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	<title>BDzoom.com &#187; Patrick Gaumer</title>
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		<title>Disparition de Benoît Gillain…</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 21:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Gaumer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Mais ce n’est pas vrai ! Hélas, si. Benoît Gillain, le fils aîné de Jijé, nous a quittés. Le 12 octobre dernier. En toute discrétion. Je n’ai appris la nouvelle qu’en fin de semaine dernière. Tandis que Gilles Ratier et moi-même préparions un dossier pour la sixième intégrale « Tanguy et Laverdure », à paraître chez Dargaud en novembre prochain, j’avais eu le plaisir de l’interviewer à son domicile parisien. C’était en mai dernier. C’était hier...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_106165" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/OnBenoitShoulders.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-106165  " title="OnBenoitShoulders" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/OnBenoitShoulders-555x567.jpg" alt="" width="255" height="567" /></a><p class="wp-caption-text">Sa petite sœur Dominique sur les épaules, Benoît prend à cœur son rôle de grand frère.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Nous avions passé ensemble deux formidables journées. La première à évoquer son père Joseph, Jean-Michel Charlier et Guy Mouminoux. À raconter sa solide amitié avec Jean-Claude Mézières et Jean Giraud, ses potes de jeunesse. Benoît n’était pas avare d’anecdotes truculentes. La seconde journée, nous l’avions passée à trier des photos et des documents peu connus. Sur la photo de Une, Benoît Gillain, penché sur sa table à dessin et alors âgé d’une vingtaine d’années,  cherche l’inspiration&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Né à Dinant, en Belgique, le 30 août 1938, Benoît Gillain avait tout appris de son père. L’essentiel du moins. Comment faire un sifflet avec une branche de coudrier, comment construire une cabane ? Comment dessiner, aussi ? Lorsqu’il avait annoncé à son père, un peu bravache, vers 14 ou 15 ans, qu’il désirait arrêter ses cours à Cannes — la famille habitait alors au Cap d’Antibes —, Jijé lui avait dit : </span><span style="font-size: small;"><em>« Bon, tu n’y vas plus ! »</em></span><span style="font-size: small;">Pas question pourtant de rester sans rien faire. Pas trop le genre de la maison.</span></p>
<div id="attachment_106170" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Benoit-a-cheval-Tijuana-1948.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-106170" title="Benoit a cheval Tijuana 1948" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Benoit-a-cheval-Tijuana-1948-555x686.jpg" alt="" width="555" height="686" /></a><p class="wp-caption-text">Tijuana, 1948. Coiffé de son sombrero, le fils aîné de Jijé joue au fier cavalier mexicain.</p></div>
<div id="attachment_106195" class="wp-caption alignright" style="width: 365px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Annie-et-les-enfants-Cuernavaca.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-106195 " title="Annie-et-les-enfants-Cuernavaca" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Annie-et-les-enfants-Cuernavaca.jpg" alt="" width="355" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Annie Gillain et ses enfants à Cuernavaca.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Il s’était vu confier quelques encrages de « Blondin et Cirage » : </span><span style="font-size: small;"><em>« Le premier boulot que j’ai fait pour lui, il me mettait une croix dans les espaces que je devais noircir et je faisais comme ça toutes les surfaces des costumes, des décors, etc. »</em></span><span style="font-size: small;"> ; des lettrages inspirés des typographies de « Steve Canyon » de Milton Caniff et de « Terry and the Pirates » de George Wunder, et des indications de couleurs au dos des planches, comme cela se faisait à l’époque.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">En 1948, toute la famille Gillain décide d’émigrer aux États-Unis. La grande aventure ! Franquin et Morris les accompagnent un temps. Benoît a alors tout juste dix ans et gardera un souvenir émerveillé du périple : </span><span style="font-size: small;"><em>« Nous sommes partis de Rotterdam, à bord du Nieuw Amsterdam. Direction New York. La traversée a duré cinq ou six jours. Ça allait assez vite à l’époque. Arrivés à New York, nous sommes partis vers Los Angeles, pensant que c’était là que tout se passait dans la bande dessinée. Quand nous nous sommes aperçus de notre erreur, nous sommes allés au Mexique, à Tijuana. Après, nous avons fait le trajet jusqu’à Laredo, au Texas. Nous nous sommes ensuite retrouvés à Mexico, puis sommes partis à Cuernavaca, à une centaine de kilomètres de là. À un moment, nous nous sommes fait virer du Mexique, parce que nous ne voulions pas graisser la patte de fonctionnaires. New York étant trop chère pour nous, nous nous sommes installés dans le Connecticut. »</em></span></p>
<div id="attachment_108080" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/unnamed2.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-108080" title="unnamed" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/unnamed2-555x414.jpg" alt="" width="555" height="414" /></a><p class="wp-caption-text">De gauche à droite : Anne, Philippe, Joseph et Annie Gillain, De Roeck, Will et Benoît Gillain coiffé d’un bob à la Bonux-Boy.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Âgé d’une vingtaine d’années, Benoît Gillain commence à publier ses premiers dessins qu’il crédite de son simple prénom. Dans le journal</span><span style="font-size: small;"><em> Spirou,</em></span><span style="font-size: small;"> notamment avec « Joseph l’inventeur », clin d’œil explicite à la fantaisie inventive de son père. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/068-SPIROU_1111_PG13.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-106187" title="068-SPIROU_1111_PG13" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/068-SPIROU_1111_PG13-555x765.jpg" alt="" width="555" height="765" /></a>Ou bien encore dans </span><span style="font-size: small;"><em>Panorama chrétien,</em></span><span style="font-size: small;"> l’ancêtre de </span><span style="font-size: small;"><em>Télérama,</em></span><span style="font-size: small;"> où il crée « Bouby », un personnage ressemblant un peu au « Petit Nicolas » de Sempé. René Goscinny lui en écrira d’ailleurs quelques gags. Le scénariste et lui se sont rencontrés quelques années plus tôt aux États-Unis : </span><span style="font-size: small;"><em>« Bien qu’habitant New York, René venait nous voir à Wilton, dans le Connecticut. Chez mes parents, c’était vraiment maison ouverte ».</em></span></p>
<div id="attachment_106167" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Bouby-Part1.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-106167" title="Bouby-Part1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Bouby-Part1-555x424.jpg" alt="" width="555" height="424" /></a><p class="wp-caption-text">« Bouby », partie supérieure d’un gag signé Benoît et paru dans le Panorama chrétien n° 59 de février 1962.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a name="_GoBack"></a></p>
<div id="attachment_106166" class="wp-caption alignleft" style="width: 165px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Benoit-Guitar.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-106166 " title="Benoit-Guitar" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Benoit-Guitar-555x770.jpg" alt="" width="155" height="770" /></a><p class="wp-caption-text">Quand il ne dessine pas, Benoît Gillain plaque quelques accords sur sa guitare.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Quand la famille Jijé pose ses valises à Champrosay, un hameau de Draveil, en banlieue parisienne, Benoît assiste aux premières visites de Jean-Claude Mézières, de Pat Mallet ou de Jean Giraud. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">C’est ce dernier, d’ailleurs, qui lui refile son premier job publicitaire via l’agence Dorland, sur l’avenue des Champs-Élysées. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Procter &amp; Gamble, une firme américaine spécialisée dans les produits ménagers, lui demande ensuite de peaufiner un petit personnage censé incarner une de leurs lessives… </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Ce sera Bonus-Boy — rebaptisé très vite Bonux-Boy —, décliné sous la forme de petits fascicules offerts en cadeau. Benoît Gillain en assure aussi leur direction artistique. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Outre ses dessins, ceux de son père, on peut y découvrir des récits complets de Bara, de Will, de Peyo, de René Follet, de Jidéhem, de Mouminoux, de Giraud, de Rosy, de Herbert ou de François Craenhals. Excusez du peu.</span></p>
<div id="attachment_106168" class="wp-caption aligncenter" style="width: 514px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Bonuxboy-Planche.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-106168" title="Bonuxboy-Planche" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Bonuxboy-Planche.jpg" alt="" width="504" height="704" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Aventures de Bonux-Boy », planche publicitaire dessinée par Benoît.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><em><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/b4.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-106172 alignright" title="b4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/b4.jpg" alt="" width="205" height="411" /></a>« Pour moi, c’était normal, c’étaient tous des copains. Jean-Claude Mézières travaillait avec moi. J’avais une boîte qui s’appelait P É G (Productions éditions graphiques), au 60, avenue d’Iéna. Pour m’amuser, je les appelais parfois les Petites Éditions Gillain. À un moment, vers 1964 ou 1965, Jean-Claude m’a fait part de son intention de partir aux États-Unis, de découvrir l’Ouest, l’univers des cow-boys, tout ça. Quand il est revenu, nous avons démarré </em></span><span style="font-size: small;">Total-Journal</span><span style="font-size: small;"><em>, distribué dans les stations-service du groupe. Très vite, c’est lui qui s’en est occupé avec Pierre Christin. »<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Total-Journal.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-106173" title="Total-Journal" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/Total-Journal-555x430.jpg" alt="" width="305" height="430" /></a></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Benoît Gillain s’éloigne ensuite de la bande dessinée et s’oriente vers d’autres créneaux publicitaires, travaillant pour des produits de luxe comme Lanvin ou bien encore pour Legrand, spécialisé dans l’appareillage électrique. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Il se charge de redéfinir les conditionnements, assure d’élégantes mises en pages. Ces derniers temps, il prodiguait d’ailleurs ses conseils à François Deneyer qui nous prépare une belle monographie consacrée à Jijé.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/bonux.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-106174" title="bonux" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/bonux-555x733.jpg" alt="" width="555" height="733" /></a></span></p>
<div id="attachment_106175" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/sculpture.jpg" rel="lightbox[106159]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-106175  " title="sculpture" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2016/10/sculpture.jpg" alt="" width="205" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Benoît Gillain sculpté par son père, en 1943 © François Deneyer.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Lorsque nous nous étions vus chez lui, Benoît Gillain m’avait aussi montré quelques peintures et sculptures de son père… dont une datant de 1943, le représentant à genoux, l’air très sage. Pas sûr qu’il ait apprécié plus que cela, à l’époque, prendre la pause sans bouger. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Au moment de nous séparer, Benoît m’avait désigné une dernière petite toile : </span><span style="font-size: small;"><em>« C’est Annie, ma maman. Elle est belle, hein ! Mon père l’a peinte en 1938, l’année de ma naissance. Je tiens à ce tableau comme à la prunelle de mes yeux ! »</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Mes pensées les plus respectueuses, les plus affectueuses, vont bien évidemment à la famille Gillain et à ses proches. Merci, Benoît !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><strong>Patrick GAUMER</strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;">La plupart des visuels illustrant cet article nous ont été confiés par Benoît Gillain ou proviennent de collections particulières. La photo avec la famille Gillain, De Roeck et Will est © Famille Maltaite.</span></p>
