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	<title>BDzoom.com &#187; Jean-Luc Muller</title>
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		<title>Disparition de Georges Rieu : concepteur de Pif gadget&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 09:37:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Luc Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Georges Rieu (né en 1934 à Antony et décédé le 20 mars 2021) a fait partie des discrets rénovateurs de la presse jeunesse dans les années 1960, en faisant passer le vénérable journal <em>Vaillant,</em> en perte de souffle, à l’hypermoderne <em>Pif gadget</em>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1037-annonce-nouvelle-formule.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-166177" title="Vaillant 1037 annonce nouvelle formule" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1037-annonce-nouvelle-formule-555x705.jpg" alt="" width="555" height="705" /></a></p>
<div id="attachment_166125" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-journal-Pif.1038-nouvelle-maquette1.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166125 " title="Vaillant journal Pif.1038 nouvelle maquette" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-journal-Pif.1038-nouvelle-maquette1-555x706.jpg" alt="" width="205" height="706" /></a><p class="wp-caption-text">Vaillant le journal de Pif n° 1038 : nouvelle version - avec son nouveau titre - créée par Georges Rieu, en 1965.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Arrivé chez <em>Vaillant</em> à l’automne 1957, à l’âge de 23 ans, alors que le journal vivait la fin de <em>son « âge d’or »</em> sous sa forme de grand journal tabloïd, ce passionné de littérature populaire et de BD faisait ses premières armes à la rédaction de ce journal qu’il lisait depuis son enfance : écriture de nouvelles, de jeux, de scénarios, avant d’en devenir le secrétaire général.</p>
<p style="text-align: justify;">Rapidement, Georges Rieu comprend que face à la montée de la concurrence (arrivée de <em>Pilote</em>, modernisation de <em>Spirou </em>et de <em>Tintin</em>), <em>Vaillant</em> ne peut évoluer sans que la rédaction ait un meilleur contrôle de son contenu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec Georges Rieu, <em>Vaillant</em> devient le <em>journal de Pif</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Or, malgré des transformations de format opérées au début des années 1960, le journal périclite et parvient de moins en moins à dépasser un lectorat issu des ventes militantes.</p>
<p style="text-align: justify;">À la faveur d’un changement à la direction en 1965 (Pierre Bellefroid, plus pragmatique que ses prédécesseurs, cherchera à améliorer la gestion du journal et sera ouvert aux initiatives de la rédaction), il en devient le rédacteur en chef et entreprendra avec Claude Boujon et Jean Ollivier de créer <em>Vaillant le journal de Pif </em>: dans un format de journal de BD s’alignant sur celui des journaux concurrents, et en s’appuyant sur le nom de son personnage emblématique (à l’instar de <em>Spirou</em>, <em>Le Journal de</em> <em>Mickey</em> et <em>Tintin</em>) pour l’intégrer au titre.</p>
<div id="attachment_166136" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/V1206-RECIT-cf-Vitenam-scenario-RIEU-dessin-COELHO-cf-Sud-Vietnam.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166136" title="V1206-RECIT cf Vitenam - scenario RIEU - dessin COELHO cf Sud-Vietnam" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/V1206-RECIT-cf-Vitenam-scenario-RIEU-dessin-COELHO-cf-Sud-Vietnam-555x687.jpg" alt="" width="555" height="687" /></a><p class="wp-caption-text">Un récit sur le Vietnam scénarios par Georges Rieu dans Vaillant n° 1206.</p></div>
<div id="attachment_166128" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Maurice-Biraud-+-Rieu-1968.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166128 " title="Maurice Biraud + Rieu 1968?" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Maurice-Biraud-+-Rieu-1968-555x597.jpg" alt="" width="255" height="597" /></a><p class="wp-caption-text">Maurice Biraud et Georges Rieu, vers 1968.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il sera l’artisan du récit complet (un grand récit de 12 pages par numéro) et de l’ouverture médiatique : il convaincra notamment Maurice Biraud de devenir un partenaire de <em>Pif poche</em>, ce dernier n’hésitant pas à mentionner le titre dans son émission sur la station Europe n° 1.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1966, il suggère à la direction d’embaucher André Limansky, responsable de ventes chez Hachette et désireux de participer à une aventure originale dans la presse. Ensemble, ils élaborent diverses stratégies commerciales pour faire remonter les ventes (opérations porte-clés, passeport pour le rire, bons à collecter pour obtenir un cadeau, etc.) et envisagent une refonte du journal, qui ne sera possible qu’à l’occasion d’un renouvellement de personnel à la rédaction, fin 1967.</p>
<p style="text-align: justify;">Georges Rieu publie alors une petite annonce dans la presse pour engager ses futurs adjoints à la rédaction. À la suite de divers entretiens, il embauche en janvier 1968 deux tout jeunes collaborateurs — ils ont à peine 21 ans —, très motivés, en phase avec leur époque et fins connaisseurs de la bande dessinée populaire : Richard Medioni et Michel Nicolini. Le premier deviendra très vite son rédacteur en chef adjoint et le second le responsable de la rédaction des formats poche.</p>
<div id="attachment_166139" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/image-Georges-Rieu-en-interview.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166139 " title="image Georges Rieu en interview" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/image-Georges-Rieu-en-interview-555x365.jpg" alt="" width="555" height="365" /></a><p class="wp-caption-text">Georges Rieu en interview en 2013.</p></div>
<div id="attachment_166130" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Rieu-et-LECUREUX-extrait-photo-groupe-1958-sml.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-166130 " title="Rieu et LECUREUX extrait photo groupe 1958 - sml" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Rieu-et-LECUREUX-extrait-photo-groupe-1958-sml.jpg" alt="" width="255" height="449" /></a><p class="wp-caption-text">Georges Rieu et Roger Lécureux : extrait d&#39;une photo de groupe, 1958.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Tous ceux qui ont croisé Georges Rieu à cette époque ont dressé de lui le portrait d’un homme chaleureux et surtout très dynamique, cherchant à rallier à lui la jeunesse et les goûts de l’époque. Il se trouvera parfois confronté aux blocages de la génération précédente, celle des fondateurs du journal d’après-guerre, mais parviendra à créer une rédaction très fonctionnelle et collaborative où se mélangent justement les rédacteurs et auteurs de plusieurs générations.</p>
<p style="text-align: justify;">L’une de ses réussites personnelles consiste à avoir convaincu Jean Ollivier et Roger Lécureux, scénaristes historiques du journal et eux-mêmes anciens rédacteurs en chef, d’accepter de livrer chaque semaine un scénario de leurs séries vedettes (« Les Pionniers de l’Espérance », « Robin des Bois », « Nasdine Hodja », « Davy Crockett »<em>…</em>) sous la forme d’un récit complet de 12 pages, brisant en cela 20 années d’histoires à suivre. Rieu considère en effet que les fascicules de récits complets en petits formats, qui inondent alors le marché, ainsi que les feuilletons TV aux histoires se bouclant à chaque épisode — « Thierry la fronde » en tête — ont modifié les habitudes des enfants, moins enclins à attendre les deux nouvelles pages de leurs séries préférées chaque semaine.</p>
<div id="attachment_166132" class="wp-caption aligncenter" style="width: 550px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/lettre-Georges-RIEU-PG-9-cf-Tour-Eiffel.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-166132" title="lettre Georges RIEU PG 9 cf Tour Eiffel" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/lettre-Georges-RIEU-PG-9-cf-Tour-Eiffel.jpg" alt="" width="540" height="724" /></a><p class="wp-caption-text">Lettre de Georges Rieu dans Pif gadget n° 9;</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette décision ne fera pas l’unanimité auprès des scénaristes et de certains dessinateurs (notamment Raymond Poïvet), mais ils se rendent à l’évidence de la démonstration, les chiffres des ventes catastrophiques servant d’argument massue : <em>« J’expliquais à la direction et aux auteurs quelque chose que j’ai répété beaucoup à cette époque : ce ne sont plus les histoires qui doivent être à suivre, mais les héros eux-mêmes ! »</em> (G. Rieu, en interview avec J-L M.).</p>
<p style="text-align: justify;">Mai 68 annonce des changements culturels dans la société française et l’ambiance générale est celle d’un renouvellement annoncé.</p>
<div id="attachment_166135" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/JACQUES-FLASH-Vaillant-878-DEBUT-Trésor-homme-invisible-RIEU-DEYNIS-.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166135" title="JACQUES FLASH - Vaillant 878 DEBUT Trésor homme invisible RIEU DEYNIS" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/JACQUES-FLASH-Vaillant-878-DEBUT-Trésor-homme-invisible-RIEU-DEYNIS--555x247.jpg" alt="" width="555" height="247" /></a><p class="wp-caption-text">Un épisode de « Jacques Flash » scénarios par Georges Rieu, dans Vaillant n° 878.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Dans le registre de la bande dessinée, Georges Rieu a des goûts éclectiques.<br />
Il apprécie le classicisme des récits bien charpentés (westerns, histoires policières ou d’aventures historiques), et scénarisera au passage certaines histoires de « Jacques Flash » ou des récits unitaires.</p>
<div id="attachment_166126" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1180-dec-1967-GAI-LURON-visite-RIEU.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166126" title="Vaillant 1180-dec 1967-GAI-LURON visite RIEU" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1180-dec-1967-GAI-LURON-visite-RIEU-555x170.jpg" alt="" width="555" height="170" /></a><p class="wp-caption-text">Gai-Luron visite Georeges Rieu dans Vaillant n° 1180 (12/1967).</p></div>
