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	<title>BDzoom.com &#187; Hervé Louinet</title>
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		<title>Quand René Follet illustre Jean Ray/John Flanders&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Feb 2014 22:20:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Louinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Illustrer un auteur, c’est un peu comme le traduire : il y a risque de trahison. Pourtant, il existe des exceptions. René Follet dans son approche, sa vision, sa mise en image des textes de Jean Ray/John Flanders se révèle en totale adéquation avec l’univers si particulier de l’auteur. Suivons le chemin où se croisent les deux artistes…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<div style="margin: auto; width: 95%;">
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/JR-1954.jpeg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-70941" title="JR-1954" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/JR-1954.jpeg" alt="JR-1954" width="119" height="151" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>Jean Ray</strong> (1887-1964), auteur de littérature fantastique et policière, il écrit un nombre impressionnant de courtes nouvelles pour divers magazines et revues. C’était son gagne-pain et il s’acharnait à se faire publier dans des supports de genres très différents. Certains <strong>étaient&#8230;</strong></p>
</div>
</div>
<div style="width: 50%; float: right;">
<div style="margin: auto; width: 95%;">
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Follet-2014.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70942" title="Follet-1953" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Follet-2014.jpg" alt="Follet-2014" width="108" height="137" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>René Follet</strong>, né en 1931, illustrateur et dessinateur, commence sa carrière à 14 ans avec la réalisation de chromos illustrant le roman de Robert Louis Stevenson : « L’Île au trésor ». Il rencontre Hergé en 1945 et se lance alors dans l’illustration pour livres et revues, dont beaucoup <strong>sont&#8230;</strong></p>
</div>
</div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center"><strong>&#8230;destinés à la jeunesse.</strong></p>
<p align="center"><strong>Heureusement, un jour, leur chemin se croise.</strong></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Le-journal-de-Tintin-1.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-70848" title="Le-journal-de-Tintin-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Le-journal-de-Tintin-1.jpg" alt="" width="343" height="500" /></a>           <strong>1/ 1948 : Première &laquo;&nbsp;rencontre&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Au mois de septembre 1946, le journal <em>Tintin</em> paraît pour la première fois en Belgique. La revue qui deviendra le &laquo;&nbsp;journal des jeunes de 7 à 77 ans&nbsp;&raquo; prépubliera entre autres, à raison d’une planche chaque semaine, les albums de « Blake et Mortimer », d’« Alix » et des « Aventures de Tintin » à partir de l’album « Les 7 Boules de cristal ». Dans la revue, on trouve aussi des articles documentaires et des nouvelles illustrées. C’est ce dernier point qui sera l’origine du croisement entre nos deux protagonistes.</p>
<p style="text-align: justify;">            René Follet commence sa carrière avec la réalisation de quelques dessins professionnels, dès 1945, alors qu’il n’a que quatorze ans. Son premier travail consistera à dessiner soixante images illustrant le roman (abrégé) de Robert Louis Stevenson : « L’Île au trésor » pour la bibliothèque du chocolat Aiglon.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ile-trésor.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-70849" title="Ile-trésor" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ile-trésor.jpg" alt="" width="165" height="260" /></a> C’était l’époque où l’on trouvait, dans les tablettes de chocolat, des images destinées à être collées dans un album. Pour René Follet, ce premier travail n’est pas évident, car il faut choisir quelles scènes illustrer en fonction du texte. Son père l’aidera dans ces choix essentiels qui font que l’illustrateur appréhende parfaitement le texte, ses moments clefs, ses moments importants.</p>
<p style="text-align: justify;">            Peu après, c’est un de ses professeurs d’école qui lui fait rencontrer Hergé. Ce dernier lui donnera pour conseil de ne pas suivre de cours de dessin, afin de ne pas se faire influencer et ainsi développer son propre style. De cette rencontre avec Hergé, vont aussi s’ouvrir les portes du journal <em>Tintin</em>, à la fin de l’année 1948, avec une première illustration pour un texte d’Yvon Le Galec : « Le Plus Horrible des châtiments ». Follet illustrera ainsi, pour l’hebdomadaire, plus de soixante nouvelles et romans à suivre jusqu’en 1960, année où il décide de quitter la revue.</p>
<div id="attachment_70945" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Tintin-n°1-1950-021.jpeg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70945" title="Tintin-n°1-1950-02" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Tintin-n°1-1950-021.jpeg" alt="Tintin-n°1-1950-02" width="240" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Une des premières illustrations de René Follet dans Tintin (n°1 - 1950)</p></div>
<p style="text-align: justify;">            La force de Follet, dans la gestion de sa carrière, est qu’il a toujours voulu et su être indépendant. Bien qu’ayant travaillé pour des magazines, il n’a jamais vraiment intégré les groupes de dessinateurs et est toujours resté autonome.</p>
<p style="text-align: justify;">            Jean Ray a commencé sa carrière littéraire en faisant paraître ses nouvelles dans divers journaux. Il restera toujours en quête de nouveaux supports pour ses écrits : quotidiens, revues de spectacle, revues littéraires, revues pour la jeunesse&#8230; Ce n’est que très tardivement – il a alors soixante et un ans ! — qu’il fait paraître, sous la signature de John Flanders, un premier texte dans <em>Tintin</em> en mars 1948 : « Trois longues&#8230; Une brève ». Une quarantaine de nouvelles y seront ainsi publiées jusqu’en 1955, plus une en hommage en 1964.</p>
<p style="text-align: justify;">            C’est donc la même année, 1948, que René Follet et Jean Ray vont intégrer le journal <em>Tintin</em>. Mais il faut attendre deux ans pour voir leur première collaboration.</p>
<div id="attachment_70850" class="wp-caption alignright" style="width: 452px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Tintin47.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70850 " title="Tintin47" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Tintin47.jpg" alt="" width="442" height="385" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration d&#39;une nouvelle de John Flanders par René Follet (Tintin n° 45 – 1951).</p></div>
<p style="text-align: justify;">En août 1950, la première nouvelle signée John Flanders et illustrée par René Follet paraît dans <em>Tintin</em> : « Trois hommes derrière un mur ». C’est là le premier croisement entre les deux auteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">            René Follet créera son illustration en lisant et découvrant le texte. Il s’agit d’une courte nouvelle, d’un travail unique, d’un seul dessin. Il n’est donc pas nécessaire qu’une rencontre se fasse entre les deux artistes.</p>
<p style="text-align: justify;">            Jean Ray vend de son côté son texte au journal, vraisemblablement via son agent littéraire. Quant à René Follet, on lui donne les textes à illustrer.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/7-Robinsons.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70851 alignleft" title="7-Robinsons" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/7-Robinsons.jpg" alt="" width="262" height="377" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Au total, René Follet ne réalisera que quatre illustrations de courts récits de John Flanders pour <em>Tintin</em>, ainsi que six autres pour la longue nouvelle « Les Sept Robinsons de la neige »<em> </em>[cf illustration ci-contre] parue dans <em>Sélection Tintin 1955</em>, année qui marque la fin de la collaboration entre Jean Ray et la revue.</p>
<p style="text-align: justify;">            Alors que l’association de ces deux talents se dessine et se révèle être une synergie parfaite, l’ironie voudra que l&#8217;écrivain et illustrateur ne se rencontrent jamais pour leur travail en commun. Ni pendant ni après leur collaboration au journal <em>Tintin</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">            Les années passent.</p>
<p style="text-align: justify;">            Jean Ray décède en 1964.</p>
<p style="text-align: justify;">            Il va falloir attendre plus de vingt ans pour que leurs œuvres se recroisent, et ce, grâce à un nouvel éditeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB1.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-70853 alignright" title="EB1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB1-555x733.jpg" alt="" width="255" height="733" /></a>           <strong>2/ 1985 : Edmund Bell, en noir et blanc.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Claude Lefrancq, nouvel éditeur touche-à-tout, décide en 1984 d’éditer des ouvrages des « Aventures d’Edmund Bell », en faisant traduire du néerlandais des longues nouvelles signées John Flanders et originellement publiées dans la revue <em>Bravo !</em> pendant la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le projet est ambitieux. Chaque ouvrage, en tirage limité, comportera cinq nouvelles, sera relié toile avec jaquette et sera illustré.</p>
<p style="text-align: justify;">            Claude Lefrancq rencontre René Follet et lui propose ce travail sur un premier volume, puis ensuite sur un second.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le premier vo­lume : « L’Élève invisible », tiré à 1 000 exem­plaires, propose, outre quinze illustrations sous forme de grandes feuilles à placer dans l’ouvrage, une superbe lithographie numérotée et signée.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/rene-follet-claude-lefrancq-john-flanders-1985_suite-09.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-70880" title="rene-follet-claude-lefrancq-john-flanders-1985_suite-09" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/rene-follet-claude-lefrancq-john-flanders-1985_suite-09.jpg" alt="" width="551" height="762" /></a> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB2.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70855 alignleft" title="EB2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB2.jpg" alt="" width="255" height="543" /></a>Le second : « L’Ombre rouge », tiré à 1 500 exemplaires et avec soixante pages de moins, n’aura aucun de ces plus : les vingt-deux illustrations sont directement imprimées sur les pages de l’ouvrage et aucune lithographie n’est proposée.</p>
<p style="text-align: justify;">            Pour l’époque, ces deux livres étaient vendus 410 FF (62 €) pour le premier et 350 FF (53 €) pour le second. Ce qui représentait une petite somme. Mais les acheteurs-collectionneurs de l’époque ne regrettent en rien leur achat <strong>(1)</strong> pour la simple raison que René Follet donne à Jean Ray/John Flanders toute sa puissance. C’est une révélation. On ne lit plus et ne lira plus John Flanders sans penser aux visuels de Follet. Cette association est parfaite.</p>
<p style="text-align: justify;">            Concernant la technique utilisée par René Follet sur ces illustrations, celui-ci nous confie : « <em>Il s’agit d’un lavis de gouache, effectué avec un tube de noir d’ivoire et un tube de blanc. Les blancs obtenus sont soit l’effet de réserves du papier de fond, soit une superposition de blanc en tant qu’ajout de luminosité ou de correction.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">            On peut apercevoir l’effet technique de superposition de blanc ci-dessous, au niveau des yeux des personnages, sur ce</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline; text-align: center;">dessin inédit, spécialement réalisé pour cet article par René Follet.</span></strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB-inédit.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70856" title="EB-inédit" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/EB-inédit-555x458.jpg" alt="" width="555" height="458" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Un troisième volume a été annoncé chez Claude Lefrancq : « La Griffe d’Argent ». Il était sur les listes de publications à venir et même parfois sur des listes de publications parues ! Les traductions des textes néerlandais avaient été réalisées, toujours par les mêmes traducteurs : Paul et René Depauw <strong>(2)</strong>. Pourtant, ce volume n’a jamais vu le jour et René Follet, de son côté, n’a jamais eu de commande de travail d’illustration à effectuer.</p>
