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	<title>BDzoom.com &#187; Franck Guigue</title>
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		<title>« DC The New Frontier » : l’écrin tant attendu d’une œuvre fédératrice&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Dec 2019 22:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[L'année 2019 s'achève dans un fracas nucléaire, provoqué par la réédition attendue d'un des plus grands titres DC de ces 20 dernières années. Marvel n'a qu'à bien se tenir : l'artillerie lourde est de sortie. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-1_3.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-150370" title="New-frontier-1_3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-1_3-555x853.jpg" alt="" width="555" height="853" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/brave-and-the-bold-28.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-150373" title="brave-and-the-bold-28" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/brave-and-the-bold-28-150x223.jpg" alt="" width="150" height="223" /></a>Parler de « New Frontier », c&#8217;est faire un voyage dans le temps, à la jonction du <em>Golden Age</em> et du <em>Silver Age</em> de l&#8217;univers DC comics. Darwyn Cooke, en fan des auteurs cultes historiques de la maison d&#8217;édition, qui a vu passer tant de soldats perdus, de pilotes de chasse, des challengers de l&#8217;inconnu, d&#8217;espion martien, d&#8217;amazones, de lanternes vertes, de bolides rouges, de super homme et d&#8217;autres (super) héros de toute trempe, s&#8217;est offert le culot de retracer en six épisodes, de 2004 à 2006, l&#8217;histoire improbable les liant tous, jusqu&#8217;à la formation de la Ligue de Justice et son premier épisode (<em>The Brave and the Bold</em> n° 28 &#8211; février-mars 1960), à lire dans « Justice League Anthologie » (Urban comics, octobre 2017). Dans une continuité respectant les évènements historiques réels, dont cette quête de la Nouvelle frontière chère au président John Fidgerald Kennedy <strong>(1)</strong>, il décrit les évènements militaires secrets liés aux années cinquante, ayant amené à la conquête spatiale, et aborde l&#8217;arrivée de nouveaux (super) héros, au prisme du changement d&#8217;époque : les années soixante.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-Special.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-150371" title="New-frontier-Special" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-Special-555x853.jpg" alt="" width="555" height="853" /></a>Si on avait déjà pu se régaler de ce récit, très bien écrit, par un auteur passionné au style graphique rappelant les années cinquante parfaitement adaptées, lors de la publication en France de trois comics chez Panini entre 2005 et 2006, il faut bien sûr noter que celui-ci a rapidement acquis un statut culte, et a valu un  Eisner Award à son créateur en 2015. Darwyn Cooke, ayant développé d&#8217;autres belles œuvres depuis, dont son « Parker » (4 tomes 2010-2014 chez Dargaud), est néanmoins décédé en 2016, laissant un vide au sein de la communauté, ressentie par beaucoup de fans, et une patte, que d&#8217;aucuns revendiquent depuis, comme une sorte d&#8217;hommage.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/DC-THE-NEW-FRONTIER_343.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-150372" title="DC-THE-NEW-FRONTIER_343" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/DC-THE-NEW-FRONTIER_343-555x848.jpg" alt="" width="555" height="848" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/JLA-NF-special.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-150374" title="JLA-NF-special" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/JLA-NF-special-150x230.jpg" alt="" width="150" height="230" /></a>La série ayant déjà fait l&#8217;objet d&#8217;une première intégrale en 2006 aux États-Unis a cependant bénéficié d&#8217;une édition cartonnée augmentée en juin 2016 (rééditée ce mois de février 2019 aux États-Unis), objet de cette traduction, par Jérôme Wicky. Il s’agit d’un must pour tout amateur de DC, de la Justice League, mais aussi pour tous celles et ceux qui affectionnent les années 1950, la science-fiction, et le polar, puisque Darwyn Cooke a su restituer cette ambiance de l&#8217;Amérique d&#8217;alors, en lui insufflant ce côté T<em>hriller</em> et aventure, si marqué dans l&#8217;ADN de l&#8217;éditeur. Les citations et clins d&#8217;œil sont nombreux, et suffisent à eux seuls à créer un jeu de piste distrayant, au sein d&#8217;une histoire passionnante. Ajoutez à cela un bonus exceptionnel, de plus de 130 pages, constitué de couvertures, de croquis, de dessins inédits, de cases annotées avec références graphiques issues de comics antérieurs, plus le « JLA New Frontier Special » n°1 <strong>(2)</strong> et un dossier complet sur le dessin animé tiré du comics, et vous obtenez l&#8217;édition ultime en français de cet incontournable. Jamais Darwyn Cooke n&#8217;a bénéficié d&#8217;un tel écrin mettant autant son talent en valeur. Un classique à ne pas manquer !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-Flash-chp-8.jpg" rel="lightbox[150367]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-150375" title="New-frontier-Flash-chp-8" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/New-frontier-Flash-chp-8-555x561.jpg" alt="" width="555" height="561" /></a>Franck GUIGUE</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« DC The New Frontier » par Darwyn Cooke</strong><br />
Éditions Urban Comics (35 €) &#8211; ISBN : 9791026817154</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1)</strong> <a href=" http://sebastien-philippe-laurens.com/2018/12/john-f.kennedy-et-la-new-frontier-ou-l-ouverture-d-une-nouvelle-ere.html" target="_blank">John F. Kennedy et la « New Frontier », ou l’ouverture d’une nouvelle ère par Sébastien-Philippe LAURENS le 12 Décembre 2018.</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(2)</strong> Un numéro spécial édité à l&#8217;occasion de la sortie du film animé, réalisé par David Bullock, contenant trois séquences : «  Superman contre Batman » (D. Cooke/D. Cooke), « Graine de justice, avec Robin le prodige » (D. Cooke  au scénario, David Bullock au dessin, Michael Cho à l&#8217;encrage), « Wonder Woman et Black Canary » (D. Cooke  au scénario, J. Bone au dessin, traduction par Nick Meylaender.)</p>
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		<title>« Batman the Dailies T1 : 1943-1944 »  : une certaine folie à l&#8217;ancienne&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Dec 2019 23:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[« Batman the Dailies T1 : 1943-1944 » est un recueil très joliment présenté dans un format à l’italienne cartonné assez luxueux. Il conclut, dans le domaine de la réédition, une année 2019 particulièrement riche en publications autour de Batman : 80 ans obligent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102543.jpg" rel="lightbox[149928]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149930" title="102543" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102543-555x170.jpg" alt="" width="555" height="170" /></a>En 1943, alors que Batman existe maintenant depuis 4 ans, grâce aux bandes publiées dans <em>Detective Comics </em>(n° 27 de mai 1939), et possède son propre titre depuis le mois d’avril 1940, l’idée de lancer des bandes quotidiennes se fait jour. Ce seront les éditions McClure Newspaper Syndicate qui s’en chargeront, du 25 octobre 1943 à 1946, puis le Ledger Syndicate (1966–1972) et enfin le Creators Syndicate de 1989 à 1991. Introduits par les textes originaux de l’édition américaine de 2007 (Kitchen Sink Press, DC comics) &#8211; traducteur différent, inconnu -, sur 10 pages, les <em>strips</em>, édités aujourd’hui dans un noir et blanc de belle qualité, nettoyés, ont été originellement publiés à l’époque de la sortie du premier <em>serial</em> à la télévision, de notre homme chauve-souris. Une époque qu’il faut bien sûr replacer dans son contexte, dans laquelle Alfred, le fameux majordome, vient juste d’être introduit, et où Bob Kane était encore en grande partie responsable des crayonnés, encrés ici par Charles Paris.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102643.jpg" rel="lightbox[149928]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149931" title="102643" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102643-555x165.jpg" alt="" width="555" height="165" /></a>Les scénarii, quant à eux, sont d’abord signés Bill Finger («Introduction »,« Une affaire qui roule », « Le Saboteur fantôme », « Les Crimes symboliques du Joker »), puis Don Cameron (« Le Gang de Renard argenté ») et Alvin Schwartz (alias Vernon Woodrum) pour « Escroquerie à l’héritage », dernière séquence. Le tout adapté en français par Tristan Lapoussière qui est également responsable de la traduction de l’ouvrage : « <a title="« Le Temple du silence  : mondes et univers oubliés » un long nuage sombre avec un sourire au milieu." href="http://bdzoom.com/149936/patrimoine/%c2%ab-le-temple-du-silence-mondes-et-univers-oublies-%c2%bb-un-long-nuage-sombre-avec-un-sourire-au-milieu/">Le Temple du silence : mondes et univers oubliés</a> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102763.jpg" rel="lightbox[149928]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149932" title="102763" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102763-555x172.jpg" alt="" width="555" height="172" /></a>Si l’on a l’habitude des récits modernes de Batman, largement édités en France sous forme d’albums depuis une trentaine d’années, et encore davantage par Urban Comics depuis sa reprise du catalogue DC Comics en 2011, et que l’on eût déjà pu goûter à des bandes anciennes avec la collection <em>Copyright </em>des éditions Futuropolis (un volume unique « 1943-1944 », en 1982), ou bien les « Archives 1939-1941 » chez Semic en 2004, il va s’en dire que se voir proposer une expérience aussi agréable de redécouverte d’un pan patrimonial est toujours un plaisir. Ce plaisir est doublé lorsque l’on sait que le projet sera mené à bout, et dans de bonnes conditions (autres <em>strips</em> prévus ainsi que les <em>sunday pages</em>). Lire le Batman de ces années-là, c’est retrouver bien sûr une espèce de légèreté (naïveté ?) dans les enchaînements d’action, très stéréotypée et sans grande finesse, qu’il est indiscutablement nécessaire d’appréhender et accepter dés l’ouverture de ce genre de bande dessinée, bien que le contexte de l’entrée en guerre en Europe et l’ambiance du banditisme d’alors, encore très présent, imposent une ambiance plutôt sombre, bien sûr axée vers le crime et la mafia, bien que très « à la papa ». Cela dit, l’ensemble des épisodes possède déjà une folie étonnante (surtout ceux du Joker), donnant à l’aspect <em>thriller</em>, décuplé par les tronches et les décors des cases, <em>« baignant dans leur jus »</em> pourrait-on dire, une touche très particulière.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102863.jpg" rel="lightbox[149928]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149933" title="102863" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/102863-555x164.jpg" alt="" width="555" height="164" /></a>Nul doute que ces <em>strips</em> ont dû marquer plus d’un lecteur, car à bien y regarder, on se croirait par moment dans les bandes d’un autre auteur : l’espagnol Marti, avec son personnage Taxista (1985, chez Artefact/2008, chez Cornélius).  Toute une culture et une époque qu’il fait bon redécouvrir de nos jours, donnant tout son sel à ces travaux d’exhumation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Batman the Dailies T1 : 1943-1944 »</strong> <strong>par Bob Kane, et divers</strong><br />
Éditions Urban Comics (22.50€) – ISBN : 9791026817796</p>