<p style="text-align: justify;">Mais il est également sensible aux nouveaux talents et encouragera Nikita Mandryka (qui signait encore Kalkus) ou Jean Tabary à développer leur style respectif, en leur accordant plus d’espace. Il est également très friand des trouvailles de Gotlib (l’auteur de « Gai-Luron » le représentant très souvent dans ses bandes en le chargeant, signe de leur évidente complicité) et fera tout pour retenir ce dernier, devenu en peu de temps un auteur-vedette, accaparé par son travail chez <em>Pilote</em>.</p>
<div id="attachment_166178" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1238-page-ANNONCE-couv-PIF.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166178" title="Vaillant 1238- page ANNONCE couv PIF" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Vaillant-1238-page-ANNONCE-couv-PIF-555x733.jpg" alt="" width="555" height="733" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le n° 1238 de Vaillant, annonce pour le n° 1239... qui sera le premier numéro du nouveau titre : Pif et son gadget surprise, rebaptisé par la suite Pif gadget.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Pif et son gadget surprise</em></strong><strong> : révolution copernicienne chez <em>Vaillant</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Fort de sa position renforcée au journal et de la confiance de la direction, Georges Rieu s’appuiera sur son adjoint Richard Medioni et son aventureux directeur des ventes André Limansky pour organiser une refonte complète du journal qui se jouera à quitte ou double. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-25.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-166145" title="Pif 25" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-25-555x733.jpg" alt="" width="205" height="733" /></a>La nouvelle mouture, organisée dans le plus grand secret, sera révolutionnaire : abandon total des récits à suivre, augmentation de la pagination (qui passe à 80 pages !), adoption du dos carré… Georges Rieu et Richard Medioni ont également une idée pour occuper astucieusement les 10 ou 15 % obligatoires de contenu rédactionnel dans les publications jeunesse : créer un cahier complet de jeux, très varié, et embaucher pour cela le spécialiste du genre à <em>France-Soir</em> (Roger Dal). Richard Medioni en sera le responsable durant la première année.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre idée est également élaborée avec Limansky et le service commercial, qui fera florès : proposer chaque semaine un petit plus encarté dans le journal, qui sera une surprise et un argument de vente supplémentaire auprès des lecteurs, ces derniers n’ayant plus de raison d’attendre un numéro suivant pour connaître la suite des récits, devenus complets. Cette suggestion fait face à des réticences de la part d’auteurs et membres de la rédaction, qui craignent que le journal devienne trop commercial.</p>
<p style="text-align: justify;">La direction tranche et donne son feu vert. On crée même un service au sein de la rédaction entièrement dévolu à la recherche et la création de ces petits objets devant s’insérer chaque semaine dans le journal.</p>
<div id="attachment_166138" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif_0082_p27.jpg-TEASING-annonce-timbres-mongols-avec-Georges-RIEU.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166138" title="Pif_0082_p27.jpg TEASING annonce timbres mongols avec Georges RIEU" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif_0082_p27.jpg-TEASING-annonce-timbres-mongols-avec-Georges-RIEU-555x750.jpg" alt="" width="555" height="750" /></a><p class="wp-caption-text">Annonce des timbres mongols.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-37.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-166146" title="Pif 37" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-37.jpg" alt="" width="205" height="670" /></a>Survivre à un succès sans se brûler les ailes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On connaît la suite de l’histoire : <em>Pif et son gadget surprise</em>, dont toute la rédaction et le service des ventes a fait en sorte que la sortie soit annoncée en fanfare et la mise en place chez les kiosquiers spectaculaire, est un grand succès. En quelques mois, le journal atteint des chiffres de ventes inconnus jusqu’alors aux éditions Vaillant, malgré un prix assez élevé pour l’époque (on est passé sans transition de 1,20 F à 2 F le numéro !).</p>
<p style="text-align: justify;">La création de <em>Rahan</em> dans le premier numéro et le succès de la formule tout en récits complets estomaquent la concurrence, tandis que la présence hebdomadaire d’un gadget créera progressivement l’événement : cet objet devenant à terme un enjeu commercial presque aussi grand que le reste du contenu.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-47.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-166147" title="Pif 47" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-47.jpg" alt="" width="205" height="672" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Georges Rieu est alors un rédacteur en chef très courtisé et il obtient au passage la possibilité d’engager lui-même des auteurs et de déterminer avec la direction leur rémunération : ce qui n’était pas le cas auparavant.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi, à l’occasion d’une rencontre au festival de Lucca, qu’il propose à Hugo Pratt de venir à Paris et d’adapter pour <em>Pif gadget </em>(début 1970) son personnage de Corto Maltese. Initiative d’autant plus singulière que ce style graphique et ce genre de récits ne s’adressent pas a priori à la tranche d’âge des lecteurs de <em>Pif</em>. Mais Rieu y voit un gage de diversité de styles et une manière de faire entrer le journal dans la cour des grands, tout en s’émancipant un peu des figures tutélaires des talentueux (et omniprésents) grands anciens que sont Jean Ollivier et Roger Lécureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre innovation : le rédacteur en chef s’adresse directement au lecteur, assumant ses choix et on découvre à cette occasion sa véritable signature à la fin de ses textes éditoriaux : comme lorsqu’il présente « Corto Maltese » ou qu&#8217;il annonce fièrement les succès du journal.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-59-Editorial-RIEU-sur-CORTO.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-166131" title="Pif 59 - Editorial RIEU sur CORTO" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-59-Editorial-RIEU-sur-CORTO-555x871.jpg" alt="" width="555" height="871" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Déléguant de plus en plus la bonne marche de la rédaction à son adjoint Richard Medioni, il multiplie les rencontres dans les festivals, mais aussi les événements médiatiques pour dénicher des idées et remplir son carnet d’adresses.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-50.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-166149" title="Pif 50" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-50.jpg" alt="" width="205" height="666" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il lance diverses campagnes pour fidéliser les lecteurs (notamment les fameuses séries de timbres exclusifs à collectionner) ou capter de manière spectaculaire l’air du temps (le globe lunaire à monter, sur deux semaines) et cherche à toucher une cible rarement visée par les journaux de BD : le monde enseignant. Il y parviendra, avec l’aide de Limansky et le concours de toute la rédaction pour y associer des intervenants scientifiques, en proposant dans le n° 60 les artémias, surnommées Pifises, qui seront l’un des sujets de discussion les plus partagés dans les cours de récré du printemps 1970, atteignant souvent les salles de classe et provoquant les réactions favorables des instituteurs et autres professeurs de sciences naturelles.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-60.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-166150" title="Pif 60" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-60-555x729.jpg" alt="" width="205" height="729" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce numéro atteindra le chiffre de vente le plus important de l’histoire de la presse jeunesse alors : 1 million d’exemplaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le succès s’engage un processus compliqué : la rédaction de <em>Pif gadget</em> est devenue la centrale nucléaire du journal, à laquelle il doit son triomphe en kiosques. Le désir de s’émanciper de la tutelle historique des éditions Vaillant, liées au PCF, commence à s’exprimer en sourdine. Pierre Bellefroid souhaite créer une entité autonome avec l’équipe de la rédaction. Georges Rieu, cumulant les réussites, est sensible à ce discours, d’autant qu’il n’a cessé, depuis son arrivée à la tête de la rédaction, de rompre avec les usages et fonctionnements du passé. Il a des ambitions et des projets qui dépassent nettement ce que peut lui proposer le journal. Mais les éditions Vaillant, qu’ils le veuillent ou non, est bien un groupe de presse appartenant au PCF, et dont les principaux collaborateurs et auteurs sont intimement liés à son histoire.</p>
<div id="attachment_166179" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-97-remise-prix-YELLOW-KID-Lucca-Georges-RIEU-Dec1970.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166179" title="Pif 97 remise prix YELLOW KID Lucca Georges RIEU Dec1970" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-97-remise-prix-YELLOW-KID-Lucca-Georges-RIEU-Dec1970-555x581.jpg" alt="" width="555" height="581" /></a><p class="wp-caption-text">Remise du prix Yellow Kis à Lucca par Georges Rieu dans Pif n° 97 (12/1970).</p></div>
