes pas dans le larmoiement et le pathos facile, mais dans une crudité que n’aurait pas reniée Bukowski, à la fois frontale, brutale, mais aussi pleine de compassion et de passion pour tous ceux que la société à oubliés, mis de côté, ou qui s’y sont brûlés les ailes&#8230; Un album noir et poignant, porté par une certaine poésie désabusée.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-3.jpg" rel="lightbox[112136]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-112139" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Les-Solitaires-3.jpg" alt="" width="550" height="405" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Les Solitaires » par Tim Lane</strong></p>
<p style="text-align: justify">Éditions Delcourt (29,95€) – ISBN : 978-2-7560-3999-2</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Hellboy &amp; B.P.R.D. T2 : 1953 », collectif</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Mar 2017 09:28:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Les spin-of d’« Hellboy » continuent leur essor, consacrés à des personnages bien précis de cet univers (comme Abe Sapien ou Lobster Johnson), mais élargissant aussi la mythologie du héros en nous dévoilant en aval ce qu’il advient après sa mort (« Hellboy en enfer »), ainsi que ses débuts, en amont, avec ce « Hellboy &#038; B.P.R.D. » qui revient sur les premières missions effectuées par le Garçon de l’Enfer au sein de la fameuse organisation... Après un premier tome couvrant l’année 1952, voici donc ce qui s’est passé l’année suivante.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_0.jpg" rel="lightbox[111838]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-111842" title="001_067HELLBOYBPRD02.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_0.jpg" alt="" width="104" height="158" /></a>La première mission d’Hellboy au sein du B.P.R.D., en 1952, avait mené le groupe au Brésil où ils eurent affaire à de vilains nazis constituant une armée de supersoldats. Tout cela avait été remarquablement mis en image par Alex Maleev, on s’en souvient. Dans ce deuxième volume, nous assistons à trois missions effectuées au printemps et en hiver 1953, chacune étant dessinée par un artiste différent (Ben Stenbeck, Michael Walsh et Paolo Rivera). Côté scénario, John Arcudi a laissé la place à Chris Roberson pour la co-écriture du titre avec Mignola. Quant aux couleurs, nous retrouvons avec bonheur l’excellent Dave Stewart (qui arrive à faire péter le rouge d’Hellboy comme personne !). On sent donc qu’à l’instar des autres spin-of d’« Hellboy », ce titre est envisagé comme un terrain évolutif (co-scénaristes et dessinateurs différents) autour d’un noyau dur (co-scénario de Mignola et mise en couleurs de Stewart). Cette logique y est pour beaucoup dans la cohérence de l’ensemble des spin-of d’« Hellboy », sur le fond comme sur la forme, permettant une expansion qui n’émiette pas la masse de cet univers car constamment en lien avec ses diverses facettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_1.jpg" rel="lightbox[111838]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111839" title="001_067HELLBOYBPRD02.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_1.jpg" alt="" width="550" height="802" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les trois chapitres de cet album s’avèrent eux-mêmes assez différents dans leur rythme, leur narration, leur longueur. La première mission a lieu en Angleterre (où le drame final arrivera, quelques décennies plus tard) ; on devrait d’ailleurs plus parler de « mini-cycle » que de mission, puisqu’il s’agit de quatre histoires différentes où le professeur Bruttenholm et Hellboy vont être confrontés à des menaces surnaturelles puisant dans le folklore et l’histoire britanniques. Main coupée dans un manoir, enseigne de pub maudite, sorcière et kelpie sont au programme&#8230; La deuxième mission est plutôt courte, nous ramenant dans le Wyoming où des âmes errantes demandent une sépulture&#8230; Enfin, une troisième et plus longue mission dans le sud des États-Unis (vous remarquerez comme les couleurs sont moins gothiques qu’alentour, Stewart ayant su mettre Hellboy dans la lumière californienne sans le rendre moins sombre) nous plonge dans un joli délire qui devrait vous faire regarder les gentils toutous autrement, désormais&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_2.jpg" rel="lightbox[111838]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111840" title="001_067HELLBOYBPRD02.