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	<title>BDzoom.com &#187; Christophe Cassiau-Haurie</title>
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		<title>Mali : la bande dessinée au point mort…</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2020 22:43:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD voyages]]></category>

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		<description><![CDATA[La sortie en février dernier des « Dogues noirs de l'empire » dessiné par Massiré Tounkara et scénarisé par l’auteur de ces lignes, dans la collection <em>L’Harmattan BD</em>, constitue le premier album individuel d’un dessinateur malien édité en Europe. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour le 9e art issu de ce pays qui fut précurseur en la matière en Afrique de l’Ouest<strong> (1)</strong>. Pourtant, le pays vit une situation dramatique depuis 2012, avec une partie importante du pays occupée par différents mouvements terroristes : ce qui entraîne une partition de facto du territoire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_154090" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Dogues-noirs .jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-154090" title="Dogues noirs " src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Dogues-noirs -555x797.jpg" alt="" width="555" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Une page des « Dogues noirs » dessinée par Massiré Tounkara et scénarisée par Christophe Cassiau-Haurie.</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/100_0405.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154107" title="100_0405" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/100_0405-555x416.jpg" alt="" width="255" height="416" /></a>Cette situation dramatique et déstabilisatrice a un impact sur la vie économique et politique du pays. En revanche, sa production artistique reste inchangée. À Bamako, Ségou ou Sikasso, le nombre de concerts est stable, les galeries d’expositions se font plus présentes, et le nombre d’espaces culturels est en augmentation ou ont rouvert.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/bdbamako_logo.gif" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-154106" title="bdbamako_logo" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/bdbamako_logo.gif" alt="" width="233" height="300" /></a>On peut citer des lieux comme Blomba qui a rouvert après avoir fermé en 2011, Medina, deux galeries de peinture comme Badialan et Anko Art. À tout ceci se rajoutent le centre Mankoro, un projet de galerie soutenu par la fondation Total, la maison des artistes de Bamako, Siif Art et Bamako Art Gallery située à Bako Djicoroni, en banlieue de la capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi étrange que ce soit, cette renaissance artistique n’est pas visible dans la bande dessinée.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/dsc_0164.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154108" title="dsc_0164" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/dsc_0164-555x368.jpg" alt="" width="255" height="368" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant la bande dessinée malienne avait de réels atouts.</p>
<p style="text-align: justify;">Notamment une histoire de l’édition, parmi les plus anciennes du continent (Les Éditions populaires du Mali, créées en 1964, sont les seconds éditeurs créés en Afrique, après les éditions CLÉ à Yaoundé un an plus tôt), et une tradition de production de BD bien ancrée, avec un démarrage du 9<sup>e</sup> art local remontant aux années 1970, des éditeurs <em>« traditionnels »</em> ayant déjà édité de la BD (phénomène rare en Afrique de l’Ouest) et des auteurs de bande dessinée longtemps structurés en une structure dynamique <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn2"><strong>2</strong></a>)</strong>, le CBDB (Centre de la bande dessinée de Bamako).<strong> (<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn3"><strong>3</strong></a>)<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/couv-bd-kays363.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154109" title="couv bd kays363" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/couv-bd-kays363-555x738.jpg" alt="" width="205" height="738" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, le nombre de productions est famélique et se limite à quelques rares titres : quasiment aucun jeune auteur ne se fait particulièrement remarquer depuis au moins dix ans.</p>
<p style="text-align: justify;">La seule exception est la maison d’édition La Sahélienne<strong><span style="color: #000000;"> (<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn4"><span style="color: #000000;">4</span></a>)</span></strong>, créée en 1992, et longtemps spécialisée dans la littérature en langue nationale <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn5"><strong>5</strong></a>)</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2019, elle a publié un bel album en couleurs de Kays intitulé « La Lutte des animaux de la brousse » : histoire inspirée d’un conte traditionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit du quatrième album de Kays — l’un des premiers auteurs de BD du pays — inspiré du patrimoine oral de la région.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Nassoumba-et-le-koro.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154110" title="Nassoumba et le koro" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Nassoumba-et-le-koro-555x763.jpg" alt="" width="205" height="763" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Entre 1997 et 2001, il avait édité trois beaux albums colorisés <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn6"><strong>6</strong></a>) </strong>aux éditions Le Figuier, maison créée par l’écrivain Moussa Konaté : « Nassoumba et le komo », « Comment le lièvre sauva les chèvres »<em> </em>puis « La Revanche du chasseur ». Ce dernier ouvrage en couleurs s’appuyait déjà sur un conte mêlant personnages humains et animaux et où le lièvre jouait un rôle important pour sauver ses amies les chèvres. Le premier ouvrage abordait un sujet original, à savoir la transgression par une jeune fille de l’interdiction pour une femme de regarder le <em>komo</em> <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn7"><strong>7</strong></a>)</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Couv-comment-le-lièvre-sauva-les-chèvres.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154111" title="Couv comment le lièvre sauva les chèvres" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Couv-comment-le-lièvre-sauva-les-chèvres-555x795.jpg" alt="" width="205" height="795" /></a>« La Lutte des animaux de la brousse » raconte l’histoire de l’hyène, animal symbole de la naïveté, de la gourmandise et de la paresse en Afrique de l’Ouest. Celle-ci veut participer à un tournoi de lutte se déroulant dans la brousse, car le trophée se mange ! Décidée, Hyène veut aller lutter contre n’importe quel animal pour gagner de quoi manger. En effet, depuis quelque temps, sa chasse est infructueuse et ce tournoi est sa dernière chance pour ne pas mourir de faim. Son ami Lièvre va l’accompagner. Le voyage dans la jungle en compagnie de nos amis va se révéler plein de surprises et d’humour.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Sidako.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154116" title="Sidako" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Sidako-555x796.jpg" alt="" width="205" height="796" /></a>Il ne s’agit pas de la première incursion de l’éditeur dans le 9<sup>e</sup> art, puisqu’en 1996 La Sahélienne avait déjà publié « Sidako » de Bréhima Oulalé (scénario) et Mamadou Koumaré (dessins) : BD-restitution d’une enquête menée autour de <em>« l’adolescence face à la sexualité »</em>, en juillet 1994.</p>
<p style="text-align: justify;">« La Lutte des animaux de la brousse » est l’unique album publié dans le pays au cours des cinq dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">La visibilité de la bande dessinée dans le pays se cantonne à des revues satiriques.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kèlèkotè-1.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154113" title="Kèlèkotè 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kèlèkotè-1-555x713.jpg" alt="" width="205" height="713" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Kélékoté</em> a compté 96 numéros et a duré de décembre 2013 jusqu’à l’année 2017, diffusé gratuitement. Le titre de ce bimensuel vient d’un extrait du discours d’investiture du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) : « <em>Kélékoté Allah nodo</em><strong> </strong>». <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn8"><strong>8</strong></a>)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Kélékoté</em> a également servi de support à une chaîne YouTube.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kélékoté-2.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154114" title="Kélékoté 2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kélékoté-2-555x737.jpg" alt="" width="205" height="737" /></a>L’unique dessinateur en était Bruno-Léon Koutjman : ancien du Centre de la bande dessinée de Bamako, diplômé de l’Institut National des Arts en 2005 et de l’École des Beaux-Arts de Tétouan <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn9"><strong>9</strong></a>) </strong>en 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs séries de <em>strips </em>humoristiques étaient récurrentes dans le journal : « Yssouf &amp; Sididié », « Kacou, la belle-mère », « Malho », « Affaire Ba », « Tchapalo Boura », « Fatou Wèrè Wèrè », « La Famille Touré ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kèlèkotè-3.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154115" title="Kèlèkotè 3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kèlèkotè-3-555x746.jpg" alt="" width="205" height="746" /></a>Tous ces personnages réunis dans ces histoires constituaient un résumé de la société malienne, des problèmes sociaux rencontrés, et de l’humour avec lequel l’ensemble de la population supporte la situation économique difficile à laquelle elle est confrontée.</p>
<p style="text-align: justify;">Après <em>Kélékoté</em>, Koutjman est devenu l’unique dessinateur de la revue <em>Super Moundy</em> : un magazine de BD pour les enfants de 7 à 15 ans, lancé en novembre 2018, et qui compte à ce jour 22 numéros. Moundy, personnage principal du magazine, est un superhéros doté de superpouvoirs transmis par la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">À travers des aventures extraordinaires, avec la belle Zana et le petit perroquet Moki, ils apportent leurs aides aux enfants et aux populations en difficulté. Ils mènent des actions positives, sensibilisent et incitent les jeunes à œuvrer pour le développement de leur communauté.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42941421_261130438077289_4073181549976092672_o.png" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-154117" title="42941421_261130438077289_4073181549976092672_o" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42941421_261130438077289_4073181549976092672_o-555x416.png" alt="" width="555" height="416" /></a> Le projet est financé par la représentation des Nations Unies. Il a pour objectif de sensibiliser la jeunesse à l’agenda 2030 de l’ONU qui lance une série d’objectifs ambitieux pour le développement durable visant à mettre fin à l’extrême pauvreté, à lutter contre les inégalités et l’injustice et à régler le problème du changement climatique. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42884428_261192181404448_9183064455976583168_o.png" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-154118" title="42884428_261192181404448_9183064455976583168_o" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42884428_261192181404448_9183064455976583168_o-555x417.png" alt="" width="555" height="417" /></a></p>
<div id="attachment_154119" class="wp-caption alignleft" style="width: 315px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Koutjman-2.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-154119  " title="Koutjman 2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Koutjman-2-555x459.jpg" alt="" width="305" height="459" /></a><p class="wp-caption-text">Projet de Koutjman.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Super Moundy </em>est édité par la maison d’édition Seyna, que dirige Georges Foli : ancien membre du CBDB.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, depuis plusieurs années, Koutjman prépare la sortie d’une autre revue satirique, <em>Juma Yéléko</em> (traduction : <em>L’Humour du vendredi</em>), toujours avec le soutien de Georges Foli.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, on peut aussi citer l’hebdomadaire satirique, <em>Le Canard déchaîné</em>, actif depuis 2001 et qui compte un<em> strip</em> dessiné par Mad à chaque numéro : « Canardage ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est à peu près tout, hormis les travaux de commande pour des ONG ou des organismes internationaux.</p>
<div id="attachment_154234" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/unnamed-21.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-154234" title="unnamed-2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/unnamed-21-555x372.jpg" alt="" width="555" height="372" /></a><p class="wp-caption-text">« Canardage » par Mad, dans Le Canard déchaîné.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette situation quelque peu désespérante est accentuée par la rareté des manifestations littéraires et la quasi-impossibilité pour les auteurs et éditeurs d’y faire la promotion de leur travail.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Affiche-3ème-Salon-de-BB-de-Bamako-2009.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154120" title="Affiche 3ème Salon de BB de Bamako 2009" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Affiche-3ème-Salon-de-BB-de-Bamako-2009-555x818.jpg" alt="" width="255" height="818" /></a>Il est vrai que la situation de la bande dessinée peut apparaître différente.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, plusieurs années après la Salon de la bande dessinée de Bamako (organisé par le CBDB) qui avait connu trois éditions <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn10"><strong>10</strong></a>)</strong>, dont la dernière en 2009, un nouvel évènement est organisé autour de la BD : le FESCAB.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce festival de la caricature et de la bande dessinée de Bamako a connu, entre le 27 et le 29 février 2020, la dernière de ces trois éditions, juste avant la crise du coronavirus. Son directeur, Adaman Diongo <strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftn11"><strong>11</strong></a>)</strong>, cherche à promouvoir l’industrie culturelle et en particulier les arts graphiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si le public répond présent (en particulier scolaire), les ventes-dédicaces sont rares du fait de la rareté des œuvres présentées.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, en butte à la crise économique et politique, comme la majorité de leurs concitoyens, les dessinateurs maliens ne survivent que grâce à des travaux alimentaires et de commande. Les projets personnels ont quasiment disparu ou restent dans les tiroirs : l’heure n’est plus à la diffusion d’albums commerciaux. Il faudra sans doute du temps — et surtout le retour de la paix et de l’unité — pour que toute la filière BD soit reconstituée et que celle-ci reprenne toute sa place dans la vie artistique du pays.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Affiche-KLK-Def.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154121" title="Affiche KLK Def" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Affiche-KLK-Def-555x784.jpg" alt="" width="205" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n’est que l’un des très nombreux problèmes auquel est confronté le Mali, et sans doute pas le plus important…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<strong>1</strong>)</strong> Pour les lecteurs que cela intéresse, ci-joint trois articles sur l’histoire de la BD malienne et publiés à des époques différentes :</p>
<p>2010 : <a href="http://africultures.com/breve-histoire-de-la-bande-dessinee-au-mali-9821/">http://africultures.com/breve-histoire-de-la-bande-dessinee-au-mali-9821/</a>.</p>
<p>2011 : <a href="http://bdzoom.com/8372/actualites/histoire-de-la-bande-dessinee-malienne/">http://bdzoom.com/8372/actualites/histoire-de-la-bande-dessinee-malienne/</a>.</p>
<p>2017 : <a href="http://africultures.com/bande-dessinee-mali/">http://africultures.com/bande-dessinee-mali/</a>.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kélékoté-36.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignright size-large wp-image-154122" title="Kélékoté 36" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Kélékoté-36-555x750.jpg" alt="" width="205" height="750" /></a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<strong>2</strong>) </strong>On peut lire des entretiens avec certains d’entre eux sur les sites <em>Africultures </em>et <em>BDZoom.com</em> :</p>
<p>Massiré Tounkara : <a href="http://bdzoom.com/7579/interviews/interview-de-massire-tounkara-mali/">http://bdzoom.com/7579/interviews/interview-de-massire-tounkara-mali/</a>,</p>
<p>Kays : <a href="http://afribd.africultures.com/article.php?no=13404">http://afribd.africultures.com/article.php?no=13404</a>,</p>
<p>Mok (aujourd’hui décédé) : <a href="http://afribd.africultures.com/article.php?no=13418">http://afribd.africultures.com/article.php?no=13418</a>,</p>
<p>Mad : <a href="http://afribd.africultures.com/article.php?no=13392">http://afribd.africultures.com/article.php?no=13392</a>,</p>
<p>Julien Batandéo : <a href="http://afribd.africultures.com/article.php?no=13396">http://afribd.africultures.com/article.php?no=13396</a>.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42965197_261010128089320_4118794132724383744_o.png" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="alignleft size-large wp-image-154123" title="42965197_261010128089320_4118794132724383744_o" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42965197_261010128089320_4118794132724383744_o-555x785.png" alt="" width="205" height="785" /></a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<strong>3</strong>) </strong>Dont les activités sont à l’arrêt depuis 2011.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong><span style="color: #000000;">(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftnref4"><span style="color: #000000;">4</span></a>)</span> </strong>Adresse de leur site : <a href="http://editionslasahelienne.net/">http://editionslasahelienne.net/</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftnref5">5</a>) </strong>Au Mali, une partie de la population est alphabétisée en langue nationale et plusieurs de celles-ci restent langue d’apprentissage par la suite (en particulier le bambara, mais aussi le tamasheq, le peul, le songhaï, etc.), concomitamment avec le français.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftnref6">6</a>)</span></strong></span> Les couleurs étaient de Aly Zoromé : autre auteur de BD malien.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftnref7">7</a>)</span> </span></strong><span style="color: #000000;">I</span>l s’agit d’un masque qui représente l’ancêtre dans la cosmogonie bambara.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">(<a title="" href="applewebdata://4FFDB102-460F-4EFB-B4BC-C7F344FD8599#_ftnref8">8</a>)</span></span></strong> Traduction : « <em>Ce n’est pas la guerre, c’est un souhait du bon Dieu ».</em></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<strong>9</strong>) </strong>Seule école de formation artistique du continent ayant une section bande dessinée.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42568169_258283661695300_6081101433988448256_n.png" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-154124" title="42568169_258283661695300_6081101433988448256_n" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/42568169_258283661695300_6081101433988448256_n-555x205.png" alt="" width="555" height="205" /></a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>(<strong>10</strong>) </strong>À noter que la 6<sup>e</sup> édition de Kalan Kadi (festival de littérature de jeunesse de Bamako), en avril 2016, avait pour thème principal la bande dessinée.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><strong>(<strong>11</strong>) </strong>Bruno-Léon Koutjman a participé à la création de ce festival.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Couverture-finale-des-dogues-noirs-9-octobre-2019.jpg" rel="lightbox[154085]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-154125" title="Couverture finale des dogues noirs  - 9 octobre 2019" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2020/04/Couverture-finale-des-dogues-noirs-9-octobre-2019-555x396.jpg" alt="" width="555" height="396" /></a></p>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La BD au Maroc : en attente de lecteurs&#8230; (deuxième et dernière partie)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/115826/patrimoine/la-bd-au-maroc-en-attente-de-lecteurs-deuxieme-et-derniere-partie/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Jun 2017 22:32:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite et fin d'un article très documenté qui fait le point sur la production de bandes dessinées au Maroc : un territoire peu exploité par les théoriciens du 9e art !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Omar-Ennaciri-BD-LE-DEFI-2016.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115855" title="Omar Ennaciri, BD LE DEFI 2016" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Omar-Ennaciri-BD-LE-DEFI-2016.jpg" alt="" width="255" height="1408" /></a>Depuis quelques années, le ministère de la Culture subventionne des projets de bande dessinée et d’animation à travers un programme de soutien à la création culturelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs albums ont, de ce fait, vu le jour au cours des années 2015 et 2016 : « Le Guide casablancais » (Rebel Spirit productions), album bilingue de Mohammed Amine Bellaoui sur le quotidien à Casablanca<strong> <a title="" href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></strong>, « Taht Sifr » de Zakaria Tmalah, « Aicha et le chat de son père » (en 2015, album bilingue également) de Said Nali (coscénarisé par Zakaria El Amrani) et enfin « Agadir Oufalla » de Khalid Daoudi, entièrement en langue arabe.</p>
<p style="text-align: justify;">            En 2017, sont sortis également « Ighraa al a3ali » de Zakaria Tmalah et « Vaudou » de Hicham Lasri, chez le Fennec.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres projets ont bénéficié de soutiens financiers, mais n’ont pas encore fait l’objet de publications : « Le Défi » d’Omar Ennaceri, « Générosité » de Issam Elasri, « La Victoire sacrée » de Houda El Arabi, « L’Aigle du Sahara » de Hicham Absa, « J’aime pas le foot » d’Omar Ait Skou Zaid, « Shama » de Mariam Lakhdar, « Le Prince noir » de Ismail Oulhaj Alla,</p>
<div id="attachment_115978" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/LE-PRINCE-NOIR-de-Ismail-Oulhaj-ALLa-3.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115978" title="LE-PRINCE-NOIR-de-Ismail-Oulhaj-ALLa-3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/LE-PRINCE-NOIR-de-Ismail-Oulhaj-ALLa-3.jpg" alt="" width="1500" height="1975" /></a><p class="wp-caption-text">« Le Prince noir » de Ismail Oulhaj Alla.</p></div>
<p style="text-align: justify;">« Ghoula » de Sami Ameur, « Kawarit » de Mohamed Oulmoumen, « Vendeur d’eau entre hier et aujourd’hui » de Abdellatif El Ayyadi, « Errabta » de Youssef Ouazzani Thami, « Ser fer » de Nadir Elarraoui, « Zroods » de Jihad Eliassa&#8230; Certains de ces projets sont en darija.</p>
<div id="attachment_115854" class="wp-caption aligncenter" style="width: 531px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/JihadEliassa3.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115854" title="JihadEliassa3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/JihadEliassa3.jpg" alt="" width="521" height="766" /></a><p class="wp-caption-text">« Zroods » de Jihad Eliassa.</p></div>
<p style="text-align: justify;">            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MAROC-tetouan.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115856" title="MAROC-tetouan" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MAROC-tetouan.jpg" alt="" width="255" height="1600" /></a>Il y a également des démarches individuelles comme celle de Saïd Oumolou. Celui-ci propose à ses lecteurs de dessiner sous forme de BD, les histoires qu’ils imaginent et de les diffuser sous la forme d’une revue en noir et blanc nommée <em>En-BD</em>, dont le premier numéro est sorti en mars 2016 au prix de 10 dirhams.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’INBA de Tétouan : la seule formation en bande dessinée d’Afrique francophone.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            En 2000, un département Bande dessinée a été mis en place à l’INBA (Institut national des Beaux-Arts de Tétouan) dans le cadre de la coopération entre le ministère de la Culture et la délégation Wallonie-Bruxelles à Rabat. La première promotion, constituée de sept étudiants (dont Saïd Nali, futur professeur à l’INBA et responsable du Festival de Bd de Tétouan) sort en 2003. Les promotions suivantes n’en auront pas plus.</p>
<p style="text-align: justify;">            La région Wallonie-Bruxelles, via son agence de coopération l’APEFE, envoie un enseignant les quatre premières années. Le premier fut Denis Larue (précédemment professeur à l’École supérieure des Arts de Saint Luc<strong> </strong>– Bruxelles) actif de 2000 à 2002, qui pilotera le premier numéro de la revue <em>Chouf</em>. Il fut suivi par Renaud de Heyn (2002 – 2004), qui contribua à l’organisation de la première édition du festival. En 2005, Saïd Nali, lauréat de la première promotion, succédera à ce dernier comme professeur de bande dessinée et de composition.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/bullesenville.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115857" title="bullesenville" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/bullesenville.jpg" alt="" width="1006" height="805" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            D’autres auteurs viendront animer des stages : Stephen Desberg, Marianne Duvivier, Antonio Cossu. Le français Cédric Liano y enseignera également durant un an.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/FEstivalCASABLANCA.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115858" title="FEstivalCASABLANCA" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/FEstivalCASABLANCA.jpg" alt="" width="255" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            De 2003 à 2016, ce ne sont pas moins de 65 jeunes Marocains qui ont été formés aux techniques de la bande dessinée. Cependant, pour différentes raisons, peu d’entre eux concrétiseront leur passion en publiant un album, individuel ou collectif.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le festival de bandes dessinées de Tétouan, organisé par l’Institut National des Beaux Arts, est né en 2004. Il a fêté en 2016 sa 10<sup>ème</sup> édition<strong> <a title="" href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a></strong>. Près de 70 auteurs y ont été invités, aussi bien de France (une quinzaine dont Tehem, Edmond Baudoin, Fabien Rypert…), d’Espagne (une dizaine), de Belgique (sept), d’Égypte, de RDC, du Cameroun, de Suisse, du Sénégal, Liban, Tunisie et bien évidemment du Maroc (1/3 des participants) <span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftn3"><span style="color: #000000;">[3]</span></a></strong></span>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">            Chaque année, un concours de projets y est organisé. En 2016, les lauréats étaient Sara Naji, Omar Ennaciri et Ismail Oulhaj Alla. D’autres Festivals ont vu le jour à travers le pays (Kénitra, Fès, Rabat), mais n’ont pas eu autant de longévité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y eut même en novembre 2016 le lancement d’un premier festival de bandes dessinées organisé à travers ses huit antennes par l’Institut français du Maroc.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MArocsiteCHOUF.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115887" title="MArocsiteCHOUF" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MArocsiteCHOUF.jpg" alt="" width="967" height="571" /></a><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MAROCFestival-International-de-la-Bande-Dessinée-de-Tétouan.gif" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115861" title="MAROCFestival-International-de-la-Bande-Dessinée-de-Tétouan" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/MAROCFestival-International-de-la-Bande-Dessinée-de-Tétouan.gif" alt="" width="255" height="1181" /></a>La difficile existence des revues spécialisées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            En dehors de la tentative quasi mort-née de <em>Bled’Art</em>, d’autres revues BD ont émergé dans le paysage éditorial marocain.</p>