<div id="attachment_166134" class="wp-caption aligncenter" style="width: 548px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/MANDRYKA-FOREST-GILLON-recoivent-prix.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-166134 " title="MANDRYKA, FOREST, GILLON recoivent prix" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/MANDRYKA-FOREST-GILLON-recoivent-prix.jpg" alt="" width="538" height="340" /></a><p class="wp-caption-text">Nikita Mandryka reçoit un prix des mains de Georges Rieu, sous les regards de Jean-Claude Forest et Paul Gillon.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une crise, et un miracle qui ne se répète pas</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À l’issue d’une grave crise au sein du journal, la direction chavire et Pierre Bellefroid quitte le navire avec quelques membres importants de la rédaction. Georges Rieu accepte dans un premier temps de rester à son poste, mais laisse de plus en plus de responsabilités à Richard Medioni, ce dernier devenant <em>de facto</em> le rédacteur en chef du journal à la fin du printemps 1971, lorsque Rieu part officiellement rejoindre Pierre Bellefroid. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/TELE-GADGET-01-sept-71.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-166140 alignleft" title="TELE-GADGET 01 sept 71" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/TELE-GADGET-01-sept-71.jpg" alt="" width="255" height="657" /></a>Ensemble, ils ont pour projet de créer un magazine sur le même modèle que <em>Pif gadget</em> (maquette, journal des jeux, gadget…), mais adapté au monde adulte des téléspectateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sera <em>Télé-Gadget</em>, dont le premier numéro sortira à la rentrée 1971. L’ex-rédacteur en chef de <em>Pif gadget</em> est alors persuadé de détenir la formule gagnante et de pouvoir l’adapter ailleurs. Mais malgré son carnet d’adresses lui permettant d’inviter une vedette chaque semaine pour y présenter un gadget, l’utilisation de la filière mise en place chez <em>Pif</em> pour trouver des <em>« plus produits »</em> (certains de ces gadgets se retrouvant d’ailleurs dans les deux titres : l’avion-équilibriste, l’ours trapéziste, l’oktavia, le lasso musical ou même… l’arbre à planter !) ou encore l’apport de Roger Dal pour un journal des jeux, le titre <em>Télé-Gadget</em> ne trouvera pas son public.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/1979-mag-Chiffres-et-les-lettres.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-166141 alignright" title="1979 mag Chiffres et les lettres" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/1979-mag-Chiffres-et-les-lettres.jpg" alt="" width="255" height="678" /></a>La formule magique ne pouvait se répéter, et la concurrence de <em>Télé 7 jours</em> et <em>Télé poche </em>sera impitoyable. Par ailleurs, les habitudes des acheteurs de programmes TV n’ont aucun rapport avec celles des lecteurs de BD (le journal ne paraîtra en tout que 33 semaines).</p>
<p style="text-align: justify;">Après cet échec, Georges Rieu ne tentera pas de réintégrer <em>Pif gadget</em>, où direction et rédaction avaient mal vécu son départ, et poursuivra sa carrière en rejoignant notamment le producteur de jeux télévisés Armand Jammot, lorsque ce dernier lancera des titres de presse adaptés de ses émissions ou des boîtes de jeux.<br />
L’artisan de la grande révolution de la presse jeunesse, dont nombre de pratiques sont encore à l’œuvre 50 ans plus tard, aura ainsi connu et accompagné en 15 ans toutes les métamorphoses du journal qu’il contribua à faire connaître bien au-delà de son public habituel : <em>« The right man at the right time »</em>, dit l’adage. Mais pour Georges Rieu, c’est aussi d’une certaine manière le rêve de Midas qui ne put se prolonger, ou le destin d’Icare, se concluant fidèlement à la légende.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Retrouvailles et post-scriptum</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 2010, lors d’une édition du salon de BD de la mairie du 13<sup>e</sup> arrondissement à Paris, Georges Rieu y retrouvait ses deux anciens adjoints à la rédaction de <em>Pif gadget</em> : Richard Medioni et Michel Nicolini.</p>
<div id="attachment_166129" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/G.Rieu-et-R-Medioni-Paris-nov2010.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166129" title="G.Rieu et R Medioni Paris nov2010" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/G.Rieu-et-R-Medioni-Paris-nov2010-555x366.jpg" alt="" width="555" height="366" /></a><p class="wp-caption-text">Georges Rieu et Richard Medioni, Paris novembre 2010.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Image-couv-OUF-5-Cpt-Apache.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-166180" title="Image couv OUF #5 Cpt Apache" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Image-couv-OUF-5-Cpt-Apache-555x775.jpg" alt="" width="205" height="775" /></a>Entretemps, Richard Medioni avait publié « Pif gadget : la véritable histoire » (2003) et sa série Période rouge, où il avait pu évoquer les divers grands acteurs de l’évolution du journal ; le nom de Georges Rieu retrouvant à cette occasion sa place dans cette grande histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut la dernière sortie de l’ancien rédacteur en chef pour rencontrer ceux qui furent ses collaborateurs, ses successeurs ou… ses lecteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">De santé fragile, Georges Rieu avait déjà subi plusieurs opérations du cœur : il a succombé à une infection de la covid, alors qu’il était hospitalisé. Il laisse trois enfants : Christine, Franck et Christophe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-Luc MULLER</strong></p>
<p style="text-align: justify;">P.-S. Un dossier spécial consacré à Georges Rieu sera publié prochainement sous la houlette de la <em>Ouf-Gazette</em>, via la page <a href="www.pif-film.com">www.pif-film.com</a>, illustré de nombreuses archives et accompagné d’extraits d’entretiens inédits.</p>
<div id="attachment_166151" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-55-mars-1970.jpg" rel="lightbox[166121]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-166151" title="Pif 55 mars 1970" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2021/03/Pif-55-mars-1970-555x434.jpg" alt="" width="555" height="434" /></a><p class="wp-caption-text">Éditorial de Georges Rieu pour le n° 55 de Pif gadget (mars 1970).</p></div>
<p style="text-align: center;"><iframe style="width:120px;height:240px;" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" frameborder="0" src="//ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?ServiceVersion=20070822&#038;OneJS=1&#038;Operation=GetAdHtml&#038;MarketPlace=FR&#038;source=ss&#038;ref=as_ss_li_til&#038;ad_type=product_link&#038;tracking_id=shitocom-21&#038;language=fr_FR&#038;marketplace=amazon&#038;region=FR&#038;placement=2258152607&#038;asins=2258152607&#038;linkId=98f1d153bffb7547618fd049ecd93ac7&#038;show_border=true&#038;link_opens_in_new_window=true"></iframe> <iframe style="width:120px;height:240px;" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" frameborder="0" src="//ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?ServiceVersion=20070822&#038;OneJS=1&#038;Operation=GetAdHtml&#038;MarketPlace=FR&#038;source=ss&#038;ref=as_ss_li_til&#038;ad_type=product_link&#038;tracking_id=shitocom-21&#038;language=fr_FR&#038;marketplace=amazon&#038;region=FR&#038;placement=2749302005&#038;asins=2749302005&#038;linkId=7c91953747f228d7bf3684368bba1d75&#038;show_border=true&#038;link_opens_in_new_window=true"></iframe> <iframe style="width:120px;height:240px;" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" frameborder="0" src="//ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?ServiceVersion=20070822&#038;OneJS=1&#038;Operation=GetAdHtml&#038;MarketPlace=FR&#038;source=ss&#038;ref=as_ss_li_til&#038;ad_type=product_link&#038;tracking_id=shitocom-21&#038;language=fr_FR&#038;marketplace=amazon&#038;region=FR&#038;placement=2955208426&#038;asins=2955208426&#038;linkId=a8d8d57f624dd6952bf5d24e9c743ea1&#038;show_border=true&#038;link_opens_in_new_window=true"></iframe></p>
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		<title>René Moreu (1920-2020) : la vie-œuvre d’un artiste discret…</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2020 13:07:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Luc Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il est une personnalité méconnue du public, dont la vie a discrètement épousé l’Histoire de son siècle et contribué à la vie culturelle française, c’est bien René Moreu : le premier rédacteur en chef du journal Vaillant et un pilier des éditions éponymes, disparu le 16 mai 2020, six mois avant son centenaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_155982" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Le-jeune-patriote-n┬░18-fev-1945-directrice-Ginette-Cros.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155982  " title="Le jeune patriote n┬░18 fev 1945 directrice Ginette Cros" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Le-jeune-patriote-n┬░18-fev-1945-directrice-Ginette-Cros-555x804.jpg" alt="" width="205" height="804" /></a><p class="wp-caption-text">Le Jeune Patriote n° 18 (février 1945), directrice Ginette Cros.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Né le 11 novembre 1920 à Nice, René Moreu vit à Marseille jusqu’aux années de guerre, et travaille en tant que mécanicien d’imprimerie du <em>Petit Marseillais</em>, tout en développant son goût pour la peinture. Condamné sous l’Occupation par un tribunal militaire, il s’enfuit en zone nord après avoir purgé 3 mois de prison et entre dans la Résistance.</p>
<p style="text-align: justify;">Il mettra ses connaissances en techniques d’imprimerie au service de la publication clandestine <em>Le Jeune Patriote</em>, issue du Front patriotique de la jeunesse (créé par les jeunesses communistes).</p>
<p style="text-align: justify;">Il contribue au changement de maquette du journal (précédemment tiré en ronéo de manière amateur), lorsque celui-ci redémarre sous une forme officielle en octobre 1944.</p>
<div id="attachment_155983" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Lavant_garde.gif" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-155983" title="L'avant_garde" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Lavant_garde.gif" alt="" width="205" height="443" /></a><p class="wp-caption-text">Publicité pour L&#39;Avant-Garde probablement dessinée par Eu. Gire dans L&#39;Almanach de l&#39;Humanité 1948.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il y fait ses premières armes en tant que rédacteur et y publiera plusieurs articles.</p>