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_2.jpg" alt="" width="550" height="803" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La lecture de ce « Hellboy &amp; B.P.R.D. » est toujours aussi plaisante, car on y retrouve tout ce qu’on aime dans cet univers, notamment la personnalité du héros qui est ici dévoilée dans la fleur de l’âge, jeune homme infernal au tempérament assez impétueux qui donne tout ce qu’il a pour que le B.P.R.D. (et donc Bruttenholm, à qui Hellboy est très lié) soit fier de lui et le garde à ses côtés. Horreur, sentiments et pincées d’humour sont encore au rendez-vous, donc !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_3.jpg" rel="lightbox[111838]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111841" title="001_067HELLBOYBPRD02.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Hellboy-BPRD-2_3.jpg" alt="" width="550" height="807" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Hellboy &amp; B.P.R.D. T2 : 1953 », collectif</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Delcourt (15,95€) – ISBN : 978-2-7560-8661-3</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Cul de Sac » T2 par Richard Thompson</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/111628/comic-books/%c2%ab-cul-de-sac-%c2%bb-t2-par-richard-thompson/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Mar 2017 23:01:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que Richard Thompson nous a quitté prématurément il y a seulement quelques mois, le deuxième volume de l’intégrale VF de « Cul de Sac » est récemment sorti... Cela rend le plaisir de cette lecture quelque peu cruel, et l’on se dit une nouvelle fois que la vie est trop souvent injuste... mais la trace perdure grâce aux éditeurs et aux lecteurs, vieux processus plein d’avenir grâce auquel les œuvres traversent les générations et leurs auteurs restent toujours vivants dans la mémoire des gens... Dans son joli format à l’italienne, ce pavé de plus de 350 pages nous propose les strips parus entre le 1er décembre 2008 et le 1er août 2010. Toujours aussi brillants.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_0.jpg" rel="lightbox[111628]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-111633" title="Cul de sac 2_0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_0.jpg" alt="" width="142" height="176" /></a>En mai dernier, lors de la sortie du premier volume de « Cul de Sac » chez Urban Comics, j’avais fini mon article ainsi : « Alors, bien sûr, et c’est terrible, mais c’est pourtant la réalité, on se doit de parler de l’auteur, Richard Thompson, qui a dû arrêter de dessiner en 2012 à cause de la maladie de Parkinson, rendant impossible l’exercice du dessin dans ce qu’il implique de sérénité physique nécessaire à l’inscription d’un style, de son identité et de son évolution&#8230; Peut-être que si l’on invoque la Grande Citrouille, Thompson pourra un jour redessiner ? Ça se tente&#8230; En tout cas, on lui souhaite tout le meilleur du monde, et aussi des miracles et de la volonté, et du soutien et de l’amour, car il ne faut jamais désespérer de rien, tout peut arriver, comme dans les bandes dessinées qui ne sont que le reflet de nos vies. » Bien sûr, à l’époque, je ne me doutais pas que Richard Thompson décéderait seulement quelques semaines après, le 27 juillet 2016, suite à des complications dues à sa maladie&#8230; Cette belle intégrale VF de « Cul de Sac » se poursuit donc maintenant de manière posthume, ce qui est bien triste&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_1.jpg" rel="lightbox[111628]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111629" title="Cul de sac 2_1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_1.jpg" alt="" width="550" height="203" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Bill Watterson, grand admirateur de Richard Thompson et de « Cul de Sac » (wouah, la classe !), avait participé à l’ouvrage collectif « Team Cul de Sac : Cartoonists Draw the Line at Parkinson’s » dont les bénéfices ont été reversés à la fondation de l’acteur Michael J. Fox contre la maladie de Parkinson. Nul doute que le décès de Thompson a dû grandement peiner l’auteur de « Calvin &amp; Hobbes »&#8230; On trouvera en introduction la préface que Watterson écrivit pour le premier volume US de cette intégrale, dans laquelle il ne tarit pas d’éloges sur le fond comme sur la forme. Et c’est vrai que – outre l’esprit tout en finesse et efficace de l’auteur – le style graphique de celui-ci est remarquable, ce deuxième volume en est la preuve à d’innombrables reprises. Watterson définit très bien ce style qui réside en un « subtil mélange d’approximation désinvolte, de brouillon grossier et de grâce cartoonesque à l’état pur ». La très drôle préface de Mo Willems confirme tout cela en disant que « Richard Thompson n’est pas l’ami des dessinateurs jaloux ». Car il y a de quoi être jaloux, oh oui&#8230; !