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		<title>« Le Temple du silence  : mondes et univers oubliés » : un long nuage sombre avec un sourire au milieu&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Dec 2019 01:15:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-ce une monographie ou est-ce un objet merveilleux, sorti d'un univers fantastique n'ayant jamais existé ? Telle est la question qui vient à l'esprit à la découverte de cet imposant et magnifique ouvrage. Et pourtant...Herbert Edmund Crowley a bel et bien existé. Un livre extraordinaire. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En 2006 paraît un ouvrage étonnant. « Art Out of Time » par Dan Nadel (Abrams), révèle au monde entier une trentaine d&#8217;auteurs et d&#8217;artistes, ayant opéré dans les tous débuts du vingtième siècle et jusqu&#8217;en 1969, et dont la trace a été depuis perdue. Cela a été entre autres le cas de Fletcher Hanks,  qui a depuis connu l&#8217;hommage que l&#8217;on sait grâce aux éditions l&#8217;An 2 en France <strong>(1)</strong>. La plupart ont eu un rapport avec la bande dessinée, et le nom de Herbert Crowley apparaissait, sans aucune date de naissance ou de décès, dans la minuscule note bibliographique accompagnant les quelques reproductions éparses retrouvées de son œuvre. Face à l&#8217;étrange  beauté  de ces dessins, Justin Duerr, artiste, musicien et écrivain, outsider de la scène underground punk de Philadelphie et auteur de recherches sur le phénomène des Toynbee Tiles, se mit en chasse et passa dix ans à voyager, interviewer, fouiller dans des archives et sur les traces de cet homme oublié par la majorité, afin de rassembler la biographie la plus complète possible. Le résultat de son travail a été édité l&#8217;année dernière aux éditions Behive Books, aux États-Unis, et Urban Comics, dans sa collection <em>Urban Books</em>, nous en offre une traduction splendide.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-2.jpg" rel="lightbox[149936]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149940" title="Le-temple-du-silence-2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-2-555x687.jpg" alt="" width="555" height="687" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Herbert Edmund Crowley est né le 24 octobre 1873 à Etham, dans le conté de Kent en Angleterre. Il est le neuvième enfant d&#8217;une famille relativement aisée. Dès son plus jeune âge, il faut preuve de talents pour le chant et ses parents l&#8217;encouragent vers une carrière dans l&#8217;art lyrique. Cependant, le jeune Crowley, instable psychiquement, et mal à l&#8217;aise avec sa taille, a du mal à chanter en public et réduit vite à  néant ce début de carrière prometteur. À la fin des années 1890, il part  au Costa Rica où son frère a travaillé comme ingénieur  ferroviaire. Mais c&#8217;est un pis aller et il s&#8217;expatrie vite pour New York. Durant quelques années, il vogue entre cette ville et Toronto, fréquentant les milieux musicaux. Ayant rompu les liens familiaux il vit d’expédients et c&#8217;est en 1910, ayant rejoint New- York, où il habite avec l&#8217;artiste John Frederick Mowbray-Clarke, que sa vie prend un tournant plus intéressant. Rapidement devenus amis, ce dernier l&#8217;encourage à produire, puisqu&#8217;en parallèle de sa voix, il a développé son don pour le dessin, et la sculpture.  Mowbray-Clarke enseigne à la Finch School, dans l&#8217;Upper East Side, et se marie bientôt à sa collègue Mary Helena. Ce couple d&#8217;artistes avant-gardistes va rapidement devenir le point focalisant de toute une scène « révolutionnaire » de cette époque, n&#8217;hésitant pas à faire office de mécènes pour certains d&#8217;entre eux. En 1908, le couple accueille son unique enfant et achète une petite ferme dans le conté rurale de Rockland, qu&#8217;il baptise « The Brocken », en référence à la mythologie germanique. C&#8217;est là, en grande partie, que la carrière artistique d&#8217;Herbert Crowley, hébergé comme ami proche, oncle de l’enfant, et artiste résident, va se jouer. Dans ce havre de paix improbable, imprégné de références culturelles antiques et mystiques, mais surtout  humanistes &#8211; que l&#8217;on pourrait, dans une certaine mesure, comparer au Loft d&#8217;Andy Warhol, créé presque soixante ans plus tard &#8211; il  fait forte impression dans les milieux artistiques, et expose à plusieurs reprises, dont en 1913, à l’International Exhibition of Modern Art (The Armory Show), Gallery K., aux côtés de Marchel Duchamp, Walt Kuhn, Pablo Piccaso, Vincent Van Gogh…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/International_herald_tribune1.jpg" rel="lightbox[149936]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149938" title="International_herald_tribune1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/International_herald_tribune1-555x786.jpg" alt="" width="555" height="786" /></a>Durant l&#8217;année 1910, il a aussi l&#8217;opportunité de publier sa seule bande dessinée,  un ensemble de<em> strips</em> intitulés « Wigglemuch », dans les pages du <em>New York Herald</em>, au verso du célèbre « Little Nemo » de Winsor McCay.  14 pages, du 20 mars au 19 juin, qui permettront de ne pas complémentent perdre la trace de l&#8217;artiste. « Wigglemuch » est l&#8217;une des bandes dessinées les plus intrigantes qu&#8217;il m&#8217;ait été donné de lire. Le Wiggles est une étrange créature aux formes rondes, mix entre un caméléon, une sorte de veau et, mettons, un lémurien, sorti d&#8217;on ne sait où, et est l&#8217;objet d&#8217;un apprivoisement par une bande de personnages à apparence humaine, mais faite de bois, et posée sur des socles, tels des soldats jouets. Ce qui s&#8217;apparente dans les premières bandes à une histoire familiale pour enfants s&#8217;enfonce rapidement dans un délire surréaliste, où cette créature improbable et non communicante n&#8217;est que le prétexte à des rebondissements sans queue ni tête, où seul un texte en prose apporte un semblant de direction avec morale. Si ce qui ressemble à un voyage initiatique, empruntant des chemins défiant tout réalisme, peut faire par moments penser aux rêves de Little Nemo, le non-sens, ou ce qu&#8217;il apparaît comme tel, est si poussé que l&#8217;on se demande quel message à souhaité faire passer l&#8217;artiste. Il apparaît dès lors plus probable que ce qui ressemble à une bande dessinée ne serait en réalité qu&#8217;un ensemble de saynètes suivant une sorte de déroulés logique, dans l&#8217;esprit seul de Herbert Crowley. Certes, l&#8217;on arrive à distinguer un semblant de quête et de parcours, lorsque le Wiggles se retrouve à la recherche de l&#8217;oiseau Ding Dong, autre créature apparue la septième semaine, et dès lors résonnera cette comptine, au milieu des vers, souvent descriptifs : « <em>Ding Dong, ça n&#8217;a ni queue ni tong, pourtant c&#8217;est moi, l&#8217;oiseau Ding Dong </em>». Cependant, cela ne suffira pas à rendre nettement plus compréhensif l&#8217;idée globale de l&#8217;auteur, si idée il y avait, en dehors d&#8217;une écriture automatique. Et ce qui pouvait apparaître comme une bande enfantine, avec ses repères familiers de soldats en bois, de monstres gentils et de multiplicité de personnages (combattant en armures dans la moitié de ce début d&#8217;histoire), prend vite la forme d&#8217;un drôle de cauchemar, dont on a hâte de s&#8217;extirper.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/International_herald_tribune-published.jpg" rel="lightbox[149936]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149939" title="International_herald_tribune-published" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/International_herald_tribune-published-555x790.jpg" alt="" width="555" height="790" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les reproductions de peintures et les sculptures de Herbert Crowley, entourant ses bandes dans l&#8217;album, et représentant 60 pages, soit 74% de son œuvre présentée ici, est bien plus significative en termes d&#8217;émotion et d&#8217;ambiance. Que ce soit des dessins moyen format (12&#215;9 cm en moyenne) en couleur, reprenant l&#8217;univers du Wiggle Much (23), ou des œuvres, souvent plus grandes, dont des peintures de décor, représentant des paysages sombres, dans l&#8217;esprit Préraphaélite, où apparaissent parfois des silhouettes ou personnages fantomatiques, on comprend bien dans quel état d&#8217;esprit pouvait se trouver cet artiste, pris entre le désir d&#8217;apporter du bonheur et d&#8217;éloigner le mal, et celui de se plonger plus avant dans une recherche spirituelle mystique, aux confins de l&#8217;inconscient.<br />
« <em>Chaque instant loin de la table à dessin me plonge dans la folie, et les heures que j&#8217;y passe me rendent encore plus fou »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-1A.jpg" rel="lightbox[149936]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149942" title="Le-temple-du-silence-1A" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-1A-555x529.jpg" alt="" width="555" height="529" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Alice Lewisohn et sa sœur Irène, proches amies du couple Mowbray-Clarke, ouvrent le théâtre Neighborood Playhouse en 1915, a New York, afin « <em>d&#8217;enrichir la vue des indigents »</em>. D&#8217;après Alice, interviewée par le New York Times alors, sur les missions du Playhouse « <em>les festivals et l’œuvre théâtrale du Settlement sont nés de la conviction que chacun a droit à sa part des trésors mondiaux d&#8217;imagination et de poésie, et contribue en retour à l&#8217;interprétation des expériences humaines </em>». Une citation qui permet, resituée dans le contexte de 1915, de comprendre combien ce haut lieu de représentations, autant fréquenté par les intellectuels et les artistes les plus en vue de l&#8217;époque, et les gens pauvres ou de classe ouvrière, a pu influencer tout un pan des politiques culturelles occidentales à venir dans les années soixante . C&#8217;est pour l&#8217;un de ces spectacles : « The Kairn of Koridwen », que Crowley réalise le décor en 1917, avant , sur un coup de tête, de s&#8217;engager dans le corps des sapeurs britanniques, afin de supporter l&#8217;effort de guerre, au grand dam de son entourage. De retour, un peu plus perturbé, même s’il n‘a pas été sur le front, il continue à produire sporadiquement, mais c’est son mariage en 1924 avec Alice Lewisohn qui lui apporte un certain réconfort. Ils partent en effet tous deux pour un long voyage entre l&#8217;Europe et l&#8217;Asie. Cette période est douce pour l&#8217;artiste, tourmenté habituellement par des pensées sombres et un caractère imprévisible <strong>(2)</strong>. À la fin des années vingt, les  Mowbray-Clarke décident d’aller vivre en Autriche, afin de se rapprocher de Carl Jung, dont ils apprécient, tout comme Crowley, les analyses. Cette période, si elle paraît enivrante au départ, va sonner le glas des illusions que ce soit au niveau du couple de l’artiste, qui va y perdre sa femme, que de son art, sur lequel il va définitivement tracer un trait. En effet, en 1936, après avoir divorcé d’Alice, il épouse Wilhelmina Seilaz, copropriétaire d’une parfumerie zurichoise. Concluant « <em>qu’il a échoué sa mission, considérant que son art ne combat pas le mal et ne favorise pas le bien dans le monde, mais qu’il est en réalité destructeur </em>», il rompt tous les liens avec Jung et désapprouve ses explorations du mysticisme et du subconscient. Au cours des deux dernières années de sa vie, Herbert Crowley a brûlé ses œuvres d’art par dizaine et exprimait que l’intégralité de celles-ci soit détruite. Ce qui est arrivé, pour la plupart. Fort heureusement, sa famille n’a pas suivi complètement ses dernières volontés, et Alice a fait un don important en 1946 au Metropolitan Museum of Art, ce qui nous permet, plus de cent ans après la réalisation de celles-ci, de pouvoir redécouvrir l’un des plus étranges et fascinants artistes du début du vingtième siècle, que l’on a comparé en son temps à William Blake et Audrey Beardsley.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-1B.jpg" rel="lightbox[149936]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-149941" title="Le-temple-du-silence-1B" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Le-temple-du-silence-1B-555x389.jpg" alt="" width="555" height="389" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Malgré ce constat, le plus fascinant dans cet ouvrage magnifiquement mis en page, et richement illustré d’archives photographiques rares, n’est peut-être pas l’effet produit par la découverte de ces œuvres, mais plutôt l’étonnant voyage dans le temps auquel nous convie Justin Duerr. Grâce à sa passion et son travail acharné pour récolter le plus grand nombre d’informations sur la vie de l’artiste, celui-ci réussit à produire une œuvre en soi. Cette monographie se lit avec une fascination et un enthousiasme dévorant, nous plongeant dans les premières décennies d’un vingtième siècle, que l’on connaît finalement assez peu. Un siècle d’expériences, de tentatives, de projets culturels mettant l’humain au coeur de la vie, et où l’artiste était roi. Mais un roi sans couronne. Fascinant, oui, « Le Temple du silence  » l’est vraiment, et Justin Duerr peut se targuer d’avoir produit un ouvrage désormais de référence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1)</strong> « Fletcher Hanks œuvres complètes » (Actes Sud – L’An2, 2018), faisait suite à : « Je détruirai toutes les planètes civilisées ! <em>»</em>, L&#8217;an 2, Actes Sud, 2007. Lire :  <a href="http://bdzoom.com/130905/comic-books/">http://bdzoom.com/130905/comic-books/%c2%ab-fletcher-hanks-oeuvres-completes-%c2%bb-par-fletcher-hanks-reunies-par-paul-karasik/</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(2) </strong>Comme l’écrit lui-même Herbert Crowley dans l&#8217;un de ses journaux personnels, sa vie était  <em>« un long nuage sombre avec un sourire au milieu ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le Temple du silence : mondes et univers oubliés (de) Herbert Crowley » par Justin Duerr</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Urban Comics (49 €) &#8211; ISBN : 9791026819066</p>