<p style="text-align: justify;">Il participe également au journal <em>L’Avant-Garde </em>(destiné à un public plus âgé), où il rencontre une grande résistante, agente de liaison de Jacques Duclos, qui jouera un rôle essentiel dans sa vie et celle du journal : Madeleine Bellet.</p>
<p style="text-align: justify;">Au printemps 1945, c’est assez naturellement qu’on lui propose de mettre ses compétences au service de <em>Vaillant</em>, la nouvelle grande publication destinée à la jeunesse destinée à remplacer <em>Le Jeune Patriote</em>, mais cette fois en tant que rédacteur en chef, sous la direction de Ginette Cros, remplacée l’année suivante par Madeleine Bellet.</p>
<p style="text-align: justify;">Si René Moreu fait, durant toute l’histoire du journal, figure de <em>« grand ancien »</em> — en tant que premier rédacteur en chef et seul membre fondateur à avoir suivi son histoire jusqu’à la toute fin ! — le duo, puis le couple (à partir de 1967 seulement) qu’il formera avec Madeleine Bellet constitueront également le <em>« moteur culturel » </em>des éditions Vaillant et de toutes leurs publications.</p>
<div id="attachment_155977" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/MOREU-et-ARNAL-1952.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155977 " title="MOREU et ARNAL 1952" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/MOREU-et-ARNAL-1952-555x703.jpg" alt="" width="555" height="703" /></a><p class="wp-caption-text">René Moreu avec José Cabrero Arnal, en 1952.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>La belle équipe</strong></p>
<div id="attachment_155981" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/couv-Vaillant-31-nettoyee.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155981    " title="couv Vaillant 31 nettoyee" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/couv-Vaillant-31-nettoyee-555x770.jpg" alt="" width="205" height="770" /></a><p class="wp-caption-text">Premier numéro de Vaillant portant le n° 31 du Jeune Patriote.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il formera, avec deux autres jeunes résistants le <em>« noyau dur »</em> de <em>Vaillant</em>. D’abord l’ancien cheminot et résistant de la première heure Pierre Olivier, et ensuite le <em>« petit jeune » </em>(de 14 ans son cadet) Roger Lécureux, futur grand scénariste.</p>
<div id="attachment_156034" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/vaillant_200_05-Quatre-par-ARnal-MOREU-LECUREUX-OLLIVIER-OLIVIER-PHOTOS-BASTARD-ARNAL-GIRE-CLAUDE-HENRI-GILLON-BOURLES-NORTIER-BELLET.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156034 " title="vaillant_200_05 Quatre par ARnal MOREU LECUREUX OLLIVIER OLIVIER - PHOTOS BASTARD-ARNAL-GIRE-CLAUDE HENRI-GILLON-BOURLES-NORTIER-BELLET" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/vaillant_200_05-Quatre-par-ARnal-MOREU-LECUREUX-OLLIVIER-OLIVIER-PHOTOS-BASTARD-ARNAL-GIRE-CLAUDE-HENRI-GILLON-BOURLES-NORTIER-BELLET-555x744.jpg" alt="" width="205" height="744" /></a><p class="wp-caption-text">Le Club des quatre caricaturés dans Vaillant n° 200.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il invitera au début 1947 le jeune résistant breton Jean Ollivier, auteur et journaliste à <em>L’Avant-Garde</em>, à rejoindre la rédaction de <em>Vaillant</em>. René Moreu, Pierre Olivier, Roger Lécureux et Jean Ollivier formeront ce qu’ils appelleront avec humour le Club des quatre, définissant l’approche qu’ils souhaitent maintenir au contenu illustré du journal, et notamment la qualité de ses bandes dessinées : héros positifs, exigence dans l’écriture des récits, refus de situations immorales, etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un handicap qui influe sur le cours de sa vie</strong><br />
En 1943, René Moreu souffre d’une grave affection de la rétine (choriorétinite) dont il découvrira plus tard qu’elle est génétique. Il se retrouvera quasi-aveugle durant plusieurs semaines et ne recouvrera jamais une vue normale. Opéré à plusieurs reprises à partir des années 1950, il souffrira d’une vision très diminuée tout au long de son existence, jusqu’à devenir quasi-aveugle au tournant des années 2000.</p>
<div id="attachment_155991" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ours-ROUDOUDOU-1952-dir-Bellet-re╠üdac-Moreu-72dpi.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155991" title="Ours ROUDOUDOU 1952 dir Bellet re╠üdac Moreu 72dpi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ours-ROUDOUDOU-1952-dir-Bellet-re╠üdac-Moreu-72dpi-555x132.jpg" alt="" width="555" height="132" /></a><p class="wp-caption-text">Ours de Roudoudou, en 1952 : directrice Madeleine Bellet, rédacteur en chef René Moreu.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’âme de <em>Vaillant</em></strong></p>
<div id="attachment_155984" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Illustra-RIQUIQUI-n.1-1951.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155984 " title="Illustra RIQUIQUI n.1 1951" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Illustra-RIQUIQUI-n.1-1951-555x713.jpg" alt="" width="255" height="713" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 1 (1951).</p></div>
<p style="text-align: justify;">Lorsque René Moreu quittera son poste à la rédaction du journal, remplacé par Jean Ollivier, il restera présent et accessible et sera systématiquement celui qu’on appellera à chaque fois que le journal devra procéder à des changements ou bien à l’occasion de l’arrivée de nouveaux auteurs et dessinateurs. Il demeurera jusqu’à la fin la <em>« référence morale »</em> et l’âme de <em>Vaillant</em>, et sera également, en 1968, parmi les <em>« anciens » </em>encourageant la rédaction à aller de l’avant, lorsque sera créée la formule <em>Pif gadget</em> (voir le texte de Richard Medioni, plus loin).</p>
<p style="text-align: justify;">Madeleine Bellet, très active au sein de la direction des éditions Vaillant, avait également créé la version <em>« pour fillettes »</em> du journal-phare, <em>Vaillante</em> (qui connaîtra 58 numéros entre 1946 et 1948), et lancera en 1949 la première revue en <em>« petit format » </em><em>34 Aventures</em>, rebaptisée ensuite <em>34 Caméra</em>, à laquelle contribuera René Moreu.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, en 1950 et 1951, elle créera deux titres destinés aux tout-petits, l’un de ses chevaux de bataille (elle fut membre du Syndicat national des instituteurs) : <em>Roudoudou : les belles images</em> (charmant biquet dessiné par José Cabrero Arnal), puis <em>Riquiqui : les belles images </em>(un ourson jovial dessiné par René Moreu).</p>
<div id="attachment_155985" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-18.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155985" title="Riquiqui 18" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-18-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 18.</p></div>
<div id="attachment_155987" class="wp-caption alignright" style="width: 165px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Aventure-quatre-mers-Ollivier-La-Farandole-1964.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155987       " title="Aventure quatre mers - Ollivier - La Farandole 1964" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Aventure-quatre-mers-Ollivier-La-Farandole-1964-555x688.jpg" alt="" width="155" height="688" /></a><p class="wp-caption-text">La Farandole, 1964.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ces deux titres dureront près d’un quart de siècle et fusionneront en mars 1970 pour devenir <em>Riquiqui et Roudoudou</em>, jusqu’en 1973.</p>
<p style="text-align: justify;">René Moreu contribuera également au contenu d’une autre publication créée par Madeleine Bellet, <em>Pipolin </em>(de 1957 à 1963), mais qui ne connaîtra pas le même succès.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient d’ajouter au travail régulier de René Moreu pour <em>Riquiqui,</em> ses très nombreuses illustrations pour ses propres ouvrages jeunesse et ceux de Pierre Gamarra, mais surtout pour ceux de son ami Jean Ollivier aux éditions La Farandole.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis divers ouvrages pour la jeunesse aux éditions Nathan et Le Père Castor, entre autres.</p>
<div id="attachment_155988" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/illustration-Moreu-pour-RIQUIQUI.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155988" title="illustration Moreu pour RIQUIQUI" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/illustration-Moreu-pour-RIQUIQUI-555x725.jpg" alt="" width="555" height="725" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de couverture par René Moreu pour Riquiqui.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un style immédiatement reconnaissable</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le style graphique de René Moreu, dans son travail pour la jeunesse, est franc, direct, aux couleurs vives.</p>
<div id="attachment_155994" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-album-n.2-72dpi.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155994  " title="Riquiqui album n.2 - 72dpi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-album-n.2-72dpi-555x726.jpg" alt="" width="205" height="726" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui album n° 2.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Si l’approche graphique de <em>Riquiqui</em> évolue dans le sens d’un rapprochement avec celui d’Arnal pour <em>Roudoudou</em> (René Moreu rend le trait du personnage plus rond et de facture plus <em>« classique »</em> — mais cette période correspond en réalité au moment où ses problèmes de vue l’empêchant de travailler comme avant, il se faisait aider pour ces illustrations de <em>Riquiqui</em>), il expérimente également diverses approches plus abstraites, qui répondent à ses recherches graphiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Son amitié avec le grand peintre et affichiste André François ne surprendra pas, tant leurs styles apparaissent voisins et complémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>Riquiqui </em>de René Moreu connaîtra pas moins de 292 numéros, et lui permettra de développer sa technique d’illustration pour enfants, en couleurs directes.</p>