<p style="text-align: justify;">            Auparavant, de 1996 à 1998, une revue bimestrielle éducative arabophone, <em>El Safina</em> (<em>Le Bateau</em>), proposait des planches de BD pour ses jeunes lecteurs. Le dessinateur en était Zakariah Asfraoui (« Les Rêves de Katkout »).</p>
<p style="text-align: justify;">            En 2002, avec le soutien – on l’a vu – de Denis Larue, les étudiants de l’Institut royal des beaux-arts de Tétouan créent l’association <em>Chouf </em><a title="" href="#_ftn4"><strong><strong>[4]</strong></strong></a><strong> </strong>et publient leurs travaux au sein du magazine du même nom. Celui-ci a connu quatre numéros à ce jour, les trois premiers en 2002, 2003 et 2004, le dernier en 2013.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-tetouan-2014.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115860" title="affiche tetouan 2014" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-tetouan-2014.jpg" alt="" width="255" height="1347" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Le magazine est constitué d’histoires courtes réalisées par des étudiants et lauréats de la filière. Le premier numéro contenait sept histoires d’Iman Douayou (« Sardino »), Rachid Belfkih (né en 1978 — « Le Parcours »), Nourddin Bouali (né en 1972 — « Identité »), Saed Tirizit (né en 1976 — « La Vengeance »), Mohamed Kharkhour (né en 1980 — « Le Destin »), Lamisse Khairat (né en 1981 — « Drôle de mouton ») et Said Nali (né en 1980 — « La Récolte d’Ayachi »).</p>
<p style="text-align: justify;">            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-2015-le-final.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115862" title="affiche-2015-le-final" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-2015-le-final.jpg" alt="" width="255" height="1600" /></a>Le second numéro, paru l’année suivante, était encore plus copieux puisqu’il contenait dix histoires et 68 planches.</p>
<p style="text-align: justify;">On y retrouvait Said Nali (« Lotto »), Mohamed Kharkhour (« Malake »), Lamisse Khairat (« La Brebis rêvée »), Rachid Belfkih (« Le Rêve du flûtiste »), Nourddin Bouali (« Le Scénario »), Saed Tirizit (« La Carte des secrets ») déjà présents dans le premier numéro, mais aussi Redouane Hammouchi (né en 1978 — « Le Monstre du volcan »), Ahmed Rouissa (né en 1976 — « Monstre d’aujourd’hui »), Rafik El Makouef (né en 1974 — « Rencontres »), Samir El Kaoukabi (né en 1974 — « Moustache de chien »).</p>
<p style="text-align: justify;">            Quelques années après, ils récidivèrent avec un fanzine en ligne, <em>Livre</em>, qui connut deux numéros sur Internet avant de s’arrêter.</p>
<div id="attachment_115979" class="wp-caption aligncenter" style="width: 765px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/livre02-Maroc-263.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115979" title="livre02-Maroc-263" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/livre02-Maroc-263.jpg" alt="" width="755" height="1152" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait du n° 2 de Livre.</p></div>
<p style="text-align: justify;">            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-Forum-BD-Tétouan-2017-blog.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115864" title="affiche Forum BD Tétouan 2017 blog" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/affiche-Forum-BD-Tétouan-2017-blog.jpg" alt="" width="255" height="1600" /></a>En 2009 paraît <em>BédoMag :</em> magazine satirique de BD entièrement gratuit et diffusé à 20 000 exemplaires à Casablanca <strong><a title="" href="#_ftn5"><strong>[5]</strong></a></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dirigé par Abdou Slaoui <strong><a title="" href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></strong>, dessiné par Louis Hugue Jacquin, Hassan Kadiri, Mehdi Laâboudi et Hamza Chaoui, <em>BédoMag</em> développait un style proche de <em>Fluide glacial</em>. Financé entièrement par la publicité, le magazine s’arrêtera après trois numéros.<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>            Skefkef</em>, dernier magazine de BD paru dans le pays, a sorti, en octobre 2013, son premier numéro<strong> <a title="" href="#_ftn7"><strong>[7]</strong></a></strong>. Il faisait suite à un atelier dirigé par Mohamed Shennawy, le fondateur de la revue égyptienne <em>Tok tok</em>. Y participent Bouchra El Ghoul, Salah Malouli, Mehdi Anassi, Normal et beaucoup d’autres graphistes du royaume comme Zineb Benjelloun <strong><a title="" href="#_ftn8"><strong>[8]</strong></a></strong>.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/skefkef-1-1-638.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115865" title="skefkef-1-1-638" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/skefkef-1-1-638.jpg" alt="" width="255" height="894" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">            Le collectif fait partie de la mouvance artistique casablancaise L’boulevard, dont le centre névralgique se trouve aux anciens abattoirs de la capitale économique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce numéro sera suivi de six autres par la suite<strong> <a title="" href="#_ftn9"><strong>[9]</strong></a></strong>, avec à chaque fois un retentissement de plus en plus important du fait de l’utilisation du darija, d’un langage cru et leur proximité avec les nouvelles cultures urbaines émergeant dans le royaume. En ce sens, <em>Skefkef </em>se rapproche d’autres revues indépendantes comme <em>Lab 619</em> (Tunisie), <em>Tok tok </em>(Égypte) et <em>Samandal </em>(Liban).</p>
<p style="text-align: justify;">            En mai 2016, Khalid Gueddar (né en 1975) lance une revue satirique intitulée <em>Baboubi</em> (<em>Le Chien</em>). En dehors de caricatures et dessins de presse, cette revue propose une série BD, « Halouma », sur une page.</p>
<div id="attachment_115868" class="wp-caption aligncenter" style="width: 778px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/le-marocain-khalid-gueddar.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115868" title="le-marocain-khalid-gueddar" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/le-marocain-khalid-gueddar.jpg" alt="" width="768" height="384" /></a><p class="wp-caption-text">Khalid Gueddar.</p></div>
<div id="attachment_115889" class="wp-caption alignleft" style="width: 365px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/M6-l’homme-qui-ne-voulait-plus-être-roi.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115889 " title="M6, l’homme qui ne voulait plus être roi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/M6-l’homme-qui-ne-voulait-plus-être-roi.jpg" alt="" width="355" height="627" /></a><p class="wp-caption-text">« Mommamed VI, l’homme qui ne voulait plus être roi »</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs marocains ont également utilisé le support numérique pour diffuser leurs travaux. Avant « Baboubi », de 2006 à 2010, Khalid Gueddar publiait la série « Mommamed VI, l’homme qui ne voulait<em> </em>plus être roi »<em> </em>sur le site français <em>Bakchich</em>, au grand dam des autorités marocaines.</p>
<p style="text-align: justify;">            Sa famille au Maroc a été inquiétée par la police locale qui a sommé l’exilé d’interrompre ses activités dans <em>Bakchich</em> sous peine de représailles. Il retourne au Maroc en 2008 et poursuit là-bas son travail de critique de la société marocaine.</p>
<p style="text-align: justify;">            En 2012, il fait l’objet d’une nouvelle inculpation de la part du tribunal de première instance de Casablanca pour avoir caricaturé un cousin du roi, Moulay Ismaíl, dans le quotidien marocain <em>Akhbar Al Yaoum</em>. Gueddar et son directeur sont accusés « <em>d’outrage au drapeau</em> » ainsi que « <em>manquement au respect dû à la famille royale</em> » et condamnés à trois ans de prison avec sursis. Il a été encore dernièrement de nouveau embêté par le pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">            De 2012 à 2014, le dessinateur Hicham Habchi (Pyroow) et le scénariste Mehdi Yassire (Koman) ont diffusé sur Facebook et twitter, « Ramadan Hardcore »<strong> <a title="" href="#_ftn10"><strong>[10]</strong></a></strong>, une BD hebdomadaire qui illustrait des situations humoristiques inspirées du vécu quotidien pendant le mois de ramadan. Entièrement en Darija, suivi par près de 2 000 fans, cette série mettait en scène les personnages emblématiques des réseaux sociaux marocains tels que Bouzebal, Le Prasson et surtout Miloud.</p>
<div id="attachment_115890" class="wp-caption aligncenter" style="width: 689px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Ramadan-Hardcore-.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115890" title="Ramadan Hardcore" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Ramadan-Hardcore-.jpg" alt="" width="679" height="960" /></a><p class="wp-caption-text">« Ramadan Hardcore ».</p></div>
<div id="attachment_115891" class="wp-caption alignright" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Blad-l7egra.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115891 " title="Blad l7egra" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Blad-l7egra.jpg" alt="" width="255" height="1122" /></a><p class="wp-caption-text">Blad l7égra.</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’édition 2015 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a lancé un concours « Révélation blog » <a title="" href="#_ftn11"><strong><strong>[11]</strong></strong></a>. L’un des 30 finalistes était un marocain, auteur et animateur du <a href="http://bonnetduforme.blogspot.com/">blog Bonnet du forme</a><strong> <a title="" href="#_ftn12"><strong>[12]</strong></a> </strong>préférant garder l’anonymat.</p>
<p style="text-align: justify;">            On peut aussi trouver des blogs et sites ici et là comme <em>Blad l7égra</em><span style="color: #000000;"><strong> <a title="" href="#_ftn13"><span style="color: #000000;">[13]</span></a></strong></span>.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2016, l’association Racines a publié trois BD sur Internet afin de sensibiliser la jeunesse à la vie politique et au vote : « Kalboub Yacoute et le parlement » <a title="" href="#_ftn14"><strong><strong>[14]</strong></strong></a>, « Nouafal et la commune » <a title="" href="#_ftn15"><strong><strong>[15]</strong></strong></a><strong> </strong>et « Aladdin et le berrad régional »<span style="color: #000000;"> <strong><a title="" href="#_ftn16"><span style="color: #000000;">[16]</span></a></strong></span>. Toutes étaient dessinées par la jeune Zainab Fasiki <a title="" href="#_ftn17"><strong><strong>[17]</strong></strong></a><strong> </strong>et scénarisées par Mohamed Rahmo.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les MRE </strong><a title="" href="#_ftn18"><strong><strong>[18]</strong></strong></a><strong> de la BD</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            À l’étranger, quelques professionnels marocains se sont fait remarquer dans le milieu de la bande dessinée. On peut citer Youssef Daoudi, ancien caricaturiste, sous le nom de Yozip au milieu des années 1990, qui quitte son travail dans une agence de publicité pour commencer une carrière dans le 9<sup>e</sup> art.</p>
<p style="text-align: justify;">            Avec le scénariste français Philippe Bonifay, il entreprend les trois tomes de « La Trilogie noire » de Léo Malet (éditions Casterman) : « La Vie est dégueulasse » (2005), « Le Soleil n’est pas pour nous » (2006) et « Sueur aux tripes » (2007).</p>
<div id="attachment_115892" class="wp-caption aligncenter" style="width: 520px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/daoudi-trilogie.gif" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115892 " title="daoudi-trilogie" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/daoudi-trilogie.gif" alt="" width="510" height="344" /></a><p class="wp-caption-text">Dédicace pour « La Trilogie noire ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/La-trilogie-noire.jpeg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115893" title="La trilogie noire" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/La-trilogie-noire.jpeg" alt="" width="155" height="3900" /></a>La trilogie</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Daoudi-trilogie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, il dessine les deux tomes de la série « Mayday », un thriller sur les accidents aériens (« Air danger » et « Dernier Cargo »), suivi de deux <em>one-sho</em>t : « Ring », qui se passe dans le milieu de la course automobile et « Tripoli », ouvrage revenant sur un épisode méconnu de la Première Guerre barbaresque opposant les États-Unis à des états du Maghreb au début du XIX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">            Installé en France, il était auparavant dessinateur de presse pour <em>La Vie économique</em>, de 1995 à 1997, sous le nom de Yozip, et avait également travaillé dans une agence de publicité.</p>
<div id="attachment_115894" class="wp-caption aligncenter" style="width: 910px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/daoudi-la-trilogie-noire.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115894" title="daoudi-la-trilogie-noire" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/daoudi-la-trilogie-noire.jpg" alt="" width="900" height="1234" /></a><p class="wp-caption-text">Une planche originale de « La Trilogie noire ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">            <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/chroniquesdecentrum03.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115895" title="chroniquesdecentrum03" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/chroniquesdecentrum03.jpg" alt="" width="155" height="563" /></a>Le Français d’origine marocaine Afif Khaled (né à Tanger) est installé à Angoulême, depuis 1997. Diplômé de l’École des Beaux-Arts en 2000, il est embauché dans une société de jeux vidéo pour téléphone portable, comme illustrateur et animateur pour site web. En 2001, il illustre avec Jean-Pierre Andrevon une bande dessinée dans le mensuel<em> KOG</em> (« L’Encre monde »). Il travaille également avec le collectif Angoumoisin, <em>Choco Creed</em>, et participe au 2e et 3e numéro sortis en 2003 et janvier 2004. Il publie entre 2005 et 2007 les trois tomes des « Chroniques de Centrum » (Soleil édition), adaptation du roman de Jean Pierre Andrevon, « Le Travail du Furet à l’intérieur du poulailler » (paru en 1983) qui en assuré le scénario. Il a également dessiné le tome 8 de la série « Kookaburra Universe », toujours chez Soleil : « Le Dernier Vol de l’enclume » (2007). Par la suite, Afif dessinera le tome 3 de la série « Spyder » (« Dragon céleste », 2008), les deux albums de la série « Illimité » (2012, 2013 – Soleil productions), « Jack Black » (2012 – Soleil productions), « Pacific invasion », tome 2 des « Divisions de fer » (2014).</p>
<div id="attachment_115899" class="wp-caption aligncenter" style="width: 810px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Pacific-invasion.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115899" title="Pacific invasion" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Pacific-invasion.jpg" alt="" width="800" height="1111" /></a><p class="wp-caption-text">« Pacific invasion ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">            Mehdi Cheggour, ancien élève de l’ESAV de Marrakech, a sorti en 2017, aux éditions françaises Ankama, l’ébouriffant album « Enormous ».</p>
<div id="attachment_115908" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1290px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Enormous-.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115908" title="Enormous" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Enormous-.jpg" alt="" width="1280" height="1935" /></a><p class="wp-caption-text">« Enormous ».</p></div>
<div id="attachment_115912" class="wp-caption alignleft" style="width: 265px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/amazigh.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115912 " title="amazigh" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/amazigh.jpg" alt="" width="255" height="535" /></a><p class="wp-caption-text">« Amazigh ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les auteurs étrangers qui ont séjourné au Maroc et qui en ont été influencés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Certains dessinateurs européens ayant travaillé à l’INBA reviendront de leur séjour sur place avec un album se déroulant au Maroc : Denis Larue avec « La Maison d’éther » qui parle des disparitions durant les années de plomb (en 2009 chez Futuropolis, avec l’aide au scénario de Christian Durieux), Renaud de Heyn avec « Soraïa » (2012 chez Casterman) qui traite de ce nouvel esclavage que constitue la vente des enfants de la campagne aux familles aisées des milieux urbains, Cédric Liano avec « Amazigh » (en 2014, chez Steinkis), album sur l’expérience vécue par l’artiste Mohamed Arejdal lors de sa tentative de traversée de la Méditerranée.</p>
<p style="text-align: justify;">            En dehors de Hergé (l’aventure deTintin « Le Crabe aux pinces d’or »), d’autres auteurs ont publié des albums se déroulant au Maroc. C’est le cas de Daphné Collignon, auteur de « Cœlacanthes » (2 tomes) et de « Le Rêve de pierres » (avec Isabelle Dethan, aux éditions Vents d’Ouest) qui a été quelques années professeur à l’ESAV de Marrakech avec « Sirène » aux éditions Dupuis (en 2013) et de Patrick Morin a décroché le premier prix Jeune Talent au dernier festival d’Angoulême avec une BD humoristique sur le Maroc qu’il connaît bien.</p>
<div id="attachment_115914" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1118px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/sirene.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115914" title="sirene" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/sirene.jpg" alt="" width="1108" height="1600" /></a><p class="wp-caption-text">« Sirène ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">            Michel Plessix a séjourné plusieurs années près d’Essaouira. Cela se ressent beaucoup dans sa série, « Le Vent dans les sables ». Enfin, plus récemment, on remarquera la sortie en mars 2017 de « Morocco Jazz » de Julie Ricossé (voir <a href="http://bdzoom.com/112845/bd-de-la-semaine/%C7-morocco-jazz-%C8-par-julie-ricosse/">« Morocco Jazz » par Julie Ricossé</a>).<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/9782749307978-L.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115913" title="9782749307978-L" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/9782749307978-L.jpg" alt="" width="255" height="367" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les talents existent, les envies ne manquent pas. Certains éditeurs comme Nouiga aimeraient publier plus de BD, mais l’absence de marché réel freine tout développement prévisible du 9<sup>e</sup> art dans le pays. La situation de l’édition de littérature classique ou jeunesse n’est guère plus enviable, les librairies disparaissent les unes après les autres et il y a peu de bibliothèques. La distribution et la diffusion des livres sont l’objet d’un quasi-monopole. La solution passerait sans doute par la production d’ouvrages bon marché, à couverture souple, diffusés hors des réseaux traditionnels du livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet article a bénéficié de l’apport sympathique et précieux de Jean François Chanson, Amine Hamma et Choubeila Abassi.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Le tome 2 doit sortir durant le premier semestre 2017.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Il n’y eut pas d’édition en 2009, 2001 et 2013.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> À l’occasion de l’édition 2015, l’INBA a édité un ouvrage intitulé « 15 ans de bande dessinée à Tétouan », lequel donne des renseignements très utiles sur l’histoire récente du 9<sup>e</sup> art dans le pays.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/concours-BD.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115883" title="concours BD" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/concours-BD.jpg" alt="" width="1059" height="1497" /></a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Cf. leur blog : <a href="http://chouflabd.blogspot.fr/">http://chouflabd.blogspot.fr/</a> et leur page Facebook : <a href="https://www.facebook.com/LA-BD-MAROCAINE-Association-Chouf-%5F%5F%5F%5F%5F-%5F%5F%5F-144108628991969/">https://www.facebook.com/LA-BD-MAROCAINE-Association-Chouf-جمعية-شوف-144108628991969/</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/histoiredumaroc03.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115881" title="histoiredumaroc03" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/histoiredumaroc03.jpg" alt="" width="255" height="500" /></a><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Voir un article dans <em>Jeune Afrique s</em>ur ce magazine : <a href="http://www.jeuneafrique.com/202833/culture/un-fanzine-made-in-morocco/">http://www.jeuneafrique.com/202833/culture/un-fanzine-made-in-morocco/</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> Ci-joint une interview d’Abdou Slaoui expliquant les conditions dans lesquelles <em>BédoMag </em>a été créé : <a href="http://yawatani.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4956:bedo-la-bd-marocaine-se-dessine-des-lettres-de-noblesse&amp;catid=48:livres&amp;Itemid=23">http://yawatani.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4956:bedo-la-bd-marocaine-se-dessine-des-lettres-de-noblesse&amp;catid=48:livres&amp;Itemid=23</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref7">[7]</a> Voir <a href="http://telquel.ma/2014/12/11/skefkef-bd-moque-maux-de-la-societe_1426006">http://telquel.ma/2014/12/11/skefkef-bd-moque-maux-de-la-societe_1426006</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref8">[8]</a> Qui est également présent dans la revue libanaise de BD, <em>Samandal</em>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref9">[9]</a> Le n°7 est sorti en février 2017.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref10">[10]</a> Voir <a href="https://www.facebook.com/RamadanHardcore">https://www.facebook.com/RamadanHardcore</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref11">[11]</a> <a href="http://www.huffpostmaghreb.com/2014/12/27/bd-maroc-bonnet-du-forme_n_6384308.html">http://www.huffpostmaghreb.com/2014/12/27/bd-maroc-bonnet-du-forme_n_6384308.html</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref12">[12]</a> <a href="http://bonnetduforme.blogspot.fr/">http://bonnetduforme.blogspot.fr/</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref13">[13]</a> <a href="http://maroc-bande-dessinee.blogspot.fr/">http://maroc-bande-dessinee.blogspot.fr/</a>.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/entet1.jpg" rel="lightbox[115826]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115859" title="entet1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/entet1.jpg" alt="" width="852" height="213" /></a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref14">[14]</a>     <a href=" http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Kalboub%20et%20le%20parlement%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf">http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Kalboub%20et%20le%20parlement%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref15">[15]</a>          <a href="http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Naoufal%20et%20la%20commune%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf">http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Naoufal%20et%20la%20commune%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref16">[16]</a> <a href="http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Aladdin%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf">http://www.racines.ma/sites/default/files/BD%20Aladdin%20%28Fran%C3%A7ais%29.pdf</a>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref17">[17]</a> Dont le projet <em>Omor</em> devrait sortir incessamment.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="#_ftnref18">[18]</a> MRE : Marocains résidant à l’étranger.</p>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La BD au Maroc : en attente de lecteurs&#8230; (première partie)</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jun 2017 22:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[À première vue, le Maroc peut passer pour un pays où la bande dessinée est reine : le pays a abrité ou abrite plusieurs festivals de bande dessinée (Tétouan, Fès, Kénitra, Casablanca) et compte avec l’Institut National des beaux-arts de Tétouan, la seule filière BD de l’Afrique francophone. Malheureusement, la production de BD au niveau local ou dans la diaspora reste faible et la BD reste un genre mineur au Maroc, même si l’on constate un certain frémissement depuis quelques années. Pourtant, le marché du 9ème art s’est longtemps plutôt bien porté au Maroc…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong></strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/BDmarocaine.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115747" title="BDmarocaine" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/BDmarocaine.jpg" alt="" width="205" height="561" /></a>Les titres les plus populaires étaient des œuvres traduites en langue arabe (« Goldorak », « Bissat-Errih », « Tarzan »), des magazines pour la jeunesse provenant des pays du golfe tels que <em>Majid </em>et <em>Bassem, </em>mais aussi des illustrés et albums en français : <em>Zembla</em>, <em>Pif</em>, les productions Marvel ou des classiques du genre « Tintin » et « Astérix » ou des éditions Disney. Peu de productions locales, cependant. À partir des années 1990, le marché s’effondre à l’exception de quelques poids lourds comme <em>Majid</em> ou Disney. Vingt ans après, cet art ne s’est toujours pas imposé dans la société marocaine. En 2011, un article du journal marocain (<em>Le Matin</em>) estimait qu’il n’y avait pas plus de 4 ou 5 publications par an et que les ventes moyennes ne dépassaient pas les 500 exemplaires<strong> </strong><a title="" href="#_ftn1"><strong><strong>[1]</strong></strong></a>. La BD est en général considérée comme une sous-littérature réservée aux enfants. En conséquence, le nombre d’auteurs est également très faible et se compte sur les doigts des deux mains<strong> </strong><a title="" href="#_ftn2"><strong><strong>[2]</strong></strong></a>.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Retour sur une histoire vieille de plus de 50 ans</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La première trace d’une bande dessinée marocaine remonte à l’époque coloniale, lorsque le journal catholique <em>Cœurs vaillants </em>connaît durant l’occupation une édition africaine à Casablanca.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Coeurs-vaillants-afr-46-1943-p1.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115745" title="Coeurs vaillants afr-46-1943-p1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Coeurs-vaillants-afr-46-1943-p1.jpg" alt="" width="669" height="850" /></a> <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/saterix-4.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115767" title="saterix 4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/saterix-4.jpg" alt="" width="175" height="3508" /></a>Plus tard, en  1950  exactement, « Sakr Assahra » (« Le Faucon du désert ») - une BD d’une vingtaine de pages en arabe, due à un auteur inconnu &#8211; est diffusée :  à Tétouan.</p>