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		<title>Annie Goetzinger : l’élégance est à Blois !</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2015 22:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Gaumer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est aujourd’hui, 20 novembre 2015, que démarre bd BOUM, événement incontournable du 9e art francophone, sous la présidente d’Annie Goetzinger : pionnière du roman graphique qui, outre ses œuvres personnelles, a souvent mis son immense talent de dessinatrice au service de scénaristes tels que Jacques Lob, Rodolphe, Victor Mora ou Pierre Christin. Une formidable exposition, réalisée par Patrick Gaumer et l’équipe de bd BOUM, retracera son parcours dans la Maison de la BD de Blois (3 rue des Jacobins), pendant les trois jours du festival et jusqu’au 30 janvier 2016. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_93257" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/IMG_1227.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93257 " title="IMG_1227" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/IMG_1227-555x739.jpg" alt="" width="255" height="739" /></a><p class="wp-caption-text">Photo d&#39;Annie Goetzinger prise chez elle, courant octobre 2015.</p></div>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">En attendant qu’elle commente elle-même cette présentation sur place, le dimanche 22 novembre à10 h 30, l’érudit Patrick Gaumer (qui l’accompagnera pour l’occasion) lui a posé de nombreuses questions auxquelles elle a gentiment répondu, sans laisser de côté son franc-parler habituel.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Enfance</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je suis née à Paris, dans le XX</span><sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;">e</span></sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> arrondissement, rue Alexandre Dumas, précisément. Au fond, c’est peut-être pour cela que je raconte des histoires !</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Enfant, je demandais du papier et des crayons et je dessinais. Des thématiques de petite fille, des princesses, une bergère. Pas beaucoup d’animaux. Nous n’en avions pas à la maison car nous habitions un tout petit appartement. J’ai toujours aimé dessiner. Dans ma famille, il y avait des couturières — une de mes grands-tantes avait été première main chez Lanvin, et ma grand-mère était couturière à façon, à domicile donc. Ma grand-mère me faisait des robes et des manteaux, des corsages, des jupes.</span></p>
<p><a name="_GoBack"></a> <span style="font-family: Times New Roman,serif;">Il y avait toutes ces odeurs, toute cette féminité et je me voyais bien devenir dessinatrice de mode. En attendant, au collège, ma prof de dessin m’avait conseillé de passer le concours des Arts appliqués, en m’expliquant que je ne serais sans doute pas admise, mais que ce premier essai me permettrait de savoir à quoi m’attendre… Et j’ai été reçue.</span></p>
<div id="attachment_93258" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Dior.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93258" title="Jeune fille en Dior" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Dior-555x366.jpg" alt="" width="555" height="366" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait de « Jeune fille en Dior ». </p></div>
<div id="attachment_93259" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/goetzinger-nancy-1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93259" title="goetzinger-nancy-1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/goetzinger-nancy-1-555x692.jpg" alt="" width="255" height="692" /></a><p class="wp-caption-text">« Charlotte et Nancy ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">L’École des Arts appliqués qui délivrait un enseignement suffisamment vaste pour affiner mes goûts se situait à l’époque rue Duperré, métro Pigalle. Je m’étais dirigée vers la “figurine“ de mode et je m’y sentais bien. Il y avait même un cours sur la publicité, au cours duquel on nous demandait de dessiner une réclame pour tel ou tel produit… le couteau Seb est un bon exemple.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">À cette époque, j’étais une étudiante fauchée et le prêt-à-porter n’existait pas vraiment encore,</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">il m’arrivait de me coudre mes propres vêtements et d’en chiner aux Puces. Cela me permettait de porter des choses que je n’aurais pas pu trouver autrement et de me créer un look très personnel.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Parallèlement, on m’avait conseillé de m’inscrire au cours de bande dessinée que dispensait Georges Pichard. C’était, me semble-t-il, le premier du genre. Et destiné alors exclusivement aux filles puisque l’école n’était pas encore mixte. J’avais lu des BD toute mon enfance, mais je ne me voyais pas trop dans cet univers. Pichard, à la différence d’autres profs, nous guidait sans rien nous imposer. Il avait aussi un sens de l’humour très pince-sans-rire, il était extrêmement cultivé et généreux. Très respectueux, aussi. Lorsqu’il corrigeait ton travail, Pichard prenait un calque sur lequel il notait ses observations. Jamais il ne se serait autorisé à utiliser directement la gomme ou un crayon sur ton dessin.</span></p>
<div id="attachment_93260" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/IMG_1221.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93260" title="IMG_1221" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/IMG_1221-555x416.jpg" alt="" width="555" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">Paquet d’originaux récupéré chez Annie Goetzinger avant mise sous cadre pour l&#39;exposition de Blois.</p></div>
<div id="attachment_93261" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Affiche.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93261 " title="Affiche" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Affiche.jpg" alt="" width="255" height="500" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche 2009 du festival de la bande dessinée de Sérignan.</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">En fin d’année, j’ai eu un déclic. La bande dessinée avait fini par me toucher au cœur.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> J’ai passé le diplôme avec un jury composé notamment de Jacques Lob, scénariste, et de Fred, dessinateur. En sortant, des Arts appliqués, j’ai commencé à courir les salles de rédaction.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Vers 1972-1973, j’habitais chez une dame qui me louait une chambre de son appartement, rue Pradier, pas très loin des Buttes-Chaumont. Cette femme était militante féministe et m’a demandé de dessiner en urgence une affiche pour un meeting sur le droit à l’avortement… c’était bien entendu avant la loi Veil, relative à l’interruption volontaire de grossesse.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Casque d’or »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Le cours de Pichard se déroulait sur deux ans. Au cours de la deuxième année, nous devions réaliser deux planches pour l’obtention du diplôme. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Il nous fallait trouver un thème qui nous corresponde. J’avais pensé un temps adapter un petit morceau d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc, mais c’était compliqué. Pichard m’a incité à piocher dans les faits divers de cette même époque… d’où l’histoire de Casque d’or et de ces deux bandes rivales, celle de Popincourt et celle de Charonne.</span></p>
<div id="attachment_93270" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/casque-dor1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93270" title="casque d'or" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/casque-dor1-555x773.jpg" alt="" width="555" height="773" /></a><p class="wp-caption-text">« Casque d’or ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/casque-dor.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-93262" title="casque d'or" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/casque-dor-555x834.jpg" alt="" width="255" height="834" /></a>Ce sujet m’a d’abord servi pour le passage de mon diplôme, seulement quelques pages bien sûr. Hachette voulait à l’époque publier une collection d’albums autour de grands faits divers. L’occasion pour moi de développer « Casque d’or »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Le projet a pourtant fait long feu et l’éditeur a revendu ses contrats à Glénat. C’est comme ça que je me suis retrouvée au sommaire du tout nouveau </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Circus.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Glénat l’a repris ensuite en album… Son tout premier album couleur.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">« Casque d’or » m’a valu deux récompenses à Angoulême, comme jeune espoir et comme meilleur album de l’année. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Curriculum BD »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Avant d’être acceptée à </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Pilote</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> ou bien encore de publier mon premier album, je suis allée chez Bayard. C’est là où j’ai publié mes premières planches de « </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Fleur »<em>.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Lisette,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> dont la rédactrice en chef, Pierrette Rosset, deviendra la critique littéraire du magazine </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Elle.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Je n’y suis pas restée très longtemps parce que je n’avais pas trop envie d’être cataloguée « dessinatrice pour fillettes » et j’ai fait deux versions plus adultes de mon personnage. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La première histoire, scénarisée par François Truchaud, était destinée à </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Snark,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> un projet de Dionnet destiné à Nathan et qui n’a pas dépassé le n° 0, la seconde a paru dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Imagine,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">une revue plutôt luxueuse, faite par Rodolphe.</span></p>
<div id="attachment_93269" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/SNARK12_13.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93269" title="SNARK12_13" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/SNARK12_13-555x354.jpg" alt="" width="555" height="354" /></a><p class="wp-caption-text">« Un cauchemar de Fleur » dans le n° 0 de Snark.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/lob1.jpeg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-93293" title="lob1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/lob1-555x714.jpg" alt="" width="255" height="714" /></a><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Un peu plus tard, sur un texte de Jacques Lob, j’ai pu publier « L’Homme-orchestre de mon enfance »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>, </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">ma première histoire complète pour </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Pilote.</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je n’avais pas beaucoup de commandes à l’époque et j’ai commencé à prospecter d’autres journaux. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’est comme ça que j’ai publié, par exemple, « Chère Pelle » dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>L’Écho des savanes,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> dirigé alors par Mandryka.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Rayon Dames »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Auteur au féminin ? Je ne me suis jamais sentie différente dans ce métier, parce que j’étais une femme… </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je n’ai pas pensé à me poser la question, en démarrant, de savoir s’il y avait plus de garçons que de filles dans cette profession… </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Il est vrai que j’ai eu la chance de débuter avec des gens comme Jacques Lob, Georges Pichard, René Goscinny… </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je ne me suis jamais sentie exclue : au contraire, plutôt bienvenue. Ma vie d’auteur au féminin est une vie heureuse…</span></p>
<div id="attachment_93533" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/pelle.jpeg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93533" title="pelle" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/pelle-555x814.jpg" alt="" width="555" height="814" /></a><p class="wp-caption-text">« Chère Pelle » dans L’Écho des savanes.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_93295" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/annie-goetzinger-portraits-souvenirs.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93295" title="annie-goetzinger-portraits-souvenirs" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/annie-goetzinger-portraits-souvenirs.jpg" alt="" width="200" height="275" /></a><p class="wp-caption-text">« Portraits souvenirs ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Charnega</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Des vies comme celles de Dolores, il y en a à la pelle partout, autant que de destins fichus, que de gens qui sont inutiles, inutilisés, floués, brisés. J’aurais toujours davantage de sympathie pour eux que pour la famille de « La Demoiselle de la Légion d’honneur »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>. </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je peux m’identifier à Dolores, pas à eux !</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Barcelone 1937</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La Guerre d’Espagne ! Elle faisait partie de l’imagerie lointaine de ma famille. Une phrase revenait : on avait trahi l’Espagne pendant le Front populaire. Quand je suis arrivée à Barcelone, juste après la mort de Franco, la ville était presque encore en l’état. Elle avait, hélas, gardé la patine de cette époque.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Jacqueline T…</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La banlieue ? Celle que j’ai connue se trouvait sur les bords de la Marne. Il y avait l’odeur des lilas au printemps, les bordures de pensées et de myosotis dans le jardin et ma grand-mère, le dimanche, préparait le déjeuner. C’était la chaleur, la famille. On y allait en autobus et, en face de la maison, on jouait au cerf-volant dans un grand champ de blé fleuri de coquelicots.</span></p>