<div id="attachment_70881" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/L’Ombre-rouge.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-70881" title="L’Ombre rouge" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/L’Ombre-rouge-555x729.jpg" alt="" width="555" height="729" /></a><p class="wp-caption-text">Une des illustrations de « L’Ombre rouge ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">On est en droit de penser que les ventes n’ont pas été au rendez-vous, malgré les informations données par les éditions Néo (diffuseur français) qui annonçaient dans les publicités pour le second volume, une quasi-rupture de stock du premier !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-cou.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70857 alignright" title="Diable-cou" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-cou.jpg" alt="" width="200" height="400" /></a>            <strong>3/ 1985 : Edmund Bell, en couleurs.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Claude Lefrancq décide de poursuivre son aventure avec Edmund Bell, mais cette fois-ci en publiant des bandes dessinées qui seront les adaptations des nouvelles publiées dans « L’Élève invisible ». Pour ce faire, Jacques Stoquart est employé au scénario et René Follet toujours au dessin, sans oublier Luce Daniels aux couleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, nous basculons dans une autre méthode de travail géré par un scénariste qui impose son découpage au dessinateur, tout en donnant son adaptation et interprétation du texte. Et il est clair que Jacques Stoquart n’aura pas beaucoup de respect pour le texte original. L’histoire de la première adaptation ne suit que dans les grandes lignes le texte de John Flanders.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Nuit-araignee.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70858 alignleft" title="Nuit-araignee" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Nuit-araignee.jpg" alt="" width="200" height="400" /></a> Le mode narratif, les personnages, les lieux&#8230; sont totalement originaux et sans réel rapport avec la nouvelle. Jacques Stoquart prend des libertés et René Follet les subit sans réellement les comprendre. Il avouera que : « <em>Seul le recul du temps m’a permis d’en juger l’abus</em> ». Il est ainsi étrange, dans le premier volume — « Le Diable au cou » — de découvrir un univers en totale contradiction avec celui créé par John Flanders. Là où, dans les nouvelles avec Edmund Bell, le côté maternel/féminin est rare, voire inexistant, sinon synonyme du mal, Jacques Stoquart crée et intègre des personnages féminins, sans que cela se révèle important dans l’histoire. Si l’on compare écrits avec scénario, nous sommes en présence de deux univers différents. Celui si particulier créé par John Flanders disparaît quasi complètement. Heureusement, les dessins de René Follet permettent de retrouver un univers proche de celui de John Flanders.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-crayon.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70859 alignright" title="Diable-crayon" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-crayon.jpg" alt="" width="200" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Pour les deux premiers albums, une édition de luxe tirée à 500 exemplaires verra le jour, et ce pour notre plus grand bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;">« Le Diable au cou » nous offrira l’intégralité des crayonnés de René Follet. Il est toujours intéressant d’en observer les différences avec l’album définitif, encré et colorisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces crayonnés auraient pu exister à eux seuls, sans finalisation, sans encrage, sans couleur tant ils sont expressifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils montrent tout le talent de René Follet, sa maîtrise du point de vue et, surtout, ils sont en totale adéquation avec les images que peut se faire un lecteur de John Flanders.</p>
<p style="text-align: justify;">Follet matérialise exactement votre vision. Tout simplement extraordinaire !<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Crayonnes.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70860" title="Crayonnes" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Crayonnes-555x509.jpg" alt="" width="555" height="509" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            « La Nuit de l’araignée », qui adapte la nouvelle « L’Esprit frappeur de Spring-Lodge » dans son édition luxe, nous propose, quant à elle, sous un format géant (30,5 x 42 cm) <strong>(3)</strong>, non pas les crayonnés (sauf une page), mais le dessin finalisé et encré, non colorisé.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Nuit-luxe-extrait-gris.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70876" title="Nuit-luxe-extrait-gris" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Nuit-luxe-extrait-gris-555x268.jpg" alt="" width="555" height="268" /></a>            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ombre-rouge.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70861 alignleft" title="Ombre-rouge" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ombre-rouge.jpg" alt="" width="255" height="400" /></a>1989 et 1990 voient paraître deux nouveaux albums. Mais avec « L’Ombre noire », on découvre une nouvelle maquette : un nouveau bandeau qui est en totale contradiction avec le style de René Follet. On découvre aussi, pour cet album, l’utilisation d’un papier glacé en intérieur, qui rehausse les couleurs et atténue le style du dessinateur. Pourquoi une telle orientation ? Claude Lefrancq recherche-t-il un (autre) public ? Nous le verrons un peu plus loin.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ombre-noire.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70862 alignright" title="Ombre-noire" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ombre-noire.jpg" alt="" width="255" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>            4/ René Follet, un &laquo;&nbsp;metteur en images&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Essayons de comprendre le style de René Follet et pourquoi il semble correspondre de manière parfaite au style de Jean Ray ?</p>
<p style="text-align: justify;">            La chose évidente est que le style de Follet n’est pas de la &laquo;&nbsp;ligne claire&nbsp;&raquo;. L’illustration, le dessin, propose des personnages ou éléments qui n’ont pas de contour précis, et le pourtour de l’illustration n’a pas de cadre, pas de limite. Sauf bien sûr dans les bandes dessinées, mais Follet prend, à notre avis, un malin plaisir à supprimer le cadre de la case. Et avouons-le, c’est un choix judicieux. Ainsi, le lecteur garde son imagination totalement ouverte, prête à fonctionner, continue de deviner, de créer un univers, en complétant ce qu’il y a de représenté. Si l’illustration de Follet est ouverte, le texte de Ray l’est tout autant. Lorsqu’on commence un récit de Ray/Flanders, il ne faut que trois ou quatre lignes pour que l’auteur plante un décor, un ou plusieurs personnages, une situation et une ambiance. Seules quelques lignes ; qui dit mieux ?<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Découpage.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70863 alignleft" title="Découpage" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Découpage.jpg" alt="" width="311" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le lecteur est capable avec ces quelques mots d’avoir tout cela ; parce que son imagination créée le reste. Quelques lignes de texte, comme un simple croquis préparatoire dans lequel le lecteur aura déjà, par projection, une idée de ce que sera la finalité. Un texte ouvert, sans réelle limite ; on rejoint les illustrations de Follet.</p>
<p style="text-align: justify;">            René Follet nous explique sa méthode de travail dans le cadre d’une adaptation de bande dessinée :</p>
<p style="text-align: justify;">— En se basant sur un texte du scénariste décrivant brièvement quels personnages sont présents, les lieux et les dialogues, René Follet réalise « <em>un premier projet – mise en place des éléments dans une première distribution des cases</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ce premier projet de découpage/mise en page est bien entendu amené à être modifié si nécessité s’en fait sentir.</p>
<p style="text-align: justify;">— À partir de ce premier découpage est réalisé « <em>un crayonné plus ajusté, précis, et destiné à être encré, ou mis au lavis ou en couleurs directes. Il peut sensiblement s’éloigner du premier projet (autres attitudes, autre angle de vue) mais en conservant le découpage du premier projet.</em> »<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/crayonnés-après-découpage.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70867" title="crayonnés-après-découpage" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/crayonnés-après-découpage-555x499.jpg" alt="" width="555" height="499" /></a>— L’étape suivante sera l’encrage. C’est René Follet qui s’encrera lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">— Pour terminer, la planche encrée sera traduite en bleu pour être colorisée. C’est Luce Daniels qui réalisera la mise en couleurs des albums d’Edmund Bell.</p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-cou-ill.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70946" title="Diable-cou-ill" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Diable-cou-ill-555x475.jpg" alt="Diable-cou-ill" width="555" height="475" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            <strong>5/ La fin (annoncée) d’Edmund Bell.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Trin-fantome.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-70956" title="Trin fantome" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Trin-fantome.jpg" alt="" width="150" height="665" /></a>Alors que les quatre premiers albums paraissent avec une régularité annuelle, le cinquième album : « Le Train fantôme » paraît trois ans après « L’Ombre noire ». La surprise est de taille pour le lecteur. C’est Wilbur Duquesnoy qui dessine cette aventure.</p>
<p style="text-align: justify;">Claude Lefrancq, malgré l’envie certaine de René Follet de poursuivre l’aventure, orientera ce dernier vers un autre projet &laquo;&nbsp;plus important et urgent&nbsp;&raquo; : une nouvelle collection, écrite par Loup Durand (« Daddy »). Loup Durand scénarise les deux premiers albums en 1991 et 1992. La série s’arrêtera là.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, en parallèle, Loup Durand scénarise deux autres séries qui paraissent également chez Claude Lefrancq en 1993 et 1994, alors que « Daddy » n’est pas poursuivi.</p>
<div id="attachment_70957" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Daddy.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-70957" title="Daddy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Daddy-555x492.jpg" alt="" width="555" height="492" /></a><p class="wp-caption-text">Un extrait de « Daddy » par René Follet.</p></div>
<p style="text-align: justify;">On est en droit de se poser la question du succès de cette série. Loup Durand décède en 1995. La série en bande dessinée des aventures d’Edmund Bell est donc passée à la trappe.</p>
<div id="attachment_70958" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Crayonnés.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70958 " title="Crayonnés" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Crayonnés.jpg" alt="" width="250" height="706" /></a><p class="wp-caption-text">Une page des crayonnés du « Diable au cou ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">On constate que René Follet est, depuis le début, un choix judicieusement parfait pour illustrer John Flanders, mais malheureusement très mal géré de par les choix au niveau scénaristes et séries. Il y avait sans aucun doute matière à faire une longue série Edmund Bell, en adaptant la plupart des nouvelles. Ce qui pouvait présenter plus d’une quinzaine d’albums.</p>
<p style="text-align: justify;">            Quelle est la vraie cause de l’arrêt de la série ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vraisemblablement, le public n’a pas été au rendez-vous. « Le Diable au coup » dans sa version avec les crayonnés se trouve parfois (souvent ?) avec deux autocollants ajoutés : un changeant l’ISBN et un autre masquant et remplaçant le logo Dargaud, imprimé sur la couverture, par le logo Lefrancq.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant tiré à seulement 500 exemplaires, ce superbe album semble s’être invendu et avoir été récupéré par Lefrancq pour un second lancement. De plus, les éditions Lefrancq semblent avoir régulièrement souffert d’une (très) mauvaise distribution et diffusion.</p>