<p style="text-align: justify;">Les productions suivantes remontent au début des années 1960.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agissait de planches publiées dans des journaux et revues, en particulier dans deux revues satiriques créées par Hamid Bouhali et Mohamed Filali : <em>Tekchab</em> et <em>Satirix</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier titre avait pour sous-titre « Journal de bandes dessinées politiques » et proposait des planches de BD, très critiques sur un plan social, dessinées par Filali Mohamed, Hamid Bouali et Sebbane.</p>
<p>Une autre revue satirique a été publiée au début des années 1980 : <em>Chaouch Bouchnak</em>.</p>
<div id="attachment_115768" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1018px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Chaouch-Bouchnak.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115768" title="Chaouch Bouchnak" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Chaouch-Bouchnak.jpg" alt="" width="1008" height="713" /></a><p class="wp-caption-text">Chaouch Bouchnak.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/A-GRAND-PAS-1.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115769" title="A GRAND PAS 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/A-GRAND-PAS-1.jpg" alt="" width="205" height="1487" /></a>Puis, de 1982 à 1990, le Maroc lance l’une des rares tentatives africaines d’utilisation de la BD à des fins pédagogiques, avec « À grands pas : histoires en bandes dessinées » (imprimerie Najah El Jadida) : un ensemble de livrets d’histoires en bande dessinée destinée aux élèves de l’enseignement fondamental. Ils faisaient partie de la collection <em>Ensemble pédagogique pour l’enseignement du français</em> et étaient édités par le ministère de l’Éducation nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le manuel pour la 4<sup>ème</sup> année primaire (1988), par exemple, contenait trois histoires : « Top 1 fait la soupe » (19 planches), « Myzoul et Safa » (29 planches)<strong> <a title="" href="#_ftn3"><strong>[3]</strong></a></strong> et « Aladin et la lampe merveilleuse » (36 planches).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme pour « Sakr Assahra », on ignore les noms du scénariste et du dessinateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Celui pour la 5<sup>ème</sup>année primaire (1990) proposait trois autres histoires : « Robinson Crusoé », « En chute libre », « Ali Baba et les 40 voleurs ».</p>
<div id="attachment_115808" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1767px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/A-GRAND-PAS-30-31.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115808" title="A-GRAND-PAS-30-31" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/A-GRAND-PAS-30-31.jpg" alt="" width="1757" height="1240" /></a><p class="wp-caption-text">« À grands pas : histoires en bandes dessinées ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Mouride.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115771" title="Mouride" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Mouride.jpg" alt="" width="205" height="474" /></a>La BD marocaine a d’autres spécificités qu’il est bon de souligner.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les BD<em> « politiques »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Maroc est l’un des très rares pays africains où la BD a servi de relais à des témoignages dénonçant des atteintes aux droits de l’homme et des exactions des forces de police et de sécurité.</p>
<p style="text-align: justify;">En Afrique, si les dessinateurs de presse et caricaturistes ne s’en privent pas, les bédéistes sont en général plus discrets et attendent le plus souvent d’être en exil pour témoigner.</p>
<p style="text-align: justify;">Tel n’est pas le cas de Abdelaziz Mouride (1950–2013) qui, en 2000, a publié « On affame bien les rats ! » (éditions Tarik et éditions Paris Méditerranée), témoignage poignant de ce que furent les années de plomb au Maroc. Dans la pénombre de sa cellule, l’auteur, membre fondateur du courant d’extrême gauche <em>23 mars</em>, a dessiné jour après jour toutes les étapes de sa longue et traumatisante détention.</p>
<div id="attachment_115635" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1170px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/05/On-affame-bien-les-rats-extrait.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115635" title="On affame bien les rats -  extrait" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/05/On-affame-bien-les-rats-extrait.jpg" alt="" width="1160" height="1004" /></a><p class="wp-caption-text">« On affame bien les rats ! ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Maroc2.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115781" title="Maroc2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Maroc2.jpg" alt="" width="155" height="283" /></a>En 2004, Abdelaziz Mouride publie « Le Coiffeur <em>»</em> (éditions Nouiga), chronique douce-amère d’un salon de coiffure pour hommes dans un quartier populaire du Casablanca des années 1970.</p>
<p style="text-align: justify;">Le propos est plus léger que dans son précédent album, mais la critique sociale et politique affleure à chaque planche.</p>
<p style="text-align: justify;">Professeur aux beaux-arts de Casablanca, il avait lancé en 2004, avec ces étudiants, le magazine <em>Bled&#8217;Art</em>, premier journal de BD du pays, lequel ne dura que quelques numéros.</p>
<p style="text-align: justify;">Abdelaziz Mouride s’est éteint le 8 avril 2013, après une longue maladie <a title="" href="#_ftn4"><strong><strong>[4]</strong></strong></a>. Il avait longtemps travaillé à une adaptation du roman « Le Pain nu<em> »</em>de Mohamed Choukri, qu’il a eu le temps de finir avant de décéder, mais qui n’a jamais trouvé d’éditeur.</p>
<div id="attachment_115782" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1102px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Le-pain-nu-extrait-MOURIDE.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115782" title="Le pain nu extrait - MOURIDE" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Le-pain-nu-extrait-MOURIDE.jpg" alt="" width="1092" height="1486" /></a><p class="wp-caption-text">« Le Pain nu ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/05/Les-sarcophages-du-complexeA.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115637" title="Les sarcophages du complexeA" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/05/Les-sarcophages-du-complexeA.jpg" alt="" width="155" height="1944" /></a>Autre témoignage des années de plomb, celui de Mohammed Nadrani dans « Les sarcophages du complexe : disparitions forcées<em> »</em> (éditions Al Ayam, 2005) qui, avec un style plus naïf, revient sur cette période et son lot de prisonniers politiques. L’auteur a été incarcéré dans un centre de détention connu sous le nom de Complexe de Rabat. D’où le titre de la BD, associant les pénibles conditions d’incarcération des jeunes militants des années 1970 à des sarcophages<span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftn5"><span style="color: #000000;"> [5]</span></a></strong></span>.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2014 et 2016, le Congolais Gildas Gamy résidant alors au Maroc, a sorti pour l’AMDH (Association marocaine pour les droits de l’homme) deux albums pour l’abolition de la peine de mort au Maroc : « Raconte-moi l’abolition de la peine de mort » et « Mortel moratoire ». En avril 2015, est sorti le premier tome d’une BD intitulée « Je m’appelle Ali Aarass » (sous-titre « La Vie d’avant »), qui retrace l’histoire d’un détenu politique. Mais, œuvre du français Manu Scordia, il ne s’agit pas à proprement parler d’une BD marocaine.</p>
<div id="attachment_115783" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1610px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Je-m’appelle-Ali-Aarass-.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115783" title="Je m’appelle Ali Aarass" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Je-m’appelle-Ali-Aarass-.jpg" alt="" width="1600" height="1200" /></a><p class="wp-caption-text">Planches originales de « Je m’appelle Ali Aarass ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/iletaitunefoishassancouv.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115784" title="iletaitunefoishassancouv" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/iletaitunefoishassancouv.jpg" alt="" width="155" height="551" /></a>Les BD<em> « patrimoniales »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La bande dessinée a également été utilisée à des fins patrimoniales, en vue de raconter la culture et l’histoire du pays et d’en dessiner ses figures émergentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut le cas en 1979, avec « Il était une fois… Hassan II » (de Serge Saint-Michel, Bernard Dufossé et Philippe Sternis, aux éditions Fayolle, en arabe ou en français ; voir <a href="http://bdzoom.com/113496/patrimoine/bernard-dufosse-encore-un-talent-realiste-bien-oublie/">Bernard Dufossé : encore un talent réaliste bien oublié…</a>) qui n’était pas du tout une BD marocaine, relevait cependant de l’album panégyrique, du fait d’un soutien financier du régime Marocain.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres albums de la même équipe sortirent sur le même modèle à la même époque sur Ceauscescu, Eyadema…</p>
<div id="attachment_115785" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/iletaitunefoishassanpl.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115785" title="iletaitunefoishassanpl" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/iletaitunefoishassanpl.jpg" alt="" width="500" height="700" /></a><p class="wp-caption-text">« Il était une fois… Hassan II ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 1993, la trilogie « Histoire du Maroc en bandes dessinées » (dessins d’Ahmed Nouaiti, scénario de Wajdi et Mohamed Maazouzi) évoquait l’histoire nationale de la préhistoire à 1961.</p>
<div id="attachment_115786" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/histoiredumaroc.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115786" title="histoiredumaroc" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/histoiredumaroc.jpg" alt="" width="480" height="675" /></a><p class="wp-caption-text">« Histoire du Maroc en bandes dessinées ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Notre-histoire-version-arabe1.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115792" title="Notre histoire version arabe" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Notre-histoire-version-arabe1.jpg" alt="" width="205" height="1528" /></a>En 2004, l’Institut Royal de la culture amazighe (ICRAM) publiait la première BD en langue berbère, intitulée « Tagellit nayt ufella » (« La Reine des hauteurs ») qui raconte les aventures d’une jeune reine luttant contre les forces du mal pour protéger son peuple. L’objectif premier de cet album d’une vingtaine de pages, réalisé par Meryem Demnati, était d’aider à la promotion de la langue et de la culture amazighe.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Notre-histoire-version-arabe-2.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115640" title="Notre histoire version arabe (2)" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Notre-histoire-version-arabe-2.jpg" alt="" width="205" height="631" /></a>Douze ans après, sortaient les deux premiers tomes d’une série bilingue (arabe/amazigh) intitulée « Notre histoire » et qui abordait deux personnages historiques importants du Maroc antique (T1 : « Chachnak », T2 : « Jugurtha »). Ils étaient l’œuvre de l’éditeur Creative studio, scénarisés et dessinés par Madriss Oumadi, avec l’appui à l’écriture d’Éveline Beaulak.</p>
<p style="text-align: justify;">Mohamed Nadrani a sorti, en 2007, un second ouvrage où il se penche sur un pan récent de l’histoire marocaine : la guerre du Rif à travers la biographie de Abdelkrim El Khattabi.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet album, « L’Émir Abdelkrim <em>»</em><em>,</em><em> </em>est sorti en deux versions, arabe et française, aux éditions Al Ayam. Il a aussi été édité aux Pays-Bas, pays qui compte une grande communauté marocaine.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/NEDRANIL_EMIR_Ben_Abdelkrim.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115772" title="NEDRANIL_EMIR_Ben_Abdelkrim" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/NEDRANIL_EMIR_Ben_Abdelkrim.jpg" alt="" width="721" height="362" /></a></p>
<div id="attachment_115644" class="wp-caption alignright" style="width: 315px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/RIKmoudawana2.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115644 " title="RIKmoudawana2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/RIKmoudawana2.jpg" alt="" width="305" height="425" /></a><p class="wp-caption-text">« Raconte-moi la nouvelle moudawana ».</p></div>
<p style="text-align: justify;">Enfin, le nouveau code de la famille a fait l’objet d’une adaptation bilingue (arabe dialectal et français) intitulée « Raconte-moi la nouvelle moudawana » afin de le rendre plus accessible à la population aussi bien résidente au pays qu’immigrée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>            « </em>El Hadj Belaïd <em>»</em> de Larbi Babahadi (éditions Sapress, 2007) relate l’incroyable destin du chanteur marocain L’Haj Belaïd, devenu une légende dans son pays. <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Babahadi.jpeg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115645" title="Babahadi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Babahadi.jpeg" alt="" width="205" height="1376" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Après de nombreux petits boulots, le souissi décide un jour de se consacrer à sa passion : la musique. Il se lance en chantant l’amour et la beauté des femmes, et devient bientôt une célébrité, apprécié de Lyautey et de Mohammed V. Il enregistre de nombreux disques avec le label français Pathé Marconi. Il s’éteint en 1946 et ses chansons sont souvent reprises par la jeune scène musicale marocaine.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Babahadi-.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115788" title="Babahadi" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Babahadi-.jpg" alt="" width="205" height="1236" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce premier album au dessin simple et efficace sur des textes en français, amazigh et arabe, est une réussite. L’année suivante, Larbi Babahadi autopublie, avec son frère (Mahfud), « Les Racines d’Argania », album mettant en scène des figures mythologiques grecques ayant foulé le sol marocain.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2017, Babahadi publiera un album sur le tremblement de terre qui a détruit en partie Agadir en 1960.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus récemment, en 2015, le réalisateur Ayoub Qanir a souhaité raconter l’histoire de la marche verte en bande dessinée.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour réaliser ce projet, il a confié l’écriture du scénario au journaliste Omar Mrani et les dessins à l’illustrateur Juan Doe, habitué des productions Marvel. Ce projet, qui doit paraître en trois langues (français, anglais et arabe) devrait sortir en 2017.</p>
<div id="attachment_115789" class="wp-caption aligncenter" style="width: 630px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Marche-Verte.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115789" title="Marche-Verte" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Marche-Verte.jpg" alt="" width="620" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">« La Marche verte » d&#39;Ayoub Qanir par Omar Mrani et Juan Doe.</p></div>
<div id="attachment_115798" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Tempête-sur-le-Bouregreg-.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115798 " title="Tempête sur le Bouregreg" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Tempête-sur-le-Bouregreg-.jpg" alt="" width="205" height="320" /></a><p class="wp-caption-text">« Tempête sur le Bouregreg ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Maroc connaît également une production régulière d’albums pédagogique et de sensibilisation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est le cas de « École de qualité » (2004) et « Notre vie, notre environnement » (2006) : deux ouvrages publiés sous l’égide de l’UNESCO par Mohamed Benmessaoud, professeur d’arts plastiques à Tanger. Celui-ci a aussi publié avec A Chbabou, une série de 16 fascicules sur l’histoire de l’islam en langue arabe. L’agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg a sorti, en 2008, « Tempête sur le Bouregreg » (dessins : Hassan Maanany, ancien élève de l’INBA, sur un scénario de l’éditeur Miloudi Nouiga) pour expliquer aux plus jeunes les travaux qui vont profondément modifier les villes de Rabat et de Salé. Par ailleurs scénariste et éditeur, Miloudi Nouiga a dessiné « Les Objectifs du millénaire », album portant sur les droits des enfants au Maroc, pour le PNUD en 2006. Ces deux albums ont été distribués gratuitement aux écoles marocaines par ces institutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques éditeurs se sont lancés dans la publication de bandes dessinées. C’est le cas du peintre, illustrateur et éditeur Miloudi Nouiga, au sein de la maison d’édition qu’il a créée : Nouiga.</p>
<div id="attachment_115799" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Maroc-fatal-chanson.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115799" title="Maroc fatal chanson" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Maroc-fatal-chanson.jpg" alt="" width="500" height="355" /></a><p class="wp-caption-text">« Maroc fatal » par Jean François Chanson, chez Nouiga.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/CHANSON-Maroc_fatal2.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115797" title="CHANSON-Maroc_fatal2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/CHANSON-Maroc_fatal2.jpg" alt="" width="205" height="2049" /></a>Il y publie un premier album de Jean François Chanson en 2006 : « Maroc fatal ». L’album est constitué de quatre nouvelles racontant le destin singulier de Marocains et leur rencontre souvent violente avec la mort. Le titre est un clin d’œil au célèbre « Major fatal » de Moebius.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces histoires en noir et blanc n’hésitent pas à évoquer des thèmes dérangeants comme le hrig, les problèmes de prostitution, l’alcoolisme, les nouveaux rapports hommes femmes, les tensions arabo-amazighes ou la corruption policière.</p>
<p style="text-align: justify;">L’une des nouvelles, « Destins symétriques », croise les destins similaires d’un Occidental et d’un Marrakchi. En arabe et en français, le récit est organisé en miroir, jouant sur les sens convergents de lecture des deux langues.</p>
<p style="text-align: justify;">En juin 2008, Chanson lance un deuxième album chez le même éditeur, une suite de « Maroc fatal », intitulée « Nouvelles Maures ».</p>
<div id="attachment_115809" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1374px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Nouvelles-maures-Chanson-8-9.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115809" title="Nouvelles-maures-Chanson-8-9" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Nouvelles-maures-Chanson-8-9.jpg" alt="" width="1364" height="502" /></a><p class="wp-caption-text">« Nouvelles Maures ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/La-traversée.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115800" title="La traversée" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/La-traversée.jpg" alt="" width="205" height="3256" /></a>En 2010, Jean-François Chanson encadre un album collectif sur l’émigration, « La Traversée, dans l’enfer du H&#8217;rig ». Ce ne sont pas mois de 18 auteurs français (Alexandre Clérisse, Cédric Liano, Nathalie Logié Manche, Patrice Cablat, Louis Hugues Jacquin, Jean-François Chanson), africains (l’Ivoirien Sékou Camara, le Congolais Gildas Gamy et le Camerounais Yannick Deubou Sikoué) et marocains (Ahmed Nouaiti, Malika Dahil, Khaled Afif, Mohamed Arejdal, Issam Bissatri, Larbi Babahadi, Miloudi Nouiga, Abdelaziz Mouride, Ismaïl Ezzeroual, certains étant diplômés de l’INBA de Tétouan ou des étudiants des Beaux-arts de Casablanca) qui abordent le thème de ces jeunes Marocains ou originaires de pays d’Afrique subsaharienne qui tentent le passage illégal vers l’Europe via le nord du Maroc.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2017, Nouiga sortira l’album pour la jeunesse « Le Chien des Oudayas », dessins de Hassan Maanany et scénario de Jean-François Chanson.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2010, ce dernier avait sorti, chez Yomad éditions, un mini-album, « Tajine de lapin », autour du nouveau tram reliant Salé et Rabat (en français, arabe et amazigh).</p>
<div id="attachment_115801" class="wp-caption aligncenter" style="width: 622px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/tram-planche1.NB-final.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115801" title="tram planche1.NB final" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/tram-planche1.NB-final.jpg" alt="" width="612" height="840" /></a><p class="wp-caption-text">« Tajine de lapin ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Nisrine-et-la-corruption.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115802" title="Nisrine et la corruption" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Nisrine-et-la-corruption.jpg" alt="" width="205" height="902" /></a>En 2014, Yomad sort une nouvelle BD avec l’appui de l’Ambassade de France au Maroc et l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) : « Nisrine et la corruption », dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à la corruption à destination de la jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2012, une maison d’édition spécialisée en bande dessinée voit le jour à Casablanca : Alberti, créée par Saïd Bouftass avec l’aide de Jean-François Chanson. Cinq albums suivront jusqu’en 2013. Ce sera tout d’abord un mini-album à vocation écologique : « Foukroun et les tortues de la Maâmora » de Chanson et Hervé Furstoss.</p>
<p style="text-align: justify;">Suivra, l’année suivante, « Les Enfants du royaume » (de Jean-François Chanson et Nathalie Logié Manche) sur la situation des enfants au Royaume. Puis ce sera « Tagant : la forêt des mystères » d’Omar Ennaciri, une fable écolo-futuriste. Ce dernier a obtenu en 2016 un prix au concours libanais Mahmoud Khalil pour un projet financé par le ministère de la Culture, « Le Défi », déjà primé au festival de Tétouan la même année. Le Gadiri  avait publié précédemment, en Algérie, « Abîme » chez Dalimen édition en 2012.</p>
<div id="attachment_115810" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Les-passants-de-Brahim-Raïs.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115810" title="Les-passants-de-Brahim-Raïs" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Les-passants-de-Brahim-Raïs.jpg" alt="" width="1500" height="2118" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Passants ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/couv-le-grand-silence.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-115803" title="couv le grand silence" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/couv-le-grand-silence.jpg" alt="" width="205" height="1472" /></a>Alberti a aussi publié « Les Passants » de Brahim Raïs : bel album pacifiste sans dialogue relatant les actions d’un <em>sniper</em> durant une guerre non nommée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet album avait été auparavant édité en Algérie chez Dalimédition. Plus tard, en 2016, Brahim Raïs éditera un deuxième album chez le même éditeur : « Le Grand Silence ».</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, « Aïcha K. » de Damien Cuvillier et Jean-François Chanson qui traite d’une histoire d’amour entre adolescents dans le Haut Atlas. L’album sortira en trois versions : arabe, français et amazigh.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2012, le groupe INWI diffuse une série en ligne, « Switchers » <a title="" href="#_ftn6"><strong><strong>[6]</strong></strong></a>. Alberti décide d’en faire une adaptation en BD, avec des étudiants de l’École des Beaux-Arts de Casablanca et Malika Dahil, ainsi que Jean François Chanson, au scénario. Un album sort en 2013. Depuis, Alberti est en sommeil, laissant un important sentiment de frustration derrière lui. Contrairement à la série, <em>« </em>Switchers » n’aura pas de tome 2.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/couv-switchers.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-115805" title="couv switchers" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/couv-switchers.jpg" alt="" width="1000" height="681" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Anyuu.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-115806" title="Anyuu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/Anyuu.jpg" alt="" width="205" height="818" /></a>En 2016, Nouiga sort un autre ouvrage, « Anyuu » : objet hybride à cheval entre le livre illustré et la BD, qu’il dessine lui-même sur un texte de Camilia Cherif-Messaoudi. Soutenu par l’Ambassade de France, cet album partait de la quête d’un voleur à la recherche d’une lame invincible.</p>
<p style="text-align: justify;">À suivre…</p>
<div style="text-align: justify;"><strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Cet article a bénéficié de l’apport sympathique et précieux de Jean François Chanson, Amine Hamma et Choubeila Abassi.</p>
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<div style="text-align: justify;">
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftnref1"><span style="color: #000000;">[1]</span></a>      </strong></span>     <a href="http://lematin.ma/reader-2007/files/lematin/2011/12/29/pdf/09.pdf">http://lematin.ma/reader-2007/files/lematin/2011/12/29/pdf/09.pdf</a> .</p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftnref2"><span style="color: #000000;">[2]</span></a>     </strong></span>      Confirmé par cet article du <em>Soir  échos</em> : <a href="http://www.maghress.com/fr/lesoir/37557">http://www.maghress.com/fr/lesoir/37557</a> .</p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftnref3"><span style="color: #000000;">[3]</span></a>     </strong></span>      Pour visualiser quelques extraits : <a href="https://marocomicsblog.wordpress.com/2016/04/22/top-1-fait-la-soupe/">https://marocomicsblog.wordpress.com/2016/04/22/top-1-fait-la-soupe/</a> .</p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftnref4"><span style="color: #000000;">[4]</span></a>  </strong></span>         Cf. <a href="http://www.yabiladi.com/articles/details/16588/maroc-abdelaziz-mouride-pere-marocaine.html">http://www.yabiladi.com/articles/details/16588/maroc-abdelaziz-mouride-pere-marocaine.html</a></p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><a title="" href="#_ftnref5"><span style="color: #000000;">[5]</span></a></strong>  </span>         Dans son ouvrage « I Fumetti nel Maghreb », Bepi Vigna signale une autre BD : « Dans les entrailles de ma patrie » ; mais il s’agit probablement d’une erreur.</p>
</div>
<div>
<p><strong><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref6"><span style="color: #000000;">[6]</span></a> </span> </strong>         <a href="http://serie-switchers.blogspot.fr/">http://serie-switchers.blogspot.fr/</a>.</p>