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		<title>Sélection comics de Noël 2019</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Dec 2019 13:42:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme l‘année dernière déjà, fêtons cette fin d’année avec une sélection de titres parus soit très récemment, soit moins, mais qui méritent largement votre attention. Aujourd'hui :  un beau livre, du patrimoine et des albums pas comme les autres, écrits et dessinés par la crème des auteurs du médium qui nous est cher. Attention : ça va faire mal aux yeux !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-149659" style="color: #000000;" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/royal-city-tome-3-250x379.jpg" alt="" width="250" height="379" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> « Royal City » T3 par Jeff Lemire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Fin d&#8217;histoire pour la famille Pike, qui, n&#8217;ayant pas tout à fait réalisé son deuil de Tommy, va pouvoir tourner la page avec une nouvelle inattendue.<br />
Jeff Lemire, on l&#8217;a déjà vu, est un auteur touche à tout, qui s&#8217;est imposé sur des récits de science-fiction (« Descender », « Bloodshot Reborn », « Black Hammer » &#8230;) mais qui s&#8217;autorise assez régulièrement des chemins de traverse dans des univers alternatifs et plus intimistes. C&#8217;est d&#8217;ailleurs par ce genre qu&#8217;il a été révélé, avec « Lost Dog », « Essex County » puis « Sweet Tooth ».</p>
<p style="text-align: justify;">« Royal City » nous a fait partager les doutes et les remords de la famille Pike, visitée depuis le début de l&#8217;histoire par des fantômes bienveillants de Tommy. Chacun a quelque chose à se reprocher ou à régler, en lien avec la période de sa mort. Richie ne fait rien de constructif et il plane sur lui le meurtre de son frère ; Patrick, le plus âgé, a utilisé le carnet de son frère défunt pour débuter sa brillante carrière d&#8217;auteur ;Tara, quant à elle, doit assumer les dérives de loser de Richie. Leurs parents partants à la dérive, lui ayant passé la majeure partie de sa vie enfermé dans son garage avec sa collection de radios, elle allant voir ailleurs&#8230; jusqu&#8217;à ce qu&#8217;un accident les rassemble, au moment où une nouvelle inattendue tombe, apportant un nouveau liant à la famille, lui permettant de définitivement réaliser son deuil.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/royal-city-t3-26/" rel="attachment wp-att-149660"><img class="aligncenter size-large wp-image-149660" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Royal-City-T3-26-555x848.jpg" alt="" width="555" height="848" /></a>Jeff Lemire n&#8217;en a certainement pas fini avec les souvenirs familiaux et l&#8217;adolescence, thèmes que l&#8217;on sent tout de même très inspirants pour lui, et à peine a t-on terminé une série, que l&#8217;on en accueille une nouvelle. Actuellement aux Etats-Unis, et depuis août : « Berserker Unbound » avec Mike Deodato chez Dark Horse, propose un récit de <em>Sword and </em><em>F</em><em>antasy,</em> cependant, d’autres participations à des couvertures ou des illustrations de projets proches de ses affinités intimistes sont aussi en cours. « Royal City » restera en tous cas comme l&#8217;une de ses plus belles réussites, de laquelle émane un parfum doux amer et chaud, où le temps est laissé au temps. Le petit one shot « Plutona » en avait déjà donné un avant goût un peu similaire, le très étrange « AD After Death », écrit par Scott Snyder, en avait effleuré quelques thématiques et « Winter Road », plus dur et sec, pourra aussi se ranger à ses côté. Une narration « flottante », pour reprendre le sous-titre de ce chapitre, qui ne conviendra en tous les cas pas à tout le monde, mais certainement aux amateurs de plénitude et de relations humaines. Royal !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le Démon » par Jack Kirby<a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/demon-couv/" rel="attachment wp-att-149661"><img class="alignright size-medium wp-image-149661" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Demon-couv-250x382.png" alt="" width="250" height="382" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après des années de passage forcé dans les oubliettes du temps, coincé dans la mémoire des lecteurs d&#8217;antan et de leurs collection de <em>pockets</em> Artima, « The Demon », publié en 1972 aux États-Unis, et dès 1975 dans le petit format <em>Le Manoir des fantômes</em> (numéros 1 et 2), pour obtenir ensuite son titre avec <em>Demon</em>, chez le même éditeur (#1 à 7) a marqué les esprits. Voilà enfin réédité, sous forme intégrale cartonnée et avec bonus, ce classique Kirbyesque d&#8217;horreur. Horreur seulement ? Non, car la série « Le Démon » porte en elle bien plus qu&#8217;un simple pis aller vers le cauchemardesque.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque Carmine Infantino, éditeur chez DC Comics sollicite Jack Kirby fin 1971 pour de nouvelles orientations, ce dernier ne pense pas qu&#8217;il va devoir abandonner ses séries du « Quatrième monde ». Il pensait pouvoir répondre à la demande d&#8217;une série horrifique, dans l&#8217;air du temps, en laissant le dessin et le scénario d&#8217;une bonne idée à des collaborateurs. L&#8217;idée de « The Demon » est révélée à ses proches assistants d&#8217;alors, Mark Evanier et Steve Sherman, peu de temps après celle de « Kamandi », un soir de repas familial. Celle-ci est tellement appréciée par la direction, que le créateur se coltinera non seulement l&#8217;intégralité des seize épisodes, mais devra abandonner les projets liés au « Quatrième monde». Une déception qu&#8217;il transformera en volonté afin d&#8217;offrir ce que Mark Evanier, biographe de l&#8217;artiste, signant la préface, considère comme l&#8217;un de ses meilleurs récits.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/demon-3/" rel="attachment wp-att-149662"><img class="aligncenter size-full wp-image-149662" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Demon-3.png" alt="" width="432" height="566" /></a> « Le Démon » raconte comment le mage Merlin, aux temps anciens, acculé par les armées maléfiques de la fée Morgane, s&#8217;enfuit dans les limbes, et donne mission à son démon serviteur : Etrigan, afin de le ramener à la vie lorsque le monde en aura besoin. Ce démon à subit cependant un sort, et s&#8217;est transformé en humain, sous l&#8217;identité de Jason Blood, oubliant toute cette genèse, et traversant les siècles jusqu’à notre époque. Là, démonologue, il reste en lien avec tout ce qui est occulte, mais va vite se retrouver pourchassé par les mêmes forces qui l&#8217;ont fait fuir. Cependant, une formule magique va lui permettre de se transformer à volonté en Etrigan, le démon vengeur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un vrai plaisir de (re) trouver le Démon, créature partagée entre son humanité et sa condition de démon quasi indestructible, tant il était improbable de pouvoir lire en français la série complète, hors bouquinistes et achats de petits formats devenus rares. Jack Kirby reste un dessinateur que l&#8217;on aime ou pas, avec les qualités de ses défauts : hyper dynamisme, mais personnages atrophiés, aux faciès carrés exagérément expressifs, ou bien encore omniprésence du métal (costumes, accessoires&#8230;). D&#8217;un autre côté : un scénario riche, faisant appel à une part d&#8217;humanité éloquente. En cela, Jason Blood, et ses amis Harry Matthews et Randu permettent de nous projeter à la place de ce personnage dont le sort est jeté, en insistant constamment sur sa dualité, rendant le récit accrocheur et passionnant. Jérôme Wicky, traducteur, nous offre une riche analyse en fin de recueil, et 17 pages bonus proposent de se régaler de crayonnés du « maître des comics ». Certaines pages, inédites (comme la 19) ont même été rajoutées dans cette intégrale. Une aubaine pour tout amateur d&#8217;horreur, de comics vintage et de Jack Kirby.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/barrier-couv/" rel="attachment wp-att-149663"><img class="size-medium wp-image-149663 alignleft" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/barrier-couv-250x130.jpg" alt="" width="250" height="130" /></a>« Barrier » par Marcos Martin et Brian K Vaughan</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> Après « Private Eye », chroniqué ici, qui était déjà un projet alternatif de haute qualité, réalisé avec Marcos Martin, sur un site où chacun offre ce qu&#8217;il souhaite pour l&#8217;existence du projet, le duo d&#8217;auteurs <em>« pas comme les autres »</em> récidive, avec un nouveau format à l&#8217;italienne, encore plus délirant et toujours aussi intéressant. Mais comment font-ils ???</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/barrier/" rel="attachment wp-att-149664"><img class="aligncenter size-large wp-image-149664" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Barrier-555x335.png" alt="" width="555" height="335" /></a>Prenant le décor du Texas, où Liddy, jeune propriétaire terrienne, doit affronter les exactions de bandits de cartels, l&#8217;intimidant, Brian K Vaughan introduit la thématique du flux migratoire, d&#8217;abord en provenance du Mexique, puis du Honduras, dont Oscar, deuxième protagoniste du récit, provient. Tous deux ont leur vie, et un passé difficile, que l&#8217;on découvrira plus tard, et tous deux parlent un langage différent (qui n&#8217;est pas traduit, choix délibéré des auteurs, il faudra donc faire un effort avec l&#8217;espagnol, chers lecteurs). Ils vont pourtant se retrouver ensemble, pris dans un maelstrom extraordinaire (et le mot est faible), obligés de communiquer, et de s&#8217;entre aider, car ce qui semblait les séparer sera peut-être à l&#8217;origine de leur survie. Une fois encore, les deux artistes ont visé juste en proposant aux lecteurs un récit adulte, sensible, superbement écrit et agréable à lire, dont le sérieux du propos et ses ramifications culturelles sont à la hauteur du magnifique dessin et des couleurs somptueuses de Mintsa Vicente, la compagne de Martin. La Barrière n&#8217;est pas celle que l&#8217;on croit, et ce récit réaliste n&#8217;en est pas un, bien pris ! Chapeau, ou Steston, devrais-je dire !</p>
<p style="text-align: justify;">On est clairement sur le haut du panier ici et Brian K Vaughan confirme son statut de maître de l&#8217;anticipation, soit dit en passant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Green Lantern Terre-Un » par Gabriel Hardman et <strong>Corinna Bechko<a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/green-lantern-terre-un-tome-1/" rel="attachment wp-att-149665"><img class="alignright size-medium wp-image-149665" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/green-lantern-terre-un-tome-1-250x379.jpg" alt="" width="250" height="379" /></a></strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Earth One</em> est une ligne de romans graphiques lancée par DC comics en 2009, en dehors de la continuité des séries classiques (on pourrait presque la comparer à nos <em>V</em><em>u par </em>en France). Après « Superman Terre-Un », « Batman Terre-Un », « Teen Titans Terre-Un » et « Wonder Woman Terre-Un », c&#8217;est au tour du plus fameux des lanternes vertes de bénéficier d&#8217;une mini série de ce type. Dans cette histoire qui ravira à la fois les amateurs de Green Lantern débutants et ceux connaissant la série, Hal Jordan est un astronaute terrien minier travaillant pour la société Ferris Galactic. Alors qu&#8217;il explore une ceinture d&#8217;astéroïdes entre Mars et Jupiter, à la recherche de Palladium, il tombe sur un ancien vaisseau abritant le cadavre d&#8217;un extraterrestre et d&#8217;une source d&#8217;énergie verte étonnante&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;a compris, le couple formé par Corinne Bechko et Gabriel Hardman, dont on a déjà loué les talents à l&#8217;occasion de la chronique de leur titre indépendant « Invisible Republic » s&#8217;est mis au travail et nous offre un premier tome succulent en revisitant les origines du plus fameux membre du corps des Green Lantern. Associant le sérieux d&#8217;un scénario adulte et réaliste au possible, au dessin fin et sombre de l&#8217;artiste, sous les couleurs subtiles de Jordan Boyd, cette création conforte toutes nos espérances et s&#8217;impose comme une superbe porte d&#8217;entrée dans cet univers et l&#8217;une des plus belles surprises comics de 2019. Si l&#8217;édition VO a paru en mars 2018, on attend avec impatience la conclusion, dores et déjà prévue sur deux autres tomes chez Urban comics. Hâte</p>
<p><strong><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/hhft4-couv/" rel="attachment wp-att-149666"><img class="alignleft size-medium wp-image-149666" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/HHFT4-Couv-250x363.jpg" alt="" width="250" height="363" /></a> « Hip Hop Family Tree » T4 par Ed Piskor</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Déjà le quatrième tome de ce qu&#8217;il convient d&#8217;appeler l&#8217;anthologie définitive du rap en BD, « HHFT » aborde les années 1984-85 et nous dévoile l&#8217;évolution de ce mouvement parti de New-York et qui va rayonner, de Philadelphie en passant par Los Angeles et la Floride.</p>