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Jack-Minuit.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70868 alignright" title="Jack-Minuit" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Jack-Minuit.jpg" alt="" width="150" height="400" /></a>          <strong> 6/ Retour à l’illustration.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            En 1991, toujours aux éditions Claude Lefrancq, mais côté littérature, parution d’un premier volume d’une nouvelle collection : <em>Attitudes</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle débutera avec un roman inédit <strong>(4)</strong> de Jean Ray : « Jack de minuit ». C’est René Follet qui réalise la couverture couleur et sept illustrations en noir et blanc en intérieur. Toujours dans cette collection, René Follet illustrera, l’année suivante, le délicieux recueil de nouvelles : « Les Joyeux Contes d’Ingoldsby », avec une couverture couleur et onze illustrations N &amp; B en intérieur.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ingoldsby.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70869 alignleft" title="Ingoldsby" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ingoldsby.jpg" alt="" width="150" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Claude Lefrancq entreprend de publier l’intégralité des aventures d’Harry Dickson, y compris les fascicules néerlandais : cinq volumes paraîtront entre 1994 et 1998, avant la fin de cette série sans réelle ligne directrice.</p>
<p style="text-align: justify;">Notons que les deux premiers volumes afficheront une couverture de René Follet. L’année suivante marquera la fin des éditions Claude Lefrancq.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand ces dernières s’arrêtent en 1999, c’est pour laisser place aux éditions Ananké, toujours dirigées par Claude Lefrancq. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ingoldsby-ill.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-70870" title="Ingoldsby-ill" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Ingoldsby-ill-555x886.jpg" alt="" width="555" height="886" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/HD-vol1.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70871 alignright" title="HD-vol1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/HD-vol1.jpg" alt="" width="200" height="500" /></a>Les éditions Ananké sont essentiellement consacrées à la réédition des aventures de Bob Morane d’Henri Vernes, on y trouve toutefois quelques ouvrages d’autres auteurs, dont &laquo;&nbsp;L&#8217;Hirondelle de nuit&nbsp;&raquo; (2010), roman inédit signé John Flanders, tiré à 300 exemplaires et la réédition de « Le Grand Nocturne » de Jean Ray. René Follet en illustre les couvertures et pour le second, trois projets pour celle-ci y sont présentés en intérieur. La dernière illustration de couverture, à ce jour, est celle d’un tirage très limité de dix-huit exemplaires, paru aux éditions Ananké : « Malpertuis et autres histoires fantastiques ». Il s’agit de la réédition d’un volume paru en 2001, à la Renaissance du Livre, collection <em>Les Maîtres de l’Imaginaire </em>: « Jean Ray ».<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/HD-vol2.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70872 alignleft" title="HD-vol2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/HD-vol2.jpg" alt="" width="200" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Précisons pour approcher l’exhaustivité, la participation de René Follet aux deux volumes « Harry Dickson, aventures inconnues », tome 1 (2009), tome 2 (2011), aux éditions l’Âge d’Or, avec quatre illustrations N &amp; B intérieures dans chacun des volumes.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Grand-Nocturne.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70873 alignright" title="Grand-Nocturne" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Grand-Nocturne.jpg" alt="" width="200" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            René Follet, dans chacune de ses illustrations, aura transposé l’univers de Jean Ray/John Flanders comme personne. Il a su saisir et comprendre l’atmosphère, l’ambiance, la sueur, l’incertitude&#8230; qui ressort des écrits de l’auteur gantois. René Follet &laquo;&nbsp;est&nbsp;&raquo; Jean Ray. C’est le complément visuel parfait, le complément indispensable.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui ne rêve pas de lire une bande dessinée, véritable adaptation fidèle du roman « Malpertuis », illustrée par René Follet, et selon un scénario en totale adéquation avec sa vision ? Pas moi, en tout cas.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Malpertuis.jpg" rel="lightbox[70844]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-70874 alignleft" title="Malpertuis" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/02/Malpertuis.jpg" alt="" width="200" height="500" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Tous mes remerciements vont à René Follet, pour son affabilité, sa participation, sa patience, son art, sa passion.</p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><strong>Hervé LOUINET</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="right">Sur René Follet, voir aussi sur <em>BDzoom.com</em>, entre autres :  <a title="Lien permanent vers René Follet" href="http://bdzoom.com/5182/patrimoine/le-coin-du-patrimoine-rene-follet/" rel="bookmark">René Follet</a>, <a title="Lien permanent vers L’intégrale de « Steve Severin » de René Follet en 9 albums noir et blanc, à paraître en septembre chez BD Must !" href="http://bdzoom.com/64918/actualites/l%e2%80%99integrale-de-%c2%ab-steve-severin-%c2%bb-de-rene-follet-en-9-albums-noir-et-blanc-a-paraitre-en-septembre-chez-bd-must/" rel="bookmark">L’intégrale de « Steve Severin » de René Follet en 9 albums noir et blanc, à paraître en septembre chez BD Must !</a>, <a title="Lien permanent vers Sur la vague des vieux pirates et autres flibustiers de la bande dessinée…" href="http://bdzoom.com/66814/patrimoine/sur-la-vague-des-pirates-de-la-bande-dessinee/" rel="bookmark">Sur la vague des vieux pirates et autres flibustiers de la bande dessinée…</a> ou <a title="Lien permanent vers Les premières « Belles Histoires de l’Oncle Paul »…" href="http://bdzoom.com/68637/patrimoine/les-premieres-%c2%ab-belles-histoires-de-l%e2%80%99oncle-paul-%c2%bb%e2%80%a6/" rel="bookmark">Les premières « Belles Histoires de l’Oncle Paul »…</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><strong>(1)</strong><strong> </strong>Notons toutefois que les deux ouvrages se sont mal vendus suite à une mauvaise diffusion et on a pu les trouver soldés, surtout le second volume, jusqu’au début des années 2000.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(2)</strong> Les traductions de Paul et René Depauw, revues et corrigées par André Verbrugghen et Françoise Bannier, ont fait l’objet de publications au sein de l’Amicale Jean Ray : « Edmund Bell » – tome I (octobre 2012) — tome II (novembre 2013).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(3)</strong> René Follet travaille généralement sur un format comme celui-ci, soit 1,5 fois le format d’édition.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(4)</strong> Le roman a été prépublié en 1991, en tirage limité à 100 exemplaires, par l’Amicale Jean Ray.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Jean Ray/John Flanders, scénariste de bandes dessinées (3/3)</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Nov 2012 23:01:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Louinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici la troisième et dernière partie de cet article qui évoque l'activité peu connue de scénariste de bande dessinée du romancier Jean Ray/John Flanders, de son vrai nom Jean Raymond Marie de Kremer, entre 1947 et 1952 : un dossier riche en découvertes de toutes sortes, même pour les historiens les plus pointus du 9e art… ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center">        <strong>4/ Les années Averbode : <em>Zonneland</em> et <em>Petits Belges</em> (1948-1952)</strong></p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55770" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/averbode-coll.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55770" title="averbode-coll" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/averbode-coll-555x382.jpg" alt="" width="555" height="382" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>Quelques collaborateurs d&#8217;Averbode : 1/ Jean Ray &#8211; 2/ Albert Van Hageland &#8211; 3/ Renaat Demoen.</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">             En 1948, Jean Ray interrompt sa collaboration avec Buth sur la série « Thomas Pips ». Si on évoque souvent une collaboration difficile, comme nous l&#8217;avons vu dans notre deuxième partie, les deux hommes ne se sont pas pour autant séparés par désaccord.</p>
<div id="attachment_55771" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Jesuit-Pierre-Jean-De-Smet-1864.bmp" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-55771" title="Jesuit-Pierre-Jean-De-Smet-1864" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Jesuit-Pierre-Jean-De-Smet-1864.bmp" alt="" width="240" height="1144" /></a><p class="wp-caption-text">Le père Pierre Jean De Smet</p></div>
<p style="text-align: justify;">Dans une vision globale de tous les scénarios réalisés par Jean Ray, on constate que ce dernier a relativement bien géré son travail et alterné ses collaborations avec différents dessinateurs. Ainsi, après les quatre aventures de Thomas Pips, Jean Ray retrouve à nouveau son ami Renaat Demoen pour la biographie en bandes dessinées du père Pierre De Smet.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce missionnaire belge fut un interlocuteur important entre différentes tribus d&#8217;indiens d&#8217;Amérique et entre les indiens et le gouvernement américain, lors de la conquête de l&#8217;Ouest. « De Zwarte veroveraar » &#8211; « Le Conquérant noir », qui paraît aux éditions Averbode simultanément, en néerlandais dans la revue <em>Zonneland</em> et en français dans la revue <em>Petits Belges</em> en 1948 et 1949, fait donc référence à ce personnage surnommé « Robe-noire » par les indiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario, qui se contente d&#8217;énumérer les grandes actions du père De Smet auprès des indiens, nous présente aussi, en arrière-plan, un personnage typiquement &#8216;rayen&#8217; de justicier solitaire : le Djibenö.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55772" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/djibeno.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55772" title="djibeno" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/djibeno-555x232.jpg" alt="" width="555" height="232" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>Rencontre avec le Djibenö.</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Anonyme, masqué et habillé de noir, il sauve le père De Smet, tel un « ange noir ». C&#8217;est le genre de personnage que l&#8217;on croise assez souvent dans l&#8217;œuvre de Jean Ray. Derrière ce justicier mystérieux, ce héros modèle, on distingue un caractère religieux, une &laquo;&nbsp;main de Dieu&nbsp;&raquo; qui sauve celui qui fait le bien : le message passe très bien.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55773" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/conquerant.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55773" title="conquerant" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/conquerant-555x860.jpg" alt="" width="555" height="860" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>Planche 23 du « Conquérant noir ».</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">            Le dessin de Demoen, avouons-le, est assez mauvais. Un trait rapide, peu précis, peu descriptif et des personnages comme taillés dans la pierre, font que le rythme visuel en reste assez lent. Le scénario, basé sur la vie de De Smet, donne heureusement du rythme de part les nombreuses actions du missionnaire.</span></p>
<div id="attachment_55774" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/ile-noire.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55774  " title="ile-noire" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/ile-noire-555x767.jpg" alt="" width="250" height="767" /></a><p class="wp-caption-text">La couverture de « De Zwarte eiland » (« L&#39;Île noire ») par Renaat Demoen – 1948.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">Demoen fait publier en parallèle, dans les mêmes revues, « Les aventures de Johnny et Annie », dont il réalise lui-même le scénario, proposant là un dessin  plus travaillé et un découpage plus maîtrisé. On doit pouvoir attribuer la faiblesse du dessin du « Conquérant » à la surcharge de travail de Demoen ou, peut-être, à une désynchronisation entre le scénariste et le dessinateur ; ce dernier se contentant de suivre à la lettre le script de Jean Ray, et non d&#8217;enjoliver la description, peut-être faute de temps.</span></p>
<p style="text-align: justify;">            Il s&#8217;agit de la seule bande dessinée que Jean Ray réalisera avec Demoen ; toutefois, leur collaboration continue en arrière-plan avec de nombreuses et somptueuses illustrations que Demoen  réalise – et il était très doué pour cela – pour illustrer des contes ou des couvertures d&#8217;ouvrages de Jean Ray.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« De Zwarte veroveraar » &#8211; « Le Conquérant noir ». 42 planches couleurs dans <em>Zonneland</em> – <em>Petits Belges</em> du 06/06/1948 au 03/04/1949. (Signé : J. Flanders) [Rééd. en album – N&amp;B - De Dageraad -  1978]</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">             Une histoire à peine finie, une autre commence. Jean Ray continue son rôle de scénariste, et retrouve Buth – ce qui montre que l&#8217;entente était toujours là – pour un tout autre genre d&#8217;histoires. « Op zoek naar de zonne-eilanden » &#8211; « Vers les îles du soleil » &#8211; est construit avec les ingrédients suivants : deux orphelins (Doudou et Léna),  un trésor caché, un bateau n&#8217;ayant jamais navigué, un robot humanoïde, des monstres marins, un secret de famille et une galerie de personnages typiques.</p>