<div id="attachment_115746" class="wp-caption aligncenter" style="width: 698px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/BD_Maroc.jpg" rel="lightbox[115633]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-115746" title="BD_Maroc" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2017/06/BD_Maroc.jpg" alt="" width="688" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Desin de couverture de « BD Maroc » par Jean Gabel.</p></div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Hommage à Ibrahim Njoya, premier auteur de bande dessinée d’Afrique</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jul 2013 22:21:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[On fait souvent remonter les débuts de la bande dessinée en Afrique à l’année 1915 et la première publication d’une revue intitulée <em>Karonga Kronikal</em> parmi les forces armées coloniales britanniques durant la Première Guerre mondiale. Mais cette initiative restera isolée durant plusieurs décennies, hormis quelques strips publiés dans des journaux du Congo belge, d’Égypte ou de Tanzanie. Jusqu’à la fin de l’époque coloniale, la bande dessinée se fera peu remarquer jusqu’à l’avènement de l’indépendance et d’une certaine presse libre (bientôt remis en cause à partir de la fin des années 1960 par l’imposition de dictatures dans la majorité des pays). À ce constat, il n’existe qu’une seule exception : Ibrahim Njoya, que l’on peut considérer comme le véritable premier auteur de bandes dessinées camerounais et africain de l’histoire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/njoya-.jpeg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64568" title="njoya" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/njoya--555x417.jpg" alt="" width="555" height="417" /></a>Né aux alentours de l’année 1890, à Foumbam, capitale du royaume Bamun, Ibrahim Njoya mena sa carrière à l’époque du règne du sultan Njoya (né en 1876). Le contexte historique est extrêmement important et mérite que l’on s’y attarde.</p>
<div id="attachment_64571" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/318px-Njoya_of_Bamun.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-64571   " title="318px-Njoya_of_Bamun" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/318px-Njoya_of_Bamun.jpg" alt="" width="200" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Ibrahim Njoya, sultan de Bamun, au Cameroun.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le sultan, dix-septième souverain du royaume entre 1892 &#8211; 1896 et 1933, est rentré dans l’histoire pour avoir créé une écriture ex nihilo : le fameux alphabet bamun appelé <em>Shu-mom</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Celui-ci était au départ pictographique : quelques personnes, proches du souverain, devaient dessiner une figure ou un objet et lui donner un nom. La première version de cet alphabet comportait 510 signes, tracés sur des planchettes avec du charbon de bois ou du jus tiré d’une liane.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet alphabet sera modifié à six reprises au fur et à mesure de son utilisation et finira par atteindre 80 signes qui seront encore simplifiés par la suite, la dernière version datant de 1918.</p>
<p style="text-align: justify;">Des dizaines de textes et d’ouvrages seront rédigés par la suite avec cet alphabet et l’administration royale l’utilisera jusqu’au début des années 30.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sultan écrivit un livre de médecine traditionnelle ainsi qu’une <em>Histoire et coutume des bamouns<a title="" href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></em>. Les artistes – calligraphes ayant collaboré à la création de cet alphabet sont les mêmes qui excelleront dans le domaine du dessin d’art.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut citer par exemple Nji Mama, Nji Fransawaya et Ibrahim Njoya.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Histoire-des-bamums.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64570" title="Histoire des bamums" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Histoire-des-bamums-555x433.jpg" alt="" width="555" height="433" /></a>Ce dernier participera, en tant que scribe, à la rédaction d’au moins deux ouvrages : le <em>Lerewa Nuu Nguet</em> (1921) et le <em>Sang&#8217;aam</em>(1908-1933). En parallèle, le sultan fit ouvrir des écoles où l’on apprenait à écrire en bamun et institua un bureau d’État civil où l’on enregistrait les naissances, mariages, quelques recensements locaux. Les jugements du tribunal royal étaient également notés.</p>
<div id="attachment_64575" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/shumon3.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-64575 " title="shumon3" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/shumon3.jpg" alt="" width="250" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">La première version du Shü-mom écrit par Ibrahim Njoya (1897).</p></div>
<p style="text-align: justify;">C’était la naissance d’une véritable bureaucratie moderne. L’arrivée des Allemands en1902 ne modifia guère la situation. Ceux-ci n’implantèrent pas d’administration coloniale à Foumbam, estimant que le territoire était parfaitement administré. Seule une mission protestante s’installera, ouvrant une école que fréquenteront les enfants du souverain et des autres chefs. Le sultan Njoya fit construire un magnifique palais royal, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et, dès 1912, fait lever la carte du pays (lors d’une expédition qui dura 52 jours), achevée au début des années 20<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. En 1915, les Anglais remplacent les Allemands. Cette même année, le sultan crée une religion nationale inspirée par une forme de syncrétisme entre islams, le christianisme et les religions traditionnelles. Les fondements de cette nouvelle religion sont écrits dans le <em>Nkuet kwate</em> (poursuis pour atteindre), texte qu’il signe et qui reprend la tradition malikite.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/njoya-king.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-64576" title="njoya king" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/njoya-king.jpg" alt="" width="300" height="375" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 1916, les Français remplacent les Allemands. Les relations entre le sultan et le nouvel occupant se détériorent à partir de 1919. En 1924, les pouvoirs traditionnels du souverain sont supprimés puis celui-ci est condamné à s’exiler à Yaoundé en 1931 où il est placé en résidence surveillée. Il y meurt deux ans après. Son fils, le sultan Seydou, lui succédera et restera sultan jusqu’en 1992.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce cadre-là, que Johanes Yerima (qui prendra le prénom de Ibrahim Njoya lors de sa conversion à l’islam en 1916), gendre et cousin du sultan, s’est imposé comme le plus important artiste du royaume. Il se fait d’abord remarquer dans les premières années du XX<sup>e</sup> siècle en dessinant des dessins sur le sable, dessins représentant le roi, avec Mama Kwandu, un des fils du roi, futur Nji Mama.</p>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, celui-ci introduira Ibrahim au palais où il va contribuer à transformer l’écriture bamun afin d’en faciliter l’usage. Celui-ci contenant à ce moment-là 286 signes. Ibrahim Njoya participera à sa simplification et était considéré comme le meilleur calligraphe du palais par le sultan.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Cérémonie-Nguon.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64577" title="Cérémonie Nguon" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Cérémonie-Nguon-555x406.jpg" alt="" width="555" height="406" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 1908, le sultan en fait le moniteur de l’école royale (la « Bamun Schule des Häupling Ndschoya in Fumban ») où l’on enseigne l’écriture du pays puis en 1912, il en fait son trésorier.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/imageproxy.asp_.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-64569" title="imageproxy.asp" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/imageproxy.asp_.jpg" alt="" width="317" height="246" /></a>Entretemps, Njoya dessine ses premiers dessins sur papier : une femme bamun de grande taille habillée à l’européenne, des portraits de roi ainsi que des dessins d’hommes, de femmes et de chevaux<a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. Malheureusement, ces œuvres seront détruites lors de l’incendie qui ravagera le palais royal en 1913. Ayant également fréquenté l’école de la mission protestante, il décore des textes bibliques avec des motifs géométriques. En 1917, il surveille les travaux de la reconstruction du palais royal et dessine des motifs décoratifs pour orner les tissus de coton.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1919, suite au conflit entre l’administration française et le sultan, Ibrahim Njoya, soutien sans faille de son souverain, est envoyé en exil à Campo, à l’extrême sud du territoire. Il revient à Foumbam en 1922 et dessine les décors des portes, des fenêtres et des balcons du palais achevé en 1923.</p>
<p style="text-align: justify;">À compter de cette époque, et durant plus de vingt ans, Ibrahim Njoya multiplie les dessins et les portraits de roi, ainsi que des scènes de la guerre Gbètngkom<a title="" href="#_ftn4">[4]</a> (qui entraînera l’islamisation du royaume), que ce soit au crayon comme à la gouache. Il dessine également des danses – en particulier celle de la fête de Nja, dite fête de la beauté, qui marque le retour de la saison sèche –, mais aussi des scènes de chasse et de combats, en particulier ceux du 19<sup>e</sup> siècle qui ont opposé les cavaliers peuls aux guerriers bamum.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Scènes-de-bataille-de-la-guerre-de-Manga-+-Bataille-de-Manga-contre-Gbètnkom-Nombouo.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64579" title="Scènes de bataille de la guerre de Manga + Bataille de Manga contre Gbètnkom Nombouo" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Scènes-de-bataille-de-la-guerre-de-Manga-+-Bataille-de-Manga-contre-Gbètnkom-Nombouo-555x873.jpg" alt="" width="555" height="873" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Après la Seconde Guerre mondiale, Njoya abordera d’autres thèmes, en particulier l’histoire des bamuns qu’il enrichit de scènes représentant la migration du peuple bamun depuis la Syrie, fidèle en cela aux légendes traditionnelles courant sur la migration des peuples de la savane africaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Njoya ne se contente pas de dessiner des tableaux et des dessins. Il a également adapté des contes comme <em>Mofuka et le lion<a title="" href="#_ftn5"><strong>[5]</strong></a></em> (1932), <em>La Grenouille et le milan</em> (1932) dans un style conjuguant dessins et textes, proches de la bande dessinée. Dans les années 1940, l’une de ses dernières œuvres, <em>La Rate et les quatre ratons</em>, est incontestablement la première bande dessinée camerounaise. Il meurt en 1960.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Contes-du-lépoard-et-de-la-rate.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64572" title="Contes du lépoard et de la rate" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/Contes-du-lépoard-et-de-la-rate-555x512.jpg" alt="" width="555" height="512" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">           <a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/guerrier-en-pieds.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-125657" title="guerrier en pieds" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/guerrier-en-pieds.jpg" alt="" width="198" height="255" /></a> Premier &laquo;&nbsp;auteur&nbsp;&raquo; de bandes dessinées à part entière d’Afrique, Ibrahim Njoya fut également un artiste exceptionnel pour son époque. Si ses talents de peintre et de dessinateur sont incontestables, il se fait surtout remarquer par ses thèmes. L’ensemble des artistes bamuns de son époque travaillait dans un but précis, lié à l’univers des croyances et de la tradition. Les œuvres de Njoya, au contraire, se veulent la mémoire d’une époque et d’une société aujourd’hui pour partie disparue. En effet, en dehors de ces scènes historiques, de chasse et ses portraits du sultan et des princes de la cour, il a également exécuté des dessins représentant des circoncisions, des mariages, des accouchements. Mémorialiste, historien, artiste, Ibrahim Njoya est sans aucun doute un personnage majeur de l’histoire artistique de son pays.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne la bande dessinée, l’un des aspects mineurs de l’ensemble de son œuvre toutefois, il constitue sans aucun doute l’un des chaînons manquants entre les premiers essais de bandes dessinées des années 1920, venant essentiellement de dessinateurs occidentaux et la belle floraison des années 1960.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/picture311322794964437.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-64580" title="picture311322794964437" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/picture311322794964437-555x423.jpg" alt="" width="555" height="423" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, la plupart de ses dessins, tableaux et sculptures ne sont visibles qu’en Europe, plus particulièrement à la Bibliothèque Nationale de France, le musée ethnographique de la ville de Genève, les rendant, de fait quasi invisible aux yeux de la plupart de ses concitoyens. Seul le musée de Foumbam qui relate l’histoire du royaume possède quelques œuvres. En 1997, ce musée présenta, en partenariat avec le musée d’arts africains, océaniens, amérindiens de Marseille, une exposition sur les dessins Bamun. Un catalogue (<em>Les Dessins bamun</em>) en sortit. C’est, à ce jour, la dernière occasion de présenter à un public non averti les splendides planches et dessins d’Ibrahim Njoya. Peut-être le futur centenaire de la bande dessinée d’Afrique sera-t-il l’occasion de remettre sous les projecteurs les œuvres et le parcours de cet artiste un peu oublié.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/les-dessins-bamouns.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-64581" title="les-dessins-bamouns" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/les-dessins-bamouns-555x312.jpg" alt="" width="355" height="312" /></a>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></p>
<div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Qui fut traduit en 1949 par le pasteur Henri Martin.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Cette carte du pays bamoun a l’aspect d’un grand rectangle de 96 cm x 78 cm, et montre le pays bamoun entièrement compris dans ses frontières naturelles entre le massif Mbam et le Mvi au Nord, la rivière Mbam à l’Est, le Noun au Sud et à l’Ouest. Présente dans un ouvrage de médecine traditionnelle, cette  carte est une véritable réussite graphique, réussite à laquelle Ibrahim Njoya a participé.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/DEFAP_CMPFGB-JB025_P-300x3001.jpg" rel="lightbox[64560]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-64630" title="DEFAP_CMPFGB-JB025_P-300x300" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/07/DEFAP_CMPFGB-JB025_P-300x3001.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> C’est à cette époque, entre 1911 et 1915, que la photographe Anna Rein-Wuhrmann tire un premier portrait du jeune homme. Celui-ci est maintenant visible au <em>Service protestant de mission</em> de Bâle.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Arrivé sur le trône, le sultan Njoya écarte du palais comme le veut la tradition le premier grand officier du palais, Gbetnkom.</p>
<p>Ce dernier se soulève. Le jeune souverain décide de faire appel aux Peul du lamidat de Banyo à quelques 200 km du pays bamoun. Leur soutien et celui de leur cavalerie seront décisifs puisqu’ils permettent à Njoya de gagner la bataille.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Cette œuvre est quelquefois attribuée à Tita Mbohou dans certains ouvrages.</p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire….  (troisième et dernière partie)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/58741/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-troisieme-et-derniere-artie/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2013 23:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec ce troisième volet, notre collaborateur Christophe Cassiau-Haurie termine son panorama complet de ces quarante dernières années où les auteurs africains de bande dessinée ont publié leurs œuvres en France et en Belgique : prologue à son ouvrage « Quand la BD d’Afrique s’invite en Europe » paru chez L’harmattan.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ALOmbreduBaobab.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58742" title="ALOmbreduBaobab" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ALOmbreduBaobab.jpg" alt="" width="250" height="541" /></a>L&#8217;ère des anthologies, des collectifs et des actions de sensibilisation</p>
<p style="text-align: justify;">En Afrique, les BD produites sont rarement le fruit d&#8217;éditeurs privés. L’édition est souvent le fait d&#8217;ONG et d&#8217;associations utilisant la bande dessinée comme médias. Depuis quelques années, ce phénomène s&#8217;est déplacé en Europe au grand bénéfice des artistes africains qui ont pu y trouver parfois une plus grande visibilité. La première réalisation du genre est l&#8217;œuvre de Équilibres &amp; populations qui, en 2001, édite « À l&#8217;ombre du baobab », un album collectif de dessinateurs africains sud-saharien sur le thème de la santé et de l&#8217;éducation. Cet album fait l&#8217;objet d&#8217;une exposition itinérante dans toute l&#8217;Europe. Pour la première fois, le travail de dessinateurs africains est rendu visible pour un autre public que celui de leur pays respectif.</p>
<p style="text-align: justify;">La même année, son effet est accentué par la parution concomitante d&#8217;un numéro spécial sur la bande dessinée d’Afrique dans les revues culturelles <em>Africultures</em> et <em>Notre Librairie</em>.</p>
<div id="attachment_58743" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ALOmbreduBaobabpl.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58743" title="ALOmbreduBaobabpl" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ALOmbreduBaobabpl.jpg" alt="" width="500" height="719" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait d&#39;« À l&#39;ombre du baobab ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/cover_africa_comics_2002_000.gif" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58744" title="cover_africa_comics_2002_000" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/cover_africa_comics_2002_000.gif" alt="" width="156" height="212" /></a>L&#8217;action de l&#8217;association italienne Africa e Mediterraneo entraîne également un effet levier pour la carrière de certains. Suite à cinq concours successifs, plusieurs anthologies collectives sont éditées et diffusées : « Africa Comics 2002 », « Africa Comics 2003 », « Africa Comics 2005-2006 », « Africa Comics 2007-2008 », « Africa Comics 2009-2010 » et « Matite africane ». Le projet, fortement soutenu par l’Union Européenne, permet la constitution d&#8217;un réseau de dessinateurs africains, la création d&#8217;un prix Africa e Mediterraneo et une exposition itinérante de planches originales dans le monde entier (de 2002 à 2007, 23 lieux ont été concernés).</p>
<p style="text-align: justify;">De cette façon, sur sept années, huit anthologies et albums collectifs sont publiés en Europe : les six albums de « Africa comics » auxquels on peut ajouter le projet soutenu par P&#8217;tiluc, « BD Africa » (2005) et celui de Équilibres &amp; populations. Par ce biais, c&#8217;est un vaste panorama totalement inédit et bienvenu de la bande dessinée africaine qui est présenté au public européen. Malheureusement, les problèmes de qualité graphiques et de mise en page de ces catalogues ainsi qu’une faible diffusion (le pire étant l’édition 2009 – 2010 des « Africa comics ») ont quelque peu diminué l’impact de cette production dans la grand public.</p>
<div id="attachment_58745" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mostra_africa_comics.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58745 " title="mostra_africa_comics" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mostra_africa_comics.jpg" alt="" width="450" height="309" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait du catalogue « Africa Comics » de 2005-2006.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/lariserva.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58746" title="lariserva" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/lariserva.jpg" alt="" width="150" height="396" /></a>En 2004, démarre le projet « Valeurs communes » qui, financé par la Commission européenne, a pour mission d&#8217;évoquer les valeurs communes entre les religions et la pensée laïque : tolérance, partage, respect de l&#8217;autre&#8230; Il se compose d&#8217;un guide didactique et de cinq albums de bande dessinée également édités comme pour les lauréats du Prix Africa e Mediterraneo, par les éditions Lai-Momo.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/hisham.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58747" title="hisham" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/hisham.jpg" alt="" width="150" height="396" /></a> Ces albums sont tous le fruit d&#8217;adaptations de cinq nouvelles par le Franco-camerounais Christophe Ngalle Edimo, et dessinés par des bédéistes du sud : le camerounais Chrisany (« L&#8217;Exposé ») et l&#8217;ivoirien Faustin Titi (« La Réserve »), les Congolais Fifi Mukuna (« Si tu me suis autour du monde ») et Pat Masioni (« L&#8217;Appel ») et le Camerounais Simon Pierre Mbumbo (« Hisham et Yseult »).</p>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, en 2006, est publié le livret collectif, « New arrivals », sur le phénomène migratoire et financé par l’Union Européenne. Plusieurs auteurs africains y participent : Simon-Pierre Mbumbo (Cameroun), Adjim Danngar (Tchad), Willy Zekid (Brazzaville), Fifi Mukuna (RDC), Pat Masioni (RDC), Didier Mada BD (Madagascar). Puis, en 2008, Le Mouvement du nid passe par des auteurs africains pour scénariser et dessiner une histoire sur la prostitution africaine en Europe. Cela donne « Le Secret du manguier ou la jeunesse volée », déjà évoqué précédemment.</p>
<div id="attachment_58748" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/New-arrivals.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58748" title="New arrivals" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/New-arrivals.jpg" alt="" width="450" height="424" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait du livret collectif « New arrivals ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Agathe1.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58749" title="Agathe1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Agathe1.jpg" alt="" width="150" height="583" /></a>Enfin, en 2009, l’ONG suisse Grad décide d’avoir recours au talent de Pat Masioni pour dessiner une trilogie sur la carrière de volontaire international. Cela donne la série « Agathe », scénarisé par Christophe Vadon. Masioni s&#8217;était déjà aventuré dans ce domaine en illustrant quelques couvertures de revues issues d&#8217;ONG et associations. Il semble cependant que cette époque soit aujourd’hui révolue. Bien des auteurs présents dans ces projets ont pris leur envol ou sont passés à autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les éditeurs indépendants, une chance pour les auteurs africains</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs auteurs ont trouvé une porte de sortie avec des éditeurs généralistes faisant des incursions dans le 9ème art ou des petits éditeurs indépendants.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/quand_flamboyants_fleurissent2.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58750" title="quand_flamboyants_fleurissent2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/quand_flamboyants_fleurissent2.jpg" alt="" width="150" height="249" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le cas, par exemple, de L&#8217;Harmattan, éditeur très tourné vers l&#8217;Afrique, qui n’était pas spécialement intéressé par la bande dessinée. Sa première incursion dans ce domaine date de l’année 1987 où l&#8217;Ivoirien Sallia, sur un scénario de Breal et Karul, dessine les deux tomes de « Quand les flamboyants fleurissent, les blancs dépérissent ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette tentative reste isolée jusqu’en 2003, année où L’Harmattan publie deux albums de la série du « Caporal Samba » du Franco-Sénégalais Fayez Samb évoquant deux épisodes de l&#8217;histoire militaire coloniale : « Tirailleurs sénégalais à Lyon », sur la débâcle de 40 et « Le Naufrage de l&#8217;Africa », qui touche à l&#8217;immédiat après-guerre de 14-18. Par la suite, deux albums suivent en 2007 (« Le Tirailleur des Vosges ») et 2009 (« Le Tirailleur et les cigognes »).</p>
<div id="attachment_58751" class="wp-caption aligncenter" style="width: 408px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Caporal-Samba-Fayez-Samb.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58751" title="Caporal Samba Fayez Samb" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Caporal-Samba-Fayez-Samb.jpg" alt="" width="398" height="564" /></a><p class="wp-caption-text">« Tirailleurs sénégalais à Lyon » par Fayez Samb</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Aventures-de-Leuk-le-lièvre.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58752" title="Aventures de Leuk le lièvre" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Aventures-de-Leuk-le-lièvre.jpg" alt="" width="150" height="636" /></a>Enfin, l’année suivante voit la parution des « Aventures de Leuk le lièvre : Les arbres magiques » du Camerounais Mayval (Yves Madiba). En 2010 cet éditeur décide de créer une collection dédiée à la bande dessinée : <em>L&#8217;Harmattan BD</em>, fondée et dirigée par l’auteur de ses lignes, et qui édite 10 albums en l’espace de deux ans. En 2010 et 2011, sont édités « Le Retour au pays d’Alphonse Madiba dit Daudet » (Ngalle Edimo et Al’Mata – Cameroun, RDC), « Ils sont partis chercher de la glace… » (les frères Mensah &#8211; Togo), le collectif « Visions d’Afrique », « Putain d’Afrique » (Anselme Razafaindrinibe – Madagascar), « Vive la corruption « (Didier Viodé – Bénin) et le collectif « Thembi et Jetje », évoqué plus haut. L’année 2012 a vu la sortie de 6 albums : « Chroniques de Brazzaville », « Jungle urbaine » de Thembo Kash (RDC), « Cargaison mortelle à Abidjan » de Japhet Miagotar (Cameroun), « Mokanda illusion » œuvre posthume de Mongo Sise (RDC), « Les Envahisseurs », album pour la jeunesse, genre pourtant rare en Afrique, de l’ivoirien Benjamin Kouadio et le premier album nigérien de l’histoire, « Un guerrier Dendi » de Sani.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/LHarmattan-BD.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58753" title="L'Harmattan BD" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/LHarmattan-BD-555x703.jpg" alt="" width="555" height="703" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/180_____rdcongo_10.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58754" title="180_____rdcongo_10" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/180_____rdcongo_10.jpg" alt="" width="180" height="243" /></a>En Belgique, en 2006, Pie Tshibanda et Joseph Senga publient « RD Congo, le bout du tunnel » chez Coccinelle, une maison d&#8217;édition catholique qui édite régulièrement des BD dont « Couple modèle, couple maudit » de Joseph Senga et Willy Inongo, 5 années plus tôt. Le Congolais Tchibemba, pour sa part, a publié régulièrement des albums et des caricatures en Grèce, où il vécut de 1990 à 2009. En 2010, Coccinelle lui donne sa chance en éditant « Les Clandestins à la mer », dessiné par lui et scénarisé par Pie Tshibanda.</p>
<p style="text-align: justify;">La revue et association Africa e Mediterraneo a édité, dans le cadre des « Africa Comics », sept albums individuels d&#8217;auteurs africains en français : « Article 5 et 9 » de Chrisany (Cameroun &#8211; 2002), « Blolo-Bian, l&#8217;amant de l&#8217;au-delà » de Bertin Amanvi (Côte d&#8217;Ivoire &#8211; 2003), « Une éternité à Tanger » de Faustin Titi (Côte d&#8217;Ivoire &#8211; 2003), « L&#8217;Île aux oiseaux » de Hissa Nsoli (RDC &#8211; 2003), « Imboa le roi et Ifara » de Didier Randriamanantena (Didier Mada BD – Madagascar &#8211; 2003), « On a fumé Malrobo ! » de Jo Palmer (Togo &#8211; 2005) ainsi que « Goorgoorlou » de TT Fons (Sénégal – 2008) et « Africavi » de Anani et Mensah Accoh (Togo &#8211; 2007) uniquement en italien. Tous ses albums ont été publiés par l’éditeur italien Lai momo, comme pour les collectifs « Africa Comics » et les projets de l&#8217;Union européenne : « Valeurs communes » et « Approdi (New arrivals) ».</p>