<div id="attachment_156002" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-2635.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156002  " title="Riquiqui 263" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-2635-555x714.jpg" alt="" width="205" height="714" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 263.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il poursuit en parallèle son parcours en tant que peintre et commence même à être exposé dans divers lieux : à partir de 1958, plus d’une quarantaine d’expositions personnelles et une participation régulière au Salon de mai à Paris, qui lui fournira d’ailleurs l’occasion d’être accroché à Cuba en 1967 aux côtés de… Max Ernst, Picasso et Miró !</p>
<p style="text-align: justify;">Son œuvre de plasticien prendra un nouvel essor après 1975, lorsqu’il mettra fin définitivement son activité d’illustrateur pour enfants. Il reconnaîtra plus tard que, bien qu’exercée avec le souci constant de la qualité et de la communication auprès des enfants, cette activité n’avait jamais connu la considération qu’elle eût méritée, même si certaines de ces publications furent récompensées (prix décerné en 1958 et 1970 par le Comité permanent des expositions du livre et des arts graphiques français pour les meilleurs ouvrages de l’année).</p>
<p style="text-align: justify;">Lire à ce sujet, plus loin, un extrait d’article élogieux à son égard, dans <em>Le Monde </em>en 1962.</p>
<div id="attachment_156009" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-148-Moreu-2e-manie╠Çre.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156009" title="Riquiqui 148 - Moreu deuxième manière." src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-148-Moreu-2e-manie╠Çre-555x709.jpg" alt="" width="555" height="709" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 148 : René Moreu 2e manière...</p></div>
<div id="attachment_156010" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Pif_57_mars-1970-PUB-RIQUIQUI-et-ROUDOUDOU-72dpi.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156010 " title="Pif_57_mars 1970 PUB RIQUIQUI et ROUDOUDOU - 72dpi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Pif_57_mars-1970-PUB-RIQUIQUI-et-ROUDOUDOU-72dpi-555x760.jpg" alt="" width="255" height="760" /></a><p class="wp-caption-text">Publicité pour Riquiqui Roudoudou dans Pif gadget n° 57 (mars 1970).</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un <em>come-back</em> chez <em>Pif</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1980, le journal <em>Pif gadget</em> se trouve dans une situation de grand flottement, à la direction incertaine. Depuis trois ans, les options prises ne parviennent pas à stabiliser les ventes et le journal, déjà en proie à quelques difficultés héritées en partie de la situation liée aux crises du pétrole (faisant augmenter le prix du papier), à la position très envahissante de son secteur commercial qui privilégie le gadget et les séries comiques, sans parler de la difficulté à renouveler le lectorat… se retrouve en ce début de décennie également privé de rédacteur en chef, après la démission de Claude Gendrot. Comme souvent dans les situations exigeant de prendre du recul, on fait appel au <em>« sage » </em>René Moreu, qui se retrouve un temps à diriger la rédaction, mais demande à son ami Jean Ollivier de l’aider à cette tâche. Ils vont travailler à infléchir le contenu en y réinjectant de la création en BD et en amenant en 1981 de nouvelles rubriques. Roger Lécureux n’est pas loin non plus. René Moreu est heureux de retrouver pendant quelque temps ses camarades des débuts du journal, mais l’époque a changé et, ses difficultés visuelles handicapant également son travail : il ne fera qu’assurer une transition. Les membres les plus jeunes de la rédaction découvrent à cette occasion en lui un homme ouvert, plein de ressources et privilégiant le partage et la transmission (voir à ce sujet le témoignage de Claude Bardavid, plus loin).</p>
<div id="attachment_156062" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Photo-groupe-1973-détail-Lécureux-Kamb-Moreu.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156062" title="Photo groupe " src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Photo-groupe-1973-détail-Lécureux-Kamb-Moreu-555x439.jpg" alt="" width="555" height="439" /></a><p class="wp-caption-text">René Moreu à côté de Roger Lécureux et Jacques Kamb, chez Pif gadget en 1973.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Une-vie-de-Pif-Moreu-1983.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-156003" title="Une vie de Pif - Moreu 1983" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Une-vie-de-Pif-Moreu-1983-555x809.jpg" alt="" width="205" height="809" /></a>Adieu à Arnal</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Resté très ami avec José Cabrero Arnal, qu’il avait côtoyé pendant 25 ans, c’est à lui que l’on confiera la réalisation du grand album posthume, publié aux éditions la Farandole en 1983, année suivant la mort d’Arnal : « C. Arnal : une vie de Pif ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ce bel ouvrage doit d’ailleurs énormément au respect et à la sincère amitié qu’il traduit, autant qu’à la qualité de sa maquette et de son iconographie, par quelqu’un <em>« qui connaît son sujet »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">(Note : René Moreu avait également travaillé à la maquette de la publication annuelle <em>L&#8217;Almanach ouvrier et paysan</em>, rebaptisé en 1964<em> L&#8217;Almanach de L&#8217;Humanité, </em>entre 1967 et 1986. Il en sera également, à plusieurs reprises, le directeur artistique.)</p>
<div id="attachment_156011" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Fleur-de-pierre-technique-mixte-Moreu-1980.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156011 " title="Fleur de pierre - technique mixte - Moreu 1980" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Fleur-de-pierre-technique-mixte-Moreu-1980-555x486.jpg" alt="" width="255" height="486" /></a><p class="wp-caption-text">« Fleur de pierre » : technique mixte réalisée par René Moreu ,1980.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Complément biographique<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La disparition de son épouse Madeleine Bellet en 1989, après une longue maladie, l’avait amené à modifier encore son œuvre, en même temps que son existence.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait alterné les techniques, passant de collages à des incrustations de matières, d’herbes, ou à des œuvres en papier mâché ou encore en inclusion de pierres, jusqu’à ce qu’une nouvelle opération lui permette de reprendre le travail sur des œuvres de facture plus classique, sur toile ou bois.</p>
<p style="text-align: justify;">Le couple avait vécu pendant plus de 25 ans dans un village de l’Oise, mais dans les années 2000, alors qu’il avait perdu 95 % de sa vision, mais poursuivait son travail de plasticien, il s’installa avec sa nouvelle compagne Catherine Laporte, laquelle allait devenir quasiment son agente artistique, dans un village du Lot (Vayrac).</p>
<div id="attachment_156014" class="wp-caption aligncenter" style="width: 528px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/se╠ürie-_casiers-mirobolants_-materiaux-sur-bois-1983.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-156014" title="se╠ürie _casiers mirobolants_ materiaux sur bois - 1983" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/se╠ürie-_casiers-mirobolants_-materiaux-sur-bois-1983.jpg" alt="" width="518" height="1026" /></a><p class="wp-caption-text">« Casiers mirobolants » : matériaux sur bois,1983.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette dernière partie de sa vie d’artiste sera florissante, avec notamment une grande exposition rétrospective de son œuvre en 2004 à la Halle St -Pierre, à Paris, et de nombreuses expositions en Dordogne, dans le Vaucluse, le Languedoc, etc.</p>
<div id="attachment_156012" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/diptyque-_nuit-fleurie_-huile-sur-toile-MOREU-1992.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156012" title="diptyque _nuit fleurie_ huile sur toile MOREU 1992" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/diptyque-_nuit-fleurie_-huile-sur-toile-MOREU-1992-555x454.jpg" alt="" width="555" height="454" /></a><p class="wp-caption-text">Diptyque « Nuit fleurie » : huile sur toile réalisée par René Moreu, 1992.</p></div>