<div id="attachment_55775" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/vers-les-iles-du-soleil-1.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55775" title="vers-les-iles-du-soleil-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/vers-les-iles-du-soleil-1-555x857.jpg" alt="" width="555" height="857" /></a><p class="wp-caption-text">Première planche de « Vers les îles du soleil ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">Tout cela est agencé avec des raccourcis scénaristiques improbables, des coïncidences et des faits incroyables, et surtout un charme immortel. Malgré les personnages caricaturaux que l&#8217;on croisent et le déroulement saccadé de l&#8217;histoire, on reste toutefois captivé à la lecture du récit ; le contexte d&#8217;époque avec ces références évidentes aux aventures de Tintin, qui n&#8217;est pas loin, vont faire de vous un(e) jeune &laquo;&nbsp;de 7 à 77 ans&nbsp;&raquo;. Il est certain que le lecteur de Jean Ray y retrouve tout son univers tel qu&#8217;il a pu le croiser une dizaine d&#8217;années auparavant dans ses récits destinés à la jeunesse. Jean Ray n&#8217;oublie pas dans quelle revue paraît « Vers les îles du soleil », ce qui lui impose parfois des rappels aux bons sentiments et à la foi qu&#8217;il doit communiquer à ses lecteurs.</p>
<div id="attachment_55776" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/iles-soleil-pri+¿re.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55776" title="iles-soleil-pri+¿re" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/iles-soleil-pri+¿re-555x242.jpg" alt="" width="555" height="242" /></a><p class="wp-caption-text">Un message important à faire passer au jeune lecteur.</p></div>
<p style="text-align: justify;">            Le style de Buth reste toujours assez figé. Les cases semblent parfois être des captures aléatoires d&#8217;images d&#8217;un film ; il y a des manques certains, mais le lecteur les comble rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le scénario nous emmène en mer et nous fait finalement débarquer sur une île. C&#8217;est là la fin de l&#8217;histoire et un petit bandeau informatif nous annonce que la suite de l&#8217;aventure nous sera « <em>peut-être</em> » racontée plus tard. Malheureusement, même si le scénario de cette suite en a été complètement écrit par Jean Ray, les dessins ne seront jamais réalisés. Pour quelle raison ? Nous ne le savons pas.</p>
<div id="attachment_55777" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/robot-haddock.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55777" title="robot-haddock" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/robot-haddock-555x486.jpg" alt="" width="555" height="486" /></a><p class="wp-caption-text">Un robot rencontre un &quot;Capitaine Haddock&quot; ?</p></div>
<p style="text-align: justify;">Buth continuait en même temps, de son côté, ses aventures de Thomas Pips. Jean Ray a donc travaillé seul sur la suite du scénario, attendant un éventuel nouveau dessinateur.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« Op zoek naar de zonne-eilanden : de wondere avonturen van de &laquo;&nbsp;Zeester&nbsp;&raquo; » &#8211; « Vers les îles du soleil : les aventures de &laquo;&nbsp;L&#8217;étoile de mer&nbsp;&raquo; ». 50 planches couleurs dans <em>Zonneland</em> – <em>Petits Belges</em> du 17/04/1949 au 26/03/1950. (Signé : J. Flanders)</li>
<li>« Op zoek naar de zonne-eilanden » (suite). Scénario tapuscrit de 46 pages. Inédit.</li>
</ul>
<div id="attachment_55796" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/herckenrath.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55796 " title="herckenrath" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/herckenrath.jpg" alt="" width="250" height="700" /></a><p class="wp-caption-text">Antoon Herckenrath.</p></div>
<p style="text-align: justify;">             Le dernier épisode de « Vers les îles du soleil » paraît le 26 mars 1950 et, la semaine suivante, dans <em>Zonneland</em> et <em>Petits Belges</em> paraît « In de greep van den octopus » &#8211; « Le Secret de l&#8217;octopus », une nouvelle bande dessinée scénarisée par Jean Ray qui s&#8217;associe, pour l&#8217;occasion, à un nouveau dessinateur : Antoon Herckenrath.</p>
<p>Né à Anvers le 20 février 1907, il y meurt le 12 octobre 1977. Herckenrath est issu de l&#8217;Académie d&#8217;Anvers, où étudia Bob de Moor et, plus tôt, un certain Vincent van Gogh. Il y a principalement étudié diverses techniques de gravure. Il devient rapidement célèbre de part son style basé sur le contraste noir/blanc et voit ses œuvres exposées dès 1936. Ses thèmes de prédilection seront le folklore, les légendes flamandes et la souffrance humaine. Outre ses nombreuses illustrations pour revues et livres, on lui doit aussi beaucoup d&#8217;ex-libris. Il débute sa carrière d&#8217;illustrateur au journal <em>Ons Land</em> en tant qu&#8217;assistant sur des strips et bandes dessinées de Pink (Eugeen Hermans), le premier dessinateur flamand ayant intégré des bulles dans ses bandes dessinées. Après-guerre, il est embauché par les éditions Averbode, où il fera de la mise en page et remplacera Renaat Demoen pour illustrer les couvertures des <em>Vlaamsche Filmkens</em>. On trouve notre lien avec Jean Ray.</p>
<div id="attachment_55779" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-bandeau.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55779" title="octopus-bandeau" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-bandeau-555x139.jpg" alt="" width="555" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Le bandeau-titre.</p></div>
<div id="attachment_55780" class="wp-caption alignright" style="width: 313px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-haddock.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55780" title="octopus-haddock" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-haddock.jpg" alt="" width="303" height="346" /></a><p class="wp-caption-text">Un autre &quot;Capitaine Haddock&quot; ?</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le récit « In de greep van den octopus »  est construit sur le même modèle que « Vers les îles du soleil », à savoir qu&#8217;on y retrouve presque les mêmes ingrédients : deux orphelins (Dan et Mary), un bateau, un secret de famille, des monstres marins (beaucoup), une île et des personnages haut en couleur (un prêtre, un détective, un domestique ancien marin, des créanciers, un mystérieux méchant, un saint&#8230;). On retrouve ainsi beaucoup de facettes et sujets chers à Jean Ray, avec des pointes de « Malpertuis », de « Harry Dickson » et des <em>Presto-Films</em> et <em>Vlaamsche Filmkens</em>. L&#8217;histoire est ici complète. On peut même se demander si ce n&#8217;est pas une réécriture de « Op zoek naar de zonne-eilanden », mais en plus adulte, avec des idées scénaristiques parfois extravagantes. Ici aussi, la linéarité et la logique de l&#8217;histoire sont absentes, dans le seul but de donner un maximum d&#8217;évènements et d&#8217;emmener le (jeune) lecteur le plus loin possible et le pari est gagné.</p>
<p style="text-align: justify;">            Côté dessin, Herckenrath présente un style qu&#8217;il a du mal à gérer, alternant de superbes images à d&#8217;autres inquiétantes de naïveté. On croit parfois lire une bande dessinée de fanzine scolaire et, à la page suivante, on découvre un style fin et précis, presque parfait, pour ensuite retomber sur des cases aux perspectives moyenâgeuses&#8230; Autre caractéristique, beaucoup de bulles de texte sont inversées (dans le sens où vous devez d&#8217;abord lire celle d&#8217;en bas avant celle du dessus), créant parfois une certaine confusion dans les dialogues.</p>
<div id="attachment_55781" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-bulles.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55781" title="octopus-bulles" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-bulles-555x457.jpg" alt="" width="555" height="457" /></a><p class="wp-caption-text">Les surprises: des bulles inversées et de superbes dessins.</p></div>
<p style="text-align: justify;">            Il découle de cette association histoire-dessin, un charme certain et de grandes surprises. Tout comme dans une boîte de chocolats, vous ne savez pas sur quoi vous allez tomber en tournant la page.</p>
<div id="attachment_55782" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-style.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55782" title="octopus-style" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/octopus-style-555x466.jpg" alt="" width="555" height="466" /></a><p class="wp-caption-text">Un style qui fait parfois peur...</p></div>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« In de greep van den octopus » &#8211; « Le Secret de l&#8217;octopus ». 56 planches couleurs dans <em>Zonneland – Petits Belges</em> du 02/04/1950 au 29/04/1951. (Anonyme)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">             Petite pause de quelques semaines.</p>
<p style="text-align: justify;">            Jean Ray reprend son rôle de scénariste de bandes dessinées en juin 1951, d&#8217;une part avec son retour sur « Thomas Pips » dans deux nouvelles histoires (évoquées dans la 2ème partie) et, d&#8217;autre part, en s&#8217;associant avec un nouveau dessinateur, Gray Croucher,  pour une série de trois histoires mettant en scène des animaux.</p>
<div id="attachment_55783" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/spookeiland-page.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55783" title="spookeiland-page" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/spookeiland-page-555x855.jpg" alt="" width="555" height="855" /></a><p class="wp-caption-text">Le style très &quot;Disney&quot; mais superbe, de Croucher.</p></div>
<p style="text-align: justify;">            Gray Croucher (Lionel Graham Croucher), né en 1920 à Porsmouth en Angleterre, arrive sur le continent lors du débarquement en Normandie.  Il rencontre sa future femme à Bruges en Belgique, où ils s&#8217;installent. En 1949, il devient dessinateur pour les éditions Averbode. Il est l&#8217;auteur de plusieurs séries de strips parfois scénarisées par Nonkel Fons (Daniel de Kesel), mais aussi de trois histoires écrites par Jean Ray : « De Verloste stad » &#8211; « La Cité délivrée », « Het Spookeiland » &#8211; « L&#8217;Île au mystère », « Het Vliegend konijntje » &#8211; « Le Lapin volant ».</p>
<div id="attachment_55785" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/croucher_kra.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55785" title="croucher_kra" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/croucher_kra-555x864.jpg" alt="" width="555" height="864" /></a><p class="wp-caption-text">Dernière planche de « La Cité délivrée » (ici en noir et blanc).</p></div>
<div id="attachment_55786" class="wp-caption alignleft" style="width: 229px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/croucher_spookeiland.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55786" title="croucher_spookeiland" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/croucher_spookeiland.jpg" alt="" width="219" height="280" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture de l&#39;album - 1952.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ces trois récits vont paraître simultanément dans <em>Zonneland</em> et <em>Petits Belges</em>, l&#8217;un après l&#8217;autre, et vont rapidement attirer le lecteur qui retrouve, dans le style Croucher, celui des dessins issus des studios Disney. Les scénarios restent totalement hors cadre de l&#8217;univers de Jean Ray et s&#8217;adressent à un lectorat plus jeune que les précédents. Simplicité et bonheur, quelque peu perturbés par un problème loin d&#8217;être insurmontable, seront donc vite retrouvés. On est vraiment dans l&#8217;univers de Disney. Jean Ray aura vraisemblablement accepté ces scénarios pour raisons financières, préférant concentrer sa créativité sur les histoires de Thomas Pips.</p>
<p style="text-align: justify;">            De ces trois histoires animalières, seule « Het Spookeiland » aura droit à une sortie en album, uniquement en néerlandais. Très rare sur le marché de l&#8217;occasion, il vous faudra débourser plusieurs centaines d&#8217;euros pour l&#8217;acquérir.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« De Verloste stad » &#8211; « La Cité délivrée ». 18 planches couleurs dans <em>Zonneland – Petits Belges</em> du 24/06/1951 au 21/10/1951. (Signé : John Flanders)</li>
<li>« Het Spookeiland » &#8211; « L&#8217;Île au mystère ». 30 planches couleurs dans <em>Zonneland – Petits Belges</em> du 28/10/1951 au 18/05/1952, et en album en fin d&#8217;année. (Signé : J. Flanders)</li>
<li>« Het Vliegend konijntje » &#8211; « Le Lapin volant ». 13 planches couleurs dans <em>Zonneland – Petits Belges</em>du 01/06/1952 au 24/08/1952. (Signé : John Flanders).