<p style="text-align: justify;">Fidèle à son habitude, l&#8217;auteur, fin connaisseur, détaille les parcours des principaux protagonistes, et parsème son récit saccadé d&#8217;anecdotes truculentes. On fait la connaissance d&#8217;Egyptian Lover, de Schooly D et sa coupe carrée ravageuse, Mr Magic, et on passe par Los Angeles, dont le rôle précurseur de la radio rap K-Day va recentrer le mouvement sur l&#8217;ouest du pays, tout comme les parties de la Uncle Jamm&#8217;s Army. Là, Dr Dre et DJ Yella feront leur apparition, soutenus par le World Class Wreckin&#8217; Cru. Plein d&#8217;autres événements sont à lire comme l&#8217;avènement des Beastie Boys, les écrits de Steven Hager, le film « Beat Street », puis « Beat This », mais aussi les débuts de DJ Jazzy Jeff aux côtés de Fresh Prince, à Philadelphie. Les thèmes sociaux ne sont pas oubliés bien sûr, avec un long passage sur l&#8217;apparition du crack (la drogue) et la répression policière grâce aux véhicules blindés V-100, qui, une fois fini leur mission de destruction de maison de dealers, finiront sur le son du disque dénonciateur « Batterram ». Salt N Pepa est vendu comme le premier groupe de rap féminin officiel, tandis que les Beasties assurent la première partie du Virgin Tour de Madonna.<br />
Les rappeurs dans la dèche braquent les banques et finissent leurs jours en prison, et le fric coule à flot dans le milieu, mais pas souvent pour ceux qui le mérite. Bref, une industrie est en train de se mettre en place, et Ed Piskor le raconte avec un mélange d&#8217;humour (sarcastique, normal), et un peu de nostalgie teintée d&#8217;amertume, le tout avec talent. 14 pages de <em>P</em><em>in Ups,</em> par une kyrielle de dessinateurs amis conclu l&#8217;album, plus le bonus documentaire habituel : bibliographie, références de films, vidéos, web et discographique, ainsi que le Funky Index, pour toutes celles et ceux qui rechercheraient un nom, un titre, un label.<br />
« We don&#8217;t Need no Water, Let the Hip Hop FT Burn Our Soul ! »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Kaijumax » par Zander Cannon<a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/couv-kaijumax_rgb-600x900/" rel="attachment wp-att-149667"><img class="alignright size-medium wp-image-149667" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Couv-kaijumax_rgb-600x900-250x375.jpg" alt="" width="250" height="375" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Révélation de cette année 2019 : Kaijumax est une bande dessinée fusion absolument incontournable, de part son originalité folle, mêlant culture manga (et genre Kaiju Eiga : cinéma des monstres, type Godzilla) et comics. Elle pose définitivement un jalon.</p>
<p style="text-align: justify;">Créé sous forme d&#8217;une mini-série de six comics en 2015 chez Oni Press aux États-Unis, « Kaijumax » décrit la vie de monstres issus de l&#8217;univers Kaiju dans une île prison dénommée Kaijumax. Là, les gardiens on fort à faire afin de limiter les complots entre espèces, qui passent la plupart de leur temps à dealer et se droguer. Ces gardiens revêtent automatiquement une tenue à la Ultraman, en appuyant sur un simple bouton sur leur torse, leur permettant de devenir des géants dotés de pouvoirs Mecha, et de mater les bestioles. Néanmoins, il apparaît assez vite que ne sont pas les monstres ceux que l&#8217;on croyait. Les tensions vont provoquer une évasion, et le récit va développer encore davantage de thèmes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/kaijumax/" rel="attachment wp-att-149668"><img class="aligncenter size-full wp-image-149668" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Kaijumax.png" alt="" width="518" height="821" /></a>Zander Cannon, auteur peu connu par chez nous, déboule avec fracas et un certain panache grâce à cet univers absolument génial, mêlant humour sarcastique et réalités sociales dramatiques (le <em>« monstre »</em> principal : Electrogor, étant papa de deux enfants, restés abandonnés dans une grotte lors de son arrestation). À cela, il ajoute de nombreuses allusions et références directes à une culture pop de Méchas, de films de monstres, mais aussi d&#8217;univers carcéral, brossant avec passion et ingéniosité une galerie haute en couleurs de personnages, auxquels il ajoute une trame maligne, rocambolesque et pleine de rebondissements. Si Alan Moore lui-même a écrit que Kaijumax était <em>« absolument fantastique »</em>, vous devez le croire sur parole. Il s&#8217;agit, à n&#8217;en pas douter d&#8217;un des titres du top 5 de cette année 2019, et qui restera. Brillant, malin, drôle et dramatique à la fois. Un ovni monstrueusement génial.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/skyward/" rel="attachment wp-att-149669"><img class="alignleft size-medium wp-image-149669" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/skyward-250x376.jpg" alt="" width="250" height="376" /></a>« Skyward » par Lee Garnett et <strong>Joe Henderson </strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;arriverait-il si la gravité sur Terre cessait d&#8217;opérer ? C&#8217;est le constat de départ de cette série intelligente et bienveillante d&#8217;anticipation, créé par Joe Henderson, responsable entre autre de la série Netflix « Lucifer ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut peu de choses parfois pour faire un bon scénario, et « Skyward » est le parfait exemple d&#8217;un comics alternatif publié chez Image comics, reconnu pour ses univers originaux, développant le principe. Willa vit avec son père veuf, après que sa femme ait été emporté, vingt ans plus tôt, par un phénomène extraordinaire ayant vu la gravité disparaître. Des lors, la société est divisée entre ceux qui vivent en bas, dans les rues <em>« anciennes »</em>, en ayant adopté des chaussures magnétiques, et ceux, comme Willa, étant resté en hauteur, et s’étant adapté au vol avec diverses techniques de maintien. Dans ce monde, Nathan Fowler, le père de Willa, reste cloîtré, refusant l&#8217;adaptation, et ruminant plusieurs échecs. Roger Barrow, un ancien associé, ayant travaillé avec lui sur les adaptations à ce nouveau phénomène, et devenu un ponte du système actuel, semble néanmoins très intéressé pour le retrouver. Willa va se retrouver impliquée, malgré elle, dans un conflit qui la dépasse&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/skyward-orage/" rel="attachment wp-att-149670"><img class="aligncenter size-large wp-image-149670" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Skyward-orage-555x693.jpg" alt="" width="555" height="693" /></a>Cinq premiers numéros au top pour une mini-série mêlant thriller et légère science -fiction, dans un univers post adolescent rafraîchissant. Il y a de bonnes idées dans « Skyward », et les personnages sont attachants. Le dessin de Lee Garbett, dessinateur anglais bien connu des lecteurs français pour avoir livré pas mal de pages dans les revues Panini comics délivre des pages au découpage dynamique et à l&#8217;encrage très agréable, mêlant subtilement genre indépendant et <em>Ma</em><em>instre</em><em>am</em>. Les couleurs d&#8217;Antonio Favela lui rendent sobrement justice. Une série à suivre, assurément !</p>
<p><strong>« Slasher » par Charles Forsman<a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/slasher/" rel="attachment wp-att-149671"><img class="size-medium wp-image-149671 alignright" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Slasher-250x391.jpg" alt="" width="250" height="391" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Christine et Joshua s&#8217;aiment, mais à distance, via les vidéos un peu malsaines qu&#8217;ils s&#8217;envoient par le biais des réseaux sociaux sur leur smartphone. Elle vient de perdre son père, et sa mère commence à picoler, tandis que lui est atteint d&#8217;une maladie dégénérative. Sa mère, pratiquante extrémiste, le couve d&#8217;une attention malsaine. Tous deux aimeraient se rencontrer, mais le parcours pour se faire va déclencher leur perte&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Charles Forsman, révélé par « The End of the Fucking World », adapté en série TV avec succès, est connu des lecteurs de<em> BDzoom.com</em>, puisqu&#8217;il a fait l&#8217;objet d&#8217;une interview en début d&#8217;année aux côtés de Noah Van Sciver pour son titre « Pauvre Sydney » Le revoilà avec un récit en <em>One Shot</em> sec, court, et effrayant, comme le glissement d&#8217;une lame de couteau sous la gorge. Dans la lignée des films où un <em>serial killer</em> élimine froidement des victimes innocentes au couteau, « Slasher » aborde la thématique du mal être et de la différence, provoquant une dérive de jeunes gens, souvent. « Mon ami Dahmer » vient à l&#8217;esprit, dans le registre du tueur froid, cependant, Charles Forsman continue à développer ses propres idées, liées au couple et à l&#8217;impossible amour entre deux êtres, abîmés par la vie. Dans cette nouvelle histoire, il arrive à mixer subtilement une partie de ce qu&#8217;il avait déjà construit avec « The End of… » tout en lui insufflant une réflexion supplémentaire sur le harcèlement au travail, la lourdeur du cocon familial, les différences, sociales et de genre, souvent subies, avec douleur, et le dérèglement psychologique, amenant aux extrêmes. Là, malgré une certaine poésie latente, entre deux jeunes qui pensent s&#8217;aimer, va s’introduire un élément extérieur qui va dérégler une situation déjà partie de travers. Jamais critique des réseaux sociaux n&#8217;aura été aussi acide et douloureuse. Un comics coup de poing moderne, dans la lignée d&#8217;un grand Charles Burns tel « Comme un gant de velours pris dans la fonte », avec la pêche d&#8217;un « Pulp Fiction » et l&#8217;étrangeté d&#8217;un David Lynch. Bravo.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/stray-bullets-t2/" rel="attachment wp-att-149672"><img class="alignleft size-medium wp-image-149672" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Stray-Bullets-T2-250x373.jpg" alt="" width="250" height="373" /></a> « Stray Bullets » T2 par David Lapham</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est dingue avec ce genre de bouquin, c&#8217;est qu&#8217;à leur lecture, on reprend conscience de ce que le mot <em>« classique »</em> veut dire. Pas qu&#8217;on l&#8217;ignorait, mais lorsque l&#8217;on est amené à lire beaucoup de BD, beaucoup de comics&#8230;et je veux dire « beaucoup », on a l&#8217;occasion de se régaler de choses anciennes, qui ont fait leurs preuves, d&#8217;autres plus récentes, qui les font en direct et dont, sans doute aucun, le statut est d&#8217;ores et déjà assuré, et encore d&#8217;autres, dont, ça ne fait que peu de doute, la mémoire collective ne gardera pas grande trace. « Stray Bullets », dont on a déjà eu l&#8217;occasion de parler lors de la parution du premier tome de cette réédition en intégrale, a connu quelques vicissitudes depuis son apparition en France, sous forme de deux albums cartonnés grand format sous le titre « Balles perdues » chez Bulle Dog en 2001 (pour des récits débutés en 1995). Il a pu attraper quelques lecteurs, grâce au ton si subtile et personnel de son auteur, héritier des romans ou films noirs américains, dont on aimerait d’ailleurs avoir croisé plus souvent le dessin dans le milieu bédéphile <strong>(1)</strong>, mais franchement, rien ne vaut ce gros pavé broché, au dos rond collé, recueillant à chaque livraison une bonne quinzaine d&#8217;histoires toutes plus fracassés les unes que les autres, offertes dans un noir et blanc onctueux et aux aplats si bien définis que rien ne distrait la pureté du récit lors de leur lecture.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/001_098straybullets02-indd/" rel="attachment wp-att-149674"><img class="aligncenter size-large wp-image-149674" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/strayBulletsT2-1-555x829.jpg" alt="" width="555" height="829" /></a> Presque 500 pages où se croisent et s&#8217;affrontent amants maudits, petites frappes qui ne méritent pas de vivre, gamins terrorisés, jeunes femmes sous le joug, pauvre commerciaux à la vie raté, garces possessives et tyranniques&#8230;le tout dans un décor vaste comme les États-Unis du pauvre, ceux où chaque histoire à un début, un milieu et une fin, mais où des chemins de traverse sont autorisés. David Lapham est un classique des années quatre-vingt-dix, un champion du noir, et ça, vous devriez l&#8217;avoir compris, au risque de prendre une balle perdue. Noir comme l&#8217;encre, dangereux comme la vie, bon comme le diable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p><strong>(1)</strong> Peut-être, dés lors, se reporter à son « Tue-moi à en crever », chez Delcourt, daté 2006 et un des rares autres moments graphiques noir et blanc de sa part, disponible en français. On pourra aussi recommander : « Silverfish » (Panini 2009), et son « Daredevil-Punisher » (Panini 2014).</p>
<p><strong>« Hip Hop Family Tree »</strong><strong> T4 par Ed Piskor<br />
</strong>Éditions papa Guédé (26 €) &#8211; ISBN : 979-10-90618-05-3</p>
<p><strong>« Royal City » T3</strong> <strong>par Jeff Lemire</strong><br />
Éditions Urban Comics (14,51 €) &#8211; ISBN : 9791026815761</p>
<p><strong>« Kaijumax »</strong> <strong>par Zander Cannon</strong><br />
Éditions Bliss Comics (35 €) &#8211; ISBN : 978-2-37578-160-9</p>
<p><strong>« Le Démon »</strong> <strong>par Jack Kirby</strong><br />
Éditions Urban Comics (35 €) &#8211; ISBN : 9791026816218</p>
<p><strong>« Skyward »</strong> p<strong>ar Lee Garnett et Joe Henderson</strong><br />