<div id="attachment_93297" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/petite-fille.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93297" title="petite fille" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/petite-fille-555x416.jpg" alt="" width="555" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin pour le quotidien La Croix des 22 et 23 décembre 2012.</p></div>
<div id="attachment_93299" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune_fille_en_dior_2.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93299 " title="Jeune fille en Dior" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune_fille_en_dior_2-555x740.jpg" alt="" width="255" height="740" /></a><p class="wp-caption-text">« Jeune fille en Dior ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>La lingère amoureuse</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Ma famille, ce sont des ébénistes et des couturières. Des artisans, qui ont l’amour de leur métier, qui partent du plat pour finir en volume. Les odeurs… Celle du bois, du tissu… </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Ce sont des gens cultivés, amoureux des livres, de la culture en général, qui sont capables de créer des chefs-d’œuvre. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">En plus éphémère dans la couture que dans le meuble, parce qu’une robe, ça vous échappe vite. Elles sont là quelque temps dans l’atelier et puis après, elles vivent leur propre vie…</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Ruban bleu</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Les sentiments ? Ils ont une grande importance dans notre vie. Surtout quand ils se déglinguent… Ce sont les glissements qui m’intéressent, les dérapages dans ce qui est autorisé ou interdit, dans ce qui est « Bien », dans ce qui est « Mal »… Pourquoi est-ce bien, pourquoi est-ce mal, pourquoi ça ne marche plus ? </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’est comme s’amuser à démonter la mécanique de quelque chose et puis… l’envie de regarder les autres… de voir et de raconter comment les autres s’aiment ou se détestent.</span></p>
<div id="attachment_93298" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/jeunefilleendior.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93298" title="jeunefilleendior" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/jeunefilleendior-555x373.jpg" alt="" width="555" height="373" /></a><p class="wp-caption-text">« Jeune fille en Dior ».</p></div>
<div id="attachment_93300" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Felina.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93300 " title="Felina" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Felina-555x778.jpg" alt="" width="255" height="778" /></a><p class="wp-caption-text">« Félina ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Félina</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Juste après </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Casque d’or,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> j’ai réalisé la série « Félina »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">avec le scénariste Victor Mora, que j’avais croisé à </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Pilote.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> « Félina » était au départ prévue pour le magazine </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Scop, </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">un projet des éditions Vaillant. L’histoire s’est finalement retrouvée chez Glénat. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La série s’est ensuite poursuivie chez Dargaud qui en a profité pour rééditer le premier album. BD Enfer en a également publié un portfolio, « Les Voyages de Félina »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> en 2008.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Au-delà du côté roman-feuilleton, « Félina » est une série parodique. Victor avait beaucoup d’humour et a introduit ce personnage du narrateur qui raconte à la fois la vie de l’héroïne tout en l’affublant de tous les défauts du monde. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Dans « Félina »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> il y a une dimension érotique, mais aussi un côté “Catwoman“ ou manga avant l’heure, me semble-t-il.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Pour les premiers volumes, ce qu’on trouve déjà dans « Casque d’or »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">je fais encore référence au Modern Style, avec des mises en pages sophistiquées, un procédé qui a tendance malgré tout à bloquer l’action. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai ensuite abandonné ce procédé un peu systématique et j’ai épuré ma mise en pages.</span></p>
<div id="attachment_93302" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/felina02p.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93302" title="felina02p" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/felina02p.jpg" alt="" width="500" height="670" /></a><p class="wp-caption-text">« Félina ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/demoiselledelalegiondhonneurpilote.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93429" title="demoiselledelalegiondhonneurpilote" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/demoiselledelalegiondhonneurpilote.jpg" alt="" width="200" height="294" /></a>« La Demoiselle de la Légion d’Honneur »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai rencontré Christin à Angoulême, en 1975. Lors d’un des premiers festivals. Pierre m’a dit qu’il aimerait bien m’écrire une histoire. J’ai dû balbutier un “oui“ de principe, en me disant qu’il était dingue ce mec, que jamais je ne dessinerais une histoire de science-fiction comme il avait l’habitude d’en faire pour Mézières ou Bilal.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/demoiselledelalegiondhonneurcouv1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93430" title="demoiselledelalegiondhonneurcouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/demoiselledelalegiondhonneurcouv1.jpg" alt="" width="200" height="529" /></a> Il avait en fait été approché par Jean-Paul Mougin, de Casterman, pour écrire une histoire dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>(À suivre).</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Assez vite, Pierre m’a proposé le synopsis de « La Demoiselle de la Légion d’honneur »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>. </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Comme Mougin commençait à chipoter, n’arrivant pas vraiment à se décider, nous sommes allés voir Guy Vidal, alors rédacteur en chef de </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Pilote. </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Guy a accepté tout de suite. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">À sa sortie, « La Demoiselle de la Légion d’honneur » a connu un succès immédiat, mais nous avons frôlé l’interdiction, l’intendante générale de la Maison de Saint-Denis ayant été très choquée de notre liberté de ton. Nous évoquions des caresses intimes, notre héroïne apparaissait dénudée dans deux vignettes et un personnage de l’O.A.S., rêvant d’insurrection, tenait des propos peu amènes sur le Général de Gaulle. Elle en avait référé au Maître de l’Ordre, le Général de Boissieux, gendre de De Gaulle. Georges Dargaud, lui-même décoré de la Légion d’honneur a été convoqué, et l’on a même menacé de lui retirer sa décoration. En conclusion, nous avons ôté les mots qui fâchaient.</span></p>
<div id="attachment_93431" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/La-Demoiselle-de-la-Légion-d’Honneur.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93431" title="La Demoiselle de la Légion d’Honneur" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/La-Demoiselle-de-la-Légion-d’Honneur-555x768.jpg" alt="" width="555" height="768" /></a><p class="wp-caption-text">« La Demoiselle de la Légion d’Honneur ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/divaetlekriegespielcouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93432" title="divaetlekriegespielcouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/divaetlekriegespielcouv.jpg" alt="" width="255" height="527" /></a>« </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>La Diva et le Kriegsspiel »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai continué la série des « Portraits souvenirs » avec Pierre Christin. Avec « La Diva et le Kriegsspiel »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> qui évoquait la destinée d’une cantatrice à l’époque l’Occupation et de la Collaboration. J’en ai éprouvé beaucoup de plaisir. Le début de l’histoire se passe à Blois. J’ai d’ailleurs retrouvé récemment une carte postale qui m’avait servi de documentation. En arrière-plan, on y voit le bas de l’escalier Denis Papin que j’ai mis en scène sur l’affiche de bd BOUM.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Avec « La Diva »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> c’était une des premières fois, en bande dessinée, que l’on mettait en scène les années 1930 et 1940. Du moins de cette manière-là, quotidienne, avec des personnages qui se débattent dans l’Histoire. J’ai une tendresse particulière pour Zulfitar de Mirandol, le mécène juif. Il peut sembler caricatural comme Dalio dans « La Grande Illusion »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> mais c’est voulu. Ce n’est évidemment pas par antisémitisme, on s’en doute, je l’ai dessiné avec tendresse, d’autant plus que durant la guerre, ma grand-mère a caché des enfants juifs chez elle.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Et puis, avec cette histoire, j’ai découvert l’univers de l’opéra, ce qui ne pouvait que me ravir !</span></p>
<div id="attachment_93437" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/La-Diva-Goetzinger.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93437" title="La-Diva-Goetzinger" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/La-Diva-Goetzinger-555x707.jpg" alt="" width="555" height="707" /></a><p class="wp-caption-text">Planche originale de « La Diva et le Kriegsspiel ».</p></div>
<div id="attachment_93433" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/boite-allumettes.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93433  " title="boite allumettes" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/boite-allumettes.jpg" alt="" width="205" height="481" /></a><p class="wp-caption-text">Boîte d&#39;allumettes illustrée par Annie Goetzinger.</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Théâtre</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">À l’époque de « La Diva et le Kriegsspiel »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Daniel Benoin était le directeur de la Comédie de Saint-Étienne, il m’a proposé de travailler avec lui sur une adaptation théâtrale d’« Autant en emporte le vent »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>. </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai évidemment accepté ! </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Non seulement je connaissais le film par cœur, mais j’avais aussi lu le roman de Margaret Mitchell. J’ai relu ce dernier en surlignant tout ce qui avait trait aux vêtements dans cette Amérique sécessionniste. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai réalisé une quantité folle de costumes, tant féminins que masculins, avec un cahier des charges très précis où tout devait être traité en teintes claires. </span></p>
<div id="attachment_93434" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture02.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93434  " title="voyageusedelapetiteceinture02" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture02-555x737.jpg" alt="" width="205" height="737" /></a><p class="wp-caption-text">« La Voyageuse de la Petite Ceinture ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Par la suite, j’ai travaillé sur la pièce « Ce soir on raccourcit »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> C’était une commande passée à Pierre Christin, en 1989, à l’occasion de la commémoration du Bicentenaire de la Révolution française. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Dans un épisode de « L’Agence Hardy »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> nous nous sommes d’ailleurs amusés, Pierre et moi, à faire un petit clin d’œil à cette comédie.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« La Voyageuse de la Petite Ceinture »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">L’idée de « La Voyageuse de la Petite Ceinture » vient de Christin. À l’époque, il enseignait le journalisme à l’I.U.T. de Bordeaux et, au seuil des années quatre-vingt, il a vu apparaître de jeunes Maghrébines dans ses cours, des jeunes femmes de la deuxième génération qui en voulaient, qui désiraient jouer leur rôle dans la société. C’était l’émergence, à l’époque, de « Touche pas à mon pote », etc. Tout cela nourrit le personnage.</span></p>