<div id="attachment_58755" class="wp-caption aligncenter" style="width: 440px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/amanvi_blolobian1.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58755" title="amanvi_blolobian1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/amanvi_blolobian1.jpg" alt="" width="430" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">« Blolo-Bian, l&#39;amant de l&#39;au-delà » de Bertin Amanvi.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/8-Malamine-un-Africain-a-Paris.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58756" title="8-Malamine--un-Africain-a-Paris" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/8-Malamine-un-Africain-a-Paris.jpg" alt="" width="218" height="299" /></a>D’autres comme Simon Pierre Mbumbo et Christophe Ngalle Edimo (Cameroun) trouvent chez Les Enfants rouges une oreille attentive pour l’édition de « Malamine, un africain à Paris » (2009), album qui connaît un réel succès au point d’être réimprimé plusieurs fois et de voir ses droits rachetés par des maisons d’édition camerounaises et algériennes. L’année suivante, Les Enfants rouges rééditeront un nouvel album scénarisé par Ngalle Edimo, à savoir « La Chiva colombiana » dessiné par Fati Kabuika (RDC).</p>
<p style="text-align: justify;">En 2006, le congolais Hallain Paluku publie le superbe « Missy » chez La Boîte à bulles, album qui rencontre également une grande reconnaissance critique et publique. L’Ivoirien Jean Louis Lacombe a connu son heure de gloire dans les années 80 à Abidjan en dessinant la série « Monsieur Zézé » dans le journal Ivoire dimanche. Parti s’installer dans l’île de son père (la Corse), il entame une nouvelle carrière de dessinateur dans des maisons d’édition locale. Cela donne « Ziu memé » (1988), « L’Enquête corse » (2004), « Les Bouches de Bonifacio », « Les Pitchous », « O dumè »…, en partie en langue corse.</p>
<div id="attachment_58757" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1785missy_b.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58757" title="1785missy_b" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1785missy_b-555x802.jpg" alt="" width="555" height="802" /></a><p class="wp-caption-text">« Missy » par Hallain Paluku.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>La consécration chez des éditeur reconnus</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mandrill.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58890" title="Mandrill" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mandrill.jpg" alt="" width="200" height="600" /></a>Barly Baruti a longtemps été l&#8217;arbre qui cachait le désert africain. Sa carrière démarre dans les années 80 au studio Hergé de Bruxelles, se poursuit avec les éditions Segedo et prend réellement son envol avec ses deux séries à succès « Eva K. » (Soleil productions) et « Mandrill » (Glénat) publiés chez de grands éditeurs spécialisés. Depuis, son exemple a largement été suivi. Le premier est l&#8217;Ivoirien Gilbert Groud qui, en 2003, édite chez Albin Michel, l&#8217;inquiétant et superbe « Magie noire » suivi d’un tome 2, cinq ans après. Par la suite, en 2005, Albin Michel sort « Rwanda 94 » de Pat Masioni. Il est imité, quelques mois plus tard, par le tome 1 de « Aya de Yopougon » dessiné par Clément Oubrerie et scénarisé par l&#8217;Ivoirienne Marguerite Abouet, série qui connaîtra un succès énorme dépassant de beaucoup les limites de la diaspora. Le Gabonais Pahé rencontre également le succès avec les séries « La Vie de Pahé » et « Dipoula », chez l’éditeur Suisse Paquet. Au-delà de la curiosité nouvelle des éditeurs &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo;, le talent et la persévérance des bédéistes africains sont également une raison importante de cette percée.</p>
<div id="attachment_58892" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/magienoire_22012003.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58892" title="magienoire_22012003" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/magienoire_22012003.jpg" alt="" width="500" height="675" /></a><p class="wp-caption-text">« Magie noire » par Gilbert Groud.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des auteurs avant tout !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Vanity.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58893" title="Vanity" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Vanity.jpg" alt="" width="170" height="550" /></a>Pour beaucoup d&#8217;entre eux, leurs travaux ne concernent pas spécifiquement l&#8217;Afrique. C&#8217;est le cas, bien sûr, de Barly Baruti et de sa série « Mandrill » , mais aussi de « Missy » de Paluku, de la série « Vanity » (2 tomes chez Joker) de Thembo Kash, des quatre derniers tomes de la série à succès « Ballade au bout du monde » du Mauricien Laval NG.</p>
<p style="text-align: justify;">Paluku se refuse même à travailler sur des albums ayant trait à l’Afrique. Après « Missy », ses productions ont en effet, peu concerné le continent : « Rugbill » (Carabas) sur le rugby, « Mes 18 ans, parlons en ! » (Joker) sur la sortie de l’adolescence… En 2007, le Camerounais Achille Nzoda sortait le tome 1 de « Les Animotards » (Tartamudo) suivi des « 40 commandements du motard » (Wygo &#8211; 2010), deux ouvrages s’intéressant aux sports mécaniques.</p>
<div id="attachment_58894" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1518les_animotards_1c.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58894" title="1518les_animotards_1c" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1518les_animotards_1c-555x802.jpg" alt="" width="555" height="802" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Animotards » par Achille Nzoda.</p></div>
<div id="attachment_58895" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Pat-Mombili.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58895" title="11_Vanity.TIF" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Pat-Mombili.jpg" alt="" width="300" height="407" /></a><p class="wp-caption-text">« Blagues coquines » par Pat Mombili.</p></div>
<p style="text-align: justify;">D’autres mènent une carrière dans la BD érotique. C’est le cas de Pat Mombili et Albert Tshisuaka (Tshitshi) avec la série « Blagues coquines ».</p>
<p style="text-align: justify;">Formé dans son pays d’origine, le Togolais Patrick Kpatachama a dessiné les deux tomes de l’histoire de Châteauroux en bandes dessinées (« C’est ici que tout a commencé » en 2010 et « L’Histoire continue » en 2011).</p>
<p style="text-align: justify;">En bref, nous n&#8217;avons plus affaire à des bédéistes africains mais à des bédéistes tout court… Et considérés comme tels par la profession !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Français et Africains à la fois….</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour mémoire, on peut citer des dessinateurs européens qui ont des origines africaines, même s&#8217;ils n&#8217;en ont pas la nationalité : le Suisse Jean Philippe Kalondji (RDC), auteur ayant publié de nombreux ouvra ges aux éditions Paquet, le Toulousain Marc N&#8217;Guessan (Côte d&#8217;Ivoire), Yvan Alagbé, dessinateur et éditeur indépendant français (Togo), le dessinateur français d&#8217;origine comorienne Mohamed Fahar, créateur de la série « Dido ». Plus récemment, on a pu remarquer le succès de la française Jenny Rakotomamonjy (né à Tananarive), avec la série « Pink Diary » (Delcourt – 2006 à 2008) et « Mathilde » (4 tomes sortis depuis 2010), plus une autre série qui va démarrer : « Manfra ».</p>
<div id="attachment_58896" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/394jenny.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58896" title="394jenny" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/394jenny-555x501.jpg" alt="" width="555" height="501" /></a><p class="wp-caption-text">Jenny et ses « Pink Diary ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ekekot2.jpg" rel="lightbox[58741]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58897" title="ekekot2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ekekot2.jpg" alt="" width="229" height="320" /></a>Enfin, on peut également mentionner le jeune français d’origine congolaise (RDC), Jason Dilukeba qui s’est fait remarquer en remportant le prix SFR jeunes talents et en publiant les deux premiers volumes de la série « Ekeko » chez 3TPF.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’origine géographique de ces artistes peut sembler quasi- exotique tant leur travail est peu marqué par celle-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, que le lecteur ne se trompe pas. L’immigration des auteurs de BD en France, leur implantation sur le territoire, leur intégration progressive au sein des structures éditoriales des ex-pays coloniaux ne peuvent être isolées du mouvement migratoire général qui s’est généralisé au cours des 20 dernières années en provenance de l’Afrique&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Avec un tout petit peu de Gilles RATIER pour l’iconographie et la mise en page !</p>
<div>Pour lire les deux premières parties, cliquez ici :<a title="Lien permanent vers Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (première partie)" href="http://bdzoom.com/58093/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-premiere-partie/" rel="bookmark" target="_blank"> Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (première partie)</a> et ici <a title="Lien permanent vers Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire….  (deuxième partie)" href="http://bdzoom.com/58442/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-deuxieme-partie/" rel="bookmark" target="_blank">Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (deuxième partie)</a>.</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/58741/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-troisieme-et-derniere-artie/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire….  (deuxième partie)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/58442/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-deuxieme-partie/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jan 2013 22:01:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bdzoom.com/?p=58442</guid>
		<description><![CDATA[Notre collaborateur Christophe Cassiau-Haurie poursuit son panorama complet de ces quarante dernières années où les auteurs africains de bande dessinée ont publié leurs œuvres en France et en Belgique. En attendant la troisième et ultime partie qui sera mise en ligne mardi prochain...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><strong><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/dessin.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58445" title="dessin" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/dessin.jpg" alt="" width="307" height="184" /></a>Quand l’Afrique s’édite en Europe…</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Certains auteurs peuvent également compter sur des petits éditeurs originaires du continent. En 2006 et 2007, Mabiki, une association installée en Belgique et spécialisée dans l&#8217;éducation permanente et la coopération au développement avec la RDC, édite 4 numéros de <em>Idologie Plus Plus</em>, une revue de bande dessinée entièrement en lingala et uniquement dessinée par Alain Kojélé.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/MadaMag49.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58447" title="MadaMag49" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/MadaMag49.jpg" alt="" width="150" height="449" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">Celle-ci propose deux séries BD sur l&#8217;immigration et le quotidien des Congolais.</p>
<p align="JUSTIFY">Faite avec les moyens du bord, en noir et blanc et de petit format, centrée sur les problèmes quotidiens de la communauté congolaise de Belgique, <em>Idologie Plus Plus </em>n&#8217;avait pas pour vocation de séduire un large public.</p>
<p align="JUSTIFY">De la même façon, les malgaches Didier Randriamanantena (avec « Nampoina », une BD historique sur Madagascar publiée de 2003 à 2007) et Alban Ramiandrisoa (en 2008) ont, chacun, dessiné une histoire à suivre dans <em>Madagascar Magazine</em>, un mensuel destiné à la diaspora malgache.</p>
<div id="attachment_58446" class="wp-caption aligncenter" style="width: 415px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Alban-Ramiandrisoa.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58446" title="Alban Ramiandrisoa" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Alban-Ramiandrisoa.jpg" alt="" width="405" height="500" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait de « Faralahy le Magicien » d&#39;Alban Ramiandrisoa, paru dans Vohitsary n° 01 en 2004 et dans Madagascar Magazine en 2008.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Pendro-Magazine.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58448" title="Pendro Magazine" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Pendro-Magazine.jpg" alt="" width="150" height="448" /></a>Certains Africains, en particulier les Congolais, éditent également en Europe, des revues en langue africaine, c&#8217;est le cas de <em>Pendro Magazine</em>, un bimensuel édité à Londres par Didier Demif, de 2005 à 2011. On y retrouvait des informations politiques, et surtout des nouvelles du show-biz congolais avec des interviews et articles consacrés aux vedettes de la chanson congolaise. Bien illustré, on y lisait également quelques échos sur les activités sociales de la diaspora congolaise au Royaume Uni. Dès le premier de ces 19 numéros, <em>Pendro</em>propose de la bande dessinée en lingala avec « Love Kilawou », une série de 32 pages dessinées, colorisées et scénarisées par Thembo Kash et Didier Demif. Il s&#8217;agissait de l&#8217;histoire d&#8217;un jeune congolais habitant Londres qui décide de faire venir sa fiancée en Angleterre.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Thembo-Kash-et-Didier-Demif.gif" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58450" title="Thembo Kash et Didier Demif" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Thembo-Kash-et-Didier-Demif-555x269.gif" alt="" width="555" height="269" /></a></dt>
</dl>
<dl id="attachment_58450" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px;">
<dt class="wp-caption-dt"><p class="wp-caption-text">Un strip extrait de « Le Candidat » dessiné par Thembo Kash dans le n°17 de Pendro Magazine, en 2010.</p></div>
<div id="attachment_58451" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Dick-Esale.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58451 " title="Dick Esale" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Dick-Esale.jpg" alt="" width="250" height="281" /></a><p class="wp-caption-text">une case de Dick Esale.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;">Par la suite, il y aura « Lopele », dessinée par Dick Esale et écrite par Didier Demif, série de vulgarisation sur la prévention du Sida dans le milieu de la diaspora africaine. En 2010, deux autres séries apparaissent. La première, intitulée « Ekofo Mukalenga », était dessinée par Jason Kibwisa, encrée par Thembo Kash, colorisée par Asimba Bathy et écrite par Didier Demif. Cette série avait déjà fait son apparition dans le seul numéro d’<em>Africanissimo,</em> une revue BD publiée à Kinshasa en 2000.</span><br />
<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Kamuke-Sukali.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58452" title="Kamuke Sukali" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Kamuke-Sukali.jpg" alt="" width="200" height="200" /></a></p>
<div><span style="color: #333333;">La deuxième, « Le Candidat », était en français et avait une page dans le magazine. Elleétait colorisée par Asimba Bathy, écrite et dessinée par Thembo Kash. Cette histoire avait déjà fait l&#8217;objet d&#8217;un mini album paru en 2003 à Kinshasa. Ces deux séries s&#8217;arrêteront avec la suspension du magazine en 2011.</span></div>
<p align="JUSTIFY">Dans un autre genre, plus &laquo;&nbsp;numérique&nbsp;&raquo;, on peut saluer la série du Congolais Alain Kojélé, « Les Aventures de Kamuke Sukali », publiée en deux épisodes sur le site <em>ananzie.net</em>, en 2007 et 2008. Toujours dans le domaine du numérique, on peut souligner le travail de la camerounaise Elyon&#8217;s (Joëlle Ebongue), déjà présente dans le numéro de <em>Spirou</em> de 2006, <em>Zam Zam Hebdo</em>, qui depuis plus d&#8217;un an a créé une page facebook dénommée « La Vie d&#8217;Ébène Duta » dans laquelle elle raconte en planches les aventures sentimentalo-comiques d&#8217;une jeune africaine vivant en Europe. La page est suivie, commentée, partagée et appréciée par plus de 1 700 internautes.</p>
<div id="attachment_58630" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ebene-duta-travail-dequipe1-440x600.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58630" title="ebene-duta-travail-dequipe1-440x600" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/ebene-duta-travail-dequipe1-440x600.jpg" alt="" width="440" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">« La Vie d&#39;Ébène Duta ».</p></div>
<div id="attachment_58457" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Afrique-dessinée.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58457   " title="Afrique dessinée" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Afrique-dessinée.jpg" alt="" width="200" height="395" /></a><p class="wp-caption-text">Logo de L&#39;Afrique dessinée.</p></div>
<p align="JUSTIFY">En 2001, certains dessinateurs africains se regroupent en association au sein de l&#8217;<em>Afrique dessinée</em>.</p>
<p align="JUSTIFY">Constituée, au départ, du Camerounais Simon Pierre Mbumbo, du Franco-camerounais Christophe Ngalle Edimo, du Malgache Didier Randriamanantena, de l&#8217;Ivoirien Faustin Titi et du Congolais Pat Masioni, l&#8217;association a pour ambition affichée d&#8217;unir les talents et les volontés originaires du sud, leur permettre de rester en contact, de se soutenir et de monter des projets communs.</p>
<p align="JUSTIFY">Bien que faisant carrière chacun de leur côté, ils publient un collectif en 2008 : « Une journée dans la vie d&#8217;un Africain d&#8217;Afrique ».</p>
<div id="attachment_58544" class="wp-caption aligncenter" style="width: 434px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/angoula-me1web5.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58544" title="angoula-me1web" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/angoula-me1web5.jpg" alt="" width="424" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait d&#39;« Une journée dans la vie d&#39;un Africain d&#39;Afrique ».</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Le-Secret-du-manguier-ou-la-jeunesse-volée3.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58550" title="Le Secret du manguier ou la jeunesse volée" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Le-Secret-du-manguier-ou-la-jeunesse-volée3.jpg" alt="" width="150" height="250" /></a>Essentiellement vendu dans les festivals, celui-ci est épuisé de nos jours. Ce premier titre leur permet de se faire remarquer et d&#8217;accumuler de l&#8217;expérience.</p>
<p align="JUSTIFY">Depuis, l&#8217;<em>Afrique dessinée </em>continue ses activités  à travers des ateliers, des salons ainsi que différentes opérations comme celle qui s&#8217;est déroulée en 2009 avec l&#8217;ONG française Le Mouvement du Nid et qui a permis l&#8217;édition d&#8217;un album, « Le Secret du manguier ou la jeunesse volée » (scénario de Christophe Ngalle Edimo, dessins de Faustin Titi, couleurs de Didier Randriamanantena).</p>
<p align="JUSTIFY">Un nouvel album piloté par l’association, ayant pour sujet les 20 ans qui ont suivi la fin de l&#8217;apartheid en Afrique du Sud, est sorti en octobre 2011 : « Thembi et Jetje, des tisseuses de l&#8217;arc en ciel », chez L&#8217;Harmattan.</p>
<div id="attachment_58551" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Thembi-et-Jetje-des-tisseuses-de-larc-en-ciel2.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58551" title="Thembi et Jetje, des tisseuses de l'arc en ciel" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Thembi-et-Jetje-des-tisseuses-de-larc-en-ciel2.jpg" alt="" width="500" height="193" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait de « Thembi et Jetje, des tisseuses de l&#39;arc en ciel ».</p></div>
<div id="attachment_58552" class="wp-caption alignright" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BD_malagache_didier-mada-bd-et-luc-razak1.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58552     " title="BD_malagache_didier-mada-bd-et-luc-razak" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BD_malagache_didier-mada-bd-et-luc-razak1.jpg" alt="" width="250" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Didier Mada, représentant des associations L&#39;Afrique dessinée et Mada BD, et Luc Razakarivony, représentant de l&#39;association Sary 92, à Angoulême, en janvier 2008.</p></div>
<p align="JUSTIFY">La création de Sary 92, à Nanterre (France), en 2006, par le Malgache Luc Razakarivony obéit à une démarche similaire à la différence que celui-ci, dessinateur d’origine, n’a jamais publié ses propres productions en Europe. L’essentiel de son catalogue (7 titres) était constitué de reprises de séries célèbres à Madagascar (Avotra, Malaso, Habiba, Vazimba….). De nos jours, Sary 92 a cessé ses activités. Enfin, on peut souligner le cas spécifique du franco-congolais (Brazzaville) Marc Koutekissa, fondateur de Cyr éditions<em> </em>qui a scénarisé, en se servant de souvenirs familiaux, son unique bande dessinée : « La Colonisation selon Sarko 1<sup>er</sup> »,<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Marc-Koutekissa.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58554" title="Marc Koutekissa" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Marc-Koutekissa.jpg" alt="" width="170" height="500" /></a> en réaction au fameux discours de Dakar du président de la République. Une expérience qui, du fait de son contexte, ne sera peut-être pas renouvelée, Koutekissa se considérant plus comme homme de lettres que scénariste.</p>
<p align="JUSTIFY">Mabiki<em> </em>n’édite pas uniquement la revue <em>Idologie plus plus</em>. Bienvenu Sene Mongaba (RDC), le directeur, publie également des recueils de poèmes, des romans et des essais politiques, aussi bien en français qu’en lingala. L’une de ses productions est la trilogie du peintre Andrazzi Mbala (RDC), « Les Voleurs de mort ». Ces albums racontent la lutte d’un village contre l’esprit de son chef revenu se venger après sa mort. Une histoire de sorcellerie complètement imprégnée de traditions congolaises.</p>
<div id="attachment_58553" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Andrazzi-Mbala-RDC-«-Les-Voleurs-de-mort-»1.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58553" title="Andrazzi Mbala (RDC), « Les Voleurs de mort »" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Andrazzi-Mbala-RDC-«-Les-Voleurs-de-mort-»1.jpg" alt="" width="450" height="302" /></a><p class="wp-caption-text">Andrazzi Mbala dédicaçant « Les Voleurs de mort ».</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mickaël-Jackson.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58555" title="Mickaël Jackson" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mickaël-Jackson.jpg" alt="" width="102" height="144" /></a>Dans le milieu de la BD congolaise fortement influencée le style graphique de la ligne claire, Andrazzi s’en démarque avec des dessins directement inspirés de la BD populaire qui a émergé au début des années 90 lors des débuts de la contestation de Mobutu. Il récidivera en 2011 avec un album sur Mickaël Jackson, chez le même éditeur.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamadrogo.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58556" title="zamadrogo" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamadrogo.jpg" alt="" width="180" height="273" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">Mabiki a également publié « Zamadrogo » (2006), un album en noir et blanc du congolais Alain Kojélé qui constitue une assez juste évocation de la vie kinoise, tout en respectant beaucoup plus le style graphique « dit européen ».</p>
<p align="JUSTIFY">Robert Wazi (RDC) a créé à Rouen les éditions Mandala BD au début des années 2000. Il n’a, jusque-là, publié que la trilogie de Serge Diantantu sur la vie du prophète Simon Kimbangu, fondateur d’une église chrétienne complètement africaine, ainsi qu’une autre bande dessinée du même auteur, « L’Amour sous les palmiers », qui traite du SIDA et des MST en Afrique. La prochaine publication de Mandala BD sera une réédition d’un album publié en RDC par Séraphin Kajibwami, Les Trois derniers jours de Monseigneur Munzihirwa qui évoque un sujet peu connu : les débuts de la guerre du Congo, en 1996. Cette maison est, par ailleurs, liée à l&#8217;éditeur kimbanguiste EKI &#8211; édition, installé dans la même ville.</p>
<div id="attachment_58557" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Simon-Kimba.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58557" title="Simon Kimba" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Simon-Kimba-555x758.jpg" alt="" width="555" height="758" /></a><p class="wp-caption-text">« Simon Kimbangu » par Serge Diantantu.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/couverture-0k-ETOO-T1-150.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58559" title="couverture-0k-ETOO-T1-150" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/couverture-0k-ETOO-T1-150.jpg" alt="" width="150" height="365" /></a>Pour d’autres éditeurs africains, la bande dessinée n’est qu’un domaine parmi d’autres. C’est le cas de Dagan éditions qui, au milieu d’albums pour la jeunesse, de romans et d’essais, a édité plusieurs albums. C’est le cas, en 2009, de l’album de la Camerounaise Joelle Esso, « Petit Joss », où elle parle de son enfance à Douala au début des années 1970, ainsi que deux albums d’auteurs antillais : « Suupa Kokujin », un manga du jeune Yhno en 2010 et, l’année suivante, de « Milo tigasson », une BD musicale de Michel Bagoé et Edwin Largier.</p>
<p align="JUSTIFY">En 2012, Dagan a également publié « Alum Ndong Minko » des auteurs gabonais Ngomo et Obiang ainsi que Abraham Petrovitch de Milena Kano. Enfin, en décembre 2012, sort le tome 1 de l’autobiographie du footballeur Samuel Eto’o : « Eto’o fils, Naissance d’un champion » dessiné par Joelle Esso, sur un scénario du footballeur lui même.</p>
<div id="attachment_58560" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Petit-Joss2.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58560" title="Petit-Joss2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Petit-Joss2-555x801.jpg" alt="" width="555" height="801" /></a><p class="wp-caption-text">« Petit Joss » par Joelle Esso</p></div>
<p align="JUSTIFY">Ménaibuc éditions, qui publie énormément sur l’Afrique et le monde noir, n’a édité qu’un seul album de BD, celui du camerounais Biyong Djehouty : « Soundjata, la bataille de Kirina », sur l&#8217;empereur du Mali Soundjata Keita, deux ans après que celui-ci ait édité sa biographie de « Chaka »,le &laquo;&nbsp;napoléon sud-africain&nbsp;&raquo;chez Bes créations.</p>
<div id="attachment_58561" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Biyong-Djehouty.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58561" title="Biyong Djehouty" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Biyong-Djehouty.jpg" alt="" width="500" height="667" /></a><p class="wp-caption-text">« Soundjata, la bataille de Kirina » par Biyong Djehouty</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Camara-Anzoumana.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58562" title="Camara Anzoumana" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Camara-Anzoumana.jpg" alt="" width="150" height="300" /></a>Félix Anagonou a créé Esprit libre junior, en 2009. Au départ, cet entrepreneur de spectacle ne souhaitait pas devenir éditeur. Mais, séduit par le talent et la personnalité du dessinateur guinéen Camara Anzoumana et face à l’indifférence des maisons d’édition traditionnelles, il décide de sortir lui-même en décembre 2010, sa très belle adaptation de « L’Enfant noir » de Camara Laye. Camara Anzoumana, qui a fait l’essentiel de sa carrière en Côte-d’Ivoire, prépare un autre album à paraître prochainement.</p>