<div id="attachment_156015" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/affiche-EXPO-MOREU-2009.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156015  " title="affiche EXPO MOREU 2009" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/affiche-EXPO-MOREU-2009-555x827.jpg" alt="" width="205" height="827" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche exposition René Moreu, 2009.</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’œuvre picturale de René Moreu pourrait sans doute s’apparenter aux courants de l’art brut  ou de l’art singulier, sans qu’il n’ait jamais souhaité être rattaché à ces mouvements, qu’il côtoyait néanmoins. De même, l’exposition qui lui fut consacrée en 2011 par la Musée de la Création franche relevait de l’exception, car, jusqu’au bout, l’œuvre de René Moreu défiait les étiquettes artistiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs événements concernant son travail d&#8217;artiste et la publication d’un nouvel ouvrage, dirigé par son épouse Catherine, devaient marquer son centenaire, mais ont été repoussés en raison de la crise sanitaire. Lorsque le public y aura enfin accès, il découvrira rétrospectivement la qualité et la diversité de l’œuvre d’un homme discret, dont l’importance ne cessera de se révéler à nous au fil des années.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-Luc MULLER</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Saltimbanques-Ollivier-Moreu-La-Farandole-1962.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156004 alignleft" title="Saltimbanques - Ollivier-Moreu La Farandole 1962" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Saltimbanques-Ollivier-Moreu-La-Farandole-1962-555x688.jpg" alt="" width="205" height="688" /></a>« René Moreu nous a confié quelques-unes de ses recettes :  </em>“Coller à son temps. Partir du réel pour toute évasion ou toute fiction. Transformer ce réel par une vision poétique.”</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Illustrateur, il vient de nous donner deux très bonnes réussites aux éditions de la Farandole. Un grand livre d’images pour les tout petits autour des charmantes poésies de Pierre Gamarra : « Chansons de ma façon », et un beau recueil de contes pour enfants de dix ans, « Les Saltimbanques », dont le texte est de Jean Ollivier. Les gens de la balle à travers les âges en sont les héros : jongleurs du Moyen Âge, montreurs de marionnettes, clowns des cirques modernes…</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avec leurs couleurs franches et leur trait caricatural, les illustrations de Moreu sont des peintures pleines de naïveté, d’humour et de poésie. Leur originalité et leur fantaisie éclatent dans un domaine où la convention, le réalisme photographique ou la fadeur léchée sont encore trop souvent de rigueur.»</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le Monde</em></strong><strong>, 11 décembre 1962.</strong></p>
<div id="attachment_155986" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Chanson-de-ma-fac╠ºon-Pierre-Gamarra.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155986" title="Chanson de ma fac╠ºon - Pierre Gamarra" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Chanson-de-ma-fac╠ºon-Pierre-Gamarra-555x682.jpg" alt="" width="555" height="682" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de couverture pour « Chanson de ma façon » de Pierre Gamarra.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il semble intéressant, à présent, de donner la parole à ceux qui ont eu l’occasion de côtoyer René Moreu.<br />
Commençons par<strong> Richard Médioni</strong> (ancien rédacteur en chef de <em>Pif gadget</em> et auteur d’un grand ouvrage consacré aux publications jeunesse de cette mouvance), qui avait contribué à un ouvrage collectif autour de l’œuvre de René Moreu, en 2015, et dont voici un extrait :</p>
<div id="attachment_156008" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Moreu.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156008 " title="Moreu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Moreu-555x555.jpg" alt="" width="255" height="555" /></a><p class="wp-caption-text">« René Moreu : célébrer la nature, résister à l’aveuglement » ; Musée du Vivant, 2015.</p></div>
<p style="text-align: justify;">« Pendant toute cette période 1947-1973, René Moreu viendra régulièrement rendre visite à “sa maison”. Toujours chaleureux avec les anciens comme avec les jeunes, il était considéré par tous comme celui qui avait permis à <em>Vaillant</em>, puis <em>Pif gadget </em>(créé en 1969 après <em>Vaillant, le journal de Pif </em>en 1965) de devenir le plus important journal de bandes dessinées de création française, lançant des auteurs tels Paul Gillon, Jean-Claude Forest, Gotlib, Hugo Pratt, Jean Tabary, Nikita Mandryka…</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens que lors de la grande réunion de septembre 1968, réunissant la rédaction au complet, les représentants de tous les services de la maison, les dessinateurs et les scénaristes — réunion qui devait entériner la création de <em>Pif gadget —</em>, l’arrivée de René Moreu fut saluée par toute l’assistance avec une grande émotion, chacun ayant conscience de ce que lui devait le futur journal. Celui-ci allait bientôt devenir l’hebdomadaire de bandes dessinées le plus vendu au monde. »</p>
<p style="text-align: justify;">(Tiré de l’ouvrage collectif « René Moreu : célébrer la nature, résister à l’aveuglement »<strong> ; </strong>Musée du Vivant, 2015)</p>
<div id="attachment_156001" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-ROudoudou-310.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156001" title="Riquiqui ROudoudou 310" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-ROudoudou-310-555x746.jpg" alt="" width="555" height="746" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui Roudoudou n° 310.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Hervé Cultru</strong>, auteur de « Vaillant : la véritable histoire d’un journal mythique » , Vaillant Collector, 2006.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Quel souvenir conserves-tu de tes conversations et ta rencontre avec René Moreu ?</span></p>
<div id="attachment_156007" class="wp-caption alignleft" style="width: 285px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Les-Quatre-Saisons.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-156007 " title="Les Quatre Saisons" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Les-Quatre-Saisons.jpg" alt="" width="275" height="453" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Quatre Saisons » ; éditions O.D.E.J., 1965.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, j’ai eu avec lui de nombreuses conversations téléphoniques, en 2004 et 2005, quand je travaillais à la rédaction du livre, pour lequel je manquais alors cruellement d’informations <em>« de première main »</em>. J’ai trouvé en René Moreu, qui avait alors près de 85 ans, un homme chaleureux, à l’esprit étonnamment vif. Il avait notamment conservé une mémoire prodigieuse de toutes sortes de faits qui pourtant remontaient à plus de 60 ans en arrière. Il évoquait les personnes et les événements sans hésitation. Il était capable par exemple de me fournir de nombreux détails sur les restrictions en papier à la fin de l’Occupation, etc.<br />
Ensuite, j’ai eu la chance d’aller le rencontrer chez lui, dans son village du Lot.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai même eu la chance de visiter une superbe expo qui lui était consacrée.<br />
Ce qui m’a touché, à titre personnel, c’est un souvenir d’enfance qu’il m’a permis de reconstituer. J’avais conservé un souvenir particulier de deux albums pour enfants qu’il avait illustrés. L’un d’eux s’intitulait « Les Quatre Saisons » (éditions O.D.E.J., 1965). Eh bien, il s’en souvenait parfaitement, de ce petit livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et quand j’évoquais avec lui la genèse de <em>Vaillant</em>, les auteurs avec qui il avait travaillé, il m’avait permis de reconstituer cette histoire, à une époque où nous n’avions pas encore fait remonter tout ce que nous savons aujourd’hui du <em>Jeune Patriote</em>, par exemple. Grâce à ces entretiens avec lui, le livre a pu se restructurer et bénéficier d’une quantité importante d’informations permettant de relier les faits entre eux. On a pu ainsi en savoir plus sur le rôle de personnages comme Pierre Olivier, par exemple, qui avait été de l’aventure au tout début.</p>
<div id="attachment_156020" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/poeme-du-littiral-casier-1982.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-156020" title="poeme du littiral, casier 1982" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/poeme-du-littiral-casier-1982.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a><p class="wp-caption-text">« Poème du littiral : casier », 1982.</p></div>
<div id="attachment_156016" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-32.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156016 " title="Riquiqui 32" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-32-555x729.jpg" alt="" width="255" height="729" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 32.</p></div>
<p><span style="text-decoration: underline;">Et que disait-il rétrospectivement du journal et de son travail dans l’illustration pour enfants chez Vaillant, par exemple ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">Quand il évoquait ces années-là, il était toujours assez enjoué, et ce qui m’avait surpris, c’est qu’il avait conservé quantité d’archives et de numéros du journal, qu’il consultait encore avec grand plaisir. Il me disait qu’il était très fier de ce travail entrepris dans la presse pour la jeunesse. Quant à <em>Riquiqui</em>, qu’il a dessiné pendant de nombreuses années, il m’avait lancé avec malice, en singeant Flaubert : <em>« Riquiqui, c’est moi ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ci-dessous, deux entretiens avec des anciens de <em>Pif gadget</em> qui eurent l’occasion de connaître René Moreu et découvrir l’étendue de son travail d’illustrateur et d’artiste :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Claude Bardavid</strong> entrait à la rédaction de <em>Pif gadget</em> en 1972, journal dont il devint officiellement le rédacteur en chef en 1985 :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Quel souvenir gardes-tu de René Moreu ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">La première fois que je l’ai rencontré, c’est lors d’un passage à la rédaction en 1973 avec son épouse d’alors, Madelene Bellet, pour lancer une nouvelle version de <em>Roudoudou</em>, comprenant un petit gadget.<br />
Ils m’avaient invité chez eux, boulevard de Rochechouart, où j’avais alors découvert son atelier, sa peinture.</p>
<div id="attachment_156018" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Moreu-la-dentelle-bleue-1992.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-156018" title="Moreu, la dentelle bleue, 1992" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Moreu-la-dentelle-bleue-1992.jpg" alt="" width="500" height="311" /></a><p class="wp-caption-text">« La Dentelle bleue» : œuvre de René Moreu, 1992.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il était revenu à la rédaction du journal vers 1980, à la demande de la direction, en même temps que Jean Ollivier, et c’est l’époque où nous avons vraiment fait connaissance.<br />
C’était un monsieur très discret, aimable, bienveillant.</p>