<div id="attachment_93435" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture01.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93435" title="voyageusedelapetiteceinture01" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture01.jpg" alt="" width="500" height="685" /></a><p class="wp-caption-text">« La Voyageuse de la Petite Ceinture ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93436" title="voyageusedelapetiteceinture" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/voyageusedelapetiteceinture.jpg" alt="" width="200" height="526" /></a>Et puis il y a ce parcours de la Petite Ceinture, cette voie ferrée désaffectée qui fait le tour de Paris. Avec Pierre, pour nos repérages, nous l’avions d’ailleurs empruntée, à l’exception d’une courte section près du pont de Bir-Hakeim qui était fermée. Tout ça n’est plus possible maintenant.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Dans la première planche de « La Voyageuse »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> on a une ambiance brumeuse de petit matin. J’avais du mal à la traiter en noir et blanc et c’est là que je me suis dit que je pourrais peut-être traiter cette histoire en couleurs directes.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Charlotte-et-Nancy-couv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-93438" title="Charlotte et Nancy couv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Charlotte-et-Nancy-couv-555x732.jpg" alt="" width="200" height="732" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Charlotte et Nancy »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Avec « Charlotte et Nancy »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> j’avais envie de faire une histoire sur la mode. Christin, en tant que journaliste, de formation sociologique, a pris la chose très au sérieux et a imaginé deux femmes issues de deux milieux radicalement différents. L’une qui devient mannequin et l’autre qui rêve d’être styliste. Comme pour « La Voyageuse »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> nous avons mené une enquête : nous nous sommes rendus dans des agences pour voir comment tout ça fonctionnait, les books, etc. Nous avons visité le sentier où se trouvaient à l’époque les ateliers de confection. Il n’y avait pas encore les Chinois, c’était encore le quartier des tailleurs juifs, avec les Sri Lankais qui débarquaient les rouleaux de tissu.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Reste que c’est un album un peu bâtard, parce que la mode, ce n’est vraiment pas l’univers de Pierre. Je m’y suis moins éclatée qu’avec « La Diva »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> J’aurais aimé parler un peu plus chiffons… Mais je me suis rattrapée par la suite avec « Jeune Fille en Dior »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span></p>
<div id="attachment_93439" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Charlotte-et-Nancy.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93439" title="Charlotte et Nancy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Charlotte-et-Nancy-555x753.jpg" alt="" width="555" height="753" /></a><p class="wp-caption-text">« Charlotte et Nancy ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/tango-couv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93440" title="tango couv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/tango-couv.jpg" alt="" width="200" height="596" /></a>« Le Tango du disparu »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’était l’époque où Flammarion se lançait dans la BD. Françoise Verny et Élisabeth Gille, ses directrices littéraires, venaient de se tailler un joli succès avec « Maus »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">d’Art Spiegelman. Elles ont eu envie de lancer une collection de romans graphiques, de même format, avec une pagination importante. « Le Tango du disparu » pouvait s’y inscrire. Côté cadre, l’histoire se situe dans l’Argentine des années 1980.</span></p>
<div id="attachment_93441" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Tango-du-disparu.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93441 " title="Tango du disparu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Tango-du-disparu.jpg" alt="" width="255" height="808" /></a><p class="wp-caption-text">« Le Tango du disparu ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La dernière dictature militaire avec Videla est tombée. Côté forme, nous jouons sur un autre rapport entre le texte et les images. Pour les dessins, il y a une sorte de “bible“ ; certains sont redécoupés, réutilisés et recadrés. Nous sommes dans une structure romanesque avec des chapitres, etc. Techniquement, c’est un noir et blanc à l’encre de Chine, rehaussé au crayon noir et au lavis, afin de renforcer les contrastes.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Nous avons passé trois semaines à Buenos Aires ; pour parler du tango, ça s’imposait vraiment. Plus tard notre livre sera réédité, dans une version remaniée, chez Métaillié.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Barcelonightcouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93442" title="Barcelonightcouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Barcelonightcouv.jpg" alt="" width="200" height="572" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Barcelonight »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Au moment des JO de Barcelone, en 1992, à l’occasion de la construction du village olympique, je me suis aperçue qu’une partie de cette ville allait disparaître — notamment toute la zone ouvrière du port, avec ses usines textiles, ses manufactures — et j’ai pris conscience que j’avais une véritable histoire avec cette ville, comme on a une histoire avec une personne. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’est mon deuxième “pays“, j’y ai vécu douze ans. Je me suis dit que c’était le moment de raconter ma petite musique à moi, c’est comme ça qu’est né « Barcelonight »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">avec une femme qui n’est pas moi, mais qui est française, des gens qui ressemblent plus ou moins à ceux que j’ai connus.</span></p>
<div id="attachment_93534" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Barcelonightcor.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93534" title="Barcelonightcor" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Barcelonightcor-555x320.jpg" alt="" width="555" height="320" /></a><p class="wp-caption-text">« Barcelonight ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/avenirperducouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93444" title="avenirperducouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/avenirperducouv.jpg" alt="" width="200" height="533" /></a>« L’Avenir perdu »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’était une commande de Carlsen, un éditeur de Hambourg. « L’Avenir perdu » est signé par deux scénaristes : l’Allemand Andreas Knigge et le Norvégien </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Jón Sveinbjørn Jónsson</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">, qui avaient tous les deux l’idée d’écrire une histoire autour du sida, à une époque où, en France, on n’en parlait pas encore beaucoup. </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Ils sont venus me voir à Barcelone où j’habitais encore. J’ai lu le scénario, je l’ai trouvé foisonnant, trop même, trop bavard. Après avoir accepté ce projet, j’ai beaucoup retravaillé l’histoire avec eux, beaucoup élagué. Le livre a été tout d’abord publié chez Carlsen, puis ses droits ont été achetés par les Humanoïdes associés.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">C’est une belle histoire, très touchante, qui sonne très juste. Même si « L’Avenir perdu » tourne autour de la communauté homosexuelle masculine, on y découvre aussi un personnage féminin important, qui rééquilibre le propos. Il fallait montrer dans cet album que tout le monde peut être concerné par cette maladie. Cela n’allait pas forcément de soi à l’époque où ce livre a été fait.</span></p>
<div id="attachment_93445" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/L’Avenir-perdu.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93445" title="L’Avenir perdu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/L’Avenir-perdu-555x785.jpg" alt="" width="555" height="785" /></a><p class="wp-caption-text">« L’Avenir perdu ».</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/sultaneblanche.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93468" title="sultaneblanche" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/sultaneblanche.jpg" alt="" width="155" height="600" /></a><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« La Sultane blanche »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">« La Sultane blanche » scelle mon retour chez Dargaud. Et la poursuite de ma collaboration avec Pierre Christin. C’est un album qui a été assez long à réaliser, car il est en couleurs directes. Ce que j’aime dans cette histoire, c’est que tu ne sais jamais si la narratrice rêve ou a vraiment vécu toutes ces aventures. On reste dans le doute. L’Asie de la fin des années quarante, cette Asie coloniale que nous décrivons a-t-elle vraiment existé ?<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Paquebotcouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93470" title="Paquebotcouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Paquebotcouv.jpg" alt="" width="155" height="474" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>« Paquebot »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Dans « Paquebot »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Christin a utilisé une vraie trame policière, un genre que nous aimons beaucoup tous les deux. Quand je lui en ai parlé, nous nous sommes très vite entendus. Il nous fallait trouver un lieu clos dans lequel pouvait se dérouler toute l’histoire. Avec les différents ponts sur le bateau, les passerelles dans tous les sens du terme, les différentes classes sociales, etc., un paquebot pouvait être un endroit original. J’ai même dessiné un plan précis du bateau, une sorte d’“écorché“. Chose amusante, dans l’album, le lecteur découvre ce plan en même temps que les passagers. L’histoire est traitée là encore en couleurs directes. J’avoue qu’après ce long travail, j’avais besoin de passer à autre chose et pourquoi pas à une série ? C’est comme ça qu’est née « L’Agence Hardy »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span></p>
<div id="attachment_93469" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/sultaneblanche1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93469" title="sultaneblanche1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/sultaneblanche1-555x321.jpg" alt="" width="555" height="321" /></a><p class="wp-caption-text">« La Sultane blanche ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Agence-Hardy.jpeg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-93471" title="Agence Hardy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Agence-Hardy-555x710.jpg" alt="" width="255" height="710" /></a>« Agence Hardy »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">La bande dessinée consiste à essayer de mentir vrai. Tous les signes de réalisme sont importants car ils donnent de la densité à l’histoire. Peu importe, d’ailleurs, que les lecteurs les identifient ou non. Avant de me lancer dans le dessin du premier tome, je m’étais amusée à dessiner une maquette de l’Agence Hardy. Elle me permet de voir comment circulent les personnages dans l’espace, comme sur une scène de théâtre. Leurs vêtements sont aussi des signaux pour le lecteur. Je dispose de quelques “bibles“ dont je m’inspire, comme le catalogue de Manufrance. J’en possède trois : l’un date du début du XX</span><sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;">e</span></sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> siècle, l’autre des années cinquante et le troisième de la fin des années soixante. Outre les vêtements utilitaires, on y trouve aussi les objets de la vie quotidienne, le mobilier, un moulin à café, une lampe de bureau, que sais-je encore.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Igny1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93472" title="Igny" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Igny1.jpg" alt="" width="255" height="701" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">On avait trop vu, dans les séries policières, un détective avec une secrétaire blonde un peu nunuche. J’avais envie de renverser les rôles, de casser les codes habituels : raconter les aventures d’une détective avec un secrétaire jeune et dévoué. Mais je ne décide pas, je propose. Quand nous travaillons sur un nouveau projet, nous organisons une sorte de “brainstorming“. « L’Agence Hardy »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">est née de là. C’est une série un peu intimiste. On y évoque aussi une époque disparue, le fantôme de la classe ouvrière, etc.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Quand Pierre et moi avons décidé du prénom de l’héroïne de « L’Agence Hardy »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">je voulais un prénom qui évoque un esprit féminin et volontaire de cette époque. Édith me faisait penser à Édith Piaf. Pierre n’aime pas la chanteuse, mais une de ses amies porte ce prénom. Nous sommes tombés d’accord… En plus, dans mon esprit, Édith Hardy ressemblait d’une manière très fugitive à Gena Rowlands dans « Gloria » de John Casavettes : cette belle femme de quarante-cinq ans qui cavale sans cesse sur ses talons aiguilles. Son image m’est restée et je m’en suis nourrie. Chez Édith, il y a quelque chose de mystérieux, on ne sait pas trop d’où elle vient, qu’elle a été sa vie avant l’agence. J’aime bien aussi les débuts des histoires, avec ses cauchemars qui reviennent de manière récurrente. Cela lui donne une part d’ombre.</span></p>