<div id="attachment_55787" class="wp-caption alignright" style="width: 122px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55787" title="rik" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik.jpg" alt="" width="112" height="172" /></a><p class="wp-caption-text">Henri Clément, dit Rik.</p></div></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">                      Jean Ray réalisera un dernier scénario en 1952, avec le dessinateur Rik.</p>
<p style="text-align: justify;">            Henri Clément, qui signera du pseudonyme de Rik ou Ric, est né le 24 décembre 1920 à Sint-Amandsberg, en Belgique. Après des études de peinture et d&#8217;architecture, il devient illustrateur puis intégrera le monde du journalisme et de l&#8217;édition, illustrant à l&#8217;occasion ses propres articles. Dans les années 50, il réalise quelques bandes dessinées, dont « Het Vuur van St. Elmus », sur un scénario, mais surtout une demande,  de Jean Ray qui voulait que ce soit Rik qui l&#8217;illustre. Les deux hommes se sont rencontrés à Averbode et deviendront bons amis. Rik avouera que sa carrière de dessinateur de BD a été lancée grâce à Jean Ray.</p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik-st-elmus.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55788" title="rik-st-elmus" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik-st-elmus-555x755.jpg" alt="" width="555" height="755" /></a></p>
<p><div id="attachment_55789" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik-style-ray.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55789  " title="rik-style-ray" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/rik-style-ray-555x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de Rik pour un conte de Jean Ray.</p></div>
<p style="text-align: justify;">« Het Vuur van St. Elmus » &#8211; « Les Feux Saint-Elme »,  sous-titré :  légende écossaise, est un récit fantastique qui évoque un pacte diabolique et le phénomène électrique que certains marins ont pu observer en haut de leur mât de bateau. Jean Ray l&#8217;a utilisé quelques fois dans des nouvelles fantastiques. Concernant la présentation, on retrouve la méthode ancienne : des images surmontant un texte descriptif.</p>
<div id="attachment_55792" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/dees-dubbel-1.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55792" title="dees-dubbel-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/dees-dubbel-1.jpg" alt="" width="250" height="530" /></a><p class="wp-caption-text">Premier album de « Dees Dubble » chez l&#39;éditeur Het Volk.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le dessin de Rik, en noir et blanc, est sobre, mais très expressif. On sent que les mots du scénariste sont bien traduits par le dessinateur. Constat que l&#8217;on pourra encore faire avec les nombreuses illustrations de Rik pour les contes de Jean Ray, où le dessinateur transpose admirablement en quelques coups de crayon l&#8217;univers &#8216;rayen&#8217;.</p>
<p style="text-align: justify;">            Lancé par Jean Ray, Rik adopte la bande dessinée ; et sous la signature de Rik Leeman, il lancera son propre héros : « Dees Dubble », en 1955.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« Het Vuur van St. Elmus » &#8211; « Les Feux Saint-Elme ». 13 planches N&amp;B dans <em>&#8216;t Kapoentje</em> du 20/11/1952 au 12/02/1953 et dans <em>Le Petit Luron</em> du 21/08/1954 au 13/11/1954. (Signé : John Flanders).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Jean Ray a écrit quelques scénarios qui ne seront pas mis en dessins, adaptant parfois ses propres nouvelles, ou empruntant les personnages de Demoen : Johnny et Annie (et on se pose la question du rôle éventuel de Jean Ray dans ces aventures). De tous les scénarios qu&#8217;il a écrits, un seul le sera en français : « Face aux Fantômes ! », sous-titré : « une aventure du célèbre navigateur anglais Matthew Flinders ». Le tapuscrit de 6 pages comporte quelques notes pour le dessinateur en fin de récit. C&#8217;est Rik qui avait ce scénario dans ses archives. Devait-il le réaliser ? Il ne l&#8217;a pourtant pas fait avant sa mort en 2008, alors qu&#8217;il adaptera en bandes dessinées plusieurs nouvelles de Jean Ray dans les années 80.</p>
<div id="attachment_55797" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/face-aux-fantomes-last-page.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55797" title="face-aux-fantomes-last-page" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/face-aux-fantomes-last-page-555x765.jpg" alt="" width="555" height="765" /></a><p class="wp-caption-text">Dernière page du scénario de « Face aux Fantômes », avec indications pour le dessinateur .</p></div>
<p style="text-align: justify;">  <span style="text-decoration: underline;">Conclusion</span>: La période de scénariste de bandes dessinées de Jean Ray &#8211; celle que l&#8217;on connaît, car nous ne sommes pas à l&#8217;abri de découvrir de nouveaux travaux insoupçonnés – se concentre principalement entre 1947 et 1952. Cinq années durant lesquelles les scénarios se succéderont sans réel temps mort. Si Jean Ray fait paraître durant cette période quelques romans, principalement aux éditions Averbode, il continue sa recherche de supports pour y faire publier ses écrits. Nouvelles, articles, chroniques, sont largement distribués.</p>
<div id="attachment_55790" class="wp-caption alignleft" style="width: 360px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/underwood.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55790  " title="underwood" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/underwood-555x447.jpg" alt="" width="350" height="447" /></a><p class="wp-caption-text">La machine à écrire de Jean Ray.</p></div>
<p>Il s&#8217;adapte aux supports, retouchant des nouvelles pour les faire paraître dans une autre revue destinée à un autre public ; il se traduit lui-même pour publier alternativement dans des revues néerlandaises/françaises ; il est sur tous les fronts, il fait feu de tout bois. Il était presque logique qu&#8217;en côtoyant le milieu de la presse pour jeunes, il rencontre la bande dessinée et donc se (re)lance plus sérieusement dans le scénario. Une corde de plus à son arc = un peu plus d&#8217;argent pour vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">            Si Buth ou Rik sont (encore) connus de nos jours en Belgique, ils le doivent à ce scénariste. Cet homme qui, pour vivre de sa seule arme : sa « plume », a dû vendre son âme à sa machine. Une vieille Underwood, qui a vu passer un nombre effrayant de textes : on dénombre à ce jour pas moins de 1500 textes de fiction et près de 5000 articles/chroniques. On doit y ajouter une vingtaine de scénarios de bandes dessinées.</p>
<div id="attachment_55799" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/de-zarte-veroveraar-1978.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55799 " title="de-zarte-veroveraar-1978" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/de-zarte-veroveraar-1978-555x767.jpg" alt="" width="250" height="767" /></a><p class="wp-caption-text">« De Zwarte veroveraar » - De Dageraad (1978).</p></div>
<p style="text-align: justify;"> <span style="text-decoration: underline;">Précisions :</span></p>
<p style="text-align: justify;">- Nous avons choisi, tout au long de ces 3 articles, de ne créditer que le nom de Jean Ray, et non celui de John Flanders. Certains scénarios n&#8217;ont jamais été signés, d&#8217;autres l&#8217;ont été « J. Flanders ». Aussi, nous avons opté pour le nom générique de Jean Ray, définissant l&#8217;homme derrière la plume et non le signataire. Rappelons que le choix de la signature qu&#8217;utilisait Jean Raymond Marie de Kremer pour ses écrits était basé sur le support dans lequel allait être publié le récit en question. Le schéma courant, qui veut que les romans destinés à la jeunesse étaient signés « John Flanders » et ceux destinés aux moins jeunes « Jean Ray », est faux. Des récits comme « La Ruelle ténébreuse » ou « Le Psautier de Mayence » ont été publiés pour la première fois sous la signature de John Flanders.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous avons abordé ici uniquement les travaux scénaristiques de Jean Ray et les strips et/ou bandes dessinées qui en ont découlé. Il s&#8217;agissait d&#8217;un travail d&#8217;équipe avec un scénario voué à être dessiné. De nombreuses nouvelles ont fait l&#8217;objet d&#8217;illustrations, ou de mise en bandes dessinées, sans que l&#8217;auteur ait travaillé son texte dans ce but. Ces derniers cas n&#8217;ont donc pas été évoqués.</p>
<p style="text-align: justify;"> <span style="text-decoration: underline;">Bibliographie sélective :</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Sur Jean Ray/John Flanders et les scénarios de bandes dessinées en général :</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">-    « Jean Ray/John Flanders en het stripverhaal » de Jozef Peeters – Lobergen 2 (1997).</p>
<p style="text-align: justify;">-    « Het Dossier Averbode » de Danny De Laet, in « De Zwarte veroveraar » &#8211; De Dageraad (1978).</p>
<p style="text-align: justify;">-    « Jean Ray et ses dessinateurs » de Thierry Martens, in <em>Le Collectionneur de bandes dessinées</em> n°95 (Hiver 2001).</p>
<p style="text-align: justify;">-    « JR/JF, scénariste de BD » de Francis Goidts et André Verbrugghen, in <em>Les Dossiers de </em><em>Phénix</em> n°3 – &laquo;&nbsp;Jean Ray/John Flanders&nbsp;&raquo; – CLE (1995).</p>
<div id="attachment_55798" class="wp-caption alignleft" style="width: 307px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/cahier-bd.jpg" rel="lightbox[55769]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55798" title="cahier-bd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/cahier-bd.jpg" alt="" width="297" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">9e Art : les cahiers du musée de la bande dessinée n°9 (octobre 2003).</p></div>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Sur Frits van den Berghe en particulier :</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">-    « Les Bandes dessinées de Frits Van den Berghe » d&#8217;Erwin Dejasse, in <em>9e Art : les cahiers du musée de la bande dessinée</em> n°9 (octobre 2003).</p>
<p style="text-align: justify;">-    « Frits van den Berghe » Piet Boyens – SDZ (1999).</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Sur Jean Ray/John Flanders :</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">-   « Jean Ray, l&#8217;alchimie du mystère » Arnaud Huftier – Encrage (2010).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vous invitons par ailleurs à visiter le site de l&#8217;Amicale Jean Ray : <a href="http://www.jeanray.be/">http://www.jeanray.be/</a></p>
<p style="text-align: justify;">Mes sincères remerciements à André Verbrugghen, Jean Depelley, Gilles Ratier et Jean Ray.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Hervé LOUINET</strong></p>
<h2></h2>
<p>Pour les précédentes parties, cliquez ici :</p>
<p><a title="Lien permanent vers Jean Ray / John Flanders scénariste de bandes dessinées (1/3)" href="http://bdzoom.com/54956/patrimoine/jean-ray-john-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees/" target="_blank">Jean Ray / John Flanders scénariste de bandes dessinées (1/3)</a></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/55398/patrimoine/jean-rayjohn-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees-23/" target="_blank"><span style="color: #6600cc; font-size: x-small;"> </span>Jean Ray/John Flanders, scénariste de bandes dessinées (2/3)</a></p>
<h2></h2>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/55769/patrimoine/jean-rayjohn-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees-33/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jean Ray/John Flanders, scénariste de bandes dessinées (2/3)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/55398/patrimoine/jean-rayjohn-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees-23/</link>
		<comments>https://www.bdzoom.com/55398/patrimoine/jean-rayjohn-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees-23/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Nov 2012 22:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Louinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bdzoom.com/?p=55398</guid>
		<description><![CDATA[Voici la deuxième partie de cet article qui évoque les circonstances peu connues qui ont amenées le romancier Jean Ray/John Flanders, de son vrai nom Jean Raymond Marie de Kremer, à la réalisation de scénarios de  bande dessinée...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55402" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth-par-buth.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55402 " title="buth-par-buth" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth-par-buth.jpg" alt="" width="250" height="858" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>Buth par lui-même.</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><strong>3/ De <em>Het Volk</em> à <em>&#8216;t Kapoentje</em> avec « Thomas Pips » (1947-1952)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> En 1936, Leo De Budt, qui signera plus tard du pseudonyme de Buth, est un jeune homme de 17 ans ; il fait ses débuts d&#8217;illustrateur pour le journal <em>Vooruit</em></span><span style="color: #000000;"> où il devient l&#8217;assistant d&#8217;un autre illustrateur : Frits van den Berghe. Ce dernier l&#8217;oriente vers un média qu&#8217;il a lui même adopté en fin de carrière : la bande dessinée.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> C&#8217;est chez Van den Berghe, quelques mois avant la mort de ce dernier, que Jean Ray aura l&#8217;occasion de rencontrer De Budt pour la première fois. Rien ne découlera de ces premiers contacts.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> 23 septembre 1939 : Frits van den Berghe décède.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">10 mai 1940 : l&#8217;armée allemande envahi la Belgique.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55403" class="wp-caption alignright" style="width: 211px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/De-blauwe-wolk.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><br />