<p align="JUSTIFY">Cependant, ce phénomène n’est pas nouveau, le zaïrois Mongo Sise avait déjà publié un album avec l&#8217;éditeur belge Eur-af au début des années 80 : « Le Boy <em>»</em>, dans la série « Mata mata et Pili pili ». Cet album était destiné à être diffusé au Zaïre et n’a que peu touché le lectorat européen.</p>
<div id="attachment_58563" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/MataMataEtPiliPili_01022005.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58563" title="MataMataEtPiliPili_01022005" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/MataMataEtPiliPili_01022005.jpg" alt="" width="500" height="621" /></a><p class="wp-caption-text">« Le Boy » par Mongo Sise.</p></div>
<p align="JUSTIFY">L’ensemble de ces œuvres s&#8217;explique par l&#8217;origine géographique des éditeurs, et participe plus d&#8217;une prise de conscience associative communautaire que d&#8217;une percée particulière d’un genre que l’on pourrait appeler « BD africaine ». On peut surtout y voir une prise en compte de l&#8217;histoire spécifique de l&#8217;Afrique et la nécessité de valoriser ses propres mythes.</p>
<div id="attachment_58567" class="wp-caption alignleft" style="width: 309px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Serge-Diantantu-Mangobo-et-Alix-Fuilu.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58567" title="Serge Diantantu, Mangobo et  Alix Fuilu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Serge-Diantantu-Mangobo-et-Alix-Fuilu.jpg" alt="" width="299" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Serge Diantantu, Mangobo et Alix Fuilu.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><strong>Une édition de ghetto ?</strong></p>
<p align="JUSTIFY">La tentation est grande de voir dans l&#8217;ensemble de ces démarches une édition de ghetto. Faite par des Africains, celle-ci ne s&#8217;adresserait qu&#8217;à des Africains. Il est incontestable que pour un lecteur européen, il est toujours nécessaire de faire un effort pour y accéder. Mais en réalité, la situation est bien plus complexe. Ces éditeurs et auteurs se défendent de ce type d&#8217;approche. Si l&#8217;envie de faire mieux connaître son travail ou la culture du continent est très prégnante dans leur démarche, l&#8217;idée de s&#8217;adresser exclusivement à un seul type de public qui serait la diaspora afro-antillaise n&#8217;effleure personne.</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Petit-Joss1.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58568" title="Petit Joss" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Petit-Joss1.jpg" alt="" width="250" height="688" /></a>Il est vrai que le système de diffusion propre aux territoires francophones du nord (entre les mains des principaux éditeurs qui imposent leurs règles, en particulier sur les marges de vente) contraint, de fait, tous ces micro-éditeurs à une diffusion en dehors des canaux classiques, ce qui peut laisser penser que le grand public n&#8217;est pas visé. En effet, la diffusion de l&#8217;édition africaine de BD est souvent une diffusion directe, sans intermédiaire, soit par les sites et blogs de ces acteurs du livre, soit lors d&#8217;ateliers de formation tenus par les auteurs (c&#8217;est le cas d’Alix Fuilu et Serge Diantantu) soit par l&#8217;intermédiaire des salons et festivals que ces auteurs écument avec courage et pugnacité. Tout cela se fait sans l&#8217;appui des médias et critiques classiques de BD, peu désireux de parler de ce courant si minoritaire noyé dans la masse de titres qui sort chaque année dans l&#8217;hexagone.</p>
<p align="JUSTIFY">Les chiffres de vente démontrent cependant que le public touché est plus vaste que la simple communauté afro-antillaise. Là où la moyenne de vente d&#8217;un titre de BD se situe aux alentours de 4 500 exemplaires, certains titres de Serge Diantantu dépassent allègrement les 10 000 exemplaires : « Petit Joss »<em> </em>a été réimprimé plusieurs fois et « Une journée dans la vie d&#8217;un africain d&#8217;Afrique » était déjà épuisé l&#8217;année suivant sa sortie.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/%C2%AB-Corne-et-ivoire-%C2%BB.jpeg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58570" title="« Corne et ivoire »" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/%C2%AB-Corne-et-ivoire-%C2%BB.jpeg" alt="" width="200" height="400" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">De plus, ces éditeurs sont tous prêts à publier des artistes non originaires d&#8217;Afrique. C&#8217;est le cas d&#8217;Afro-bulles qui a sorti « Corne et ivoire » dessiné par le français Ström et qui a toujours laissé la place à des dessinateurs de toutes origines dans ces collectifs. D&#8217;autres éditeurs, comme L&#8217;Afrique dessinée ou<em> </em>Dagan (qui a sorti l’album de Milena Kano), ont exactement la même démarche.</p>
<p align="JUSTIFY">Nous sommes donc loin d&#8217;une volonté d&#8217;isolement&#8230; Si les parcours de chacun restent individuels, les motivations différentes selon les uns et les autres et aucun portrait-type possible, l&#8217;objectif reste le même pour tous ces acteurs de la BD d&#8217;Afrique : publier pour faire entendre sa voix, publier pour se faire connaître et exister aux yeux du monde.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Les Dom Tom, escale éditoriale privilégiée pour les bédéistes africains</strong></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Cyclone-BD.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58571" title="Cyclone BD" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Cyclone-BD.jpg" alt="" width="250" height="622" /></a>Si la France métropolitaine a longtemps été fermée aux auteurs africains, les départements et collectivités d&#8217;Outre-mer français ont souvent hébergé leurs productions. Près d&#8217;une dizaine de dessinateurs y ont été édités. Certains y ont même démarré leur carrière avant de continuer en Métropole. Deux zones de l&#8217;Outre-mer sont particulièrement concernés : l&#8217;Océan Indien (Mayotte et La Réunion) et les Caraïbes (Guadeloupe, Martinique et Guyane française).</p>
<p align="JUSTIFY">Curieusement, ces cinq territoires abritent des populations majoritairement d&#8217;origine africaine. Peut-on y voir la conséquence d&#8217;une solidarité entre artistes de même origine géographique ? Peut-être… Cependant, les raisons de la présence de bédéistes africains diffèrent selon les territoires et démontrent qu&#8217;elles sont beaucoup plus complexes et prosaïques qu&#8217;une forme d&#8217;hommage de la diaspora à la &laquo;&nbsp;terre nourricière&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="JUSTIFY">La Réunion est, actuellement, la seule île de l&#8217;Outre-mer français où la bande dessinée a pris de l&#8217;ampleur. Elle se situe également dans une région très dynamique dans le domaine de la BD. En effet, Madagascar a une longue tradition remontant au tout début des années 60, Maurice a produit d&#8217;excellents bédéistes comme Laval Ng ou Éric Koo Sin Lin et Les Seychelles abritent de bons caricaturistes.</p>
<div id="attachment_58572" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/lavalsillagepl.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58572" title="lavalsillagepl" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/lavalsillagepl-555x775.jpg" alt="" width="555" height="775" /></a><p class="wp-caption-text">Une planche de Laval Ng sur « Les Chroniques de Sillage ».</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BD-Africa.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-58584" title="BD Africa" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BD-Africa-555x733.jpg" alt="" width="250" height="733" /></a>La conjugaison de ces paramètres a donc entraîné des contacts étroits entre dessinateurs de la sous-région. Des auteurs malgaches et mauriciens ont systématiquement été invités aux différentes éditions du Festival de Saint Denis : « Cyclone BD ». Des auteurs réunionnais (Appollo et Huo-Chao-Si) ont déjà encadré une formation à Tananarive (en 2004) et sont à la base de l&#8217;album « BD Africa : Les Africains dessinent l&#8217;Afrique »<em> </em>paru chez Albin Michel,<strong> </strong>dans lequel apparaissent cinq malgaches.</p>
<p align="JUSTIFY">En matière d&#8217;édition, le fanzine <em>Le Cri du Margouillat</em> a été un élément déclencheur important dans la création de liens avec les pays environnants. Dès ses débuts (1986), les responsables ont souhaité se situer pleinement dans la région, en rupture complète avec le parisianisme dominant de l&#8217;édition française.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Le-Cri-du-Margouillat.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-58585" title="Le Cri du Margouillat" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Le-Cri-du-Margouillat-555x781.jpg" alt="" width="250" height="781" /></a> De fait, plusieurs auteurs de la région ont été publiés dans différents numéros : Aimé Razafy, Roddy (Madagascar), Laval Ng, Marc Randabel, Deven Teevenragodum (Île Maurice) et surtout les auteurs sud-africains de <em>Bitterkomix</em> bien avant que ceux-ci ne se fassent remarquer par des éditeurs comme L&#8217;Association ou Cornélius. Le franco-comorien Moniri (de son vrai nom Moniri M&#8217;bae) a également dessiné une série, « Little Momo », dans les numéros 18 à 28 du journal. En 1999, <em>Centre du monde éditions</em>, petite structure éditoriale créée par l&#8217;équipe du Margouillat, publie même « Retour d&#8217;Afrique » du Malgache Anselme Razafindrainibe, reprise de toutes ses histoires publiées au fil des années dans <em>Le Cri du Margouillat</em>. Par la suite, Centre du monde éditions a publié plusieurs collectifs (« Marmites créoles », « Musiques créoles », « Légendes créoles ») dans lesquelles apparaissent des dessinateurs de la région : Pov, Laval Ng, Evan Sohun, Thierry Permal, Dwa….<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Retour-dAfrique.jpeg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58586" title="Retour d'Afrique" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Retour-dAfrique.jpeg" alt="" width="200" height="640" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">Les auteurs de l’Océan Indien peuvent également se retrouver sur des thèmes communs. C&#8217;est le cas du mythe de la Lémurie forgé par le poète et homme politique Jules Hermann dans un ouvrage posthume de 1927 : « Les Révélations du Grand Océan ». Tout en reposant sur des observations géologiques, l&#8217;ouvrage propose une rêverie sur l&#8217;existence d&#8217;un continent primitif appelé Lémurie.</p>
<p align="JUSTIFY">Berceau de toutes les civilisations, il aurait été englouti après une catastrophe cosmique. Madagascar et les Mascareignes en seraient les derniers vestiges et les Hauts de La Réunion symboliseraient les traces laissées par de prodigieux sculpteurs géants. Hermann voit par ailleurs dans le malgache l&#8217;origine de toutes les langues, y compris le français et le créole réunionnais.</p>
<div id="attachment_58587" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Anselme4.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58587" title="Anselme4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Anselme4-555x550.jpg" alt="" width="555" height="550" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin d&#39;Anselme Razafindrainibe.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Le mythe lémurien inverse ainsi la perspective traditionnelle et fait des îles australes le centre du monde. Le Mauricien Malcom de Chazal sera parmi les premiers à prolonger l&#8217;œuvre d&#8217;Hermann par ses propres constructions poétiques sur Maurice. C&#8217;est dans ce cadre que peut s&#8217;expliquer le choix de l&#8217;éditeur réunionnais Grand Océan (dont le nom n&#8217;a pas été choisi par hasard) de publier « Fol Amour »<em>, </em>du couple de dessinateurs malgaches Xhy &amp; M&#8217;aa, en 1997 dont l&#8217;univers délirant est proche de ces théories. Par la suite, Grand Océan récidive avec deux autres ouvrages écrits et illustrés par ces mêmes artistes.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Humour-des-Seychelles.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58588" title="Humour des Seychelles" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Humour-des-Seychelles.jpg" alt="" width="400" height="307" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">L&#8217;association ARS Terres créoles est une association sans but lucratif qui vise à valoriser le patrimoine historique et littéraire de la région. En 2006, ils éditent un recueil de dessins humoristiques du Seychellois Peter Marc Lalande. Celui-ci récidive début 2011, en sortant un nouvel ouvrage à la Réunion, chez l’éditeur Des bulles dans l’océan<strong> </strong>: « Humour des Seychelles ». Cette maison publie cette même année, un album de deux auteurs malgaches : « Mégacomplots à Tananarive » (Pov et Dwa) qui sera présenté au festival d’Angoulême en 2012. Le tome 2 est déjà prévu pour la fin d’année 2013. Dans ces deux derniers cas, la motivation de l&#8217;éditeur reste la même : rendre compte de la créativité artistique des artistes de la région.</p>
<div id="attachment_58606" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mégacomplots-à-Tananarive-Pov-et-Dwa.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58606" title="Mégacomplots à Tananarive Pov et Dwa" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Mégacomplots-à-Tananarive-Pov-et-Dwa-555x746.jpg" alt="" width="555" height="746" /></a><p class="wp-caption-text">« Mégacomplots à Tananarive » par Pov et Dwa.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/leturbanetlacapote.gif" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58608" title="leturbanetlacapote" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/leturbanetlacapote.gif" alt="" width="300" height="435" /></a>La situation n&#8217;est pas la même dans les autres départements et territoires d&#8217;Outre-mer qui ont accueilli des bédéistes africains et où la BD n&#8217;a qu&#8217;un développement limité. À Mayotte, jusqu&#8217;en 2000, le dessinateur malgache Luc Razakarivony installé sur place, a produit plusieurs histoires. En 1993, il dessine « La Dame au chapeau » dans le journal <em>Makisard </em>(scénario de Carole Lemonnier du Roncheray). En 1995 et 1996, paraissent deux tomes des aventures de « Greg et Abdou » scénarisés par le Mahorais Abdou Salam. Enfin, en 2000, est édité en collaboration avec le Mahorais Nassur Attoumani, « Le Turban et la capote », bande dessinée inspirée d&#8217;une pièce de théâtre du même auteur éditée chez Grand Océan, en 1997. Une réédition devrait bientôt sortir dans la collection <em>L’Harmattan BD</em>.</p>
<p align="JUSTIFY">En Guyane française en 1978, le Béninois Jules Niago, professeur de sciences économiques au lycée de Cayenne, et le Guyanais Maurice Tiouka publient, à compte d&#8217;auteur « Candia, la petite oyapockoise ».<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Kreyon-noir.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58610" title="Kreyon noir" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Kreyon-noir.jpg" alt="" width="211" height="301" /></a> Ce titre est la première BD publiée dans ce département où les quelques éditeurs locaux se sont peu investis dans ce secteur (on n&#8217;y compte que deux ou trois titres). Aux Antilles (Guadeloupe et Martinique), malgré des éditeurs très impliqués dans la défense de l&#8217;identité caribéenne, le 9<sup>e</sup> art reste insignifiant, jusqu’au milieu des années 2000. Cependant, quelques dessinateurs africains ont pu s&#8217;y faire remarquer. Le Camerounais Mayval participe à l&#8217;aventure du journal satirique <em>Le Griot des Antilles </em>ainsi qu&#8217;à un numéro de la revue de bandes dessinées <em>Kreyon noir</em>. Par la suite, il participe au magazine <em>Madjoumbé</em>, créé à Paris par l’Antillais Merkh.</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/tiniko.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58611" title="tiniko" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/tiniko.jpg" alt="" width="250" height="426" /></a>C&#8217;est également le cas de son compatriote Achille Nzoda, qui démarre sa carrière européenne dans des journaux de Martinique. On peut ajouter le Congolais (RDC) Augustin Nge Simety, dessinateur de trois albums illustrant les aventures d&#8217;un petit garçon antillais (« Ti Niko ») sur un scénario de l&#8217;Antillais Blaise Bourgeois et publiés par Orphie<strong>,</strong>éditeur installé à La Réunion et qui fait l&#8217;essentiel de son chiffre d&#8217;affaires dans les Dom Tom. Dans tous ces cas, les dessinateurs africains occupent un espace laissé vacant. Au milieu des années 2000, Florent Charbonnier fonde une maison d’édition : Caraïbéditions. Celle-ci se spécialise dans la bande dessinée et réédite plusieurs classiques franco-belges (« Tintin », « Asterix », « Titeuf »…) en créole antillais et créole réunionnais (en partenariat avec Des bulles dans l’océan). Par la suite, Caraïbéditions sort des œuvres originales : des mangas (« Les Îles du vent » en deux tomes, « Waldo papaye »…) mais aussi des récits historiques comme « La légion Saint-Georges » de Roland Monpierre (qui traite du chevalier de Saint-Georges)</p>
<div id="attachment_58613" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/caraibes_editions_image.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58613" title="caraibes_editions_image" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/caraibes_editions_image.jpg" alt="" width="450" height="302" /></a><p class="wp-caption-text">« Les Îles du vent ».</p></div>
<p align="JUSTIFY">et un cycle de 6 tomes sur l’esclavage avec « Mémoire de l’esclavage » de Serge Diantantu (RDC) et dont les trois superbes premiers tomes sont déjà sortis : « Bulambemba », « En naviguant vers les Indes », « L’Embarquement de bois d’ébène ».</p>
<div id="attachment_58615" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/memoire4.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58615" title="memoire4" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/memoire4-555x770.jpg" alt="" width="555" height="770" /></a><p class="wp-caption-text">« Mémoire de l’esclavage » par Serge Diantantu.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Quand-la-BD-d’Afrique-s’invite-en-Europe1.jpg" rel="lightbox[58442]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-58620" title="Quand-la-BD-d’Afrique-s’invite-en-Europe" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Quand-la-BD-d’Afrique-s’invite-en-Europe1-555x867.jpg" alt="" width="150" height="867" /></a>Malheureusement l&#8217;Outre-mer français n&#8217;est perçu que comme un moyen d&#8217;accéder au &laquo;&nbsp;Nord&nbsp;&raquo; et non comme une fin en soi. Les tirages des éditeurs locaux ne permettent d&#8217;ailleurs pas des salaires conséquents aux dessinateurs qui travaillent pour eux. Pour autant, le marché métropolitain du livre leur est quasiment aussi fermé qu&#8217;il ne l&#8217;est pour les éditeurs étrangers (Canadien, Suisse, Libanais, Belge et…. Africain). Lutter contre un marché à deux vitesses est un combat commun à l&#8217;ensemble des francophones et l&#8217;existence de relations entre l&#8217;Afrique et l&#8217;Outre-mer français permettra peut-être, à terme, de faire sauter certains verrous.</p>
<p align="JUSTIFY"> À suivre&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"> <strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Avec un tout petit peu de Gilles RATIER pour l’iconographie et la mise en page !</p>
<div>Pour lire la première partie, cliquez ici :</div>
<div>
<h2><span style="font-size: x-small;"><a title="Lien permanent vers Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (première partie)" href="http://bdzoom.com/58093/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-premiere-partie/" rel="bookmark" target="_blank">Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (première partie)</a>.</span></h2>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les auteurs africains en Europe, quarante années d’histoire…. (première partie)</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/58093/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-premiere-partie/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jan 2013 23:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bdzoom.com/?p=58093</guid>
		<description><![CDATA[Depuis quarante années, les auteurs africains de bande dessinée publient leurs œuvres en France et en Belgique. Si durant longtemps, le public occidental fut peu réceptif à leurs travaux, quelques auteurs ont commencé à avoir du succès au cours des dix dernières années. On peut citer la série « Aya de Yopougon » de la scénariste ivoirienne Marguerite Abouet ou « La Vie de Pahé » du Gabonais Pahé... Pour autant, ces exemples restent rares et la majorité des auteurs sont peu connus du grand public. Dans son ouvrage « Quand la BD d’Afrique s’invite en Europe » paru chez L’harmattan, notre collaborateur Christophe Cassiau-Haurie revient sur ces quarante années et présente la quasi-totalité des ouvrages et auteurs de bande dessinée édités en Europe : en voici l'introduction découpée en trois parties et largement illustrées par nos soins.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_58095" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Barly-Baruti.jpeg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58095 " title="Barly Baruti" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Barly-Baruti-555x790.jpg" alt="" width="250" height="790" /></a><p class="wp-caption-text">Barly Barutivu par Jason Kibiswa.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Pendant très longtemps les travaux des dessinateurs africains ont été totalement ignorés en Europe. Hormis quelques exceptions comme Barly Baruti, peu d’artistes étaient visibles aux yeux du public français ou belge. De nos jours, la situation a évolué. En effet, depuis 2002, le nombre d’auteurs africains présents sur les marchés francophones du nord est en nette augmentation. On peut compter, aujourd’hui, près d’une vingtaine d’entre eux édités dans différentes maisons d’édition. Cette accumulation, après des décennies de quasi-silence, peut paraître étonnante. Si elle est le résultat d&#8217;une évolution certaine de la bande dessinée en Afrique, de plus en plus présente aux yeux du public local, elle a aussi d&#8217;autres causes liées au contexte de l’édition française et des rapports nord &#8211; sud.</p>
<p style="text-align: justify;">L’édition d’albums de bandes dessinées a, en effet, connu une énorme progression depuis 15 ans. En 2012, l’édition BD est devenu pléthorique : durant le premier semestre de 2012, il est paru autant d&#8217;albums qu‘entre la fin du 19ème siècle et 1980. De fait, cette explosion du nombre de titres a eu un effet « appel d’air » pour tous les dessinateurs, y compris ceux originaires de pays étrangers, Afrique comprise.</p>
<div id="attachment_58096" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/evak_13032002.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58096 " title="evak_13032002" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/evak_13032002.jpg" alt="" width="500" height="683" /></a><p class="wp-caption-text">« Eva K. » par Barly Baruti et Frank Giroud, chez Soleil (entre 1995 et 1998).</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BEST-OF-PAHE.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58097" title="Mise en page 1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/BEST-OF-PAHE.jpg" alt="" width="150" height="640" /></a>Un autre phénomène nouveau est l&#8217;apparition de scénaristes originaires du continent.</p>
<p style="text-align: justify;">Des auteurs comme Pahé, Chrisany, Didier Randriamanantena, Bertin Amanvi, Fayez Samb, Biyong Djehouty&#8230;, dessinent leurs propres scénarios.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres sont exclusivement scénaristes : c’est le cas du Franco-Camerounais Christophe Ngalle Edimo, du Congolais Pie Tshibanda ou, bien sur, de l&#8217;Ivoirienne Marguerite Abouet, lauréate, en 2006, du prix du premier album au festival international de la bande dessinée d&#8217;Angoulême avec la série « Aya », énorme succès public et critique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’apparition d’auteurs africains sur la scène franco-belge s’explique aussi par la faiblesse du marché du livre et de la bande dessinée en Afrique.</p>
<div id="attachment_58098" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/planche_aya_yopougon51280146378_25eca.jpeg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58098" title="mep_Aya5.indd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/planche_aya_yopougon51280146378_25eca-555x770.jpg" alt="" width="555" height="770" /></a><p class="wp-caption-text">« Aya de Yopougon ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1800-2222-thickbox.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-58100" title="1800-2222-thickbox" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/1800-2222-thickbox-555x555.jpg" alt="" width="250" height="555" /></a>En dehors de la BD religieuse (par exemple les éditions Saint Paul divisées entre Mediaspaul et Paulines) et l’illustration de livres pédagogiques (en particulier Les Classiques africains, repris en 2007 par un groupe mauricien), les auteurs africains de BD n’ont souvent que le choix entre la production d’albums de sensibilisation &#8211; financé par des organismes de coopération, peu soucieux d’esthétique &#8211; et l’édition de brochures de propagande politique au bénéfice du pouvoir ou de l’opposition. Pour beaucoup, l’exil est le seul moyen pour tenter de faire carrière dans ce milieu. Mais les raisons professionnels ne sont pas les seules. Bien des auteurs sont venus demander l’asile politique en Europe. Ce ne sont pas leurs activités dans la BD qui rend leur situation dangereuse mais le fait que beaucoup d’entre eux sont souvent dessinateurs de presse et caricaturistes, métiers peu appréciés par les roitelets en place dans certains pays tropicaux.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mediaspaul.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58101" title="mediaspaul" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mediaspaul-555x416.jpg" alt="" width="555" height="416" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/tintin-au-congo.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58102" title="tintin-au-congo" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/tintin-au-congo.jpg" alt="" width="150" height="540" /></a>Cette apparition d’auteurs africains est aussi une bonne chose pour l’image de l’Afrique et des Africains dans la BD occidentale. Sans aller jusqu’à parler de « Tintin au Congo », il est incontestable que ce continent et ses habitants sont rarement présentés sous leur meilleur jour dans les albums se déroulant sur place, albums (quasi-)toujours dessinés par des européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais rien n’est simple et ces auteurs africains sont comme leurs confrères occidentaux : ils ne portent pas leur nationalité en bandoulière ! Beaucoup d’entre eux revendiquent la possibilité de s’intéresser à d’autres sujets que celui de leurs origines et souhaitent aborder une diversité de thèmes. Le lecteur pourra le constater dans « Quand la BD d’Afrique s’invite en Europe ».<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/quand-la-bd-d-afrique-s-invite-en-europe.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58110" title="quand-la-bd-d-afrique-s-invite-en-europe" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/quand-la-bd-d-afrique-s-invite-en-europe-555x281.jpg" alt="" width="555" height="281" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/SalonAfrique.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58109" title="SalonAfrique" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/SalonAfrique.jpg" alt="" width="250" height="698" /></a>L’objectif de cet ouvrage paru chez L’harmattan est donc de faire découvrir l’ensemble de la production des bédéistes africains en Europe, leur parcours (y compris dans leur pays), et d&#8217;avoir une vision de la production disponible. De fait, il se veut un outil pour les organisateurs de salon, les médiathécaires et documentalistes, les journalistes, les amateurs…. : le classement étant thématique, puis album par album. Mais avant cela, s’impose un survol historique de la présence d’auteurs africains en Europe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans la presse BD généraliste</strong> : il est difficile de dater les débuts des auteurs africains dans la presse spécialisée occidentale.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2007, le festival Yambi, initié par la coopération belge sur l&#8217;importance des arts en RDC, avait présenté une planche envoyée par un jeune lecteur congolais, resté anonyme, au journal <em>Le Petit Vingtième</em>, dans les années 1930. Celle-ci reprenait une histoire de « Tintin » traduite en lingala (une des langues nationales de la RDC). On pourrait donc dater de cette tentative, les prémices de la présence africaine dans la presse européenne. Cependant, les débuts réels remontent beaucoup plus tard, à la fin de la décennie 70. Cela peut paraître étonnant car, jusqu&#8217;à la fin des années 90, la presse spécialisée a constitué, en Europe, le principal support de diffusion du 9e art.</p>