<div id="attachment_156019" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ollivier.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-156019 " title="Ollivier" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ollivier.jpg" alt="" width="255" height="334" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de couverture de « Quand la neige tombe» par Jean Ollivier ; Circonflexe, 2005.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il entrait tranquillement dans son bureau, vêtu d’un manteau, tenant sa petite sacoche.<br />
On allait immédiatement le saluer et on était toujours bien accueillis.<br />
Je le revois, quand on lui présentait une planche de BD, relevant ses lunettes, et la scruter case par case avec le plus grand intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Quel était l’état d’esprit quand il travaillait à la rédaction ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">René Moreu avait un côté paternel et très empathique avec la génération plus jeune. Mais quand il retrouvait Jean Ollivier et Roger Lécureux, avec qui il avait littéralement créé le journal, la petite équipe se ressoudait et ils étaient comme des gamins, dont les liens s’étaient forgés par un destin commun, des récits liés à la guerre… J’ai eu le bonheur de participer à quelques-uns de ces repas et j’en garde de grands souvenirs.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Au sujet de René Moreu peintre : tu as participé à un livre…</span></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai contribué à l’ouvrage organisé par le Musée du Vivant en 2015. On y parle de toutes ses créations : les illustrations pour enfants, et évidemment la peinture.<br />
Concernant sa peinture, on peut dire qu’il n’appartenait à aucune école, même si on peut trouver des cousinages avec l’art brut dans certaines de ses œuvres. Il y a toujours de la lumière. Il employait des techniques mixtes, sur tous types de supports. Plus le temps passera et plus on le reconnaîtra.<br />
En 2004, une grande rétrospective à la Halle St -Pierre avait permis de découvrir l’ampleur de son travail d’artiste. Cette année, pour son centenaire, une nouvelle rétrospective était prévue, accompagnée de la sortie d’un livre dirigé par son épouse Catherine en juin, mais tout avait été reporté pour cause de confinement.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Quelle image gardes-tu de René Moreu ?</span></p>
<p>Pour moi, il restera évidemment le fondateur d’un journal qui fut le creuset de la BD française, et aussi une personnalité d’une grande ouverture d’esprit, qui cultivait le goût pour la liberté des échanges et se tenait à l’écart des hiérarchies.</p>
<div id="attachment_156013" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/affichette-expo-MOREU-2004-Halle-St-Pierre.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156013" title="affichette expo MOREU 2004 Halle St-Pierre" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/affichette-expo-MOREU-2004-Halle-St-Pierre-555x837.jpg" alt="" width="555" height="837" /></a><p class="wp-caption-text">Affichette exposition Moreu à la Halle St-Pierre, 2004.</p></div>
<div id="attachment_156023" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Au-bord.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156023 " title="Au bord" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Au-bord-555x700.jpg" alt="" width="255" height="700" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de couverture de « Au bord de la mer » par Jean Ollivier ; La Farandole, 1961.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>François Corteggiani</strong> (entré à <em>Pif gadget</em> fin 1973, où il sera principalement scénariste jusqu’à la fin du journal, puis également responsable de la BD dans la version 2004-2008),</p>
<p style="text-align: justify;"> <span style="text-decoration: underline;">Quelle fut ta rencontre avec René Moreu ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">Jean Ollivier m’avait invité à la rejoindre chez René, qui habitait alors dans le quartier de Pigalle — où il avait également son atelier. J’ai alors découvert ses peintures. Je ne connaissais que son travail d’illustrateur pour <em>Riquiqui</em>. Ça a été une vraie rencontre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Comment était-il ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">C’était un homme bourré d’humour. Il évoquait parfois ses années d’ouvrier imprimeur à Marseille. Il racontait par exemple que son nom avait été mal orthographié dans un registre. On y avait écrit  <em>« Morcu »</em> au lieu de  <em>« Moreu »</em>. Et évidemment, il refusait de répondre quand on le convoquait ou qu’on l’appelait avec cette erreur d’orthographe.<br />
Je me souviens de l’époque où il a beaucoup illustré de livres pour enfants avec les éditions de la Farandole (notamment sur des textes de Jean Ollivier).</p>
<div id="attachment_156022" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/SiLeMaraisParlait.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156022" title="SiLeMaraisParlait" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/SiLeMaraisParlait-555x343.jpg" alt="" width="555" height="343" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration de couverture de « Si le marais parlait... » par Jean Ollivier ; La Farandole, 1956.</p></div>
<p style="text-align: justify;">À la même époque, on s’est retrouvés à trier parmi tous ses dessins pour le journal <em>Riquiqui</em>. Il y en avait des centaines. On s’est alors rendu compte de la qualité de ce travail, rétrospectivement.</p>
<div id="attachment_156024" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-103.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156024 " title="Riquiqui 33" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Riquiqui-103-555x731.jpg" alt="" width="255" height="731" /></a><p class="wp-caption-text">Riquiqui n° 33.</p></div>
<p style="text-align: justify;">C’était d’une grande fraîcheur ; il n’y avait rien d’alambiqué, c’était très instinctif.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas<em> « naïf »</em>, mais brut, naturel. Ses illustrations de couvertures pour <em>Riquiqui</em> étaient magnifiques de simplicité. Ça lui ressemblait ; il était vraiment comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"> Que retiens-tu de lui, rétrospectivement ?</span></p>
<p>Ce sont plutôt des souvenirs particuliers. Par exemple, quand il était revenu à la rédaction, il nous avait dit en riant : <em>« on va refaire le groupe Octobre ! »</em></p>
<p><em></em><br />
Chez lui, c’était toujours une question de camaraderie, d’empathie.<br />
En 2004, quand <em>Pif gadget</em> avait repris sous une nouvelle forme, on est allés le voir dans l&#8217;Oise, où il avait encore son atelier, à trois : Jean Ollivier, Patrick Apel-Muller et moi. On voulait partager ça avec lui et avoir son avis. Il était tout content et bien qu’il n’y voyait presque plus, il nous avait simplement dit : <em>« Oui c’est bien, l&#8217;aventure continue ! »</em></p>
<p><strong>Entretiens réalisés par Jean-Luc Muller le 18 mai 2020.</strong></p>
<div id="attachment_155978" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Corte-+-Moreu-72dpi.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155978 " title="Corte + Moreu 72dpi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Corte-+-Moreu-72dpi-555x416.jpg" alt="" width="555" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">René Moreu avec François Corteggiani.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong> Bibliographie et sources :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Vaillant-Collector.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-156025 alignright" title="Vaillant Collector" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Vaillant-Collector-555x767.jpg" alt="" width="205" height="767" /></a>« C. Arnal : une vie de Pif » par René Moreu, préface de Pierre Tchernia ; La Farandole, 1983.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vaillant 1942-1969 : la véritable histoire d’un journal mythique » par Hervé Cultru ; Vaillant Collector, 2006.</p>
<p style="text-align: justify;">Revue <em>Création franche</em> n° 34, mai 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">« L’Histoire complète, 1901-1994, les journaux pour enfants de la mouvance communiste et leurs BD exceptionnelles » par Richard Medioni ; Vaillant Collector, 2012.</p>
<p style="text-align: justify;">« René́ Moreu : célébrer la nature, résister à l’aveuglement », ouvrage collectif sous la direction de Laurent Gervereau ; Musée du Vivant, 2015.</p>
<p style="text-align: justify;">Journal <em>L’Humanité</em>, 18 mai 2020 : « René Moreu, fondateur des éditions Vaillant, est mort » (note : Moreu n’avait pas fondé les éditions Vaillant, mais fut nommé rédacteur en chef du journal).</p>
<div id="attachment_155979" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ne╠ücro-Moreu-HUMA-18-mai-2020-72dpi.jpg" rel="lightbox[155970]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-155979" title="Ne╠ücro Moreu HUMA 18 mai 2020 - 72dpi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/05/Ne╠ücro-Moreu-HUMA-18-mai-2020-72dpi-555x436.jpg" alt="" width="555" height="436" /></a><p class="wp-caption-text">Journal L’Humanité, 18 mai 2020 : « René Moreu, fondateur des éditions Vaillant, est mort ».</p></div>
]]></content:encoded>
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		<title>Loup-Noir est définitivement orphelin</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 09:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Luc Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Huit ans après le décès de Jean Ollivier, le créateur de la série « Loup-Noir » (publiée dans <em>Pif-Gadget</em>), c'est son père graphique, Roger Chevallier alias Kline, qui nous a quittés, le 16 mai dernier.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kaza-le-martien.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-63494" title="kaza le martien" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kaza-le-martien.jpg" alt="" width="200" height="443" /></a>Né le 3 juin 1921 à Tressaint (près de Dinan), Kline a débuté dans la bande dessinée au milieu des années 1940, après divers travaux de lettrage et d&#8217;illustration, pour les récits complets de la S.A.E.T.L. ou de la SEPIA (de 1945 à 1947) et dans le journal <em>O.K. </em>(de 1946 à 1948), avec sa série « Kaza le martien » qui a marqué une génération de jeunes lecteurs de l&#8217;après-guerre .</p>