<img class="size-full wp-image-55403   " title="De-blauwe-wolk" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/De-blauwe-wolk.jpg" alt="" width="221" height="308" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>« De Blauwe Wolk : de wereldramp van 6491 » [« Le Nuage bleu : la catastrophe mondiale de 6491] &#8211; 1946.</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Leo De Budt va travailler pour la presse de propagande ; son travail étant principalement de s&#8217;occuper des parties destinées à la jeunesse. Il réalise une bande dessinée sous forme de strips : « De Wereldreis van Flip en Flop » (« Le Tour du monde de Flip et Flop ») basée sur un texte de la poétesse Blanca Gijselen et qu&#8217;il fait paraître dans le journal collaborationniste <em>Volk en Staat.</em> Mais De Budt va aussi réaliser des bandes dessinées à caractère antisémite.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> Après-guerre, 10 employés du journal <em>Volk en Staat</em> seront condamnés à mort pour collaboration avec l&#8217;ennemi. Blanca Gijselen le sera par contumace, la poétesse ayant fuit en France. Quant à Leo De Budt, il est mis à l&#8217;index : il n&#8217;a plus le droit de faire publier ses dessins. Il prend alors le pseudonyme de Buth et brave l&#8217;interdiction. Il fait ainsi paraître en 1946, dans la revue <em>Taptoe</em>, la bande dessinée de science-fiction « De Blauwe Wolk : de wereldramp van 6491 » [« Le Nuage bleu : la catastrophe mondiale de 6491 »].</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify; color: #3d4078;">
<dl id="attachment_55404" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth-thomas-pips-first.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55404  " title="buth-thomas-pips-first" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth-thomas-pips-first.jpg" alt="" width="250" height="335" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>1947 : l&#8217;un des premiers dessins issu de «Thomas Pips ».</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> La même année, apparaît pour la première fois, dans le journal <em>Het Volk</em>, une série de strips mettant en scène « Thomas Pips, détective ». Ce nouveau personnage a été créé par Buth. Ces strips ont un caractère humoristique et sont fortement inspirés par les personnages de Chic Young : Dagwood et Blondie.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_55405" class="wp-caption alignright" style="width: 260px; color: #3d4078;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Blondie.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55405 " title="Blondie" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Blondie.jpg" alt="" width="250" height="276" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd"><em>Blondie, en famille, par Chic Young.</em></dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"> <span style="color: #000000;">La série Blondie était issue de l&#8217;agence King Features Syndicate, et comme la distribution des bandes dessinées américaines fut arrêtée pour cause d&#8217;embargo, elle n&#8217;est plus parue durant la guerre. Nous sommes en droit de penser que Buth, peut-être sur demande du journal, a réalisé un strip pour essayer de rappeler ou retrouver « Blondie », ou peut-être n&#8217;est-ce qu&#8217;une influence ou un hommage.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-55406" title="buth" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/buth-555x404.jpg" alt="" width="430" height="404" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">À</span><span style="color: #000000;"> la question : « <em>Qui est Thomas Pips ?</em> » Buth a toujours répondu : « C<em>&#8216;est moi ! </em>». De fait, tous les deux portent tout le temps le chapeau. Et dans les futurs strips des années 50, où le personnage reviendra à des aventures plus calmes et à une vie familiale, on retrouvera toute la famille de Buth transposée dans la famille de Thomas Pips.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Le personnage de Thomas Pips est un détective. Et, au milieu de l&#8217;année 1947, c&#8217;est Buth lui-même qui demande à Jean Ray de scénariser la prochaine aventure de son héros.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> Jean Ray se retrouve donc, à nouveau, avec un détective qu&#8217;il n&#8217;a pas créé et auquel il doit procurer des aventures. Drôle de parallèle avec Harry Dickson !</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Or donc, Buth demande à Jean Ray de lui écrire, non pas des strips isolés, mais une grande aventure qui sera découpée en strips et étalée sur 52 jours de parution continue. Et le style que propose Jean Ray est pour le moins percutant. On sort du cadre calme et humoristique des débuts. Jean Ray s&#8217;en donne à c</span><span style="color: #000000;">œ</span><span style="color: #000000;">ur joie avec sa première histoire : </span><span style="color: #000000;">« Het Geheim van de vliegende schotels » (« Le Secret des soucoupes volantes ») où l&#8217;on découvre des soucoupes volantes qui bombardent la ville de Gand et ses monuments, un savant fou, un méchant mystérieux, de vieux châteaux, des excursions en sous-marin&#8230; Le tout agencé en strips qui doivent se terminer chaque fois par un suspens : travail intense pour le scénariste, mais aussi pour le dessinateur.</span></p>
<div id="attachment_55407" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-Album1-1979.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55407" title="TP-Album1-1979" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-Album1-1979-555x393.jpg" alt="" width="555" height="393" /></a><p class="wp-caption-text">Première parution en album, regroupant les 2 premières aventures de Thomas Pips, au format respecté - 1979.</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Dès la fin de cette première aventure, une deuxième s&#8217;enchaîne, poursuivant la première, toujours sur un rythme endiablé, et encore plus caractéristique de l&#8217;univers « rayen » (marins, sirènes,&#8230;).</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> Il est étonnant de voir le personnage créé par Buth, un père de famille, se retrouver embarqué dans des péripéties aussi extravagantes. Jean Ray impose sa patte, son style, son rythme et surtout son inventivité, tout en gardant l&#8217;humour de Buth.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-extrait-1.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-55408" title="Pips-extrait-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-extrait-1-555x258.jpg" alt="" width="555" height="258" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Avant le tout premier strip de leur collaboration, Jean Ray proposera une première feuille de directives au titre et contenu étrange :« <em>Note pour l&#8217;illustrateur</em> » &#8211; comme si lui et Buth ne se connaissaient / parlaient pas ! – dans laquelle il cite les noms des personnages de l&#8217;aventure en précisant (à Buth ???) que Thomas Pips « <em>existe déjà </em>» !!! Après, Jean Ray donne sa définition de ce qu&#8217;est une bulle, un phylactère narratif (en précisant que ce n&#8217;est pas une bulle, donc qu&#8217;en aucun cas les personnages ne parlent) et que « <em>la signature du dessinateur</em> » doit se placer dans un rectangle ; il y ajoute les abréviations qu&#8217;il utilisera lors des scénarios.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">On lit souvent que Jean Ray mène la vie dure à Buth ; que ses scénarios sont très directifs, précisant le moindre détail, le découpage, le décor,&#8230; </span><span style="color: #000000;">Buth fera d’ailleurs, à tort ou à raison, souvent état, dans des interviews, de cette intervention trop marquée du scénariste dans son travail de dessinateur. Pourtant, e</span><span style="color: #000000;">n comparant les scénarios aux bandes qu&#8217;en fera Buth, on voit que ce dernier semble, en fait, très libre. Jean Ray ne fera que son travail, se limitant à donner le nombre de cases, un rapide descriptif et les dialogues et textes.</span></p>
<div id="attachment_55410" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55410" title="TP-strip8" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-555x127.jpg" alt="" width="555" height="127" /></a><p class="wp-caption-text">Le strip n°8 de la première aventure « Het Geheim van de vliegende schotels », dans son intégralité.</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Voici le scénario (traduit du néerlandais par nos soins) du strip n°8 présenté ci-dessus : le premier travail de Jean Ray étant de décrire la scène, puis de stipuler le texte des bulles et/ou du phylactère narratif. Nous avons découpé le strip en cases et placé celles-ci en face de chaque partie du scénario, pour une meilleure lisibilité.</span></p>
<p style="text-decoration: underline; text-align: center; font-family: 'Blue Highway';">Thomas Pips, détective.</p>
<p style="text-align: center;" align="CENTER"><span style="font-family: 'Blue Highway';">Le Secret des soucoupes volantes</span></p>
<p style="text-align: center;" align="CENTER"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><em>&#8212;&#8212;&#8212;-</em></span></p>
<p style="text-align: center;" align="CENTER"><span style="font-family: 'Blue Highway';">VIII</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-1.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-55409" title="TP-strip8-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-1.jpg" alt="" width="200" height="193" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><br />
1 &#8211; Dans la rue. Les gens lisent avec attention le journal <em>Het Volk</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><br />
<span style="text-decoration: underline;">Phylactère narratif :</span> Une lettre a été envoyée à la rédaction du journal <em>Het Volk</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">« <em>Je demande cinquante millions. Sinon Gand sera détruit.</em> »</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">L&#8217;homme aux Soucoupes Volantes.</span></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-2.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-55411" title="TP-strip8-2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-2.jpg" alt="" width="161" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">2 &#8211; Salon de Pips. (voir n°4 – III) Pips et Slappe Sys lisent </span><span style="font-family: 'Blue Highway';"><em>Het Volk</em></span><span style="font-family: 'Blue Highway';">.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Slappe Sys :</span> Cinquante millions. Ça va faire grimper les impôts !</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-3.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-55412" title="TP-strip8-3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-3.jpg" alt="" width="138" height="192" /></a>3 &#8211; Même décor. Pips et Slappe posent le journal et regardent la porte (qui ne doit pas être visible).</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Pips :</span> Entrez !</span></p>
<p style="text-align: right;" align="RIGHT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Slappe Sys :</span> Essuyez vos pieds !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-4.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-55413" title="TP-strip8-4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-4.jpg" alt="" width="156" height="191" /></a>4 – Même décor. Le brigadier Snoek entre, très gêné.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Snoek :</span> Pips, vous devez m&#8217;aider !</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Slappe :</span> Avec un petit verre de vieux genièvre ? <span style="text-decoration: line-through;">de Bruggeman ? </span>[Distillerie belge. Mention barrée par Jean Ray- ndt]</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-5.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-55414" title="TP-strip8-5" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-strip8-5.jpg" alt="" width="191" height="190" /></a>5 – Même décor. Pips serre la main de Snoek. Slappe Sys, avec les mains sur son col de manteau, fait le prétentieux.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Pips :</span> J&#8217;ai lu à propos du secret des Soucoupes Volantes, Brigadier Snoek ! <em>['Snoek' signifie 'brochet' - ndt]</em></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Slappe :</span> Oui, nous allons le résoudre pour vous, Brigadier Bliek <em>['Bliek' signifie 'poisson d'eau douce' - ndt]</em></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';"><span style="text-decoration: underline;">Bulle de Snoek :</span> Mon nom est toujours Snoek !</span></p>
<p style="text-align: justify;"> <span style="text-decoration: underline; font-family: 'Blue Highway';">Le Brigadier Snoek demande de l&#8217;aide</span></p>
<p style="text-align: justify;"> <span style="color: #000000;">On constate que le dessinateur a vraiment le champ libre et que les indications de Jean Ray restent sommaires. Jean Ray très directif ? Pas tant que ça ! Buth prendra même parfois de grandes libertés, ajoutant des cases et des gags. On est en droit de penser que tout cela se fera avec l&#8217;accord de son scénariste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Voici le tapuscrit d&#8217;un scénario pour l&#8217;aventure « De Infra-rode bende » rédigé par Jean Ray et biffé par lui-même montrant l&#8217;évolution du montage où, d&#8217;un départ de 5 cases pour le strip initial, Jean Ray fait 3 strips. C&#8217;est Buth qui gérera le nombre de cases et leurs répartitions comme on le voit sur les 3 strips qui suivent. Buth à donc une grande liberté.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/scenario-Infra-rode.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-55456" title="scenario-Infra-rode" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/scenario-Infra-rode-555x429.jpg" alt="" width="555" height="429" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/strip-5-6-Infra-rode.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-55457" title="strip-5-6-Infra-rode" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/strip-5-6-Infra-rode-555x266.jpg" alt="" width="555" height="266" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/strip-7-Infra-rode.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-55458" title="strip-7-Infra-rode" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/strip-7-Infra-rode-555x134.jpg" alt="" width="555" height="134" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-travaill+®.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-55415" title="Pips-travaill+®" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-travaill+®-555x249.jpg" alt="" width="400" height="249" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> Se présente alors un problème : le rythme d&#8217;un strip par jour est intense. Buth suit la cadence cette <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-non-travaill+®.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-55416" title="Pips-non-travaill+®" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Pips-non-travaill+®.jpg" alt="" width="400" height="259" /></a>première année, mais difficilement. </span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Si les premiers strips sont chargés de détails et travaillés, on constate que vers le milieu du deuxième épisode, son style commence à se faire plus fin, moins travaillé, et les cases beaucoup moins chargées. Les 2 extraits ci-contre, respectivement issus de la deuxième et quatrième aventure, nous montrent tout ce que l&#8217;on perd, passant d&#8217;un univers peaufiné et très « rayen » à un autre plus brouillon et rapide.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"> Leur collaboration continue pendant 4 aventures, soient près de 280 strips en 9 mois. Le 26 juin 1948, paraît dans </span><em>Het Volk,</em><span style="color: #000000;"> le dernier strip scénarisé par Jean Ray. L&#8217;année suivante Buth fait paraître de nouvelles aventures de Thomas Pips, mais de façon hebdomadaire, se scénarisant lui-même pendant un temps et retrouvant des intrigues plus conventionnelles et familiales</span>. <span style="color: #000000;">Il engage ensuite un autre scénariste, un prêtre : Lod Lavki, qui lui propose des aventures beaucoup plus « correctes », sans fantastique, sans violence&#8230;</span></p>