<div id="attachment_58112" class="wp-caption aligncenter" style="width: 440px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/xhimaa_folamour1.gif" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58112" title="xhimaa_folamour1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/xhimaa_folamour1.gif" alt="" width="430" height="411" /></a><p class="wp-caption-text">Xhi et Maa dans Charlie Mensuel.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Charlie-Mensuel117.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58111" title="Charlie Mensuel117" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Charlie-Mensuel117.jpg" alt="" width="150" height="398" /></a>En 1978, le couple d&#8217;artistes-peintres malgaches Xhi et Maa publient des récits courts dans trois numéros de<em> Charlie Mensuel</em>. Ils font même la couverture du n°117 d’octobre 78, une première pour des dessinateurs africains.</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, en 1998, ils publient un album chez l&#8217;éditeur réunionnais, Grand océan (« Fol amour »), avant de se consacrer définitivement à la peinture.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1980, le Zaïrois Mongo Sisé fait une apparition dans l&#8217;encart <em>L&#8217;École de la BD</em> du n°2188 de <em>Spirou</em>, avant de revenir deux ans plus tard dans le même journal et publier une histoire de 4 pages dans le n°2314 (la série « Mata Mata et Pili Pili »).<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mata-mata1.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58135" title="mata mata1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mata-mata1-555x728.jpg" alt="" width="555" height="728" /></a><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mata-mata2.jpg.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58134" title="mata mata2.jpg" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/mata-mata2.jpg-555x708.jpg" alt="" width="555" height="708" /></a></p>
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="attachment_58134" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px;">
<dd class="wp-caption-dd">Mongo Sisé dans Spirou avec « Mata Mata et Pili Pili ».</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Il est imité, la même année, par Barly Baruti, qui, toujours dans <em>Spirou</em>, publie également dans <em>L&#8217;École de la BD</em> (n° 2286).</p>
<div id="attachment_58133" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/école-bd.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58133" title="école bd" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/école-bd-555x720.jpg" alt="" width="555" height="720" /></a><p class="wp-caption-text">Barly Baruti dans L&#39;École de la BD de Spirou (n° 2286).</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamzam.jpg.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-58136" title="zamzam.jpg" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamzam.jpg-555x800.jpg" alt="" width="200" height="800" /></a>Il n&#8217;y aura plus de créateurs africains dans <em>Spirou</em> jusqu&#8217;à l&#8217;année 2006 où, dans son n°3565 du 9 août, le mensuel sort un supplément intitulé <em>Zam Zam</em>, orchestré par Éric Warnauts, et qui présente les travaux d&#8217;une équipe d&#8217;artistes camerounais de l&#8217;association Trait Noir : Bibi Benzo, Almo the Best….</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, en 1983, les Algériens Mansour Amouri (dessin) et Mahfoud Aïder (scénario) publient une histoire courte (6 pages), « La Route de l&#8217;espoir », dans le n°755 de <em>Pif Gadget</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces quelques exemples sont quasiment les seuls pour la presse spécialisée BD, hormis quelques fanzines de faible diffusion. On peut noter par exemple, en Bretagne, <em>Le Cri du Menhir</em> qui accueille le Congolais Sambu Kondi dans quelques numéros, au milieu des années 2000. On peut également citer <em>Lazer Artzine</em> qui en fait de même avec Jérémie Nsingi (RDC, également) dans son numéro 11 de janvier 2010.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamzam1.jpg.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58137" title="zamzam1.jpg" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zamzam1.jpg-555x792.jpg" alt="" width="555" height="792" /></a><strong>Une édition de diaspora</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Aya-de-Yopougon.gif" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58138" title="Aya de Yopougon" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Aya-de-Yopougon.gif" alt="" width="200" height="320" /></a>Les premiers auteurs africains à avoir tenté leur chance auprès de maisons d&#8217;édition en Europe n&#8217;y ont pas non plus rencontré un accueil très favorable. Leurs projets, souvent inspirés de leur histoire et de leur culture, n&#8217;ont en effet guère rencontré d&#8217;enthousiasme. C&#8217;était avant l&#8217;effet « Aya de Yopougon », qui, avec les 250 000 exemplaires écoulés pour les 6 titres de la série, a permis de démontrer qu’une histoire raconté par un auteur du sud et ayant comme principaux protagonistes des africains pouvait avoir du succès.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette difficulté à se montrer ont entraîné une stratégie alternative de la part des acteurs du 9e art africain. Afin de briser certains tabous existants, plusieurs Africains installés en France ou en Belgique ont en effet décidé de faire entendre leur voix en montant leur propre structure éditoriale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce phénomène s’est particulièrement développé dans les années 90, tant en matière d&#8217;albums que de revues.</p>
<div id="attachment_58204" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Albert-Tshisuaka1-2.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58204" title="Albert-Tshisuaka1-2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Albert-Tshisuaka1-2.jpg" alt="" width="550" height="398" /></a><p class="wp-caption-text">Exemples de bandes dessinée dues à Albert Tshisuaka.</p></div>
<div id="attachment_58139" class="wp-caption alignleft" style="width: 295px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Albert-Tshisuaka.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58139" title="Albert Tshisuaka" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Albert-Tshisuaka.jpg" alt="" width="285" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin d&#39;Albert Tshisuaka.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Pour certains artistes, l’auto-édition a semblé la solution la meilleure, en particulier pour l’édition de revues BD. En 2001, en Belgique, Albert Tshisuaka (RDC) créée <em>Sagafrica</em> en 2001.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce bimensuel ne dure que deux numéros, le temps, pour cet auteur, de reprendre une série qu&#8217;il avait commencé quinze ans auparavant dans <em>Afrobédé</em>, revue congolaise de BD fondée par Mongo Sisé. Depuis Tshisuaka travaille régulièrement pour Joker, une maison d’édition belge spécialisée dans la BD.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Congolais Serge Diantantu, après le succès d&#8217;estime de son premier album, « Les Aventures de Mara : Attention Sida » en 1994 (aujourd’hui épuisé), poursuit en lançant, en 1997 et 1998, un journal de BD nommé <em>La Cloche</em>, qu&#8217;il dessine seul et qui lui permet de montrer ses propres travaux et planches.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/CongoStripLaCloche2.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58140" title="CongoStripLaCloche2" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/CongoStripLaCloche2.jpg" alt="" width="150" height="500" /></a> <em>La Cloche</em>ne dure que trois numéros et s&#8217;arrête en juillet 1998, en pleine coupe du monde. C&#8217;est l&#8217;occasion pour Diantantu de démarrer les premières pages de sa future trilogie sur Simon Kimbangu – dont le premier tome sera édité quatre ans plus tard –, ainsi que de créer une héroïne, la petite Djily, qui fera l&#8217;objet d&#8217;un album sur l&#8217;enfance maltraitée qu’il auto &#8211; éditera en 2008 (« La Petite Djily et mère Mamou »).</p>
<div id="attachment_58141" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/PetiteDjilyLa_15032009_173214.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58141" title="PetiteDjilyLa_15032009_173214" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/PetiteDjilyLa_15032009_173214-555x769.jpg" alt="" width="555" height="769" /></a><p class="wp-caption-text">« La Petite Djily et mère Mamou ».</p></div>
<div id="attachment_58143" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/bernardmayo.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58143  " title="bernardmayo" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/bernardmayo.jpg" alt="" width="180" height="626" /></a><p class="wp-caption-text">Bernard Mayo.</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 2006 et 2007, Bernard Mayo, grand ancien du 9e art congolais, installé en Allemagne depuis la fin des années 70, sort la revue BD <em>Suka Époque</em>, entièrement en lingala, avec l&#8217;aide de son complice Suma Lukombo, autre ex-dessinateur de la revue zaïroise des années 70 : <em>Jeunes pour Jeunes</em>. Mais <em>Suka Époque</em> ne connaîtra que trois numéros.<a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Suka-Époque.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58144" title="Suka Époque" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Suka-Époque.jpg" alt="" width="200" height="512" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis, Bernard Mayo a repris sa carrière de musicien et de chanteur, s’essayant également au dessin animé.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si ces revues ont eu une durée de vie limitée, elles ont servi de « laboratoire » à des auteurs, en leur permettant de s’exprimer, se frotter au milieu et se faire connaître dans quelques festivals. Ce fut encore le cas avec le N°0 de <em>Toom mag</em>, lancé par Simon-Pierre Mbumbo fin 2011, sans qu&#8217;il n&#8217;y ait d&#8217;autres numéros par la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Le phénomène ne se limite d’ailleurs pas aux revues puisque certains auteurs n’hésitent pas à auto-produire des albums.</p>
<div id="attachment_58147" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Alix-Fuilu.jpeg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58147" title="Alix Fuilu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Alix-Fuilu.jpeg" alt="" width="550" height="233" /></a><p class="wp-caption-text">Alix Fuilu.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Couleur-cafe.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-58148" title="Couleur-cafe" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Couleur-cafe.jpg" alt="" width="150" height="558" /></a>Alix Fuilu en est un parfait exemple. Après avoir commencé sa carrière en lançant la revue <em>Le Kinois</em>, en 1996, et publié plusieurs albums collectifs de sensibilisation (« Boulevard SIDA », « Du shit au zen » sur la drogue, « Routes dingues » sur la prévention routière&#8230;) pour le Conseil général du Nord et la DDASS, il voit la plupart de ses projets refusés par les éditeurs classiques, car considérés comme « trop afro-centrés ».</p>
<p style="text-align: justify;">Lassé par ces échecs, il crée sa propre structure, Afro-bulles, en 2001. Celle-ci se fait remarquer en sortant la série éponyme <em>Afro-bulles</em>, à mi-chemin entre le collectif et la revue, deux albums collectifs : « Vies volées » (mars 2008) et « Sur les berges du Congo » (mars 2011) et un album individuel, « Corne et ivoire », le seul où Fuilu n&#8217;apparaît pas.</p>
<div id="attachment_58150" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/afrobullespl.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-58150" title="afrobullespl" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/afrobullespl.jpg" alt="" width="400" height="540" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait d&#39;Afro-Bulles n°1.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Serge-Diantantu.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="alignright size-full wp-image-58151" title="Serge Diantantu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/Serge-Diantantu.jpg" alt="" width="200" height="456" /></a>La démarche de Serge Diantantu est différente. Celui-ci n&#8217;a pas besoin de s&#8217;auto-éditer pour être publié, car il est régulièrement publié dans plusieurs petites maisons d&#8217;éditions (Mandala-BD, Caraibéditions, MYK consulting à Brazzaville, des collectifs comme « Dupa grave », en 2009&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, le fait de recourir régulièrement à sa propre maison d&#8217;édition lui permet de traiter les sujets qu&#8217;il désire : c&#8217;est le cas, par exemple, avec « Femmes noires, je te salue » qui est un hommage aux femmes de couleur, mais aussi avec, on l&#8217;a vu, « La Petite Djily », une dénonciation de l&#8217;enfance maltraitée.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, il parvient à vivre de son art grâce aux ventes en direct qu&#8217;il fait dans les salons et festivals où il est invité. Enfin, sa société lui permet également de réaliser des expositions, des cartes postales, des affiches, des illustrations et d&#8217;encadrer des stages.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;édition d&#8217;albums n&#8217;est que le prolongement logique de cet ensemble d&#8217;activités.</p>
<div id="attachment_58152" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/diantantu.gif" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58152" title="diantantu" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/diantantu-555x174.gif" alt="" width="555" height="174" /></a><p class="wp-caption-text">Serge Diantantu et ses personnages.</p></div>
<p style="text-align: center;" align="justify"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: DejaVu Sans,sans-serif;">À</span> suivre&#8230; </span></p>
<p align="justify"><strong><span style="font-size: medium;">Christophe CASSIAU-HAURIE</span></strong></p>
<p align="justify">Avec un tout petit peu de Gilles RATIER pour l’iconographie et la mise en page !</p>
<p align="justify"><strong><span style="font-size: medium;"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zam1.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58156" title="zam1" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zam1-555x752.jpg" alt="" width="555" height="752" /></a></span></strong></p>
<div id="attachment_58155" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zam2.jpg.jpg" rel="lightbox[58093]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-58155" title="zam2.jpg" src="http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2013/01/zam2.jpg-555x754.jpg" alt="" width="555" height="754" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;une des bandes dessinées publiées dans le supplément Zam Zam dirigé par Warnauts et Raives dans Spirou.</p></div>
<p align="justify">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/58093/patrimoine/les-auteurs-africains-en-europe-quarante-annees-d%e2%80%99histoire%e2%80%a6-premiere-partie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>COMMENT PEUT-ON FAIRE DE LA BD EN AFRIQUE ? : le n°84 de la revue Africultures tente de répondre à cette question&#8230;</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/8373/actualites/comment-peut-on-faire-de-la-bd-en-afrique-le-n%c2%b084-de-la-revue-africultures-tente-de-repondre-a-cette-question/</link>
		<comments>https://www.bdzoom.com/8373/actualites/comment-peut-on-faire-de-la-bd-en-afrique-le-n%c2%b084-de-la-revue-africultures-tente-de-repondre-a-cette-question/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 15:46:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Pour comprendre cette problématique, le spécialiste du sujet qu'est Christophe Cassiau-Haurie y propose des entretiens avec trente-trois  acteurs de la bande dessinée d'Afrique, des notices-résumés de la situation du 9e art dans les pays concernés et plus de 150 illustrations...
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Page3-extrait-LE-MALI-DE-MADI-0f319.jpg" alt="" /><br />
Entre conditions de vie, censure et faiblesse des maisons d&#8217;édition, travailler dans le 9e art en Afrique semble être une gageure. Pourtant, la bande dessinée est présente dans les journaux et publiée par des éditeurs privés du continent depuis près d&#8217;un siècle. Certains journaux spécialisés dans le genre ont même connu un réel succès dans le passé, comme <em>Jeunes pour Jeunes</em> en RDC dans les années 1970, ou continuent d&#8217;en avoir de nos jours, comme le phénomène <em>Gbich</em> en Côte d&#8217;Ivoire. De plus, certains héros de papier ont symbolisé, pendant longtemps, l&#8217;archétype de l&#8217;homme de la rue : que ce soit Mata-mata et Pili-pili en RDC, Monsieur Dago en Côte d&#8217;Ivoire, Goorgoorlou au Sénégal ou encore Tékoué en Centrafrique.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Aki.jpg" alt="" /></p>
<p>Par la suite, <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/ayadeyoupougon.jpg" alt="" />dans les années 2000, la BD d&#8217;Afrique se développe et se délocalise. L&#8217;émergence d&#8217;auteurs africains expatriés en Europe ou le succès de certaines séries issues du Sud tels qu&#8217;&nbsp;&raquo; <em>Aya de Yopougon</em> &nbsp;&raquo; ou Pahé, renforce l&#8217;aura du 9e art africain auprès du public européen. Pour certaines de leurs productions, des éditeurs comme Joker font la part belle à des dessinateurs africains. Mais ces succès sont plus du ressort de l&#8217;exception et la BD venant d&#8217;Afrique continue d&#8217;être mal connue. En effet, dix années après son émergence en Europe, certaines interrogations demeurent : comment les auteurs africains produisent-ils ? Comment font-ils pour vivre de leur art ? Comment cette passion leur est-elle venue ?</p>
<p>Face à la singularité des situations et des parcours de vie, on ne saurait donner une réponse univoque. Un début de réponse est cependant apporté ici à travers la parole de trente-trois auteurs et éditeurs du continent interrogés par Christophe Cassiau-Haurie, entre 2008 et 2010, selon un canevas homogène.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Emile.Elyssa_copia.jpg" alt="" /></p>
<p>Ces entretiens sont agrémentés de notices sur l&#8217;histoire de la BD dans chaque pays concerné et richement illustrés.</p>
<p><img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/revue84.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Auteur : Christophe Cassiau-Haurie</strong></p>
<p>Édition : Africultures Association, L&#8217;Harmattan</p>
<p>ISBN : 978-2-296-54664-6</p>
<p>Prix : 22.00 EUR</p>
<p>Nombre de pages : 240<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/02_Joyau_du_Pacifique_copy.jpg" alt="" /><br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Elyssa-Omar-2.jpg" alt="" /><br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/arbres_corses.jpg" alt="" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/8373/actualites/comment-peut-on-faire-de-la-bd-en-afrique-le-n%c2%b084-de-la-revue-africultures-tente-de-repondre-a-cette-question/feed/</wfw:commentRss>
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		<item>
		<title>HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE MALIENNE</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/8372/actualites/histoire-de-la-bande-dessinee-malienne/</link>
		<comments>https://www.bdzoom.com/8372/actualites/histoire-de-la-bande-dessinee-malienne/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 09:08:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Le Mali, pays sahélien de quatorze millions d'habitants n'a pas une grande tradition en matière d'édition. Durant longtemps, la seule maison d'édition du pays était un éditeur public, créé dans les années 1960 avec des capitaux de l'Etat : EDIM (EDitions Imprimerie du Mali). 
C'est seulement en 1988 que des éditeurs privés arriveront sur le marché. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier d&#8217;entre eux était Jamana : émanation de la coopérative culturelle multimédia du même nom, créée en cette année 1988 par le futur président de la République, Alpha Oumar Konaré. Il sera suivi par la suite par Donniya (en 1996) dont le premier titre est un dictionnaire français-bambara puis par Le Figuier (en 1997), créé par l&#8217;écrivain Moussa Konaté. Celui-ci explique les raisons de son engagement dans un entretien datant de 1999 : « <em>Il y avait d&#8217;abord le fait que mes propres livres étaient tous édités en France et introuvables en Afrique. Ou alors quand ils y arrivaient, c&#8217;était à des prix hors de portée, des livres vendus à 80 FF dans un pays où le SMIC est à 200 FF&#8230; Un autre point, aussi en liaison avec ma propre vie, c&#8217;est que j&#8217;ai lu assez tôt dans mon enfance : j&#8217;ai ce souci de faire lire les enfants. Nous avons donc démarré avec la littérature de jeunesse qui forme toujours environ 80 % de notre production. On a commencé avec des traductions et des adaptations de textes oraux traditionnels et maintenant nous allons publier des ouvrages de fiction destinés à la jeunesse. Ce qui est spécifique chez nous, c&#8217;est que tous les textes sont publiés en langue d&#8217;origine et en français, dans deux livres différents. C&#8217;est vrai que ça coûte cher, d&#8217;autant plus que nous avons opté pour une édition de qualité. Tout est en quadrichromie. Mais il y avait une demande, et ça nous a permis de tourner. Nous avons aussi eu une subvention d&#8217;une ONG canadienne. Mais elle concernait uniquement les frais d&#8217;imprimerie qui consistent en 25-30 % du coût du livre. Au début, c&#8217;était de la folie. Il n&#8217;y a pas de structures pour l&#8217;édition. On n&#8217;a pas de maquettistes formés ; les imprimeurs faisaient des journaux mais pas de livres ; les dessinateurs ont un talent brut ou alors ne sont pas du tout formés pour illustrer des ouvrages de jeunesse. Pour le papier, il n&#8217;y avait que le papier classique de 80 grammes. Il a fallu se battre, mais maintenant les choses se mettent un peu en place. Ceci dit, l&#8217;édition reste difficile. Il nous arrive parfois de faire le devis d&#8217;un ouvrage et à la veille de l&#8217;impression, le prix du papier augmente de 50 %&#8230;</em> »</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, le pays abrite une vingtaine d&#8217;éditeurs, toutes spécialités confondues, auxquels on peut ajouter une maison d&#8217;édition située à Paris : Cauris éditions, fondé par Kadiatou Konaré. Malheureusement, la plupart des titres sont tirés à un maximum de mille exemplaires et compte, pour l&#8217;essentiel de leurs ventes, sur les achats quelque peu démagogiques des différentes institutions de coopération. Si Le Figuier fut le premier à éditer des bandes dessinées et des livres pour la jeunesse (&nbsp;&raquo; <em>Sitan la petite imprudente</em> &laquo;&nbsp;, adaptation sahélienne du petit chaperon rouge, &laquo;&nbsp;<em> La Longue marche des animaux assoiffés</em> &laquo;&nbsp;&#8230;), l&#8217;éditeur Donniya sort incontestablement du lot . Doté de leur propre imprimerie (Imprim Color), Donniya a un studio de création, un studio graphique en PAO. Directrice, avec son mari, Svetlana Amegankpoé est une dessinatrice de talent qui a illustré plusieurs de leurs publications dont la plupart des sept ouvrages pour la jeunesse, présents au catalogue : &nbsp;&raquo; <em>La Petite souris qui a perdu son enfant</em> &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; <em>Monsieur déchéance</em> &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; <em>Voyage en taxi-brousse</em> &laquo;&nbsp;, etc.<br />
Mais Donniya n&#8217;a jamais édité de bandes dessinées.<br />
Cependant, cette multiplication d&#8217;éditeur qui touche le pays depuis vingt ans a eu évidemment un impact sur le développement du 9ème art national et lui a permis de prendre une certaine ampleur.</p>
<p>L&#8217;histoire du 9ème art malien reste d&#8217;ailleurs très intéressant. Si les premières traces remontent à quelques décennies, la véritable naissance de cet art se situe dans les années 2000. Retour sur les débuts très récents d&#8217;un art en pleine gestation dans l&#8217;un des pays les plus stables du continent. Mais comme souvent en Afrique, le démarrage de la bande dessinée malienne ne peut se démarquer de celui de l&#8217;illustration et de la caricature.</p>
<p>Tout commence en 1983 avec le lancement de<em> Podium,</em> supplément sportif du seul journal autorisé de l&#8217;époque : <em>L&#8217;Essor</em>. Le lecteur pouvait y découvrir les aventures de &nbsp;&raquo; <em>Bouba</em> &laquo;&nbsp;, mini-série dessinée par l&#8217;illustrateur Sidi Sow. Celui-ci, aujourd&#8217;hui disparu, s&#8217;était déjà fait remarquer en illustrant la revue <em>Soundjata</em>, lorsqu&#8217;il était étudiant à l&#8217;Institut National des Arts (INA).</p>
<p>La fin des années 1970 correspond à une timide ouverture politique de la part du président-général Moussa Traoré qui arrive à attirer certains intellectuels comme Alpha Oumar Konaré. Celui-ci devient ministre de la culture en 1978 avant de démissionner de son poste deux années plus tard. En 1983, il lance le trimestriel <em>Jamana</em>, revue culturelle de la coopérative du même nom. On y trouve toujours Sidi Sow mais aussi Kays (pseudonyme de Yacouba Diarra) qui y dessinait également ; en particulier des caricatures et des petits strips. C&#8217;est le début d&#8217;une carrière dans le milieu pour celui-ci puisqu&#8217;il illustrait auparavant essentiellement des brochures et des livres scolaires.</p>
<p>Dans le même temps, la Coopérative Jamana lance <em>Grin-Grin</em> : un magazine d&#8217;information pour les jeunes, abondamment illustré. Presque tous les dessinateurs de l&#8217;époque passent par ce magazine qui va vite devenir une référence dans le jeune lectorat du pays. Presque tous les dessinateurs de l&#8217;époque sont passés par ce magazine lu par un grand nombre de jeunes. Une pépinière commence à se constituer. Sidi Sow, Yacouba Diarra, (Kays), Modibo Samakou Kéïta (MOK), Bakoro Doumbia, Dellesi Traoré, Nouhoum Traoré, Modibo Sidibé, Aly Zoromé, Emmanuel Bakary Dao illustrent des articles ou dessinent quelques cases de BD. Les premières séries de la BD malienne sont lancées et font connaître certains dessinateurs auprès du jeune public. C&#8217;est le cas de Kays qui dessine la série &nbsp;&raquo; <em>Saro</em> &nbsp;&raquo; de 1990 à 1998, mais aussi &nbsp;&raquo; <em>L&#8217;Aigle noir</em> &laquo;&nbsp;, de 1988 jusqu&#8217;en 1998. Il y lance aussi &nbsp;&raquo; <em>Les Trois amis</em> &nbsp;&raquo; (n°27 à 30), &nbsp;&raquo; <em>Karatou le truand</em> &nbsp;&raquo; (24 et 25), &nbsp;&raquo; <em>Les Curieux</em> &nbsp;&raquo; (N°41 à 52)&#8230;</p>