<div id="attachment_93475" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/agencehardy1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93475" title="agencehardy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/agencehardy1-555x742.jpg" alt="" width="555" height="742" /></a><p class="wp-caption-text">« Agence Hardy ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Victor, c’est un garçon sérieux et entreprenant, avec un petit côté Gaston Lagaffe. Il y a sans doute du Pierre Christin chez lui. Il aime le jazz, il vit ses premiers engagements politiques, il découvre le monde ouvrier. Je n’ai jamais vu de photo de Pierre à l’adolescence, mais il n’est pas impossible que Victor lui ressemble un peu !</span></p>
<div id="attachment_93473" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/goetzinger_agencehardy.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93473" title="goetzinger_agencehardy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/goetzinger_agencehardy-555x531.jpg" alt="" width="555" height="531" /></a><p class="wp-caption-text">« Agence Hardy ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Marie-Antoinettecouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-93476" title="Marie-Antoinettecouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Marie-Antoinettecouv-555x731.jpg" alt="" width="155" height="731" /></a>« Marie-Antoinette, la reine fantôme »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Même si nous n’avons pas beaucoup collaboré ensemble, le scénariste Rodolphe et moi, nous nous sommes toujours très bien entendus. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Il m’a un jour prêté un petit livre, « Les Fantômes du Trianon »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> préfacé par Cocteau et contant l’aventure paranormale de deux Anglaises, miss Moberly et miss Jourdain, qui, par une belle journée d’août 1901, croisèrent la route ce qui semblait bien être le fantôme de la reine Marie-Antoinette. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Il y avait là matière à une belle histoire, même si le contenu du livre était finalement très léger, insuffisant en tout cas pour constituer la matière d’un album. D’où l’envie de créer un autre personnage qui interviendrait en parallèle dans les années trente. Cela nous permet de jouer sur les différentes époques.</span></p>
<div id="attachment_93477" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Marie-Antoinette-la-reine-fantôme.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93477" title="Marie-Antoinette, la reine fantôme" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Marie-Antoinette-la-reine-fantôme-555x745.jpg" alt="" width="555" height="745" /></a><p class="wp-caption-text">« Marie-Antoinette, la reine fantôme »</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Diorcouv.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-93481" title="CV_JEUNE-FILLE-DIOR.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Diorcouv-555x738.jpg" alt="" width="155" height="738" /></a>« Jeune fille en Dior »</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Dargaud m’a proposé de faire un livre qui traite vraiment de la mode. J’aurais pu évoquer la carrière de Paul Poiret, un couturier du début du XX</span><sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;">e</span></sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> siècle que j’apprécie beaucoup, mais qui ne parle pas à un grand public… à la différence de créateurs plus modernes comme Chanel, Saint-Laurent… et Dior. Chanel, je ne l’aime pas assez pour parler d’elle, c’est une peste, et Saint-Laurent avait déjà été abondamment traité. Me restait donc Dior. Ce cher et discret Mr Dior.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je voulais raconter comment il a construit sa maison de couture. Il y a vraiment un avant et un après ce fameux défilé de 1947. Dior a révolutionné la silhouette féminine et créé le style “New Look“, une expression inventée par l’Américaine Carmel Snow d’</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Harper’s Bazaar, </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">la journaliste de mode la plus influente de son temps.</span></p>
<div id="attachment_93482" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Dior1.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93482" title="Jeune fille en Dior" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jeune-fille-en-Dior1-555x367.jpg" alt="" width="555" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">« Jeune fille en Dior ».</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_93483" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Dior.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93483 " title="Dior" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Dior.jpg" alt="" width="205" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">« Jeune fille en Dior ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">J’ai tenu à montrer que la mode est une création collective. Au-delà de l’idée géniale d’un créateur, toute une équipe travaille dans l’ombre. La mode est tout sauf une activité frivole, car elle représente de gros enjeux économiques. Et un vêtement, quel qu’il soit, définit un individu.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Le livre se distingue par son format particulier album classique. Cela m’a offert une plus grande souplesse narrative. Pour les défilés, quand c’est nécessaire, j’ai pu faire des dessins en double page. Cela donne un plus grand élan à certaines illustrations, traduit mieux le côté “show“ de ce type de défilé.</span></p>
<div id="attachment_93484" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/girl-in-dior-nbm-2015.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93484 " title="girl-in-dior-nbm-2015" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/girl-in-dior-nbm-2015-555x674.jpg" alt="" width="255" height="674" /></a><p class="wp-caption-text">« Jeune fille en Dior ».</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">« Jeune fille en Dior » a par ailleurs été décliné en plusieurs langues… C’est amusant de découvrir son ouvrage en chinois, en coréen, en anglais ou en italien. En attendant la version en espagnol prévue pour l’année prochaine.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Edgar P. Jacobs vu par Annie Goetzinger</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">En 1981, Annie Goetzinger rencontre Edgar P. Jacobs à l’issue d’une émission télévisée. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Je venais de finir « La Diva et le Kriegsspiel »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">avec Pierre Christin. Je n’étais pas très BD belge, ni ligne claire. Jacobs était très “old fashion“, d’une exquise politesse. On a parlé d’opéra et il m’a dédicacé un exemplaire de « La Marque jaune » au crayon bleu.</span></p>
<div id="attachment_93486" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jacobs.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93486" title="Jacobs" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Jacobs-555x275.jpg" alt="" width="555" height="275" /></a><p class="wp-caption-text">Edar P. Jacobs vu par Annie Goetzinger.</p></div>
<div id="attachment_93526" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/CP-Goetzinger-Creil.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93526 " title="CP-Goetzinger-Creil" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/CP-Goetzinger-Creil.jpg" alt="" width="255" height="550" /></a><p class="wp-caption-text">Carte postale pour le festival de Creil.</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Maquettes</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Cela pourrait s’appeler « Les Dimanches pluvieux ». Lorsque je ne dessine pas, j’aime bien m’aérer la tête et construire par exemple des petits objets en volume. Pour « Les Papillons », c’était une envie de modelage. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Pour l’« Hommage à Keleck »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>, </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">c’était une petite poupée de porcelaine dont on faisait des décors de lampes dans les années vingt. J’avais cette petite figurine et un jour elle est tombée et sa tête s’est cassée. Elle était tellement jolie que j’avais du mal à la jeter. J’ai pensé à Keleck, cette grande illustratrice et amie, hélas décédée, à son éternel maquillage, gothique avant l’heure, et j’ai décidé de lui rendre hommage.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/tumblr_mlbntgOf5C1rq3prxo1_1280.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-93528" title="tumblr_mlbntgOf5C1rq3prxo1_1280" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/tumblr_mlbntgOf5C1rq3prxo1_1280-555x763.jpg" alt="" width="255" height="763" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Illustrations</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Les illustrations de presse, j’en ai fait depuis très longtemps. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/dessin.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93529" title="dessin" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/dessin.jpg" alt="" width="255" height="719" /></a>Pour </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>France-Soir</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> tout d’abord, à l’époque où Jacques Lob et Georges Pichard publiaient « Blanche Épiphanie »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>.</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">À l’époque des Jeux olympiques de Barcelone, j’ai illustré une chronique de cette ville, publiée en France et en Norvège dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>L’Humanité </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">et dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Klassekampen. </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Assortis de textes de Montserrat Roig, ces dessins ont été ensuite repris dans « Mémoires de Barcelone »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> un ouvrage édité par La Sirène. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Pour </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>L’Humanité,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> j’ai également dessiné un portrait de Jaurès au pastel… Qui a été finalement refusé, car jugé peut-être trop “désespérant“ ? Il a néanmoins été tiré sous la forme d’une affichette vendue à la Fête de l’Huma.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Avec différents journalistes, j’ai travaillé dans les années 1990 dans </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Le Monde,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">pour « Heures locales », un cahier consacré aux villes moyennes. Dont la ville de Blois entre autre.</span></p>
<div id="attachment_93267" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/WP_20150105_006.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-93267" title="WP_20150105_006" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/WP_20150105_006-555x311.jpg" alt="" width="555" height="311" /></a><p class="wp-caption-text">Photo de l&#39;affiche réalisée par Annie Goetzinger pour les vœux du maire de la ville de Blois en 2015, avec François 1 et, au fond, la toute nouvelle Maison de la BD.</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/frappat.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-93527" title="frappat" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/frappat-555x765.jpg" alt="" width="155" height="765" /></a>Et puis il y a </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>La Croix.</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Une illustration hebdomadaire pour « L’humeur des jours », une chronique de Bruno Frappat articulée autour de thèmes principaux, sociologiques, politiques, culturels ou religieux, parfois entremêlés. J’en ai fait plus de six cents. Un certain nombre a été réuni dans « Le Regard des jours »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> coédité par </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>La Croix</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> et Dargaud.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Avec </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Jón Sveinbjørn Jónsson, j’ai également illustré « Embla » pour une éditrice norvégienne. L’idée, pas joyeuse, tourne autour de la mort d’un enfant.</span></p>