Éditions Hi Comics (17,90 €) &#8211; ISBN : 9782378870768</p>
<p><strong>« Barrier » par Marcos Martin et Brian K Vaughan</strong><br />
Éditions Urban Comics (22,50 €) &#8211; ISBN : 9791026819288</p>
<p><strong>« Slasher »</strong> <strong>par Charles Forsman</strong><br />
Éditions L’Employé du moi (18 €) &#8211; ISBN : 978-2-39004-059-0</p>
<p><strong>« Green Lantern Terre-Un » par Gabriel Hardman et <strong>Corinna Bechko</strong></strong><br />
Éditions Urban Comics (15,50 €) &#8211; ISBN : 9791026817413</p>
<p><strong>« Stray Bullets » T2 par David Lapham<br />
</strong>Éditions Delcourt (34.95 €) &#8211; ISBN : 978-2-4130-0812-5</p>
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		<title>Du beau, du bon, du Bolland !</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 22:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[« Judge Dredd contre Crève », « Batman Killing Joke », « Camelot 3000 », « The Invisibles », « Animal Man »...ces quelques titres suffisent à récréer une image mentale à toutes celles et ceux qui ont un jour croisé le dessin de Brian Bolland, artiste britannique ayant fait ses premières armes dans la revue anglaise <em>2000AD</em>, avant de réaliser la plus grosse partie de sa carrière chez l'éditeur qui le fascinait enfant : DC Comics.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Lire un artiste commenter ses propres dessins procure toujours un plaisir immense. Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un des dessinateurs les plus emblématiques du monde des comics, il va sans dire que ce plaisir est encore plus grand. Procédant par personnages et série, après avoir introduit son propos sur trois pages, Brian Bolland explique comment il a été amené à dessiner telle couverture, ou ensemble de couvertures, quelles influences il a pu subir, et quelle technique il a utilisée. L&#8217;occasion d&#8217;une iconographie riche, en couleur, alternant petites et grandes images, mais aussi des études et crayonnés, parfois inédits. Des anecdotes et réflexions personnelles accompagnent ces notes techniques, permettant de mieux connaître l&#8217;humain derrière l&#8217;artiste. C&#8217;est une occasion rare, en français, à part lors d&#8217;entretiens ou d&#8217;interviews dans des revues spécialisées, de découvrir ses propos posés.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/bolland1-2/" rel="attachment wp-att-149652"><img class="aligncenter size-large wp-image-149652" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/bolland11-555x551.jpg" alt="" width="555" height="551" /></a>Les thèmes sont nombreux, pour quelqu&#8217;un ayant travaillé pour une grosse maison d&#8217;édition telle DC, mais celui de la femme, et de sa représentation n&#8217;est pas le moins intéressant. La partie consacrée aux 38 couvertures de <em>Wonder Woman</em> (réalisées à partir de 1992, et du numéro 62) sont à cet égard assez évocatrices et permettent de se rendre compte de l&#8217;évolution des mentalités au fil du temps, même si la censure opérait encore (ou déjà) dans les années 1990.L&#8217;artiste évoque à plusieurs reprises sa passion pour les portraits accrocheurs, et/ou les scènes hyper dynamiques des couvertures de comics lorsqu&#8217;il était enfant, et fait part de son adhésion à une certaine vision de la femme, issue entre autre des « Swinging Sixties », qu&#8217;il a vécues et qui lui ont parfois fait dessiner des héroïnes peu habillées, ou dans des situations embarrassantes. Images souvent retoquées ou légèrement censurées par l&#8217;éditeur. Le fait de trouver le crayonné préparatoire d&#8217;un autre dessinateur, sur le projet d&#8217;une planche devant servir de couverture, a aussi un peu frustré l&#8217;auteur à ses débuts, il s&#8217;en explique.</p>
<div id="attachment_149653" class="wp-caption aligncenter" style="width: 532px"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/brian-par-bolland/" rel="attachment wp-att-149653"><img class="size-full wp-image-149653" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/Brian-par-Bolland.png" alt="" width="522" height="677" /></a><p class="wp-caption-text">Lorsque le jeune Bolland imitait ses &quot;maîtres&quot;.</p></div>
<p style="text-align: justify;">On feuillette et compulse cet imposant et beau livre, à la fois comme une galerie d&#8217;images merveilleuses, reproduisant par la même l&#8217;effet ressenti par l&#8217;auteur devant les kiosques étant enfant, mais on s&#8217;arrête à chaque page, pour lire le texte pertinent, très justement équilibré dans une maquette au top, très aérée. Ce beau livre, paru à l&#8217;origine en 2011, sous le titre « The DC Comics Art of Brian Bolland » méritait une parution française. C&#8217;est chose faite, pour le plaisir des amateurs. On regrettera juste que le titre original n&#8217;ait pas été gardé, « L&#8217;Art de la couverture » laissant à croire à tort que l&#8217;on trouvera un aperçu global de la carrière de l&#8217;auteur, ce qui n&#8217;est évidemment pas le cas. Ce léger bémol étant posé, « Brian par Bolland » fera un cadeau particulièrement adapté et apprécié sous le sapin cette année.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Camelot 3000 » par Brian Bolland et Mike W Barr<a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/camelot-3000/" rel="attachment wp-att-149654"><img class="alignright size-medium wp-image-149654" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/camelot-3000-250x382.jpg" alt="" width="250" height="382" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">An 3000, les extraterrestres ont envahit la majeure partie de notre planète, et l’Angleterre tente tant bien que mal de ne pas sombrer entièrement. Tom, un jeune assistant archéologique, se réfugiant sur le site de Glastonbury Tor, va être à l&#8217;origine du réveil de celui que l&#8217;on a nommé : le roi Arthur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On pourra penser ce que l&#8217;on veut, mais cette saga écrite entre 1982 et 1985 sur douze numéros, et que les lecteurs français ont découvert dans les <em>pockets</em> Aredit <em>Artima Color DC Super Star</em> des 1983, déploie, à première vue, tous les poncifs de la bande dessinée de gare que l&#8217;on pouvait trouver dans ces petits formats couleur. Récit improbable, mélangeant pure <em>space opera</em> et récit arthurien, (soit de la <em>space fantasy</em>), créatures extraterrestres hideuses, couleurs criardes typées&#8230; tout ce qui pourrait éventuellement rebuter un.lecteur un peu trop rapide. Mais à bien y regarder et lire de plus près, deux éléments s&#8217;imposent : 1) le dessin. Si Brian Bolland était au début de son ascension professionnelle, il possédait déjà un trait et un encrage remarquable, bien qu&#8217;ici aidé par une équipe d&#8217;encreurs dédiés, afin de respecter les délais, et le nombre élevé de ses planches et couvertures, (plus de 300 pages) incite l&#8217;amateur à reconnaitre qu&#8217;il s&#8217;agit sans doute d&#8217;une de ses réalisations les plus importantes, et donc indispensables.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149642/comic-books/selection-comics-noel-2019%c2%a0-du-beau-du-bon-du-bolland%c2%a0/attachment/bolland2/" rel="attachment wp-att-149656"><img class="aligncenter size-large wp-image-149656" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/bolland2-555x548.jpg" alt="" width="555" height="548" /></a>Juste remarquer que ce travail , dans ces conditions précises, évoquera beaucoup celui de son contemporain John Byrne, sur un titre comme les « Next Men », réédité d&#8217;ailleurs récemment par les éditions Delirium. Mais on se reportera au superbe « Killing Joke », réédité lui aussi en édition ultime il y a peu (Urban Comics), ou au livre « Brian par Bolland » afin de se régaler de pages au style plus rond, aux encrages réalisés par le dessinateur lui-même. 2) Les thèmes sous-jacents abordés (transsexualité, lesbianisme &#8230;) parmi d&#8217;autres, évoqués d&#8217;ailleurs par Mike W Barr dans son introduction, forcent le respect et obligent à lire cette histoire avec une attention toute particulière, au delà d&#8217;une simple distraction que pourrait apporter un autre format poche, plus quelconque, de la même époque. Il faut rappeler que « Camelot 3000 » a été lancé en 1982 par DC Comics, dans un but commercial bien précis : présenter cette histoire comme l&#8217;une des premières à être diffusée dans le circuit direct en dehors des <em>comics shop</em>, avec une présentation plus luxueuse qu&#8217;à l&#8217;habitude. Une ambition qui a entre autre permis au titre de ne pas dépendre de la fameuse (fumeuse) Comic Code Authority. Et cela se ressent forcément, en dehors, bien entendu, de la reprise, modernisée, du mythe arthurien, servant ici de base.</p>
<p>« Camelot 3000 » se révèle comme un délicieux mélange entre le classicisme de « Prince Valiant », avec son lot d&#8217;aventure, de batailles et de quête du Graal, et un récit de SF plus moderne, comme DC Comics a pu en offrir dans les années quatre-vingt. Et si l&#8217;on pensera assez naturellement à la saga « Crisis on Infinite Earths », qui définit assez bien les délires stylistiques et scénaristiques de cette époque, on rappellera seulement que ce titre-là n&#8217;a frappé les kiosques qu&#8217;en 1985 seulement. Sacré Graal ! Une intégrale culte, et classieuse dans sa présentation, indispensable à tout amateur de comics aimant le vintage.</p>
<p><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"><strong>« Brian par Bolland : <span style="color: #161616;"> </span><span style="color: #161616;">l’art de la couverture </span>» par Brian Boland</strong><br />
Éditions Urban Comics (29 €) &#8211; ISBN : <span style="color: #484848;">9791026810155</span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"><strong>« Camelot 3000 » par Mike W Barr et Brian Bolland</strong><br />
Éditions Urban Comics (35 €) &#8211; ISBN : <span style="color: #484848;">9791026820154</span></span></span></p>
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		<title>« Vie et mort de Toyo Harada » : déconstruction de « l’ère mythe »&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Dec 2019 23:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand final d'une des séries phare de l'univers Valiant. Le gourou des psiotiques se heurte à la résistance du capitalisme effréné, et sa fin nous est contée par un Joshua Dysart reconnaissant de son accueil en France. Une série impériale. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il aura fallu finalement assez peu de temps à l&#8217;univers Valiant (le nouveau) pour s&#8217;installer convenablement auprès des lecteurs français. Depuis 2013 et les premiers formats souples Panini, permettant de découvrir « Bloodshot », « Archer &amp; Armstrong », « XO Manowar », et « Harbinger » &#8211; les 14 premiers numéros seulement &#8211; et la réédition de ce dernier titre en intégrale par les éditions Bliss, on compte seulement 4 ans. Les derniers numéros des séries en cours ayant cependant privilégiés une forme numérique depuis 2016. Le personnage de Toyo Harada était déjà présent dans le premier numéro « Harbinger », mais c&#8217;est surtout au recueil « Imperium » paru en octobre 2017, chez Bliss, auquel nous ferons référence, car ce dernier volume se pose comme une suite directe aux événements qui y sont contés.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149310/actualites/%c2%ab-vie-et-mort-de-toyo-harada-%c2%bb%c2%a0-deconstruction-de-%c2%ab-l%e2%80%99ere-mythe-%c2%bb/attachment/extrait1/" rel="attachment wp-att-149312"><img class="aligncenter size-large wp-image-149312" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/extrait1-555x854.jpg" alt="" width="555" height="854" /></a> Dans cet important volume de 224 pages, contenant les six numéros de cette dernière mini série, Joshua Dysart prend le temps de dévoiler la psychologie de ce personnage haut en couleur qu&#8217;est Toyo Harada. Proposant, comme à son habitude, une alternance entre temporalités (ici présent et passé). Il nous détaille l&#8217;enfance du jeune garçon et du drame d&#8217;Hiroshima, mais aussi son passage, en tant que jeune adulte, dans une communauté pacifique qu&#8217;il contribue à fonder. Cet homme qui se cherche, d&#8217;abord dépassé par ses pouvoirs, qu’il tente de contrôler au fil du récit &#8211; à l’inverse de son caractère -, va tout faire pour construire un monde meilleur, malgré les oppositions qui se font jour.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149310/actualites/%c2%ab-vie-et-mort-de-toyo-harada-%c2%bb%c2%a0-deconstruction-de-%c2%ab-l%e2%80%99ere-mythe-%c2%bb/attachment/extrait2/" rel="attachment wp-att-149313"><img class="aligncenter size-large wp-image-149313" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/extrait2-555x854.jpg" alt="" width="555" height="854" /></a>En effet, comment différencier un être tout puissant, aux bonnes intentions, d&#8217;un dictateur, imposant sa vision du monde ? Alors qu&#8217;il est en passe de réaliser l&#8217;un de ses projets : atteindre la ceinture de débris extraterrestres, qui lui permettrait d&#8217;obtenir davantage de technologie de pointe, via l&#8217;ascenseur spatial construit en République Démocratique du Congo, par un des éléments de son équipe sur place, l&#8217;enveloppe Angela, en fait une entité extraterrestre, finit par s&#8217;opposer à lui. Celle-ci, jalouse, le trahit et contacte Rising Spirit, leur donnant les clefs de l&#8217;invasion de la base. L&#8217;heure des bilans a sonné et chacun devra assumer ses actes.<br />