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_2.jpg" rel="lightbox[111628]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111630" title="Cul de sac 2_2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_2.jpg" alt="" width="550" height="204" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait passer des heures à reluquer telle ou telle case, tel ou tel personnage, et jouir indéfiniment de cette incroyable puissance du trait, à la fois brut et sensible, l’ensemble donnant l’impression que rien n’est figé et que tous les traits sont permis à partir du moment où ils inscrivent quelque chose de la réalité décrite, entre force et nuance, folie et sérieux. Il y a une précision et une liberté dingues, ici, ce qui n’est pas le moindre des mariages difficiles&#8230; Moi qui déteste les bagnoles, je ne peux que rester pantois d’admiration et ressentir un profond plaisir devant les automobiles de Thompson, véhicules-jouets où le conducteur est contorsionné pour pouvoir y entrer, se renversant ou tournoyant au moindre mouvement ; leur design aux proportions fantasmées sont de pures merveilles visuelles. Dans ce deuxième tome, on sent que Thompson – qui pourtant semble très vigilant quant au cadre de cette œuvre – s’autorise un peu plus de fantaisie, avec des cases parfois plus grandes, ou bien de plus en plus de représentations de l’imaginaire des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_3.jpg" rel="lightbox[111628]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111631" title="Cul de sac 2_3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_3.jpg" alt="" width="550" height="291" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le seul petit regret est que Thompson ait abandonné l’aquarelle des débuts en ce qui concerne les strips du dimanche (couleurs numériques dès septembre 2007), mais bon, ses strips en noir et blanc sont si puissants graphiquement et émotionnellement ! C’est si beau ! « Cul de Sac » est assurément l’un des grands comic strips américains modernes, à l’instar de « Calvin &amp; Hobbes » et de « Mutts ». À découvrir d’urgence si ce n’est déjà fait, car le strip est un art tombé en désuétude et dont les joyaux se sont raréfiés&#8230; mais des œuvres comme « Cul de Sac » confirment que le genre n’est pas mort, loin de là&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_4.jpg" rel="lightbox[111628]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111632" title="Cul de sac 2_4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/03/Cul-de-sac-2_4.jpg" alt="" width="550" height="203" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Cul de Sac » T2 par Richard Thompson</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Urban Comics (22,50€) – ISBN : 978-2-3657-7922-7</p>
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		<title>« Le Quatrième Monde » T3 par Jack Kirby</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Feb 2017 23:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecil McKinley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec ce troisième tome, nous abordons la seconde moitié de cette première édition intégrale du « Quatrième Monde » de Kirby en France. Jusqu’ici, le vide éditorial fut tel que chaque nouveau volume est considéré par certains comme une bénédiction, et le fait d’en être à l’avant-dernière étape, enfin, déjà, est très satisfaisant – voire carrément excitant ! Avec le prochain et dernier volume, cette intégrale ne sera plus un rêve mais bien une réalité. En attendant, voici quelques mots sur le présent volume...