<div id="attachment_93530" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Judy.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-93530 " title="Judy" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Judy.jpg" alt="" width="255" height="906" /></a><p class="wp-caption-text">« Judy Garland ».</p></div>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Sa maman lui construit une maquette de bateau. Le livre, paru chez Tiden, inédit en français, se conclut symboliquement sur les départs du voilier et du petit garçon.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Quand j’ai fait</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> « Ladies in Love »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>, </em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;">j’ai pensé à toutes ces merveilleuses illustrations faites par Vargas ou Brenot. Il n’y a pas beaucoup de femmes qui ont dessiné des pin-up. C’est plutôt un truc de mecs. Je ne voulais pas tomber dans la vulgarité et dessiner des “bimbos“. Pour « Judy Garland »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> je me suis beaucoup documentée sur cette actrice.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">« Hommage à Hopper » est une commande de Claudine Giraud pour la galerie Stardom. J’ai toujours été fasciné par Hopper qui est un artiste extrêmement surprenant avec ses cadrages, ses motifs, ses ambiances. Tu as l’impression qu’il va se passer quelque chose ou qu’il s’est passé quelque chose, mais on n’est pas dans le fait divers. C’est mystérieux. Il y a aussi le côté un peu voyeur de la vitrine. L’objet inaccessible.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Enfant, j’ai passé pas mal de vacances dans la région blésoise où habitait la famille de ma grand-mère maternelle. J’ai le souvenir d’avoir visité les châteaux de la Loire, mais aussi d’avoir pris la pose dans les escaliers Denis Papin. Je devais avoir dans les quatre ans. J’étais d’ailleurs morte de trouille en regardant la perspective jusqu’à la Loire. Quand on m’a proposé de faire l’affiche du festival BD Boum, j’ai repensé à cette scène.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Affiche-Annie-Goetzinger-bd-BOUM-32.jpg" rel="lightbox[93255]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-93265" title="Affiche Annie Goetzinger bd BOUM 32" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Affiche-Annie-Goetzinger-bd-BOUM-32-555x370.jpg" alt="" width="555" height="370" /></a></span></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Patrick GAUMER</span></strong></p>
<p>Recherches iconographiques et mise en pages : <strong>Gilles Ratier</strong></p>
<p>Pour en savoir encore plus sur la carrière d&#8217;Annie Goetzinger, voir : <a title="Lien permanent vers Annie Goetzinger : des premiers pas déjà tout en élégance…" href="http://bdzoom.com/68413/patrimoine/annie-goetzinger-des-premiers-pas-deja-tout-en-elegance%e2%80%a6/" rel="bookmark">Annie Goetzinger : des premiers pas déjà tout en élégance…</a>.<strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Samandal : fini de rire…</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2015 15:24:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Gaumer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[En octobre 2013, dans le cadre du FIBD (Festival international de la bande dessinée) d’Alger, j’animais une table ronde sur le thème de l’humour. Y participait notamment Barrack Zailaa Rima, Libanaise et Belge, dessinatrice et cinéaste. Les lecteurs et lectrices de <em>BDzoom.com</em> se souviennent peut-être de son « Conteur du Caire » paru en 1998 à La Cafetière ? Avec une tendre ironie, l’autrice partait en quête du cinéaste égyptien Youssef Chahine. Là, aujourd’hui, Barrack n’a plus trop le cœur à rigoler. Après un procès truffé d’irrégularités et de pressions, qui a duré cinq ans, trois de ses copains du comité éditorial de la revue libanaise <em>Samandal</em> viennent d’écoper chacun d’une amende de 6 000 €. 18 000 € au total. S’ils ne paient pas, ils risquent une peine de prison de deux ans et neuf mois !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/conteur_couv.gif" rel="lightbox[93185]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-93188" title="conteur_couv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/conteur_couv.gif" alt="" width="155" height="450" /></a>Je ne connais pas les geôles libanaises, mais ce doit être comme toutes les prisons. À éviter. Au-delà de la sanction, c’est tout simplement leur existence éditoriale qui est en péril.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> Qu’ont-ils fait pour mériter ça ? Trois fois rien, juste accepté de publier quelques dessins jugés offensants à la religion ! </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Nous vous invitons à vous faire votre opinion sur le site <a href="http://www.grandpapier.com/">grandpapier.com</a>, pour trouver les deux récits incriminés, parus dans le n° 7 de </span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>Samandal,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> coédité en 2009 avec L’Employé du moi, un label belge :</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">1— « Recettes de vengeance à la Libanaise » par Lena Merhej</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">2— « Ecce Homo » par Valfret.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/samandal2.jpg" rel="lightbox[93185]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-93189" title="samandal2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/samandal2-555x396.jpg" alt="" width="555" height="396" /></a></span></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Généalogie.jpg" rel="lightbox[93185]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-93190" title="Généalogie" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/Généalogie.jpg" alt="" width="150" height="193" /></a> <span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">E</span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;">n cliquant sur le lien ci-après, vous trouverez leur communiqué <a href="http://www.samandalcomics.com/">http://www.samandalcomics.com/</a> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">e</span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">n 6 langues, dont le français.</span></span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Vous pouvez également les soutenir, via une campagne de crowdfunding (financement participatif) : <a href="http://igg.me/at/samandal/x">http://igg.me/at/samandal/x</a></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Vous pouvez enfin lire « Généalogie »</span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><em>,</em></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"> leur plus récente — je n’ose écrire leur dernière ! — publication, parue en août dernier. Au sommaire : Golo, Edmond Baudoin, Louis Joos, Zeina Abirached, Alex Baladi, Paula Bulling, Nawel Louerrad et Frank Vega.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;">Et en plus, ils ont du goût, les saligauds… En vente dans toutes les bonnes librairies, comme on dit.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><strong>Patrick GAUMER<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/samandal3.jpg" rel="lightbox[93185]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-93191" title="samandal3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2015/11/samandal3-555x333.jpg" alt="" width="555" height="333" /></a></strong></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Bob Leguay (deuxième et dernière partie)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/80659/patrimoine/bob-leguay-deuxieme-et-derniere-partie/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 Nov 2014 22:17:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Gaumer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bdzoom.com/?p=80659</guid>
		<description><![CDATA[Toujours en liaison avec l’exposition qui lui rend hommage à Blois (à la Bibliothèque Abbé Grégoire, au cœur de la ville, du 24 novembre 2014 au 7 janvier 2015), l’encyclopédiste Patrick Gaumer continue de nous éclairer sur la carrière d’un dessinateur vedette des petits formats, hélas bien oublié aujourd’hui : Bob Leguay. Pour la première partie du dossier, cliquez ici : <a href="http://bdzoom.com/80492/patrimoine/bob-leguay-premiere-partie/">Bob Leguay (première partie)</a>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_80674" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-41.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80674 " title="unnamed-4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-41-555x828.jpg" alt="" width="555" height="828" /></a><p class="wp-caption-text">Bob Leguay en Mexicain.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-TIM-AUDACE-46.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-80660" title="ARDAN TIM AUDACE 46" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-TIM-AUDACE-46-555x714.jpg" alt="" width="155" height="714" /></a>Rappelons que Bob Leguay, né le 7 juin 1926, a fait le succès du pocket <em>Ardan</em>, pendant dix ans (entre 1952 et 1961), en dessinant les aventures de Tim l’Audace : <em>« J’en avais un peu marre de la BD, mais pour faire bouillir la marmite, j’ai bien été obligé d’y repiquer. » </em><strong><strong><a title="" href="#_ftnref1"><strong>(1)</strong></a><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/textone-couv.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-80702" title="textone couv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/textone-couv-555x809.jpg" alt="" width="155" height="809" /></a></strong></strong></strong><em></em></p>
<p align="center"><strong>Impéria</strong></p>
<p>Bob Leguay n’en a donc pas fini avec la bande dessinée et collabore bientôt aux éditions Impéria, un label qui, en ce début des années 1960, a le vent en poupe.</p>
<p>L’auteur accepte d’y travailler à la condition expresse de n’y dessiner que des westerns. Cela tombe bien, c’est en partie la spécialité de cet éditeur de petits formats, des périodiques en format 13 x 18, plus épais, imprimés en noir et blanc sur papier pulp<em>, </em>agrémentés d’une couverture chatoyante en couleurs.</p>
<div id="attachment_80664" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buckjohn2.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80664" title="buckjohn2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buckjohn2-555x819.jpg" alt="" width="555" height="819" /></a><p class="wp-caption-text">Planche originale de « Buck John » par Bob Leguay pour les pockets Impéria.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/garry.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-80703" title="garry" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/garry-555x722.jpg" alt="" width="155" height="722" /></a>Impéria <strong>(2) </strong>puise alors ses principales ressources dans le fonds de l’agence Graph-Lit qui lui fournit du matériel italien et américain, et dans celui de l’éditeur anglais Fleetway à qui l’on doit notamment quelques pockets comme <em>Cow Boy Comics</em> et <em>Cow Boy Picture Library.</em> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/karson-couv.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-80701" title="karson couv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/karson-couv-555x781.jpg" alt="" width="155" height="781" /></a>S’y ajoute une équipe de scénaristes et d’illustrateurs espagnols supervisée par Francisco Gallardo Pons. Côté français, notons une bonne demi-douzaine de mercenaires comme Claude Bordet, un ancien de l’atelier Chott ; Jacques Devaux à qui l’on devra plus tard bon nombre d’écorchés techniques pour les « Pilotorama », et la reprise, dans <em>Pilote </em>toujours, de « Ça va bouillir »<em>,</em> à la suite de Maurice Tillieux et sur un scénario de Saint-Julien (Hugo De Haan), d’après l’émission animée par Zappy Max, sur Radio-Luxembourg ; Georges Estève qui débuta dans les récits complets en grand format des débuts de l’éditeur ; Félix Molinari, le dessinateur de la série de guerres « Garry »<em>,</em> déjà évoquée ; Yves Mondet qui fit son écolage au sein des récits complets lyonnais… et Bob Leguay.</p>
<div id="attachment_80665" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buckjohn5.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80665 " title="buckjohn5" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buckjohn5-555x821.jpg" alt="" width="555" height="821" /></a><p class="wp-caption-text">Planche originale de « Buck John » par Bob Leguay pour les pockets Impéria.</p></div>
<p>Entre 1961 et 1968, le dessinateur participe ainsi à des séries d’origine britannique comme « Buck John » (25 épisodes),</p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Buck-Johncouv.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80668" title="Buck Johncouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Buck-Johncouv-555x256.jpg" alt="" width="555" height="256" /></a></p>
<div>
<p>« Kit Carson » (19 épisodes),<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/kit-carson.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80705" title="kit carson" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/kit-carson-555x783.jpg" alt="" width="555" height="783" /></a> « Tex-Tone » (18 épisodes),<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/TexTone-Vilainoiseau-149.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80873" title="TexTone-Vilainoiseau-149" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/TexTone-Vilainoiseau-149-555x399.jpg" alt="" width="555" height="399" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/CARIBOU-46.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-80707" title="CARIBOU 46" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/CARIBOU-46.jpg" alt="" width="145" height="681" /></a>« Caribou » (10 épisodes) et « Jim Canada » (2 épisodes).</p>