&#8230;La fin d’un mythe ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149310/actualites/%c2%ab-vie-et-mort-de-toyo-harada-%c2%bb%c2%a0-deconstruction-de-%c2%ab-l%e2%80%99ere-mythe-%c2%bb/attachment/extrait3/" rel="attachment wp-att-149314"><img class="aligncenter size-large wp-image-149314" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/extrait3-555x854.jpg" alt="" width="555" height="854" /></a>Dans son avant-propos, le scénariste explique comment il a pris le temps de réaliser ce final, abordant, et on le ressent bien à la lecture, les thèmes qui lui sont chers : empathie, pouvoir, volonté, amour, abnégation, sacrifice, mais aussi : écologie, avancées technologiques, intelligence artificielle, conscience de soi, libre arbitre (pour le robot Sun in the Snow, Gravedog, le tueur Vigne SV99, voire Ingrid). Surtout, celui-ci explique combien il est reconnaissant aux éditions Bliss et à Florent Degletagne, son responsable, de lui avoir montré autant de confiance et offert de si beaux moyens éditoriaux. Il faut reconnaître qu&#8217;en l&#8217;espace de 3 ans seulement (2017-2019), les éditions Bliss ont su imposer un catalogue riche et des ouvrages de très grande qualité, que personne n&#8217;aurait pu imaginer ou croire possible. D’ailleurs, partant de ce principe de réciprocité, on notera une traduction réalisée exceptionnellement par Florent Degletagne lui-même sur ce volume. Une implication « au-delà de », presque psiotique. Quant aux dessins, le lecteur est gâté, car au-delà des pages produites par Cafu (Fernadez Urbano), que l&#8217;on a déjà pu apprécier sur les séries « Book of Death », « Divinity », « Ninjak », « Imperium »&#8230;, une poignée d&#8217;autres artistes participent à l&#8217;illustration de la narration. Mico Suayan sur la fin du numéro 1, puis Butch Guice sur le 2, Adam Pollina sur le 3, Diego Yapur sur le 4, Kano sur le 5, puis, apothéose : l&#8217;incroyable Doug Braithwaite, dans huit pages fascinantes du numéro 6, que l&#8217;on ne dévoilera pas ici.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149310/actualites/%c2%ab-vie-et-mort-de-toyo-harada-%c2%bb%c2%a0-deconstruction-de-%c2%ab-l%e2%80%99ere-mythe-%c2%bb/attachment/extrait4/" rel="attachment wp-att-149315"><img class="aligncenter size-large wp-image-149315" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/12/extrait4-555x426.jpg" alt="" width="555" height="426" /></a>Ce « Vie et mort de Toyo Harada » concluant un long chapitre, et donc une <em>« ère Harada »</em>, se pose comme un ouvrage essentiel de ce catalogue, mais aussi, avec « Imperium », comme l&#8217;un des titres phares de ce renouveau comics alternatif dont on parle sans cesse sur ce site. La science-fiction et le <em>Space Opera</em> restent certes la base de l&#8217;univers Valiant/Bliss, mais celui-ci aborde cependant énormément de thèmes qui parleront à l&#8217;ensemble des êtres humains que nous sommes. Aussi, il ne fait aucun doute que ce genre d&#8217;album fera partie des incontournables de toute bibliothèque comics qui se respecte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p><strong>« Vie et mort de Toyo Harada » par Cafu, Mico Suayan, Butch Guice&#8230; et Joshua Dysart</strong><br />
Éditions Bliss comics (23 €) &#8211; ISBN : 978-2-37578-190-6</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Le Batman qui rit » : un BatJok chauffé à cœur !</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Nov 2019 23:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite au cycle « Métal » <strong>(1)</strong> dans lequel Scott Snyder nous présentait une série de Batman immondes, issus de dimensions parallèles, où Bruce Wayne aurait suivi d'autres destinées, un parmi eux semblait être leur leader :  le Batman qui rit, sorte de mix entre un Joker noir hyper horrifique et Pinhead, le chef de la série « Hellraiser ».  Le personnage exceptionnel est spécialement mis en lumière dans cette première mini série qui, c'est écrit, connaîtra une suite en 2020. Sorti du contexte limite <em>space opera</em> et onirique du précédent arc, il débarque en ville, sur le terrain du maître de Gotham, bien décidé à imposer sa vision du bonheur (véridique !).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on ne boude pas notre plaisir de retrouver ce personnage horrifique, qui a effectivement marqué les esprits, et si les cinq premiers épisodes, dessinés magnifiquement par Jok, en alternance avec Eduardo Risso sur l&#8217;épisode 4 (<em>The Grim Knight</em> #1), pour illustrer l&#8217;origine de cette version de Batman, sorte de « Punisher Bat », lieutenant de celui qui rit, il s&#8217;avère vite assez compliqué de garder le cap, même si le récit reste prenant.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149113/actualites/%c2%ab-le-batman-qui-rit-%c2%bb%c2%a0-un-batjok-chauffe-a-coeur%c2%a0/attachment/7_batman-qui-rit_00/" rel="attachment wp-att-149117"><img class="aligncenter" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/7_BATMAN-QUI-RIT_00-555x847.jpg" alt="" width="555" height="847" /></a>Ceci est tangible dès l&#8217;épisode 5, et le 7 demande une lecture plus qu&#8217;attentive, à cause d&#8217;un lettrage embrouillé. En effet, Batman ayant été infecté, et allant assez rapidement devenir un Batman qui rit lui-même, ses dialogues, constitués de lettres noires sur fond blanc, vont devenir rouge sur fond blanc, tandis que le méchant parle en rouge sur fond noir. Cependant, les textes off, de leur côté, rouge sur fond gris, déjà difficile à lire (surtout lorsqu&#8217;un logo Batman se superpose dessus), vont, dans le chapitre 7, être parsemés de lettres blanches, au premier abord choisies au hasard, mais constituant en fait un message codé au fil des pages (on le comprend après coup), et rajouter à la complexité de lecture.</p>
<div id="attachment_149125" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/149113/actualites/%c2%ab-le-batman-qui-rit-%c2%bb%c2%a0-un-batjok-chauffe-a-coeur%c2%a0/attachment/batman-qui-rit-extrait-chap-7/" rel="attachment wp-att-149125"><img class="size-large wp-image-149125" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Batman-qui-rit-extrait-chap-7-555x530.jpg" alt="" width="555" height="530" /></a><p class="wp-caption-text">Des textes parfois difficiles à lire (©Urban - DC comics - Scot Snyder - Jok)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Passé ce détail <em>« technique »</em>, Scott Snyder s&#8217;amuse comme un petit fou en construisant une intrigue bien tordue. Toutefois, si on la préfère à « Métal », qui allait un peu trop loin, elle reste cependant marquée par une complexité certaine. Le sentiment d&#8217;être dans la surenchère de rebondissements extravagants domine, et ce n&#8217;est pas l&#8217;opération à cœur ouvert du Joker le moins spectaculaire et improbable.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/149113/actualites/%c2%ab-le-batman-qui-rit-%c2%bb%c2%a0-un-batjok-chauffe-a-coeur%c2%a0/attachment/15_batman-qui-rit_00/" rel="attachment wp-att-149118"><img class="aligncenter size-large wp-image-149118" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/15_BATMAN-QUI-RIT_00-555x847.jpg" alt="" width="555" height="847" /></a>Certes, on sait l&#8217;attachement au style <em>Thriller</em> de DC comics, et les scénarii se doivent d&#8217;être un minimum bien fouillés et écrits, mais on se demande une fois encore quand même si le <em>« bouchon »</em> (la ficelle) psychologique des personnages (Batman, le Joker, le Bat qui rit, l&#8217;inspecteur Gordon et James, son fils <em>serial killer</em> sous traitement, n&#8217;est pas poussé un peu trop loin. Il n&#8217;en reste pas moins un album assez convaincant, effrayant juste ce qu&#8217;il faut et faisant appel, pour le coup, à l&#8217;intelligence du lecteur, en tous cas pour tout piger et garder le cap. Pas mal pour un « Batman qui rit », non ?<br />
Les amateurs de comics peints seront aux anges, avec des planches de toute beauté, bonifiées par une sélection d&#8217;autres, juste encrées, par Jok, en fin d&#8217;album, ainsi que par les couvertures alternatives, à tomber.</p>
<p>Rien ne sera désormais plus comme avant (mais c&#8217;était déjà le cas, non ?).</p>
<p><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/149113/actualites/%c2%ab-le-batman-qui-rit-%c2%bb%c2%a0-un-batjok-chauffe-a-coeur%c2%a0/attachment/26_batman-qui-rit_00/" rel="attachment wp-att-149120"><img class="aligncenter size-large wp-image-149120" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/26_BATMAN-QUI-RIT_00-555x847.jpg" alt="" width="555" height="847" /></a></p>
<p><strong>« Le Batman qui rit » par Jok, Eduardo Risso, Scott Snyder et James William IV.</strong><br />
Éditions Urban comics (22,50 €) &#8211; ISBN : 9791026818786</p>
<p><strong>(1)</strong> À lire dans : <a title="L’arc « Batman Metal » s’achève dans un grondement très Wagnérien…" href="http://bdzoom.com/135870/actualites/l%e2%80%99arc-%c2%ab-batman-metal-%c2%bb-s%e2%80%99acheve-dans-un-grondement-tres-wagnerien%e2%80%a6/">L’arc « Batman Metal » s’achève dans un grondement très Wagnérien…</a> et <a title="« Batman Métal » T2 par Doug Mahnke, Yannick Paquette, Scott Snyder, James Tynion IV…" href="http://bdzoom.com/132341/comic-books/%c2%ab%c2%a0batman-metal-t2%c2%a0%c2%bb-par-doug-mahnke-yannick-paquette-scott-snyder-james-tynion-iv%e2%80%a6/">« Batman Métal » T2 par Doug Mahnke, Yannick Paquette, Scott Snyder, James Tynion IV….</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Elvis, ombre et lumière » : Love It Tender !</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 22:15:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[Sortir un roman graphique sur Elvis Presley en octobre 2019... quelle pouvait bien être la raison de cette étrange actualité ? C'est armé du désir de partager ma passion pour le King avec le dessinateur Kent que je connais depuis mon adolescence, pour l'avoir suivi via ses bandes dans les revues <em>Métal hurlant</em> ou <em>(À suivre)</em>, mais aussi au cours de sa carrière rock au sein des Starshooters, et sans doute afin de trouver une réponse à cette question, que je me suis rendu à une séance de dédicace, vendredi 15 novembre dans une librairie roannaise <b>(1)</b>. Interview flash, et chronique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je suis le premier à arriver, et à peine ai-je engagé la discussion avec mes collègues et amis libraires, que Kent, s&#8217;étant reposé un moment à l&#8217;étage, descend les petits escaliers de la boutique. Nous nous saluons, et la conversation de deux fans s&#8217;engage illico, avec tutoiement de sa part immédiate, pour se poursuive ensuite vers la table installée en fond de boutique, au milieu des livres, et au son de chansons d&#8217;Elvis issues d&#8217;un 25 cm vinyle tournant sur un électrophone nouvelle vague (avec prise USB). Ambiance&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/img_20191115_170814-copie/" rel="attachment wp-att-148726"><img class="alignleft size-medium wp-image-148726" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_20191115_170814-copie-250x333.jpg" alt="" width="250" height="333" /></a>Franck : <em>Quelle a été l&#8217;idée derrière cette publication ? Pourquoi Elvis ? </em></p>