<div id="attachment_55459" class="wp-caption alignright" style="width: 360px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Kapoentje-08-1951.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55459 " title="Kapoentje-08-1951" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/Kapoentje-08-1951.jpg" alt="" width="350" height="649" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture du n°34 du mois d&#39;août 1951 de &#39;t Kapoentje avec Thomas Pips, correspondant à l&#39;aventure « Le Secret de la clef verte ».</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">En 1951, la mise à l&#8217;index de Leo de Budt est levée. Mais « Buth » a supplanté « De Budt » pour toujours. D&#8217;un autre côté, « Thomas Pips » revient sous la narration de Jean Ray, change de support et paraît dans le supplément hebdomadaire du journal </span><span style="color: #000000;"><em>Het Volk</em></span><span style="color: #000000;"> : </span><span style="color: #000000;"><em>&#8216;t Kapoentje</em></span><span style="color: #000000;">. Tout cela sur un rythme plus calme d&#8217;une page par semaine. Après deux nouvelles aventures, « Thomas Pips » ne sera plus scénarisé par Jean Ray, mais par son créateur, jusqu&#8217;en 1982.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Les 4 aventures de Thomas Pips parues en bande dessinée dans <em>Het Volk</em>:</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« Het Geheim van de vliegende schotels » (« Le Secret des soucoupes volantes »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">52 strips &#8211; du 1/08 au 28/09/1947.</span></p>
</li>
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« De Infra-rode bende » (« La Bande infra-rouge »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">79 strips &#8211; du 30/09/1947 au 01/01/1948.</span></p>
</li>
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« Het Kasteel der schaduwen » (« Le Château des ombres »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">60 strips &#8211; du 03/01 au 12/03/1948.</span></p>
</li>
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« In de greep van Mysteras » (« Sous l&#8217;emprise de Mysteras »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">92 strips – du 13/03 au 26/06/1948.</span></p>
</li>
</ul>
<div id="attachment_55417" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-Album2-1979.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-55417" title="TP-Album2-1979" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/TP-Album2-1979-555x395.jpg" alt="" width="555" height="395" /></a><p class="wp-caption-text">Première parution en album, regroupant les 3ème et 4ème aventures de Thomas Pips, au format respecté – 1979.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Les 2 aventures de Thomas Pips parues en bande dessinée dans <em>&#8216;t Kapoentje</em>:</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« Het Geheim van de groene sleutel » (« Le Secret de la clef verte »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">37 planches &#8211; du 21/06 au 22/11/1951.</span></p>
</li>
<li>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">« De List van Bullakos » (« La Ruse de Bullakos »)</span></p>
<p align="LEFT"><span style="color: #000000;">34 planches &#8211; du 29/11/1951 au 17/07/1952.</span></p>
</li>
</ul>
<div id="attachment_55419" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/thomas-pips-bullakos.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55419" title="thomas-pips-bullakos" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/thomas-pips-bullakos-555x850.jpg" alt="" width="555" height="850" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait du dernier album de Thomas Pips scénarisé par Jean Ray.</p></div>
<div id="attachment_55420" class="wp-caption alignright" style="width: 360px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/thomas-pips-tour.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55420 " title="thomas-pips-tour" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/thomas-pips-tour.jpg" alt="" width="350" height="481" /></a><p class="wp-caption-text">Premier album reprenant des gags réalisés pour le Tour de France - 1972.</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #000000; text-align: justify;">Notons qu&#8217;aucun des albums de « Thomas Pips », ou des autres bandes dessinées de Buth évoqués dans cet article, n&#8217;a connu à ce jour de traduction française. Si Thomas Pips n&#8217;a pas de notoriété en France, il est très connu en Belgique, grâce au cyclisme et à la France ! Ce succès, il le doit aux nombreuses aventures que son auteur lui a données lors de chaque Tour de France, par de nombreux dessins parus dans la presse, relatant un fait marquant du jour dans la course ou un dessin humoristique dans lequel il avait coutume de dissimuler une (parfois deux) souris que les lecteurs étaient sensés découvrir. Ce jeu a duré plus de 35 ans, entre 1947 et 1982.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Les aventures scénarisées par Jean Ray restent toutefois une étape importante dans le parcours de « Thomas Pips » et ont grandement participé à son succès. Pourtant, le scénariste n&#8217;est (re)connu que par ceux qui connaissent son autre <span style="color: #000000;">œu</span><span style="color: #000000;">vre, ses écrits fantastiques, ses aventures d&#8217;« Harry Dickson ».</span></span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_55582" class="wp-caption alignleft" style="width: 360px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/ThomasPips-souris.jpg" rel="lightbox[55398]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55582   " title="ThomasPips-souris" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/11/ThomasPips-souris-555x477.jpg" alt="" width="350" height="477" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Saurez-vous trouver la (ou les) souris ?</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Les rééditions montrent bien, comme on le voit sur les couvertures, que le nom du scénariste apparaît en plus petit. Il s&#8217;agit pourtant d&#8217;une collaboration, et Buth n&#8217;aurait sûrement pas eu la même notoriété en travaillant seul. Notons, en plus, que Buth réutilisera des scénarios de Jean Ray qu&#8217;il retravaillera un peu, sans se donner la peine de le préciser.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"> <span style="color: #000000;">Si en 1948, la collaboration entre Jean Ray et Buth s&#8217;interrompt momentanément sur « Thomas Pips », le rôle de scénariste BD de Jean Ray ne fera que se confirmer et même s&#8217;amplifier par la suite, comme nous le verrons dans notre prochaine et dernière partie.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"> <strong><span style="color: #000000;">Hervé LOUINET</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"> <span style="color: #000000;">PS : Je remercie André Verbrugghen, Gilles Ratier et Jean Depelley pour leurs conseils précieux. </span></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;">Pour voir la 1ère partie de cet article, cliquer ici : </span><a title="Lien permanent vers Jean Ray / John Flanders scénariste de bandes dessinées (1/3)" href="http://bdzoom.com/54956/patrimoine/jean-ray-john-flanders-scenariste-de-bandes-dessinees/" rel="bookmark">Jean Ray / John Flanders scénariste de bandes dessinées (1/3)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Jean Ray / John Flanders scénariste de bandes dessinées (1/3)</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Oct 2012 22:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Louinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bdzoom.com/?p=54956</guid>
		<description><![CDATA[Jean Ray/John Flanders, de son vrai nom Jean Raymond Marie de Kremer, est né à Gand, en Belgique, le 8 juillet 1887. Il y meurt le 17 septembre 1964 à l'âge de 77 ans. 
Connu du lectorat de littérature fantastique par son roman « Malpertuis »  ou par ses romans populaires « Harry Dickson », il fut principalement un auteur de  nouvelles, un journaliste et un rédacteur en chef pour divers supports et revues.
	Dans les riches années 1930, il fut l'auteur de pas moins de 400 nouvelles et plus de 2000 articles, chroniques et reportages.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_55191" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Malpertuis-eo-1943.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-55191    " title="Malpertuis-eo-1943" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Malpertuis-eo-1943.jpg" alt="" width="250" height="628" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">1943 : la couverture de l&#8217;édition originale du roman « Malpertuis ».</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER">Pour l&#8217;auteur, toutes ces activités restent alimentaires.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER">En plus de trouver des supports pour faire publier ses nouvelles et romans, Jean Ray essaye de se procurer un maximum de travail au sein du monde littéraire et journalistique ; ce qui le mènera, entre autre, vers la réalisation de scénarios de  bande dessinée.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER">C&#8217;est cette facette peu connue de l&#8217;auteur que nous allons évoquer de manière chronologique.</p>
<p align="CENTER"> <strong>1/ Les années <em>Bravo ! </em>(1936-1940)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En mai 1936, Jean Meeuwissen, éditeur bruxellois et créateur des hebdomadaires <em>AZ</em>  et <em>Bonjour, </em>décide de lancer une nouvelle revue, un hebdomadaire destiné à la jeunesse néerlandophone : <em>Bravo !</em></p>
<p align="JUSTIFY">            La revue comportera principalement de la bande dessinée, dont de nombreuses séries issues de matériel Américain, en particulier de l&#8217;agence King Features :  « Stormer Gordon » (« Flash Gordon » &#8211; « Guy l&#8217;Éclair »), « De Belhamels » (« The Katzenjammers Kids » &#8211; « Les Garnements » ou « Pim, Pam (et) Poum »), « Félix de kat » (« Félix le chat »), « Pietje de zwerver » (« Pete the Tramp » &#8211; « Le Père Lacloche »), etc.</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-n52.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-54961" title="Bravo n52" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-n52-555x353.jpg" alt="" width="555" height="353" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">Dès le premier numéro de cette nouvelle revue, Jean Ray va se voir confier par Jean Meeuwissen, le rôle de principal rédacteur (rédacteur en chef ?) de la revue. Cette dernière est composée de 16 pages, dont 8 de bandes dessinées, plus des pages de jeux, de bricolage, d&#8217;actualités commentées et surtout, de nouvelles et romans à suivre. Et ces trois dernières rubriques ont été principalement l&#8217;œuvre de Jean Ray. L&#8217;intégralité de son travail restera anonyme, dissimulée derrière plus de 150 pseudonymes pour y faire paraître jusqu&#8217;en 1940 (soit en un peu moins de 4 ans), environ 250 nouvelles/romans et plus de 450 articles.</p>
<div id="attachment_54963" class="wp-caption alignright" style="width: 365px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-juin36-EB.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54963    " title="Bravo-juin36-EB" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-juin36-EB-555x722.jpg" alt="" width="355" height="722" /></a><p class="wp-caption-text">1ère aventure d&#39;Edmund Bell dans Bravo ! : « De Man met het witte aangezicht » (« L&#39;Homme au visage blanc »), en 1936.</p></div>
<p align="JUSTIFY">En octobre 1936, Jean Ray fait paraître, dans <em>Bravo !</em>, le premier épisode d&#8217;une histoire à suivre d&#8217;un jeune détective :  « Les Aventures d&#8217;Edmund Bell », dans la veine des Harry Dickson ; et ce n&#8217;est pas un hasard puisque Jean Ray voyait paraître en kiosque le dernier numéro  de la série <em>Harry Dickson</em> (#178) au mois de novembre 1936 [selon notre récente et nouvelle datation des fascicules*].</p>
<p align="JUSTIFY">L&#8217;année suivante, Jean Ray va proposer des récits illustrés de ce nouveau héros ; récits inédits et présentés sous la forme ancienne de la bande dessinée, à savoir avec des cases illustrées sous lesquelles on trouve un texte descriptif et des dialogues. C&#8217;est le premier travail en tant que scénariste pour l&#8217;auteur.</p>
<div id="attachment_54964" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/van-den-berghe-1915.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54964   " title="van-den-berghe-1915" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/van-den-berghe-1915-555x687.jpg" alt="" width="200" height="687" /></a><p class="wp-caption-text">Frits van den Berghe vers 1915.</p></div>
<p align="JUSTIFY">L&#8217;illustrateur de cette bande dessinée est un ami d&#8217;enfance de Jean Ray : Frits van den Berghe, grand peintre expressionniste Gantois,  né le 3 avril 1883, dans la rue du Ham ; la rue qui verra naître Jean Ray quelques 4 années plus tard. S’ils ne se sont pas connus dans la rue du Ham, il est vraisemblable que ce  soit sur les bancs de l&#8217;école F. Laurent qu&#8217;ils ont tout deux fréquentée dans une même période.</p>
<div id="attachment_54965" class="wp-caption alignright" style="width: 365px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-pikkel-duim.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54965" title="Bravo-pikkel-duim" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-pikkel-duim-555x353.jpg" alt="" width="355" height="353" /></a><p class="wp-caption-text">« Pikkel en Duim » dans Bravo !, en 1938.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Le début des années 30 est marqué par une crise économique qui contraint Van den Berghe à s&#8217;orienter vers des travaux plus « rentables » et il se consacre à l&#8217;illustration ; domaine dans lequel il a débuté en 1916 et qu&#8217;il poursuit jusqu&#8217;à sa mort avec un total de plus de 1500 planches. Il est aidé par plusieurs amis qui le font engager comme illustrateur pour le journal socialiste <em>Vooruit</em> et pour l&#8217;hebdomadaire <em>Koekoek</em>, dans lequel il optera aussi pour la bande dessinée avec sa série  « De Brieven van Pierken ».</p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-case2-ED.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54967 alignleft" title="Bravo-case2-ED" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-case2-ED-555x445.jpg" alt="" width="300" height="445" /></a></p>