<p>Ajoutons-y quatre récits complémentaires parus dans <em>Cassidy</em> et différentes couvertures de reliure. Carton plein !</p>
<p><strong>Leguay rigole</strong></p>
<p>En 1969, alors qu’il demeure à Saint-Bonnet-en-Champsaur, il signe « Les Aventures de Tex Ripper le Champsaurin »<em>,</em> une bande méconnue parue dans <em>Le Soleil des Hautes-Alpes et de la vallée de l’Ubaye, </em>un trimestriel édité à Gap.</p>
<p>Sur place, il tient aussi son propre restaurant, Le Chariot : <em>« Un restau western, avec spectacle… ça a duré sept ans ».</em></p>
<div id="attachment_80671" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/texripperpl6.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80671" title="texripperpl6" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/texripperpl6-555x775.jpg" alt="" width="555" height="775" /></a><p class="wp-caption-text">Une planche originale des « Aventures de Tex Ripper le Champsaurin ».</p></div>
<div id="attachment_80675" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Leguaydessin.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-80675 " title="Leguaydessin" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Leguaydessin.jpg" alt="" width="255" height="675" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin inédit de Bob Leguay.</p></div>
<p>S’il garde longtemps la région Provence-Alpes-Côte d’Azur comme port d’attache, Bob Leguay n’en voyage pas moins à travers le monde : <em>« Ma femme dansait dans des cabarets et je dessinais n’importe où en la suivant dans ses tournées. J’ai même envoyé des bandes d’Amérique ! »</em> Aux <em>States,</em> où il séjourne entre 1976 et 1980, il gagne sa vie en réalisant des portraits, des tableaux gigantesques. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/bedeadult16.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-80708" title="bedeadult16" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/bedeadult16-555x768.jpg" alt="" width="155" height="768" /></a>Certains seront reproduits dans <em>Hustler,</em> une revue spécialisée. Il décore aussi La Niçoise, un grand restaurant de Washington.</p>
<p>De retour en France, il revient à la bande dessinée par l’intermédiaire de séries et de récits érotiques qu’il signe parfois sous le pseudonyme d’Al Cheyenne, publiés dans <em>Bédéadult’</em> (une revue rebaptisée ensuite <em>Bédé adult’</em>) et dans <em>Le Triangle noir</em>. Il n’en gardera pas un souvenir impérissable : <em>« Un ami avait lu une annonce dans </em>Nice-Matin.<em> Je me suis présenté avec Robert Hugues — Trébor — </em><strong>(3) </strong><em>qui a été mon élève et que j’avais fait entrer chez Artima. On m’a imposé un scénario de Patrick Morin — alias Antoine Occhipinti — sadique et déplaisant, et ça m’a assez vite dégoûté.</em></p>
<div id="attachment_80710" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/rose-blanche.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80710" title="rose blanche" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/rose-blanche-555x707.jpg" alt="" width="555" height="707" /></a><p class="wp-caption-text">« La Rose blanche » dans Le Triangle noir, en 1980.</p></div>
<p><em>Si j’avais fait mes propres scénarios, même érotiques, ça aurait passé, mais là c’était trop nul… Aussi, dès que j’ai pu faire valoir mes droits à la retraite, j’ai arrêté. »</em> Ce qu’il fait en 1984. Il nous quitte le 1<sup>er</sup>juin 1994.</p>
<div id="attachment_80713" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/coyote.jpeg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80713" title="coyote" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/coyote-555x712.jpg" alt="" width="555" height="712" /></a><p class="wp-caption-text">« La Chienne et le coyote » dans Bédéadult&#39;, en 1982.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/leguay_duke-white.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-80696 alignleft" title="leguay_duke-white" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/leguay_duke-white.jpg" alt="" width="155" height="420" /></a>Bob Leguay résumait ainsi sa carrière : <em>« La BD, pour moi, c’était une époque où tout était simple. On avait beaucoup de travail, c’était mal payé, mais on faisait cela en rigolant. On ne se prenait pas la tête en jouant aux vedettes. »</em> D’aucuns peuvent en prendre de la graine !</p>
<div id="attachment_80695" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/LEGUAYpar-lui-même.gif" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-80695 " title="LEGUAYpar lui même" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/LEGUAYpar-lui-même.gif" alt="" width="255" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Caricature de Bob Leguay par lui-même.</p></div>
<p>Jean-Luc Leguay conclut : <em>« Bob était un véritable original. Passionné d’un Far West imaginaire, il confectionnait le week-end des ceintures de cow-boy, se rendait à la messe de minuit ou dans le village habillé en Indien de pied en cap. Il vivait en dehors du monde, bricoleur fou qui n’avait de cesse de donner corps à son imaginaire. L’appartement était empli d’objets qu’il fabriquait de ses mains : un château de Chambord en carton, des avions, des lances d’Indien, des revolvers décorés investissaient tout l’espace, certains étaient même épinglés au plafond ! C’était davantage un ami qu’un père. » </em><strong> (4)</strong> Initiation et transmission, on vous disait.</p>
<div><strong>Patrick GAUMER</strong></div>
<div>Mise en pages : Gilles RATIER</div>
<div>Merci aux sites <a href="http://www.galerienapoleon.com ">http://www.galerienapoleon.com </a>et <a href="http://r.leone.free.fr">http://r.leone.free.fr</a>sur lesquels nous avons pris quelques images pour illustrer cet article.</p>
<div id="attachment_80697" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-6.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80697 " title="unnamed-6" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-6-555x798.jpg" alt="" width="555" height="798" /></a><p class="wp-caption-text">Bob Leguay en famille.</p></div>
</div>
<div>
<p><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Thomasssian.jpg" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80670 alignleft" title="Thomasssian" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Thomasssian-555x788.jpg" alt="" width="155" height="788" /></a></strong></p>
<p><strong><strong>(1) </strong></strong>Les propos de Bob Leguay, recueillis par Louis  Cance et enregistrés par Georges Ramaïoli, sont repris dans la revue d’étude <em>Hop !,</em> n° 50, 3<sup>ème</sup> trimestre 1991 (56 boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac). Pour plus de détail sur l’œuvre de Bob Leguay, nous vous en conseillons d&#8217;ailleurs la lecture.</p>
<p><strong>(2) </strong>Pour en savoir plus sur cet éditeur, nous vous recommandons la lecture de l’« Encyclopédie des bandes dessinées de petit format T1 : Impéria »<em>,</em> éditée par la librairie Fantasmak (17, rue de Belzunce, 75010 &#8211; Paris), en septembre 1994. Dans les prochaines semaines, <em>BDzoom.com</em> vous proposera un entretien avec son concepteur, le spécialiste réputé Gérard Thomassian.</p>
<p><strong> (3) </strong>Sur le site de son ami Robert Hugues, alias Trébor &#8211; Robert à l’envers -, W.G. Colber ou Mancini (<a href="http://mancini.colber.free.fr">http://mancini.colber.free.fr</a>), on trouve quelques cartes de voeux dessinées par Robert Leguay pendant les dernières années de sa vie.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLeguayVoeux1.gif" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80693" title="BobLeguayVoeux1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLeguayVoeux1-555x350.gif" alt="" width="555" height="350" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLegayVoeux2.gif" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80692" title="BobLegayVoeux2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLegayVoeux2-555x264.gif" alt="" width="555" height="264" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLeguayVoeux3.gif" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80691" title="BobLeguayVoeux3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobLeguayVoeux3-555x406.gif" alt="" width="555" height="406" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobVoeux4.gif" rel="lightbox[80659]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80694" title="BobVoeux4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/BobVoeux4-555x374.gif" alt="" width="555" height="374" /></a></p>
<p><strong>(4)</strong> Les propos de Jean-Luc Leguay sont repris de son ouvrage « Le Maître de la lumière », paru en 2004 chez Albin Michel, et réédité, cinq ans plus tard, chez Dervy.</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
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		<title>Bob Leguay (première partie)</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Nov 2014 22:28:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Gaumer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[En liaison avec l’exposition qui lui rendra hommage à bd BOUM (le festival de bande dessinée de Blois), l’encyclopédiste Patrick Gaumer nous propose d’en savoir plus sur un dessinateur vedette des petits formats, hélas bien oublié aujourd’hui : Bob Leguay.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_80494" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-3.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-80494 " title="unnamed-3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-3-555x812.jpg" alt="" width="255" height="812" /></a><p class="wp-caption-text">Bob Leguay.</p></div>
<p align="center"><strong>Une histoire de transmission</strong></p>
<p>Une histoire d’initiation, aussi. Tout est parti d’un simple coup de fil. À Bruno Génini, le directeur de bd BOUM, le festival de bande dessinée de Blois. Passé par Jean-Luc Leguay, le fils adoptif de Robert Leguay. Bob pour les intimes. Et pour ses lecteurs. Tous ceux de l’après-guerre qui s’initièrent grâce à lui à l’aventure et au western, dont un certain Jean Giraud, le futur dessinateur de « Blueberry »<em>.</em> Jean-Luc, qui fut un chorégraphe reconnu, qui est aujourd’hui un des derniers maîtres enlumineurs <strong>(1)</strong>, aimerait remettre en selle l’œuvre de celui qui lui a appris le goût de la liberté et du non-conformisme, du dessin et des valeurs essentielles de la vie. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-2.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-80495" title="unnamed-2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-2-555x533.jpg" alt="" width="255" height="533" /></a>Pour cela, rien de plus simple, il suffirait d’exposer les nombreux originaux de Bob qu’il a conservés comme autant de reliques. Bruno saisit la balle au bond.</p>
<p>Rendez-vous est pris. <em>« Ça te dirait de venir avec moi ? »</em> <em>« Un peu, mon neveu ! » </em>Quand Bruno m’a proposé de l’accompagner, je ne me le suis pas fait dire deux fois. Enfant, j’ai été bercé par les fascicules des éditions Artima, les <em>Buck John</em> et autres <em>Kit Carson</em> des éditions Impéria… Alors, oui, pouvoir à nouveau goûter ces « gaufrettes » <strong>(2)</strong>, c’est le genre de plaisir que l’on ne se refuse pas. Que l’on savoure même avec une certaine gourmandise.</p>
<div id="attachment_80496" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/texrippermarquefatale.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-80496" title="texrippermarquefatale" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/texrippermarquefatale-555x717.jpg" alt="" width="555" height="717" /></a><p class="wp-caption-text">Une planche originale de Bob Leguay pour une aventure de Tex Ripper : « La Marque fatale ».</p></div>
<div id="attachment_80497" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-5.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-80497 " title="unnamed-5" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/unnamed-5-250x361.jpg" alt="" width="250" height="361" /></a><p class="wp-caption-text">Bob Leguay.</p></div>
<p>Nous nous retrouvons, Bruno et moi, chez Jean-Luc, en proche banlieue parisienne, par un bel après-midi d’été. Nous repartirons quelques heures plus tard avec une bonne quarantaine d’originaux. Splendides. Bd BOUM les expose tout au long de sa 31<sup>ème</sup> édition, du 21 au 23 novembre 2014, au rez-de-chaussée de la Bibliothèque Abbé Grégoire, au cœur de Blois. Vous y êtes cordialement attendus. Que les retardataires se rassurent, l’exposition sera ensuite remontée, au même endroit, mais un étage plus haut, dans la section pour adultes, du 24 novembre 2014 au 7 janvier 2015 : <em>« Yiha ! »</em></p>
<div id="attachment_80503" class="wp-caption alignright" style="width: 166px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Paul-Leguay1.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-80503" title="Paul Leguay1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Paul-Leguay1.jpg" alt="" width="156" height="237" /></a><p class="wp-caption-text">Un dessin de Paul Leguay.</p></div>
<p><strong>Salade niçoise</strong></p>
<p>Le père de Bob, rentier — un beau métier —, était ce qu’on pourrait appeler un peintre du dimanche. À l’aube du siècle naissant — le XX<sup>e </sup>—, Paul Leguay pratique l’aquarelle en dilettante appliqué. Plus tard, dans l’inconfort — le mot est faible ! — des tranchées de Verdun, il brosse ici un paysage, là, un portrait. <em>« J’ai même retrouvé ses dessins, </em>souligne Jean-Luc.<em> Durant toute mon enfance, j’ai vu ce vieil homme flanqué de son petit banc pliable et de ses carnets de croquis. » </em><strong>(3)</strong>. Du coup, Paul Leguay n’a sans doute pas vu d’un mauvais œil son fils Robert, né à Nice, le 7 juin 1926, embrasser une carrière artistique.</p>