<p style="text-align: justify;">Kent : <em>c&#8217;est l&#8217;éditeur qui m&#8217;a appelé. Le </em><em>S</em><em>euil et Delcourt font désormais partie du même groupe, et une collection Seuil Delcourt a été lancée il y a déjà </em><em>deux ans. (En septembre 2017, voir :</em> <a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/liste-des-collections-bd/seuil-delcourt.html">https://www.editions-delcourt.fr/bd/liste-des-collections-bd/seuil-delcourt.html</a>). <em>Comme je n&#8217;avais pas publié depuis 2008 et que je n&#8217;avais aucune bonne idée pour proposer quelque chose de neuf, cette nouvelle est tombée à pic. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>F : Oui, il est vrai que j’ai été heureusement surpris de noter cette information de parution d’album, alors que « L’Homme de Mars », ton précédent album n’avait pas connu de petits frères. Je rappellerai ta bibliographie aux lecteurs.<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Celle-ci est constituée principalement de trois albums moyen-grand format aux Humanoïdes associés : « Sales Amours » dés 1982, <span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">compilations de petites histoires parues dans <em>Metal hurlan</em>t,</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"> « </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">Ma vie est formidable », un mélange de bio et de dessins, puis enfin « African Night Flight » </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">(1984), </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">seul vrai roman graphique, paru sous forme d’épisodes dans la revue </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"><em>Métal Aventure, </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">avec Philippe Bernalin au scénario. </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">Ensuite,</span></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">trois petits formats à l’italienne chez Futuropolis, dans la collection </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"><em>X</em></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;">, entre 1985 et 1986, <a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/ma-vie-est-formidable-kent/" rel="attachment wp-att-148727"><img class="alignright size-medium wp-image-148727" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Ma-Vie-est-formidable-Kent-250x319.jpg" alt="" width="250" height="319" /></a>avec Bergouze (de son vrai nom Philippe Bernalin) au scénario. Il s’agissait des aventures de Bob Robert, un héros de l’aéropostal.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Suite au décès de son ami, et quelques projets pour une association :l’Adme (agence de l’environnement et de la maîtrise<a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/couv_119605/" rel="attachment wp-att-148734"><img class="alignleft size-medium wp-image-148734" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Couv_119605-250x334.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: small;"> de l’énergie), Kent se consacre exclusivement à sa carrière musicale solo, débutée, rappelons-le, en 1982 avec « Amours propres ». « L’Homme de Mars », paru en 2008, étant un livre-CD.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">F : <em>c</em><em>omment s&#8217;est traduite la collaboration avec Patrick Mahé ? </em></p>
<p style="text-align: justify;">K : <em>Patrick est un spécialiste d&#8217;Elvis Presley, qui était la personne référente, avec des ouvrages reconnus, dont son « Sur la route d&#8217;Elvis » (Grasset, </em><em>2002</em><em>). J&#8217;ai lu pas mal d&#8217;ouvrages et ai aussi rencontré Jean Marie Pouzenc, du club Elvis My Happiness, qui m&#8217;a donné pas mal d&#8217;anecdotes.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/img_20191115_171458/" rel="attachment wp-att-148728"><img class="aligncenter size-large wp-image-148728" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_20191115_171458-555x403.jpg" alt="" width="555" height="403" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">F : <em>peux-tu me citer </em><em>quelques-uns</em><em> de tes morceaux favoris d&#8217;Elvis ? </em></p>
<p style="text-align: justify;">K : <em>bon, alors, ça ne va pas être trop dur, parce que j&#8217;ai am</em><em>e</em><em>né ma guitare, et interprète souvent ce</em><em>lles</em><em> que j&#8217;affectionne le plus. Il y a « M</em><em>e</em><em>mories », un titre pas très connu (et pourtant, il est sur l&#8217;album ¶ 68 Comeback Spécial » ndlr), &#8230;j&#8217;aime bien aussi « Roustabout », tiré de la BO du même nom (1964) : </em><em>(il chantonne : « </em><em>I&#8217;m just a roustabout, </em><span style="color: #545454;"><span style="font-family: arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Shifted from </em></span></span></span><em><span style="color: #6a6a6a;"><span style="font-family: arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>town to town,</em></span></span></span></em><em></em><em><span style="color: #545454;"><span style="font-family: arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>n</em></span></span></span></em><span style="color: #545454;"><span style="font-family: arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>o job can hold me down.</em></span></span></span><em>..&nbsp;&raquo; mais aussi « Walk a mile my in my Shoes », </em><em>(</em><em>tiré de l&#8217;album « On Stage », de 1970</em><em>)</em><em>. </em></p>
<p>S&#8217;en suit une discussion de fans sur les périodes sixties et seventies du King, et de la beauté de ses chansons gospel, telles « How Great Thout Art », ou « If I Can Dream » ainsi que sur les disques et coffrets posthumes publiés. Puis il est temps de laisser la place, tandis que Kent termine sa dédicace, que j&#8217;ai choisie, puisqu&#8217;il proposait trois possibilités : le Elvis des années cinquante, celui des années soixante, ou celui de sa fin de carrière.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/elvis-kent/" rel="attachment wp-att-148729"><img class="size-full wp-image-148729 alignleft" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Elvis-Kent.png" alt="" width="214" height="297" /></a>À propos de l&#8217;album : Kent a choisi un récit en flash-back, commençant le 16 août 1977, jour de la mort du King, à l&#8217;âge de quarante-deux ans. Le récit est raconté par une serveuse de la cafétéria du Baptist Memorial Hospital de Memphis, où Elvis Presley à été amené après sa découverte inerte, à Graceland, vers 10h du matin.</p>
<p style="text-align: justify;">Partant de ce principe astucieux, laissant la parole à une fan, entourée d&#8217;amis ayant aussi suivi la carrière du chanteur (dont un fan français : Jean-Pierre) et d&#8217;un jeune, lui plutôt fan de Hard Rock et des premiers groupes punk, qui va jouer ici le rôle du naïf, à qui les &laquo;&nbsp;anciens&nbsp;&raquo; vont raconter Elvis.<br />
Chaque décennie, en partant de l&#8217;année 1935, à Tupelo, où il est né, sera introduite par une page de titre, joliment illustrée, comprenant un résumé des principaux événements de sa carrière.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/elvis-indd/" rel="attachment wp-att-148730"><img class="aligncenter size-large wp-image-148730" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/elvisOmbreEtLumiere-1-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a><br />
Le style est enjoué, montrant Elvis Presley sous son meilleur profil (la lumière) n&#8217;occultant cela dit pas les côtés plus sombres (l&#8217;ombre), comme son addiction aux médicaments, sa recherche de spiritualité aléatoire, ses dépenses incontrôlables, son entourage malsain, tout comme ses délires tardifs, le poussant à proposer ses services à Richard Nixon, pour infiltrer et lutter contre les milieux contestataires (sic), tels que décrits en page 121. Un épisode bien connu et documenté, mais qui fait froid dans le dos. Au-delà de ces aspects négatifs, que la plupart des amateurs auront appris à mettre un peu de côté, pour ne retenir que le bon qui émanait de lui, et nombreux sont ceux l&#8217;ayant côtoyé pouvant en témoigner, on retiendra le cheminement perturbé d&#8217;un homme, dont le fantôme du frère jumeau mort-né l&#8217;aura hanté toute sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/elvis-indd-2/" rel="attachment wp-att-148731"><img class="aligncenter size-large wp-image-148731" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/elvisOmbreEtLumiere-2-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a>Le dessin fin, aux aplats de noir très classiques dans la forme, rappelant que Kent est un bon dessinateur, aborde aussi quelques couleurs douces et pâles à l&#8217;occasion : du magenta, du cyan, du jaune, et confirme l&#8217;appartenance du scénariste dessinateur à la scène indépendante. Un style et un statut dont il peut être fier, car on pourrait le rapprocher volontiers des étoiles montantes américaines telles Jordan Crane ou Jonathan Case.<br />
Huit pages en fin de roman graphique proposent de découvrir la relation d&#8217;Elvis avec les auteurs au moment de sa mort (où l’on comprend que Kent n’a pas été un amateur d’Elvis depuis son adolescence, punk rock oblige… ; un <em>who&#8217;swho</em> des personnes apparaissant dans le livre, une petite bibliographie, et un <em>songbook </em>des principales chansons citées (30 tout de même).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/elvis-indd-3/" rel="attachment wp-att-148732"><img class="aligncenter size-large wp-image-148732" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/elvisOmbreEtLumiere-3-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a>Une œuvre non seulement agréable et incontournable pour tout fan d&#8217;Elvis Presley, mais aussi un roman graphique réussi bienvenu, sachant que le dessin de Kent n&#8217;avait pas été vu depuis 2008 et « L&#8217;Homme de Mars » chez Actes Sud. « Love It Tender » !</p>
<p> <strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<p><strong>(1) </strong>Librairie Un Monde à soi. À souligner que Kent dédicaçait aussi son dernier roman : « Peine perdue » (Le Dilettante, janvier 2019).</p>
<p><strong>« Elvis, </strong><strong>o</strong><strong>mbre et lumière »</strong> <strong>par Kent et Patrick Mahé</strong><br />
Éditions Delcourt (19,99 €) &#8211; ISBN : <span style="color: #333333;"><span style="font-family: pf dindisplay promedium, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">978-2-413-01302-0</span></span></span></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/148724/interviews/%c2%ab-elvis-ombre-et-lumiere-%c2%bb-love-it-tender%c2%a0/attachment/elvis-indd-4/" rel="attachment wp-att-148733"><img class="aligncenter size-large wp-image-148733" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/elvisOmbreEtLumiere-4-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Next Men » : est-ce bien humain ce que l’on transhumanise ?</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 13:55:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>

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		<description><![CDATA[John Byrne est l'un des auteurs les plus connus et respectés du monde des comics, dont on a déjà eu l'occasion de parler récemment <b>(1)</b>. Si cet Anglais, émigré au Canada, puis finalement naturalisé américain, a marqué la culture comics des années quatre-vingt avec ses passages sur les « X-Men », « Les Quatre Fantastiques » ou « Superman », il a aussi produit quelques séries plus personnelles, dont ce « Next Men », <em>Thriller</em> d'anticipation intelligent de 1992, au ton percutant.  Un must have, créé pour le label indépendant <em>Legends</em> de Dark Horse comics, certes bien ancré dans les années quatre-vingt-dix, mais oh combien pertinent, scénaristiquement et graphiquement. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nathan, Bethany, Jack, Jazz et Dan sont des jeunes vivant tranquillement dans leur « serre », un monde fantasmagorique, sorte d&#8217;Eden, dans lequel ils évoluent, après d&#8217;autres jeunes adultes avant eux, découvrant d&#8217;étranges pouvoirs, en attendant leur <em>« accomplissement »</em>. Parfois, l&#8217;un d&#8217;entre eux <em>« s&#8217;efface »</em>, littéralement, et une stèle apparaît dans ce qui fait office de cimetière. Mais qui sont-ils ? Et quel est cet étrange endroit ? Jack, le premier, va faire, par accident, la douloureuse expérience de l&#8217;explication, et le projet Next Men va être révélé au grand jour, changeant leur vie à tout jamais&#8230;<a href="http://bdzoom.com/148891/actualites/%c2%ab-next-men-%c2%bb-est-ce-bien-humain-ce-que-l%e2%80%99on-transhumanise%c2%a0/attachment/next-men-01_p22/" rel="attachment wp-att-148980"><img class="aligncenter" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/NEXT-MEN-01_p22-555x853.jpg" alt="" width="555" height="853" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque John Byrne se lance dans ce projet, il est déjà un auteur reconnu. Comme le fait très justement remarquer Xavier Fournier dans son incontournable avant propos <strong>(2)</strong>, celui-ci fait preuve d&#8217;un avant-gardisme notable, et les idées qu&#8217;il développe, soit au sein des séries licenciées pour lequel il est archi connu, telles Les « X-Men », avec son Wolverine typique, ou les « Alpha Flight », équipe canadienne ; soit sur des projets plus personnels, montre une inventivité donnant tout son sel, encore aujourd’hui, à ce genre de récit. Les scènes du début, en l’occurrence, traitées en parallèle, dévoilent deux faces d&#8217;une même pièce : l&#8217;ingénierie du capitalisme moderne outrancier, façon « Frankenstein », cachant ses erreurs sous le tapis, sous couvert de transgénisme (pour le bien commun), et un onirisme déroutant, censé révéler un être humain augmenté (le transhumanisme). Ces deux faces vont finir par se retrouver confrontées de plein fouet, grâce &#8211; ou à cause de &#8211; ce que l&#8217;on pourrait appeler aujourd&#8217;hui un « lanceur d&#8217;alerte », en fait un complice désœuvré.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bdzoom.com/148891/actualites/%c2%ab-next-men-%c2%bb-est-ce-bien-humain-ce-que-l%e2%80%99on-transhumanise%c2%a0/attachment/next-men-01_p15/" rel="attachment wp-att-148969"><img class="aligncenter" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/NEXT-MEN-01_p15-555x853.jpg" alt="" width="555" height="853" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;essentiel de ce premier tome de 285 pages, compilant les numéros 0 à 9 de la série, est constitué de ces thématiques d&#8217;hésitations, de préparations, de mensonges et lui confère cette touche Thriller et action, autant que d&#8217;anticipation. La découverte subite par ces jeunes gens, d&#8217;un monde qu&#8217;ils ne connaissent pas, se fera avec violence, et au contact d’armes létales, offrant d&#8217;ailleurs des cases magnifiques.<br />