<div id="attachment_54966" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-case1-ED.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54966" title="Bravo-case1-ED" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-case1-ED-555x447.jpg" alt="" width="300" height="447" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Aventures d&#39;Edmund Bell» - Illustrations de Frits van den Berghe, en 1938.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Malgré une charge de travail importante de part ses contrats avec divers journaux et revues, Van den Berghe s&#8217;engage, vraisemblablement sur demande de son ami Jean Ray, à travailler pour <em>Bravo !</em>. Dès le premier numéro de la revue, Frits van den Berghe fera paraître, personnellement, les aventures d&#8217;un duo (« Pikkel en Duim ») évoquant Laurel et Hardy.</p>
<p align="JUSTIFY">Le 5 juin 1936, paraît donc le premier épisode de cette nouvelle bande dessinée : L<em>es aventures d&#8217;Edmund Bell</em>. La méthode employée par Jean Ray et Frits van den Berghe pour narrer ces aventures semble  calquée sur une technique que l&#8217;on qualifiera de vieillotte et qui fait penser à un storyboard. Le style de Van den Berghe restera assez maladroit par moment, du moins c&#8217;est ce qu&#8217;il en ressort au premier regard. Pourtant, malgré ce trait « un peu sale », ces  perspectives exagérées, l&#8217;absence de toute vélocité, cette trichromie abusant du noir et ces cases parfois vides, il en découle une ambiance extraordinaire, fantastique et un sentiment d&#8217;angoisse incroyable. Ces petits bijoux sont les polaroids improbables  d&#8217;une histoire dictée par Jean Ray.  Le mariage est parfait.</p>
<div id="attachment_54968" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Frits-van-den-berghe-1928.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-54968    " title="Frits van den berghe-1928" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Frits-van-den-berghe-1928.jpg" alt="" width="200" height="408" /></a><p class="wp-caption-text">Frits van den Berghe dans son atelier Gantois, en 1928.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Cependant, après un rythme ininterrompu d&#8217;une planche par semaine, pendant près d&#8217;un an et demi, l&#8217;histoire s&#8217;achève en septembre 1938, sur le titre <em> </em>« Misteras » qui gardera tout son sens, puisque cette dernière aventure ne comporte que 5 planches, alors que les précédentes en avaient 3 à 4 fois plus. La cinquième et dernière planche présente un style de dessin différent : dernières esquisses d&#8217;un maître ou reprise par un remplaçant ? Un mystère qui marque vraisemblablement un déclin physique pour Van den Berghe, qui mourra un an plus tard, le 23 septembre 1939.</p>
<p align="JUSTIFY">On trouvera ci-dessous, 2 cases issues de « De Man met het witte aangezicht » dessiné par Fritz van den Berghe et ensuite les 2 premières cases de la dernière planche des aventures d&#8217;Edmund Bell :« Misteras ».</p>
<div id="attachment_54969" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/EB-VdBerghe-2cases.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54969" title="EB-VdBerghe-2cases" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/EB-VdBerghe-2cases-555x146.jpg" alt="" width="555" height="146" /></a><p class="wp-caption-text">Le style caractéristique de Frits van den Berghe sur « Les aventures d&#39;Edmund Bell » dans Bravo !, en 1936.</p></div>
<div id="attachment_54970" class="wp-caption alignnone" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Misteras-last-2cases.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54970" title="Misteras-last-2cases" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Misteras-last-2cases-555x261.jpg" alt="" width="555" height="261" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait de la dernière planche des « Aventures d&#39;Edmund Bell » (dans Bravo !, en 1938), avec un style bien différent.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Le style « griffé » de Van den Berghe, qui semblait parfois travailler d&#8217;après photos, disparaît, laissant place à des décors moins flous, plus de lumière et un dessin très « ligne clair » ; une bande dessinée presque classique. On attribue parfois cette dernière planche à l&#8217;élève de Van den Berghe, Léo Debudt, dit Buth – que nous recroiserons plus tard &#8211; mais le trait est assez éloigné de celui-ci ; de plus, Buth était beaucoup plus apte à se rapprocher du trait de Van den Berghe.</p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">Les 5 aventures d&#8217;Edmund Bell parues en bande-dessinée dans <em>Bravo ! </em>:</p>
<p align="JUSTIFY"><em>- </em>« De Man met het witte aangezicht » (« L&#8217;Homme au visage blanc »), 15 planches &#8211; du 5/06 au 11/09/1936.</p>
<p align="JUSTIFY">-  « <span style="color: #000000;">De Ijzeren tempel </span> » (« Le Temple de fer »), 15 planches &#8211; du 18/09 au 25/12/1937.</p>
</li>
</ul>
<div id="attachment_54993" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-dec37-EB.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54993   " title="Bravo-dec37-EB" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Bravo-dec37-EB-555x732.jpg" alt="" width="555" height="732" /></a><p class="wp-caption-text">Avant dernière planche de l&#39;aventure d&#39;Edmund Bell « De Ijzeren tempel » dans Bravo !, en 1937.</p></div>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">- « Het Geheim van Hawk Manor » (« Le Secret de Hawk Manor »), 20 planches &#8211; du 01/01 au 14/05/1938.</p>
<p align="JUSTIFY">- « Het Mysterie van de witte tijger »<em> </em>(« Le Mystère du tigre blanc »), 12 planches – du 21/05 au 06/08/1938.</p>
<p align="JUSTIFY">- « Misteras », 5 planches – du 13/08 au 10/09/1938.</p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">La deuxième guerre mondiale ferme le marché d&#8217;import-export. Jean Meeuwissen, ne pouvant plus alimenter son <em>Bravo !</em> faute de planches américaines, arrête la revue pour la relancer avec un nouveau matériel, une nouvelle équipe – dont Jean Ray ne fait plus partie &#8211; et dans les deux langues : français et flamand ; mais comme disait Kipling&#8230;</p>
<p><strong>2/ </strong><strong>« Les Aventures de Pateetje » (1947)</strong></p>
<div id="attachment_54977" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Demoen.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54977  " title="Demoen" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/Demoen-555x543.jpg" alt="" width="250" height="543" /></a><p class="wp-caption-text">Renaat Demoen.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Après cette première expérience dans le monde du scénario de bande dessinée, Jean Ray se consacrera, durant la guerre, à son <span style="font-family: 'Liberation Serif', 'Times New Roman', serif;">œ</span>uvre littéraire, faisant paraître certains de ses plus beaux recueils de nouvelles « Le Grand Nocturne » (1942), « Les Cercles de l&#8217;épouvante » (1943), ou romans « Malpertuis » (1943), « La Cité de l&#8217;indicible peur » (1943)&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"> En 1947, Jean Ray se relance dans le scénario, mais dans un genre différent, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de strip sans aucun texte ou dialogue et dont l&#8217;illustrateur sera Renaat Demoen.</p>
<p align="JUSTIFY">Demoen, né le 11 juin 1914, ne commence sa carrière artistique que tardivement, après avoir travaillé dans une fabrique de chaussures puis comme imprimeur. C&#8217;est en 1942 qu&#8217;il est engagé comme illustrateur par le père Daniel de Kesel, responsable des publications destinées à la jeunesse des éditions Averbode, éditions où Jean Ray fait paraître, sous le pseudonyme de John Flanders, des courts romans pour la jeunesse depuis le début des années 30 : les « Presto-films » (français) et « Vlaamse Filmkens » (néerlandais). L&#8217;abbaye d&#8217;Averbode sera le lieu de rencontre de nos deux personnages.</p>
<div id="attachment_54976" class="wp-caption alignnone" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-1.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54976 " title="pateetje-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-1-555x185.jpg" alt="" width="555" height="185" /></a><p class="wp-caption-text">Premier strip de « Pateetje » : « Pateetje se fait une clientèle » dans Averbode&#39;s Weekblab, en 1947.</p></div>
<div id="attachment_54978" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/JR-par-Demoen.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-54978  " title="JR-par-Demoen" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/JR-par-Demoen.jpg" alt="" width="250" height="642" /></a><p class="wp-caption-text">Caricature de Jean Ray réalisée par Renaat Demoen pour le 75ème anniversaire de l&#39;écrivain.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Une grande amitié va s&#8217;installer pendant de nombreuses années entre Ray et Demoen, tous deux grands épicuriens et amateurs de blagues frivoles.</p>
<p align="JUSTIFY">Leur première collaboration sera la création du personnage de Pateetje, coiffeur de son état, dont ils font publier la première aventure le 30 mars 1947 dans la revue <em>Averbode&#8217;s Weekblad</em>.</p>
<p align="JUSTIFY">Jusqu&#8217;au 14 décembre de la même année, 37 strips y paraissent. Ces strips sont souvent construits sur le même principe, réalisés en 3 cases (sauf deux qui en ont 4) : problème – remède – résultat. Ils décrivent une société d&#8217;après-guerre où il peut être parfois difficile de survivre, par manque d&#8217;argent, de denrées alimentaires&#8230; Mais curieusement, si le strip de la semaine précédente évoque le manque de nourriture, celui de la semaine suivante vient paradoxalement en montrer un gaspillage. Ils témoignent d&#8217;un décalage certain entre les diverses classes sociales, qui seront toutes celles de Pateetje l&#8217;espace d&#8217;un strip par le biais d&#8217;un subterfuge ou d&#8217;un rêve non crédité. Certaines aventures glisseront vers l&#8217;absurde ou le fantastique, telle celle ci-dessous qui traduit bien l&#8217;univers propre à Jean Ray où, simplement en barrant une partie de la réalité, celle-ci se transforme.</p>
<div id="attachment_54971" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-8.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-54971" title="pateetje-8" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-8-555x178.jpg" alt="" width="555" height="178" /></a><p class="wp-caption-text">8ème aventure de « Pateetje » : « Bien trouvé », dans Averbode&#39;s Weekblab, en 1947.</p></div>
<p>Sur la méthode de travail du scénariste et du dessinateur, voici le scénario d&#8217;un épisode de « Pateetje » (traduit du néerlandais) tel que Jean Ray l&#8217;a rédigé et donné à Demoen, suivi par le strip lui-même :</p>
<p><span style="font-family: 'Blue Highway';">Les aventures de Pateetje le coiffeur.</span></p>
<p align="CENTER"><span style="font-family: 'Blue Highway';">II – Pateetje se fait dompteur.</span></p>
<p align="CENTER"><span style="font-family: 'Blue Highway';">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</span></p>
<p align="LEFT"><a name="result_box"></a> <span style="font-family: 'Blue Highway';">I &#8211; Cage avec des animaux sauvages (deux lions ou tigres) On trouve un dompteur en costume traditionnel entre les deux animaux, avec fouet et un morceau de viande, que les animaux regardent avec beaucoup d&#8217;envie. Ainsi le fouet dans une main, dans l&#8217;autre, élevée, un grand morceau de viande, de préférence la forme d&#8217;un gigot. En dehors de la cage, les têtes seulement apparentes: le public, trois têtes sont suffisantes, mais au premier plan, la tête de Pateetje, qui regarde très attentivement. On trouve sur la cage une longue planche avec ces mots: &laquo;&nbsp;Tarpaf &#8211; Dompteur &laquo;&nbsp;.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">II &#8211; On trouve Pateetje avec pinceau et brosse sur une planche sur laquelle il vient de peindre : « Pateetje – Dompteur d&#8217;animaux ».</span></p>
<p lang="fr-FR" align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">Il a l&#8217;air très satisfait de son travail.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: 'Blue Highway';">III &#8211; Même décor que n ° 1, avec inscrit sur la cage : Pateetje – Dompteur d&#8217;animaux. On trouve Pateejte au milieu de la cage, dans le même costume de dompteur que Tarpaf. Dans une main, un fouet dans l&#8217;autre, levée, une grosse carotte. Dans la cage, des deux côtés, sur de hauts tabourets, un lapin. Les deux lapins ont l&#8217;air très intéressé par la carotte.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-30.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-54972" title="pateetje-30" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-30-555x210.jpg" alt="" width="555" height="210" /></a></span></p>
<p align="JUSTIFY">Comme on le voit, Demoen prenait une certaine liberté sur le scénario / storyboard, vraisemblablement de part le format réduit des 3 cases.</p>
<p align="JUSTIFY">Il en reste que ces petits strips se révèlent être une nouvelle facette de l&#8217;auteur Gantois, facette populaire au premier sens du terme et surtout sociale. Une originalité certaine. Mais chassez le naturel&#8230;. Le fantastique, l&#8217;humour noir et l&#8217;absurde vont vite envahir les cases de ces strips avec fantômes, sirènes, et réalités transformées.</p>
<div id="attachment_55200" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-33.jpg" rel="lightbox[54956]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-55200" title="pateetje-33" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/10/pateetje-33-555x177.jpg" alt="" width="555" height="177" /></a><p class="wp-caption-text">33ème aventure de « Pateetje » : « Le Gourmet amoureux », dans Averbode&#39;s Weekblab, en 1947.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Jean Ray et Renaat Demoen seront amenés à retravailler ensemble l&#8217;année suivante. Mais avant cela, Jean Ray va rencontrer un autre détective grâce à son ami Frits van den Berghe. C&#8217;est ce que nous verrons dans la prochaine partie.</p>
<p align="RIGHT">(à suivre)</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Hervé LOUINET</strong></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>PS : Je tiens à remercier André Verbrugghen, président du Vriendenkring Jean Ray, Erwin Dejasse, historien de l&#8217;art, Jean Depelley et Gilles Ratier, deux passionnés et professionnels.</strong></p>
<p align="JUSTIFY"><strong></strong>* Nous vous renvoyons à notre étude : « Le Mystère des carrés bleus » dans <em>Harry Dickson</em> n°15, production Sailor&#8217;s Memories, aux éditions de l&#8217;Amicale Jean Ray (Kuurne, Belgique), en 2012.</p>
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