<div id="attachment_80509" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ArticleLeSoleil270A.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80509" title="ArticleLeSoleil270A" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ArticleLeSoleil270A-555x807.jpg" alt="" width="555" height="807" /></a><p class="wp-caption-text">Article sur Bob Leguay dans le trimestriel Le Soleil daté du nouvel an 1969.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Mort-rouge.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-80507" title="Mort-rouge" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Mort-rouge-250x180.jpg" alt="" width="250" height="180" /></a>Enfant, le petit Robert se passionne pour la bande dessinée en général, et le genre « cow-boy/indien » en particulier. Sa lecture préférée ? <em>Le Journal de Mickey,</em> lancé en 1934. Il garde également un souvenir vivace de la série « Bronc Peeler »<em>, </em>un western de Fred Harman traduit en France dans les hebdomadaires <em>Aventures </em>et <em>Jumbo </em>: <em>« J’avais été très marqué par l’épisode « La Mort rouge » paru en fascicule à la Sagédition, je crois. » </em><strong>(4)</strong>.</p>
<div id="attachment_80511" class="wp-caption alignright" style="width: 200px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Legay-indien.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-80511" title="Legay indien" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Legay-indien.jpg" alt="" width="190" height="218" /></a><p class="wp-caption-text">Bob Leguay en Indien.</p></div>
<p>Effectivement, même si la SAGE (Société anonyme générale d’édition) ou Sagédition, fondée par l’Italien Ettore Carozzo, est encore à l’époque désignée sous son ancien nom de Librairie Moderne. « La Mort rouge »,<em> </em>reprise sous la forme d’un récit complet à l’italienne (en format oblong, donc), un mode de publication dans lequel excellera plus tard Leguay, fut proposée dans la collection <em>L’Appel de la jungle</em>, en mai 1939. Autre élément déclencheur : <em>« En 1939, je me suis retrouvé à l’hôpital et un copain m’avait découpé des figurines d’indiens. Ça ne m’a jamais lâché »</em>.</p>
<p>Les choses sérieuses commencent en 1946. Robert a alors tout juste vingt ans et officie comme modèle pour un bustier, aux Arts décoratifs de Nice. Le sculpteur, qui a remarqué le talent du jeune homme, lui parle de Publi-Vog, un label niçois.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Vog-Aventure.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80512" title="Vog-Aventure" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Vog-Aventure-555x360.jpg" alt="" width="555" height="360" /></a></p>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/CBD.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-80513" title="CBD" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/CBD-555x793.jpg" alt="" width="155" height="793" /></a>Sises tout d’abord au 14 avenue de la Victoire, puis au 37 avenue du Maréchal Foch, les éditions Publi-Vog poursuivent leurs activités jusqu’au seuil de l’année 1950, date à laquelle son responsable, J.-Ch. Berthe, change de secteur et déménage à Draguignan. Publi-Vog fonctionne de pair avec les éditions de Monte-Carlo, reprises en main par Berthe dans le courant de l’année 1947, publiant bien souvent les mêmes héros et les mêmes collections. Concernant cette salade niçoise, nous renvoyons à la lecture des dossiers consacrés aux éditions de Nice, parus dans la revue <em>Le Collectionneur de bandes dessinées</em> sous la plume de Jean Fourié (du n° 13 au n° 15, de septembre 1978 à janvier 1979).</p>
<p>Celui qui ne signe pas encore Bob, s’y présente : <em>« Je crobardais. J’avais dessiné « Les Deux Trésors », une bande qu’ils ont tout de suite prit. L’éditeur, J.-Ch. Berthe, qui adorait les Westerns, a été séduit par ma manière de dessiner </em><em>“des chapeaux de cow-boys</em><em>”. »</em> C’est une bonne raison !<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Tex-cooper.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80514" title="Tex cooper" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Tex-cooper-555x353.jpg" alt="" width="555" height="353" /></a></p>
<p><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/king-le-vengeur.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-80515" title="king le vengeur" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/king-le-vengeur.jpg" alt="" width="255" height="600" /></a>« King le vengeur »</strong></p>
<p>Un premier récit complet — huit pages dont une couverture — qui en appelle bientôt d’autres, publiés selon l’humeur de l’éditeur au format à l’italienne ou au format à la française. En 1947, Bob Leguay crée ainsi King le vengeur, un héros masqué. L’année suivante, c’est au tour de Garry Kid de voir le jour. Un autre personnage de western, agissant cette fois à visage découvert. Les éditions Impéria, qui ont, quelque temps plus tôt, créé Garry, un héros de la Guerre du Pacifique, dessiné par le grand Félix Molinari (voir <a href="http://bdzoom.com/7815/actualites/deces-de-felix-molinari/">Félix Molinari</a>), sur un scénario de Robba — alias Robert Bagage, le propre directeur des éditions du Siècle-Impéria, à ne pas confondre, évidemment, avec le dessinateur de « Boule et Bill » ! — <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Larry-kid.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-80530" title="Larry kid" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Larry-kid.jpg" alt="" width="192" height="270" /></a>ne l’entendent pas de cette oreille et somment Publi-Vog de revoir leur copie.</p>
<p>Qu’importe, Bob Leguay rebaptise son personnage Larry Kid. Pas de quoi perturber l’ami Bob : <em>« J’étais loin, à l’époque, de penser qu’un jour je travaillerais aussi pour Bagage et sa maison Impéria ».</em></p>
<p>Publi-Vog n’est pas ce qu’on pourrait appeler un éditeur d’avenir : <em>« On dessinait des stocks de fascicules de huit pages en dix jours. C’était de la cavalerie. C’était un petit éditeur qui voulait faire beaucoup. On était sept ou huit Français, tous de la région de Nice. Comme je débutais, je voulais chiader mon dessin, mais les cadences étaient infernales et c’était très mal payé.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buffleagile1948.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-80519" title="buffleagile1948" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/buffleagile1948-555x380.jpg" alt="" width="555" height="380" /></a> J’étais obligé de courir derrière Berthe, autour de son bureau, pour le coincer… Quand on l’avait pris au col, il se décidait à sortir le portefeuille. On en vivait mal, mais on en vivait… Il n’était pas question de feuille de paye ou de quoi que ce soit. »</em></p>
<div id="attachment_80518" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/lesecumeursdearizona1948.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80518" title="lesecumeursdearizona1948" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/lesecumeursdearizona1948-555x425.jpg" alt="" width="555" height="425" /></a><p class="wp-caption-text">Une BD western commencée pour les éditions Publi-Vog, en 1948.</p></div>
<p><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-TIM-AUDACE-1.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-80522" title="ARDAN TIM AUDACE 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-TIM-AUDACE-1.jpg" alt="" width="185" height="532" /></a>« Tim l’Audace »</strong></p>
<p>Bob se dit qu’il serait peut-être temps de changer d’écurie. Chez Publi-Vog, il s’est fait de solides copains avec Raoul et Robert Giordan <strong>(5)</strong>.</p>
<p>Ces derniers qui viennent d’intégrer les éditions Artima, à Tourcoing, lui proposent de reprendre leur personnage de Tim l’Audace, une sorte de Tarzan à la française apparu dès 1947 aux éditions de Monte-Carlo, sur un scénario de Nissan.</p>
<p>Après en avoir conçu un ultime épisode chez l’éditeur tourquennois dans la revue <em>Ardan, </em>les frères lui passent ainsi le flambeau.</p>
<p>Bob le reprend au printemps de l’année 1952. Il le conduira à bon port jusqu’en 1962, totalisant plus d’une centaine d’aventures <strong>(6)</strong>.</p>
<div id="attachment_80520" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Tim-l-audace.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80520" title="Tim-l-audace" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Tim-l-audace-555x747.jpg" alt="" width="555" height="747" /></a><p class="wp-caption-text">Planche originale de « Tim l’Audace » par Bob Leguay.</p></div>
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-1-56.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-80523" title="ARDAN 1 56" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/ARDAN-1-56.jpg" alt="" width="155" height="653" /></a>Las ! En embuscade, la vétilleuse Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence, instaurée dès 1949, n’apprécie guère les exploits du musculeux en slip et suggère, fermement, qu’on le rhabille : <em>« C’était ridicule. Il a fallu le vêtir, lui faire garder des moutons, lui faire faire la classe aux petits noirs. Les revolvers étaient supprimés, les morts étaient gommés. » </em>Et tutti quanti, jusqu’à en écœurer l’artiste qui n’hésite jamais à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte : <em>« J’ai fait de tout : de la pub, du dessin de mode, de la poterie, du décor de cabaret, de restaurant. Tout ça pendant les dix ans de « Tim l’Audace ». »</em></p>
<p>À suivre&#8230;</p>
<div><strong>Patrick GAUMER</strong></div>
<div>Mise en pages : Gilles RATIER</div>
<div>Merci aux sites <a href="http://www.galerienapoleon.com">http://www.galerienapoleon.com</a> et <a href="http://r.leone.free.fr">http://r.leone.free.fr</a>sur lesquels nous avons pris quelques images pour illustrer cet article.</p>
<div id="attachment_80524" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/williamgold.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80524" title="williamgold" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/williamgold-555x804.jpg" alt="" width="555" height="804" /></a><p class="wp-caption-text">Une autre planche originale de Bob Leguay réalisée à l&#39;époque des éditions de Nice.</p></div>
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<p><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Jean-Luc-Legay.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-80525" title="Jean-Luc Legay" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Jean-Luc-Legay-555x917.jpg" alt="" width="115" height="917" /></a>(1) </strong>Il a publié trois ouvrages qui témoignent de son talent : « Perceval », « L’Apocalypse de Jean »<em> </em>et « La Divine Comédie »<em>,</em> tous trois chez Albin Michel. On  lira aussi, à profit, ses « Tracé du maître » et « Le Maître de la lumière », chez Dervy.</p>
</div>
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<p><strong>(2) </strong>Rien à faire, j’ai toujours préféré les gaufrettes populaires aux madeleines bourgeoises.</p>
</div>
<div>
<p><strong>(3) </strong>Les propos de Jean-Luc Leguay sont repris de son ouvrage « Le Maître de la lumière », paru en 2004 chez Albin Michel, et réédité, cinq ans plus tard, chez Dervy.</p>
</div>
<div>
<p><strong>(4) </strong>Les propos de Bob Leguay, recueillis par Louis  Cance et enregistrés par Georges Ramaïoli, sont repris dans la revue d’étude <em>Hop !,</em> n° 50, 3<sup>ème</sup>trimestre 1991.</p>
<div id="attachment_80526" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/hopleguay.jpeg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80526" title="hopleguay" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/hopleguay-555x805.jpg" alt="" width="555" height="805" /></a><p class="wp-caption-text">Première page du dossier Leguay dans Hop ! n° 50.</p></div>
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<p><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Ardan2.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-80528" title="Ardan2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/Ardan2.jpg" alt="" width="135" height="452" /></a>(5) </strong>Les deux frères adoptent la signature commune de R.R. Giordan et se répartissent équitablement le travail.</p>
<p>En règle générale, Robert élabore le scénario, et le découpage se fait en commun ; Raoul se charge des différents crayonnés et de l’encrage des décors ; l’encrage des personnages et le lettrage sont réalisés par Robert. Si certaines histoires, certaines séries sont en fait conçues par un seul d’entre eux, leur paraphe reste le plus souvent inchangé&#8230; témoignant ainsi de leur complicité.</p>
</div>
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<p style="text-align: justify;"><strong>(6) </strong>Dans le mensuel <em>Ardan </em>(du n° 2 au n° 114, de mars 1952 à août 1961), puis dans une revue homonyme (du n° 1 au n° 3, de janvier à mars 1962).</p>
<div id="attachment_80527" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/TIM-AUDACE.jpg" rel="lightbox[80492]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-80527" title="TIM AUDACE" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2014/11/TIM-AUDACE-555x770.jpg" alt="" width="555" height="770" /></a><p class="wp-caption-text">« Tim l&#39;Audace » dans les pockets Aritma.</p></div>
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