John Byrne à son truc pour dessiner et rendre les explosions particulièrement puissantes. Au sein de ses planches et cadrages très dynamiques, on se surprend à rechercher ces rouges, orangés et noirs charbonneux, rien que pour le plaisir des yeux. Certes son trait et les couleurs de Matt Webb sont marqués par les années quatre-vingt-dix, mais leur précision percute. Dommage à ce titre que la couverture ne lui rende pas tout à fait justice, même si son symbole fort d&#8217;éclatement de la réalité <em>« traduit »</em> fort bien le propos.<a href="http://bdzoom.com/148891/actualites/%c2%ab-next-men-%c2%bb-est-ce-bien-humain-ce-que-l%e2%80%99on-transhumanise%c2%a0/attachment/next-men-01_p27/" rel="attachment wp-att-148981"><img class="aligncenter size-large wp-image-148981" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/NEXT-MEN-01_p27-555x853.jpg" alt="" width="555" height="853" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Next Men » n&#8217;est pas un récit de guerre, malgré ses scènes militaires. Il n&#8217;est pas non plus complètement un récit de super héros, tout du moins dans ce premier tome. Ce n&#8217;est pas tout à fait de la science-fiction (pris en tous cas dans le contexte de sa réédition aujourd&#8217;hui), car ces événements sont quasiment crédibles face aux avancées technologiques et scientifiques. Il possède en fait tous ces critères et thématiques à la fois, allant même jusqu&#8217;à flirter avec l&#8217;horreur, comme lorsque de l&#8217;apparition d&#8217;un extraterrestre monstrueux, sacré rebondissement d’ailleurs de la série, dans le numéro 4 : « Survivor ». Cela dit, Satanax, robot squelette extraterrestre, fait aussi flipper.</p>
<p><a href="http://bdzoom.com/148891/actualites/%c2%ab-next-men-%c2%bb-est-ce-bien-humain-ce-que-l%e2%80%99on-transhumanise%c2%a0/attachment/jan1105031/" rel="attachment wp-att-149014"><img class="aligncenter size-large wp-image-149014" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/JAN1105031-555x871.jpg" alt="" width="555" height="871" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Next Men » dénote par son aspect alternatif fort, dans une thématique supposée être super-héroïque. Si l&#8217;on peut difficilement comprendre qu&#8217;il n&#8217;ait pas été davantage mis en lumière en France depuis 1992 <strong>(3)</strong>, et connu surtout des seuls amateurs de John Byrne (mais remplaçons les choses dans leur contexte d&#8217;avant 2000 et la vague de films Marvel&#8230;) il ne fait aucun doute que cette édition d’une intégrale avec une nouvelle traduction de Virgile Iscan va permettre à un nombre grandissant d&#8217;amateurs de faire connaissance avec une œuvre puissante.</p>
<p>Vivement la suite !</p>
<p><strong>Franck GUIGUE</strong></p>
<div id="attachment_148983" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/148891/actualites/%c2%ab-next-men-%c2%bb-est-ce-bien-humain-ce-que-l%e2%80%99on-transhumanise%c2%a0/attachment/next-men-56-57/" rel="attachment wp-att-148983"><img class="size-large wp-image-148983" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Next-men-56-57-555x440.jpg" alt="" width="555" height="440" /></a><p class="wp-caption-text">John Byrne dessine les explosions comme personne.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1)</strong> À l&#8217;occasion de la réédition couleur de son roman graphique « <a title="« 2112 » par John Byrne : futur au passé recomposé  et une « seconde genèse » pour les X-Men." href="http://bdzoom.com/143531/comic-books/%c2%ab-2112-%c2%bb-par-john-byrne-futur-au-passe-recompose-et-une-%c2%ab-seconde-genese-%c2%bb-pour-les-x-men/">2112</a> », en juin dernier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(2)</strong> Cet avant-propos érudit et bienvenu, en plus de l&#8217;ajout de la couleur, du cartonnage, de la nouvelle traduction et de l&#8217;ensemble des couvertures originales en interchapitres, constitue ce que l&#8217;on peut appeler l&#8217;édition ultime de ce désormais classique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(3)</strong> Dante comics, petite structure parisienne, à bien proposé une première édition de « Next Men » dès 2009, au moment du lancement de la suite de la série aux États-Unis, mais les deux volumes omnibus ayant été traduits par Thomas Rivière et édités en noir et blanc, avec « 2112 » inclus, n’ont, semble-t-il, pas connu la diffusion méritée. La suite de 2010, incluant 6 nouveaux épisodes, a aussi été proposée à l’époque.</p>
<p> <strong>« Next Men </strong><strong>intégrale T1 »</strong> <strong>par John Byrne</strong><br />
Éditions Delirium (26€) &#8211; ISBN : 9791090916531</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Monde Mutant : intégrale » : alleluia, la fin du monde sera pour&#8230;demain !</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Nov 2019 16:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Guigue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comic Books]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Les éditions Delirium frappent à nouveau un grand coup en sortant la réédition en intégrale d'un récit de science-fiction indisponible en français depuis 1991. Cette édition regroupant deux récits auparavant séparés, bénéficie d'une nouvelle traduction et surtout, d'une superbe colorisation, ainsi que des bonus particulièrement intéressants. De quoi définitivement muter. 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dimento est un être frustre, trimballant son corps de jeune homme mutant dans un monde apocalyptique, rongé par les radiations, où l&#8217;occupation principale des êtres le peuplant est de trouver à manger&#8230;sans être mangé. C&#8217;est là qu&#8217;un jour, il croise le chemin de Julie, une belle jeune femme blonde, dont on ne sait ce qu&#8217;elle fait seule ici&#8230; Leur destin va dorénavant être lié.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/monde_mutant_01/" rel="attachment wp-att-148755"><img class="aligncenter size-large wp-image-148755" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/monde_mutant_01-555x787.jpg" alt="" width="555" height="787" /></a><a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/revue_5394/" rel="attachment wp-att-148756"><img class="alignright size-medium wp-image-148756" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Revue_5394-250x334.jpg" alt="" width="175" height="234" /></a>« Monde Mutant » a été publié en 8 chapitres dans la revue <em>1984</em> de Toutain editor (Warren publishing aux USA), entre juin 1978 et septembre 1979. En France, ce sont les éditions Campus et leur revue <em>Ère comprimée</em> qui la traduiront dés son premier numéro, en décembre 1979 et jusqu&#8217;à son numéro 4, paru durant l’été 1980. Avant la fin du deuxième chapitre, Corben, sentant le besoin d&#8217;être aidé sur cette nouvelle histoire, fait appel à Jan Strnad, avec lequel il a déjà produit « Les Mille et une nuits » <strong>(1)</strong>. Le problème, c&#8217;est que le rédacteur en chef de la revue change les dialogues et y incorpore des obscénités. Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;éditer la série sous forme de roman graphique, le duo claque alors la porte de Warren et Richard Corben le publie lui-même, en 1982, sous le giron de sa structure Fantagor press. En France, un album sera édité, en 1983 chez Campus éditions. Dans les deux cas, les dialogues ont été revus et pour rendre le récit plus cohérent, huit pages sont rajoutées,</p>
<p style="text-align: justify;">En 1990, le duo s&#8217;associe à nouveau, afin de proposer une suite. Ce sera « Fils du monde mutant », écrit cette fois directement pour Fantagor Press, sous forme d&#8217;épisodes pensés dés le départ comme un tout. Les deux premiers seront cependant mal imprimés en couleur, et les autres resteront en noir et blanc. Aucun album ne paraîtra aux USA, la France ayant cependant le privilège de connaître un album cartonné chez Comics USA en 1991.</p>
<div id="attachment_148757" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/mutant-world-comics/" rel="attachment wp-att-148757"><img class="size-large wp-image-148757    " src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Mutant-World-comics-555x564.jpg" alt="" width="555" height="564" /></a><p class="wp-caption-text">N°1 du comics original du « Fils de... » qui donnera la couverture de l&#39;album français.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Dans cette suite, se situant une grosse quinzaine d&#8217;années plus tard, nous faisons la connaissance avec une demoiselle chevauchant un énorme Grizzli, Hershel et son corbeau, navigant à bord d&#8217;un ballon, un vieux chasseur de Grizzli et son jeune fils. Tous vont être mêlés à l&#8217;invasion de l&#8217;île forteresse (la colonie d&#8217;humains, dirigée par Max, l&#8217;ex-partenaire de « Julie »), par l&#8217;armée de mutants du redoutable Bouillasse.<a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/monde-mutant_p107/" rel="attachment wp-att-148762"><img class="aligncenter" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/MONDE-MUTANT_p107-555x803.jpg" alt="" width="555" height="803" /></a>Le temps à passé, la vie est toujours aussi dure (aaah ! Les plantes suçoirs, accueillant sévèrement, la nuit, les visiteurs de la forêt entourant la forteresse), mais nos protagonistes principaux, ceux qui ont du cœur, aspirent à une douceur retrouvée. Cela sera-t-il possible ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/monde-mutant_p98/" rel="attachment wp-att-148759"><img src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/MONDE-MUTANT_p98-555x803.jpg" alt="" width="555" height="803" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Profitant du lancement d&#8217;une campagne participative de Corben studios sur Kickstarter en août 2019, afin d&#8217;envisager le financement de ce roman graphique inédit aux USA, avec une recolorisation entièrement effectuée par la propre fille du dessinateur : Beth Corben, sous sa supervision, Laurent Lerner a décidé de s&#8217;associer à l&#8217;événement. C&#8217;est ainsi que, 28 ans après une première version, certes agréable, mais épuisée depuis longtemps, les fans de l&#8217;artiste, et de science-fiction en général &#8211; et ils sont nombreux &#8211; peuvent bénéficier d&#8217;un superbe album cartonné présentant l&#8217;intégrale de cette histoire vraiment passionnante, si propre à l&#8217;univers Corbenien.</p>
<div id="attachment_148763" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><img class="size-large wp-image-148763 " src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/Mutant-World-color-differences-555x204.jpg" alt="" width="555" height="204" /><p class="wp-caption-text">Comparaison du travail de colorisation...</p></div>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’on lit ou relit « Monde mutant », c&#8217;est toute une culture post-apocalyptique qui est conviée, ramenant le souvenir des premiers émois de découvertes de cases provenant de la revue <em>Métal hurlant.</em> « Den » avait bouleversé des milliers de lecteurs en 1975, mais retrouver cette ambiance de fin du monde&#8230;quelle sensation !<br />
<a href="http://bdzoom.com/148753/actualites/%c2%ab-monde-mutant-integrale-%c2%bb%c2%a0-alleluia-la-fin-du-monde-sera-pour-demain%c2%a0/attachment/monde-mutant_p106/" rel="attachment wp-att-148761"><img src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2019/11/MONDE-MUTANT_p106-555x803.jpg" alt="" width="555" height="803" /></a><br />
Les sentiments humains sont, comme souvent avec ces deux auteurs, exacerbés, la violence est crue, les coups pleuvent et font mal, et l&#8217;humain, ou ce qu&#8217;il en reste, est foncièrement mauvais. Même le « père » Colombe, sorte de moine extrémiste, n&#8217;offre pas un portrait très positif de l’âme humaine. Imaginez : 1978 !! On était encore loin de « Walking Dead » et, ce qui pourrait peut-être paraître un peu désuet aujourd&#8217;hui, pour un jeune lecteur, ne l&#8217;est pas. À propos de « Walking Dead », on se plaira à trouver cependant quelques parallèles (un clin d’œil de ses créateurs à « Monde mutant», pourquoi pas ?), dans l&#8217;histoire de cette « colonie » devant faire face à une horde de mutants, mais aussi, soyons fous, dans le prénom d&#8217;un des leaders : Hershel, présent aussi dans la célèbre série TV.</p>
<p style="text-align: justify;">« Monde mutant » à gardé toute sa violence, toute sa force, et il reste comme une référence dans la culture bédéphile de science-fiction. C&#8217;est un incontournable, et en plus, il est beau (huit pages de textes et photos inédites préparatoires plus les introductions originales des deux auteurs, datées 1982, sont joints). Le <em>delirium tremens</em> nous guette.</p>
<p> <strong>Franck GUIGUE</strong><span style="font-size: 11px; text-align: center; background-color: #f1f1f1;"> </span></p>
<p><strong>« Monde Mutant intégrale »</strong> <strong>par Richard Corben et Jan Strnad</strong><br />
Éditions Délirium (25 €) &#8211; ISBN : 979-10-90916-54-8</p>
<p><strong> (1)</strong> « Les Mille et une nuits » de Corben sont parues en français en 1979 chez les Humanoïdes associés)</p>
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