<p style="text-align: justify;">Plus tard, il travaille sous la houlette de Marijac, pour <em>Coq hardi</em>, où il dessine « Roland, prince des bois » (de 1949 à 1952), ainsi qu&#8217;une aventure du « Colonel X » (en 1953 et 1954).</p>
<p style="text-align: justify;">Très influencé par la bande dessinée américaine (Harold Foster et Milton Caniff, notamment), il développe un style qui fera de lui l&#8217;un des créateurs d&#8217;une &laquo;&nbsp;ligne claire réaliste&nbsp;&raquo; européenne : précision des cadrages, travail très poussé sur la lumière, les contrastes.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/roland.jpeg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-63495" title="roland" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/roland-555x726.jpg" alt="" width="555" height="726" /></a></p>
<div id="attachment_63496" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kline_k_-stany_beule_dans_la_luneOM19330010487_20091010_5279_361.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-63496" title="kline_k_-stany_beule_dans_la_lune~OM193300~10487_20091010_5279_361" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kline_k_-stany_beule_dans_la_luneOM19330010487_20091010_5279_361.jpg" alt="" width="300" height="186" /></a><p class="wp-caption-text">« Stany Beule ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, il participe à <em>Mireille </em>et à <em>Pierrot </em>avec diverses illustrations et dessine de nombreuses séries réalistes pour le journal <em>Fillette</em> ou ses suppléments édités par la Société Parisienne d’Éditions (S.P.E.), car son style clair et précis s&#8217;adapte à toutes sortes de récits.</p>
<p style="text-align: justify;">On lui doit, par exemple, une autre série de science-fiction, « Stany Beule » (en 1948 et 1949), puis «  Robin des bois » (entre 1954 et 1957), « Magda détective » (de 1956 à 1961) et plusieurs récits plus courts ou avec le texte sous les images.</p>
<div id="attachment_63497" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kline_magda_espions_fillette_538_septembre_56b.gif" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-63497" title="kline_magda_espions_fillette_538_septembre_56b" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/kline_magda_espions_fillette_538_septembre_56b-555x249.gif" alt="" width="555" height="249" /></a><p class="wp-caption-text">« Magda détective ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/couv-Vaillant-Davy-Crockett-1964-.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-63488" title="couv Vaillant Davy Crockett-1964-" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/couv-Vaillant-Davy-Crockett-1964-.jpg" alt="" width="150" height="673" /></a>En 1960, il reprend la série « Davy Crockett », dans le journal <em>Vaillant</em>,  sur des scénarios de Jean Ollivier. C&#8217;est le départ d&#8217;une collaboration avec ce scénariste et avec les éditions Vaillant qui durera un quart de siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Ollivier, il dessinera ainsi une soixantaine d&#8217;épisodes de « Davy Crockett » auquel, pour l&#8217;anecdote, il a donné les traits de l&#8217;acteur américain Stewart Granger, grand spécialiste des films d&#8217;aventures.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1969, avec le passage de <em>Vaillant </em>à <em>Pif-Gadget</em>, Jean Ollivier abandonne « Davy Crockett ».<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Davy-Crockett2.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-63500" title="Davy Crockett" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Davy-Crockett2-555x466.jpg" alt="" width="555" height="466" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Vaillant-ANNONCE-NOUVEAU-PIF-image-Loup-Noir.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-63489" title="Vaillant - ANNONCE NOUVEAU PIF image Loup-Noir" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Vaillant-ANNONCE-NOUVEAU-PIF-image-Loup-Noir.jpg" alt="" width="150" height="601" /></a>Pour l&#8217;occasion, il crée, dès le deuxième numéro de la nouvelle formule, le personnage emblématique de Loup-Noir, un sioux épris de justice.</p>
<p style="text-align: justify;">Kline a trouvé son personnage-fétiche et perfectionne son style jusqu&#8217;à l&#8217;épure, au fil des cent trente épisodes que connaîtra cette série, jusqu’en 1980.</p>
<p style="text-align: justify;">Loup-Noir incarne des valeurs humanistes chères à Kline (lui-même proche de la philosophie bouddhiste), tout en lui permettant d&#8217;illustrer un récit d&#8217;aventures aux cadrages très cinématographiques, où l&#8217;élément naturel joue un rôle important.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_m8h48sHUkR1rq3prxo1_500.gif" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-63502" title="tumblr_m8h48sHUkR1rq3prxo1_500" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_m8h48sHUkR1rq3prxo1_500.gif" alt="" width="500" height="720" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/album-DINAN-Kline.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-63492" title="album DINAN Kline" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/album-DINAN-Kline.jpg" alt="" width="150" height="634" /></a>Parmi les divers travaux qu&#8217;on lui commande par la suite (la série pédagogique « Jean Richard raconte » dans <em>Pif-Gadget</em> en 1975 et 1976, « Bo et Lucy au cœur du temps » pour <em>Gomme</em> en 1982 ou les albums de bandes dessinées chrétiennes de la collection « Les Grandes Heures des églises » chez Fleurus de 1987 à 1989), Kline consacre également un album à la ville de Dinan où il a passé une partie de son enfance (<em>Dinan à travers les âges</em>, aux éditions I.D.P. en 1986), après avoir mis en images, pour la même maison, l&#8217;album <em>2 000 ans d&#8217;histoire du Gard</em> (en 1981).</p>
<p style="text-align: justify;">On regrettera que ces deux beaux albums n&#8217;aient pas connu une diffusion nationale, tant ils révèlent la perfection de son style.</p>
<p style="text-align: justify;">Déçu de l&#8217;interruption de la série « Loup-Noir » dans <em>Pif-Gadget</em>, Kline décide de proposer au journal une nouvelle série de science-fiction, genre qu&#8217;il avait abandonné depuis trente ans. Avec l&#8217;appui de Jean Ollivier, il ébauche quelques planches de ce récit qui transpose le mythe d&#8217;Adam et Ève dans un lointain futur technologique. Malheureusement, la rédaction alors en pleine restructuration ne donne pas suite à ce projet, qui restera inédit (voir reproduction de l&#8217;une des dix planches ébauchées ci-dessous). Pour <em>Pif-Gadget</em>, il illustrera encore quelques récits historiques courts, toujours écrits par Jean Ollivier, puis cessera son travail pour ce journal.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/planche-SF-inedite-KLINE-sm.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-63490" title="planche SF ine?dite KLINE-sm" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/planche-SF-inedite-KLINE-sm.jpg" alt="" width="480" height="635" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/LoupNoir1_album-Pif-editions.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-63491 alignright" title="LoupNoir1_album Pif-editions" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/LoupNoir1_album-Pif-editions.jpg" alt="" width="150" height="557" /></a>Le personnage de Loup-Noir sera repris à l&#8217;occasion de la publication du nouveau <em>Pif-Gadget</em>, entre 2004 et 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette occasion, le personnage aura enfin droit tardivement à un album couleur (Pif-éditions), puis à la reprise des récits en albums noir et blanc aux éditions Taupinambour, qui rendent justice au parfait classicisme de ce grand artisan de la bande dessinée d&#8217;aventures.</p>
<p><strong>Jean-Luc MULLER </strong></p>
<p>Avec un tout petit peu de <strong>Gilles Ratier</strong> pour certaines précisions bibliographiques…<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/PHOTO-KLINE-+-PIF-NB+COUL-�-sm.jpg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-63493" title="PHOTO KLINE + PIF-NB+COUL-�-sm" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/PHOTO-KLINE-+-PIF-NB+COUL-�-sm-555x325.jpg" alt="" width="555" height="325" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Hop.jpeg" rel="lightbox[63486]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-63504" title="Hop" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/05/Hop-555x792.jpg" alt="" width="220" height="792" /></a>Bibliographie :</p>
<p style="text-align: justify;">On retrouvera la bibliographie de Kline, ainsi qu&#8217;une excellente interview, très complète, dans les n° 91, 93 et 104 de la revue <em>Hop !</em> dirigée par Louis Cance.</p>
<p style="text-align: justify;">Un dossier très illustré sur Kline et l&#8217;essentiel de ce qu&#8217;il y a à savoir sur le dessinateur sur le site Pif-collection : <a href="http://193.251.82.94/pif-collection/kline.html" target="_blank">http://193.251.82.94/pif-<wbr>collection/kline.html</wbr></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Kline a également droit à un chapitre dans l&#8217;ouvrage <em>Mon Camarade, Vaillant, Pif-gadget : l&#8217;histoire complète 1901-1994 </em>de Richard Médioni.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1970, « Loup-Noir » fait la couverture du n° 64 de <em>Pif-Gadget</em>, dont le gadget n&#8217;est autre que son bracelet de cuir.À ce sujet, voir cette page : <a href="http://teddyted.free.fr/loup-noir.htm" target="_blank">http://teddyted.free.fr/loup-noir.htm</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>À noter que Jean-Luc Muller a eu l&#8217;occasion d&#8217;interviewer Kline sur son travail, dans le cadre de son film consacré à l&#8217;histoire des éditions Vaillant, lequel est actuellement en tournage.</strong></p>
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