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_0.jpg" rel="lightbox[111269]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-111275" title="Le Quatrieme Monde 3_0" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_0.jpg" alt="" width="148" height="227" /></a>Au stade où nous en sommes, Kirby écrit et dessine les quatre séries du « Quatrième Monde » depuis environ un an et demi (« Superman’s Pal : Jimmy Olsen » ayant débuté à l’automne 1970 et les autres séries au printemps 1971). Cet album contient les numéros publiés entre février et août 1972. Tandis que sa contribution à « Superman’s Pal : Jimmy Olsen » se terminera au numéro daté d’avril 1972, ses trois séries les plus barrées en sont donc à peu près au 7<sup>ème</sup> numéro et s’arrêteront plus tard mais avant terme (« New Gods » en octobre 1972 et « Forever people » en novembre 1972, tous deux au numéro 11, alors que « Mister Miracle », lui, aura droit à 18 numéros jusqu’en mars 1974). Une période un peu compliquée, donc, car même si Kirby ne pouvait savoir jusqu’à quand il pourrait continuer cette gigantesque aventure éditoriale, il devait ne pas s’éparpiller tout en maintenant l’excitation afin de ne pas perdre ses lecteurs dans un contexte général de moins en moins facile pour ce genre d’expérience&#8230; paradoxalement ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_1.jpg" rel="lightbox[111269]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111270" title="Le Quatrieme Monde 3_1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_1.jpg" alt="" width="550" height="745" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute que Kirby ne fut pas déçu – au contraire – d’arrêter de travailler sur « Superman’s Pal : Jimmy Olsen » (dont vous lirez donc ici les derniers épisodes réalisés par le King), car même s’il y mit ce qu’il put en relation avec la cosmogonie flamboyante des autres titres de sa tétralogie, cette série apparaît toujours comme l’élément hétérogène de la multi-saga, sans parler de ces retouches imposées par DC en ce qui concerne les personnages de Jimmy et Superman, dénaturant insidieusement la nature visuelle de l’œuvre en offrant des physiques trop lisses au sein du décorum surpuissant et de la force brute du King. Quant au reste&#8230; Kirby réussit tout de même à engendrer de pures merveilles malgré le rythme de parution et la somme de travail qu’il fournit depuis des mois, se perdant un peu parfois dans le maelström de sa propre création plurielle et ses ramifications séquentielles, mais faisant toujours autant preuve de volonté et d’imagination pour déployer des spectacles inoubliables. Ainsi, ce volume contient deux des épisodes préférés de Kirby : surtout « Le Pacte », mais aussi « Turpin la Terreur défie la mort ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Quatrieme-Monde-3_2.jpg" rel="lightbox[111269]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111274" title="Quatrieme Monde 3_2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Quatrieme-Monde-3_2.jpg" alt="" width="397" height="603" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est vrai que « Le Pacte » est un sacré épisode&#8230; Débutant sur une scène idyllique où l’on voit les Néo-Dieux Izaya et son épouse Avia vivre un amour champêtre, ce récit bascule de plus en plus dans l’horreur de la guerre, avec des séquences visuelles d’une grande puissance, violentes, chaos d’énergie pure et fracas de la force du trait unis dans un opéra hautement tragique. Le terreau même d’où naîtra Orion&#8230; dont nous voyons le vrai visage apparaître dans l’épisode « Turpin la Terreur défie la mort » précité. Alors, certes, Kirby est fluctuant dans sa folie créatrice tentaculaire et ô combien ambitieuse, et l’on pourra même être agacés par certains dialogues des Petits Rapporteurs, mais il y a tant de richesses qui transcendent l’ensemble ! Parmi les fulgurances graphiques cosmico-pop-tellurico-mythologiques du King, on admirera effectivement encore bien des bijoux&#8230; La sauvagerie brute d’un Jimmy Olsen devenu un hominidé dégénéré, le glamour d’une M<sup>elle</sup> Terry Dean ou bien sûr de l’éblouissante Belle Rêveuse, l’animalité qui explose sur des visages emplis de fureur, les doubles pages traversées par l’énergie à la fois cosmique et artistique où le spectacle est total, les technologies fascinantes car incarnées par le graphisme pur, et tout ce qui fait que l’on aime Kirby&#8230; Vivement le quatrième et dernier tome !!!</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_3.jpg" rel="lightbox[111269]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-111272" title="Le Quatrieme Monde 3_3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/02/Le-Quatrieme-Monde-3_3.jpg" alt="" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cecil McKINLEY</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le Quatrième Monde » T3 par Jack Kirby</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Urban Comics (35,00€) – ISBN : 979-1-0268-1036-0</p>
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