<p>Aly Zoromé, qui deviendra l&#8217;un des auteurs les plus connus par la suite, commence sa carrière avec &nbsp;&raquo; <em>Omarou le gourmand</em> &laquo;&nbsp;. Mahamane Imrane Coulibaly dessinera la série &laquo;&nbsp;<em> Toto</em> &nbsp;&raquo; du n°25 au n°34, plus d&#8217;autres aventures comme &nbsp;&raquo; <em>La Symphonie des amoureux</em>&laquo;&nbsp;. Banouh (Nouhoum Madani Traoré) enfin, débute avec &nbsp;&raquo; <em>Youba</em> &nbsp;&raquo; avant de se consacrer à l&#8217;illustration et à la production de planches diverses.</p>
<p>L&#8217;aventure de <em>Grin-Grin</em> durera 13 ans et s&#8217;arrêtera en 1996.<br />
Entre temps, le pays verra la création du premier journal satirique : <em>Le Scorpion</em> (avec les deux anciens de <em>Grin-Grin</em> que sont Modibo Samakou Keita alias MOK et Dellesi Traoré) en 1991, année du renversement de Moussa Traoré par un coup d&#8217;état militaire et l&#8217;instauration de la démocratie. De 1990 à 1997, la BD disparaît de la presse locale.</p>
<p>La caricature y fait son apparition avec, en particulier,<em> La Cigale muselée</em>, mais aussi <em>Le Vendu</em>, <em>Le Hérisson</em>, <em>Sud Info</em>, <em>Le Zénith</em>, <em>l&#8217;Aurore</em> dont les caricatures étaient faites par Emmanuel Dao (qui lancera son propre journal satirique : <em>La Cravache</em>, en 1996) Modibo Samakou Keïta et Mahamane Imrane Coulibaly. En 1997, à la fin de son 1er mandat, le président de la république éditera même un recueil de caricatures intitulé « <em>Le Miroir satirique</em> ».</p>
<p>En 1997, les éditions Le Figuier, créé par l&#8217;écrivain Moussa Konaté, sort &nbsp;&raquo; <em>Comment le lièvre sauva les chèvres</em> &nbsp;&raquo; de Yacouba Diarra (Kays). Ce conte animalier devient le premier album BD du pays. Il sera suivi, en 2001, par &nbsp;&raquo; <em>La Revanche du chasseur</em> &nbsp;&raquo; du même auteur, chez le même éditeur. Cet ouvrage en couleur s&#8217;appuyait sur un conte mêlant personnages humains et animaux. Le grand chasseur Fagnouma-Blen offre un morceau de viande aux vautours au terme de chacune de ses chasses. Un jour, pour tester la gratitude des rapaces, il s&#8217;allonge sur le sol et fait le mort. Le lièvre, son complice, annonce la nouvelle aux autres animaux et notamment à la hyène et aux vautours. S&#8217;ensuit un jeu de ruse où chacun se méfie de son voisin tout en essayant de le piéger.</p>
<p>Ces deux productions furent l&#8217;occasion, pour Kays, de s&#8217;échapper de <em>Grin-Grin</em> et de produire un album de trente-six pages. Cette même année voit la création de l&#8217;hebdomadaire <em>Le Canard déchainé</em>. Le premier caricaturiste fut d&#8217;abord le très populaire Mamadou Diarra qui sera remplacé, par la suite, par Kays. Tiré à deux mille exemplaires, <em>Le Canard déchainé</em> publiera également chaque année, une à deux compilations de ses meilleures caricatures.</p>
<p>2002 verra le réel démarrage du 9ème art dans le pays. Cette année, l&#8217;association amiénoise « On a marché sur la bulle » organise, en partenariat avec le CCF de Bamako, un atelier encadré par Barly Baruti et Nicolas Dumontheuil et auquel participent Massiré Tounkara (né en 1979), Julien Batandéo (né en 1979) d&#8217;origine togolaise, et Papa Nambala Diawara (né en 1953). Suite à ce stage, les auteurs décident de s&#8217;unir et de créer l&#8217;atelier BDB (Bande des dessinateurs de Bamako (le nom était une trouvaille de Barly Baruti). À la fin du stage, Batandéo, Nambala Diawara et Tounkara sont choisis parmi les six participants pour participer au 8ème rendez vous BD d&#8217;Amiens.</p>
<p>Entre février et fin mai 2002, à l&#8217;atelier BDB sis au CCF, les trois auteurs planchent sur une histoire courte appelée « <em>Horizon Amiens</em> », histoire qui anticipait sur le voyage des trois auteurs qui n&#8217;étaient jamais venus en Picardie. Les planches de cette petite histoire seront tirées en grand format et exposées au festival. Par la suite, pendant les dix jours qui précèdent le festival, les trois auteurs participent à un deuxième stage de dix jours sur les techniques de coloriage, stage animé par Jean Denis Pendanx (&nbsp;&raquo; <em>Labyrinthes</em> &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; <em>Les Corruptibles</em> &laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em> Abdalahi</em> &laquo;&nbsp;&#8230;).</p>
<p>Ces stages inauguraient une série de plusieurs autres auxquels participeront les dessinateurs maliens, en particulier trois stages encadrés par Alain Brezault à l&#8217;occasion des différentes éditions du festival Étonnants voyageurs, mais aussi un atelier commun fait avec l&#8217;association L&#8217;Afrique dessinée (Saint Ouen – France) en 2006.<br />
Cette participation des maliens au festival d&#8217;Amiens marquera les trois auteurs. Pour la première fois, dans un salon français de BD, des auteurs maliens participent, font des interventions dans des collèges et lycées ainsi que des séances de dédicaces.</p>
<p>L&#8217;édition suivante, en 2003, verra l&#8217;organisation d&#8217;une exposition sur la BD malienne, «<em> Mali : les cases de la BD Africaine</em> ».</p>
<p>Cette même année verra deux membres rejoindre l&#8217;association. Le premier est Aly Zoromé (caricaturiste au quotidien <em>L&#8217;Essor</em> et illustrateur pour enfants). Bien que connu des autres, celui-ci n&#8217;avait pas participé au stage pour la simple raison qu&#8217;il était au même moment dans un atelier d&#8217;illustration avec Kays, Mahamane Imrane Coulibaly, Maïga et d&#8217;autres dessinateurs ; atelier animé par l&#8217;auteur congolais Dominique Mwankumi.</p>
<p>Le second est Georges Foli rencontré lors du festival Étonnants Voyageurs. Leur collaboration interviendra quelques mois plus tard. À partir de 2003, Georges Foli s&#8217;occupera de tout ce qui est organisation et administration du groupe de dessinateurs. Cette année constitue le véritable démarrage pour toute l&#8217;équipe. Ils créent l&#8217;association Esquisse et lance un fanzine : <em>Ébullition</em>, lequel comptera deux numéros avec la participation de l&#8217;auteur congolais Cyprien Sambu Kondi qui vivait à l&#8217;époque dans le pays.</p>
<p>En parallèle, Julien Batandéo auto-édite un premier album de trente pages, Tchécoroba, entièrement en noir et blanc et couverture souple. Tchécoroba présentait une succession de gags en une planche, centrée sur la vie de famille et les difficultés comiques d&#8217;un homme à rester fidèle à son épouse.</p>
<p>Cette même année, Balani&#8217;s, une boîte d&#8217;événementiel et de production de groupes de rap fondée par Lassana Igo Diarra, décide de se lancer dans l&#8217;édition d&#8217;ouvrages pour la jeunesse et de bandes dessinées.<br />
Sa première production est un conte pour enfant accompagné d&#8217;une cassette audio (&nbsp;&raquo; <em>Les Jumeaux à la recherche de leur père</em> &laquo;&nbsp;), un texte d&#8217;Ousmane Diarra dessiné par Massiré Tounkara. Le premier tome, qui sort en 2003, rencontrera un certain succès. Il sera suivi, en 2005, par un deuxième tome. Le duo rééditera l&#8217;expérience en 2006 avec &nbsp;&raquo; <em>La Princesse capricieuse</em> &laquo;&nbsp;, chez le même éditeur.</p>
<p>Peu à peu, l&#8217;association se structure et étend ses activités. Entre 2005 et 2009, Esquisse organise trois éditions du salon de la BD de Bamako qui rencontre un vrai succès. Puis, en 2008, l&#8217;association Esquisse devient le Centre de la bande dessinée de Bamako et quitte le CCF où elle était installée depuis quelques années, pour s&#8217;installer dans un local qu&#8217;elle loue dans un quartier périphérique de Bamako. En parallèle à la bande dessinée, les différents artistes du Centre de la bande dessinée produisent des supports pédagogiques et didactiques, des posters, des livrets de santé ce qui leur permet d&#8217;avoir une source de revenus supplémentaires.</p>
<p>En effet, à l&#8217;image de ce qui se passe dans la plupart des pays africains, la plupart des auteurs ont tous un travail à côté qui leur permet de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Il est vrai que la bande dessinée ne rapporte guère de revenus réguliers aux artistes, du fait de publications aléatoires et d&#8217;une absence quasi-totale de planches de BD dans les quotidiens et hebdomadaires généralistes du pays. De fait, le nombre d&#8217;auteurs extérieurs au Centre de la bande dessinée qui se sont aventurés dans le genre sont rares.</p>
<p>En 2006, deux auteurs maliens, lauréats du concours Africa &amp; mediterraneo, ont été publiés dans le collectif &nbsp;&raquo; <em>Africa Comics 2005 – 2006</em> &laquo;&nbsp;. C&#8217;est le cas de Montar Fofana qui y publie les cinq planches de &nbsp;&raquo; <em>Yagaré Bouré, la mauvaise épouse</em> &laquo;&nbsp;, mais également Lassana Fofana avec &laquo;&nbsp;<em> Réalité</em> &nbsp;&raquo; (quatre planches). Deux auteurs totalement inconnus au Mali.</p>
<p>En 2008, les éditions Edis sortent, grâce à un soutien public, &nbsp;&raquo; <em>Le Prix de la fraude</em> &nbsp;&raquo; dessiné par Aly Zoromé. Cet album attaque de plein fouet l&#8217;un des maux des sociétés africaines actuelles, à savoir la corruption dans le milieu scolaire.</p>
<p>La même année, Balani&#8217;s lance une série intitulée &laquo;&nbsp;<em> Issa et Wassa</em> &nbsp;&raquo; avec des dessins de Massiré Tounkara sur un scénario de Mahamadou Traoré de Seydou. Orientée sur la protection de la nature, la série édite en même temps les deux premiers tomes : &nbsp;&raquo; <em>Le Forestier du Baoulé</em> &nbsp;&raquo; (2008) et &nbsp;&raquo; <em>Woroni du Bafing</em> &nbsp;&raquo; (2008). Les deux jeunes héros que sont Issa et Wassa vivent des aventures qui mettent en exergue les beautés naturelles du pays. Chacun des neuf parcs animaliers maliens aurait dû faire l&#8217;objet d&#8217;un album, mais la série se limitera à quatre tomes. Le troisième, &laquo;&nbsp;<em> Selingué</em> &laquo;&nbsp;, devrait sortir en début d&#8217;année 2011, suivi du quatrième, dans la foulée.</p>
<p>Cette initiative fait des émules puisqu&#8217;au début de 2010, sont créés les éditions Tombouctou, nouvelle maison dirigée par Aïda Diallo et Ibrahima Aya, auteurs engagés en faveur de la lecture des jeunes. Leur premier titre est tiré d&#8217;une collection de bandes dessinées documentaires qui prévoit la découverte de diverses régions du Mali, à travers les voyages des jumeaux Awa et Adama. Il s&#8217;agit de &nbsp;&raquo; <em>Awa et Adama à Wadakédji</em> &laquo;&nbsp;, toujours dessiné par l&#8217;infatigable Aly Zoromé. Wadakédji est le nom d&#8217;une association de communes des cercles de Yanfolila, Kati et Bougouni au centre du pays. Chaque étape du voyage des enfants est l&#8217;occasion d&#8217;une découverte des particularités de la région et aussi l&#8217;occasion d&#8217;aborder des thèmes plus généraux comme l&#8217;importance de l&#8217;état civil du droit de vote ou la culture du karité&#8230; La série devait faire appel à plusieurs auteurs : Aly Zoromé pour le premier tome, Julien Batandéo pour le 2ème tome et Tounkara pour le tome 3, le centre de BD de Bamako devant coordonner l&#8217;ensemble pour ce qui était de la réalisation des dessins. Le projet semble être en stand-by depuis un an.</p>
<p>Le début d&#8217;année 2011 a vu la sortie d&#8217;un très beau projet, à savoir l&#8217;édition du &nbsp;&raquo; <em>Mali de Madi</em> &laquo;&nbsp;, l&#8217;un des tous premiers albums BD du continent à raconter l&#8217;histoire d&#8217;un pays d&#8217;Afrique. Dessiné par Massiré Tounkara , scénarisé par le jeune français Sébastien Lalande qui reviennent sur les cinquante années d&#8217;indépendance du pays, &nbsp;&raquo; <em>Le Mali de Madi</em> &nbsp;&raquo; a été édité par la maison Prince du Sahel, éditeur généraliste local qui fait une première incursion dans ce domaine. Très didactique, l&#8217;album retrace le parcours de Madi, reporter de 1960 à 2010, et entraîne les lecteurs à la découverte du Mali moderne : grandes périodes et acteurs politiques, développement économique et mise en place des principales infrastructures, avènement de la démocratie, grands hommes qui font ou ont fait le rayonnement du pays, mais aussi évènements culturels internationaux, exploits sportifs et évolutions sociales. Malgré un terrible drame personnel qui l&#8217;oppose à son frère, Madi, véritable passeur de mémoire, consacre sa vie à transmettre l&#8217;histoire contemporaine de son pays.</p>
<p>Le 9ème art malien est donc en pleine envolée depuis une quinzaine d&#8217;années. Le nombre d&#8217;albums est en hausse constante et le milieu fait de plus en plus parler de lui. Les raisons tiennent essentiellement à l&#8217;installation de la démocratie dans le pays en 1992, ce qui a entraîné une grande liberté de la presse et, on l&#8217;a vu, un développement de l&#8217;édition. C&#8217;est également le résultat d&#8217;une forte présence d&#8217;ONG, d&#8217;associations et autres organismes de développement, ce qui permet à certains éditeurs astucieux de recevoir du soutien lorsqu&#8217;ils abordent certains sujets comme l&#8217;écologie, la nature&#8230;.</p>
<p>Cependant, dans le milieu du 9ème art d&#8217;Afrique où il est nécessaire d&#8217;acquérir une certaine visibilité internationale afin d&#8217;atteindre une meilleure légitimité intérieure, les auteurs maliens font exception. Centrés sur leur pays, ceux-ci ne cherchent guère à se faire remarquer à l&#8217;extérieur. En effet, seul Massiré Tounkara, est visible à l&#8217;étranger avec une planche nommée « <em>Droit d&#8217;asile</em> » éditée dans le collectif &nbsp;&raquo; L&#8217;Illustration universelle des droits de l&#8217;homme &nbsp;&raquo; (2006 – Glénat) et une histoire courte (&nbsp;&raquo; <em>Vie de m&#8230;</em> &nbsp;&raquo; sur un scénario de Fatimata Wagué) dans le recueil algérien &laquo;&nbsp;<em> La Bande Dessinée conte l&#8217;Afrique</em> &nbsp;&raquo; (Éditions Dalimen) sorti à l&#8217;occasion du festival panafricain d&#8217;Alger, en 2009. Le bilan peut paraître mince. Il démontre surtout qu&#8217;il est possible de faire carrière loin des yeux de l&#8217;Europe.</p>
<p>Pourtant, celui-ci s&#8217;intéresse au Mali. La preuve en est la sortie en 2009 de &nbsp;&raquo; <em>La Compagnie des cochons</em> &nbsp;&raquo; par Arnaud Floc&#8217;h, auteur français vivant une partie de l&#8217;année à Bamako, et qui y situe l&#8217;intrigue (policière) de cette dernière oeuvre. Dix ans après &nbsp;&raquo; <em>Mali mélo</em> &laquo;&nbsp;, carnet de voyage auquel avait participé Patrick Cothias et Régis Loisel, grands noms du 9ème art français, on peut également citer &nbsp;&raquo; <em>Abdalahi</em> &nbsp;&raquo; qui retrace le parcours de René Caillé dans son long et pénible voyage qui le conduisit à Tombouctou (Jean Denis Pendanx et Christophe Dabich), ainsi que &laquo;&nbsp;<em>Les Deux princes</em> &nbsp;&raquo; de Serge Saint Michel et Bernard Dufossé (auteurs de &laquo;&nbsp;<em> Kouakou</em> &laquo;&nbsp;), BD qui raconte l&#8217;histoire de Soni Ali ber, grand empereur du Songhaï.</p>
<p>Le cas malien reste assez unique du fait de son histoire récente et le petit nombre d&#8217;artistes concernés. Ces deux conditions réunies rendent possible l&#8217;étude des conditions de son éclosion et de son épanouissement. De façon plus générale, la BD malienne est la démonstration que la volonté et la cohésion d&#8217;un groupe sont des atouts indispensables pour faire naître un art dans un milieu défavorisé. La démonstration est faite : vivre au Mali, l&#8217;un des pays les plus pauvres du continent, n&#8217;empêche pas ces auteurs de faire carrière et de publier.<br />
On s&#8217;en doutait, mais cela se confirme : il y a une vie en dehors de l&#8217;occident&#8230;.</p>
<p><strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong>, avec l&#8217;aide de Gilles RATIER à la technique, la recherche d&#8217;iconographie et à la mise en pages</p>
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		<title>L&#8217;Afrique du sud, un 9ème art en noir et blanc (2)</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 22:45:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Cassiau-Haurie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[La fin de l'apartheid est également l'occasion, pour une partie de la population, de se réapproprier son histoire.  En 2005 est lancé un gigantesque projet : raconter la vie de Nelson Mandela en 9 volumes. " <em>Le Madiba Legacy Series</em> ", financé par la Fondation Mandela, avait pour ambition d'apprendre aux jeunes à lire et leur apprendre leur histoire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/mampa_mandela_cover5.jpg" alt="" /><br />
L&#8217;aventure dura jusqu&#8217;en 2009 et mobilisera toute une équipe de dessinateurs dont le congolais Pitshou Mampa et le sud-africain Pascal Nzoni<strong>(1)</strong>. D&#8217;autres albums sortent, également liés à « la cause noire ». En 1997, Braam Botha, Bill Van Rijssen et Medée Rall sortent &nbsp;&raquo; <em>Spirits of the Ancestor</em> &laquo;&nbsp;, album de 27 pages qui traite des peintures rupestres et autres découvertes archéologiques liées au peuple san<strong>(2)</strong>. Une version en xhosa sortira également (&nbsp;&raquo; <em>Amandla ezinyanya umoya wezinyanya ?</em> &laquo;&nbsp;)<strong>(3)</strong>.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/mampa_pitchou_mandela.jpg" alt="" /></p>
<p>Il y a également le travail de l&#8217;éditeur Umlando Wezithombe Publishing qui, en 2006, sort la collection &nbsp;&raquo; Africa illustrated &laquo;&nbsp;. L&#8217;écrivain et scénariste Nic Buchanan y sort trois albums, cette année là. Le premier, &nbsp;&raquo; <em>Job Maseko : unarmed but dangerous</em> &nbsp;&raquo; (dessiné par Raymond Whitcher), est l&#8217;histoire d&#8217;un prisonnier de la seconde guerre mondiale qui fut décoré pour avoir coulé une frégate allemande. Puis Nic Buchanan sort (sur des dessins de Sivuyile Matwa) &nbsp;&raquo; <em>Kingdom of Gold : the Curse of Mapungubwe</em> &nbsp;&raquo; sur un ancien royaume devenu un site archéologique<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/k-o-g.jpg" alt="" /></p>
<p>ainsi que, avec le même dessinateur, &nbsp;&raquo; <em>The Prophecy of the Cattle Killing</em> &laquo;&nbsp;, sur une ancienne prophétie xhosa des années 1850.</p>
<p><img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/miniature.jpg" alt="" />En 2006, toujours, le Outline project, soutenu par l&#8217;alliance française du Cap et le Comics brew du Cap, permit, à l&#8217;occasion d&#8217;une exposition, de montrer le travail de 12 jeunes talents nationaux. Mais cette expérience ne fut pas renouvelée.</p>
<p>On peut également citer le cas du Français Brice Reignier<strong>(4)</strong>, installé sur place depuis 1995, qui s&#8217;était fait remarquer à l&#8217;occasion de l&#8217;exposition &nbsp;&raquo; <em>Vues d&#8217;Afrique</em> &laquo;&nbsp;, organisée en 2006 par le Ministère des Affaires Étrangères français et présentée à l&#8217;occasion du festival d&#8217;Angoulême, exposition pour laquelle il avait proposé une histoire intitulée &nbsp;&raquo; <em>Le Docteur du Cap</em> &laquo;&nbsp;. Depuis, Brice illustre des livres pour enfants et des bandes dessinées pour les grands éditeurs sud-africains. En 2009, il a publié &nbsp;&raquo; <em>What&#8217;s New ?</em> &nbsp;&raquo; chez Cambridge University Press : un album historique de 30 pages sur les conséquences de l&#8217;invention du télégraphe.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/8be68fffd5f39294c51b1a9945eebe3e.jpg" alt="" /></p>
<p>De nos jours, Andy Mason reste l&#8217;un des dessinateurs les plus connus du pays. Après &nbsp;&raquo; <em>Sloppy</em> &laquo;&nbsp;, abordé précédemment, Andy Mason a également créé plusieurs magazines comme <em>PAX</em> (<em>Pre-Azanian Comix</em> – 6 numéros entre 1985 et 1987), <em>The Artist&#8217;s Life</em> ou <em>Mamba Comix</em>, en 2006. <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/9782350003733.jpg" alt="" />Cette dernière publication dura 4 numéros et contenait des articles, des interviews, des critiques et des planches de bandes dessinées entièrement en couleurs.</p>
<p><strong>(1)</strong> On compte également une biographie en BD de Mandela publié par Oskar jeunesse : &nbsp;&raquo; <em>La Vie de Nelson Mandela</em> &nbsp;&raquo; par Rob Shone et Neil Reed.</p>
<p><strong>(2)</strong> Dans un pays où la cause afrikaner s&#8217;est appuyée sur « l&#8217;antériorité » de l&#8217;homme blanc qui serait arrivé dans un pays vide de toute population indigène, l&#8217;édition de ce genre d&#8217;ouvrages n&#8217;est pas négligeable.</p>
<p><strong>(3)</strong> Les BD en langue africaine sont rares. Elles n&#8217;existent que dans le cas de BD didactiques, réalisées avec l&#8217;objectif d&#8217;informer. On peut en citer, par exemple, une en sotho : &nbsp;&raquo; <em>Captain Condom : Ntoa e tsoela pele</em> &nbsp;&raquo; en 1996.</p>
<p><strong>(4)</strong> Son blog est sur <a href="http://breignier.blogspot.com">http://breignier.blogspot.com</a>.</p>
<p>Cette revue permit à une trentaine d&#8217;auteurs de montrer leur savoir-faire : Karlien de Villiers, Alistair Findlay (qui apparaîtra également dans un numéro du collectif <em>Africa Comics</em> en 2007)<img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/resserver.jpg" alt="" />, N.D. Mazin (pseudonyme de Mason), Rico (dessinateur de &nbsp;&raquo; <em>Madame et Eve</em> &laquo;&nbsp;), Zapiro, très connu pour ses caricatures dans la presse, Themba Siwela (par ailleurs employé par Mason dans sa société Artworks Publishing Company) et bien d&#8217;autres&#8230;.</p>
<p><em>Mamba Comix</em> était édité dans le cadre du Durban Cartoon Project, également géré par Andy Mason (et Nanda Soobben), projet qui visait à promouvoir les potentiels en matière de bandes dessinées et d&#8217;illustrations dans la région de Durban par des stages, des expositions et des publications. <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Mamba-comix-4-big.jpg" alt="" />Depuis, en 2009, Mason a fondé le Center for Comic, Illustrative and Book Arts<strong>(1)</strong> (CCIBA) à l&#8217;Université de Stellenbosch. Le site Internet du CCIBA lui permet d&#8217;ailleurs de continuer certaines séries de strips comme la série &nbsp;&raquo; <em>Azaniamania</em> &nbsp;&raquo; qui ne peut être lu que là. Ce centre a également pour ambition de promouvoir la bande dessinée au sein de la société sud-africaine en organisant également des expositions ou des Creative Workshop programme. Le CCIBA a également lancé, en décembre 2009, &nbsp;&raquo; <em>Don&#8217;t joke !, the Year in cartoons</em> &laquo;&nbsp;, un recueil des meilleurs dessins satiriques de l&#8217;année écoulée édité par Andy Mason et John Curtis en partenariat avec l&#8217;éditeur Jacana Media. En 2010, un second ouvrage, celui-ci de Andy Mason, &nbsp;&raquo; <em>What&#8217;s So Funny ? Under the Skin of South African Cartooning</em> &laquo;&nbsp;, est sorti.</p>
<p>Mais cette activité ne doit pas masquer le peu d&#8217;empressement des éditeurs à investir dans ce domaine. Bien des auteurs n&#8217;ont guère d&#8217;autres choix que de s&#8217;auto-éditer comme Jesca Marisa qui a produit et publié les deux volumes de &nbsp;&raquo; <em>Awakenings</em> &laquo;&nbsp;<strong>(2)</strong>. Certains, à l&#8217;image d&#8217;autres auteurs africains, se montrent sur le web<strong>(3)</strong>. Seuls les journaux continuent de publier de la BD, en général satirique. C&#8217;est le cas de Jeremy Nell avec les séries &nbsp;&raquo; <em>Urban Trash</em> &nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Ditwits</em> &laquo;&nbsp;<strong>(4)</strong>.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/2083796314_5877e8d2f5.jpg" alt="" /></p>
<p>Au milieu des années 2000, un éditeur de Johannesburg, Pepic and Kraus, a essayé de se spécialiser dans le domaine<strong>(5)</strong>. <img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitter5.jpg" alt="" />Malgré deux titres issus d&#8217;artistes locaux (&nbsp;&raquo; <em>Kruger Park</em> &nbsp;&raquo; et &nbsp;&raquo; <em>Mustang Sally</em> &nbsp;&raquo; – 2007), son catalogue se cantonne à l&#8217;adaptation en anglais de 6 titres de séries classiques françaises : &nbsp;&raquo; <em>Titeuf</em> &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; <em>Lanfeust</em> &laquo;&nbsp;, etc. ; ceci grâce à des droits acquis avec le soutien de l&#8217;Ambassade de France.</p>
<p><strong>(1)</strong> Cf. <a href="http://www.cciba.sun.ac.za">http://www.cciba.sun.ac.za</a>.</p>
<p><strong>(2)</strong> Celle-ci a ouvert une page facebook : <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=54657467444">http://www.facebook.com/group.php?gid=54657467444</a>. Son site est sur <a href="http://www.jescamarisa.com">http://www.jescamarisa.com</a>.</p>
<p><strong>(3)</strong> Cf. par exemple <a href="http://www.lokalkomiks.co.za">http://www.lokalkomiks.co.za</a>.</p>
<p><img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitter4.jpg" alt="" /><strong>(4)</strong> À noter, cependant, un projet d&#8217;une anthologie australo-sud africaine qui devrait sortir en 2011, coordonné par Moray Rodha.</p>
<p><strong>(5)</strong> Ci joint son site : <a href="http://www.pepicandkraus.co.za">http://www.pepicandkraus.co.za</a></p>
<p>Cependant, le milieu de la BD de ces 20 dernières années est surtout dominé par le groupe Bitterkomix, créateur du journal de BD underground éponyme, en langue afrikaans. Fondé en 1992, au moment de la chute de l&#8217;apartheid, par Joe Dog (Anton Kannemeyer, enseignant en art plastique à la section des Beaux Arts de l&#8217;université des Stellenbosch) et son camarade Conrad Botes (qui signe aussi sous le nom de Konradski), le journal prend une tournure &laquo;&nbsp;trash&nbsp;&raquo; à partir du numéro 4.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/conrad-botes-bitterkomix-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Provocante, anticléricale, antimilitariste, antiraciste, d&#8217;un rapport outrancier au sexe, <em>Bitterkomix</em> s&#8217;attaque frontalement à une société afrikaner en traitant plus particulièrement de la paranoïa de l&#8217;homme blanc afrikaner. D&#8217;autres dessinateurs comme Joe Daly puis Karlien de Villiers (tous les deux, anciens élèves de Anton Kannemeyer) rejoindront la revue qui compte près de 20 numéros. <img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitter3.jpg" alt="" /></p>
<p>Les bitterkomix publieront également des monographies comme &nbsp;&raquo; <em>Stet</em> &nbsp;&raquo; (1989), &nbsp;&raquo; <em>Die Foster Bende</em> &nbsp;&raquo; (Conrad Botes et Ryk Hattingh – 2000) et surtout &nbsp;&raquo; <em>Gif &nbsp;&raquo; (poison), a Collection of afrikaner Sekskomix</em> &nbsp;&raquo; (1994) qui fut interdit pour pornographie par le South African Publications Board durant plus de huit mois et provoqua des débats houleux sur la liberté d&#8217;expression au sein de l&#8217;université de Stellenbosch qui avait accueilli l&#8217;ensemble des planches sous forme d&#8217;exposition. Anton Kannemeyer sera d&#8217;ailleurs suspendu d&#8217;enseignement durant quelques temps avant de reprendre ses cours d&#8217;illustrations, très orientés vers la bande dessinée.</p>
<p>Le groupe a également publié différents best-of en anglais et en afrikaner comme le magnifique &nbsp;&raquo; <em>The Big bad Bitterkomix Handbook</em> &nbsp;&raquo; (2007). Les auteurs du groupe Bitterkomix penche régulièrement vers l&#8217;esthétique underground (on peut les apparenter à des auteurs comme Robert Crumb, Mattt Konture ou Max Anderson) <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/images-8.jpg" alt="" />et vers les dessins trash de <em>Heavy Metal</em>, pendant anglophone de <em>Métal Hurlant</em>. Mais, fait rare pour un pays anglo-saxon, les auteurs du mouvement Bitterkomix revendiquent également l&#8217;influence du 9e art franco-belge dans leur travail. Comme le précisait Karlien de Villiers en 2007 : &nbsp;&raquo; <em>Dans mon enfance, les seules BD que je lisais régulièrement étaient Les aventures de &laquo;&nbsp;</em> Tintin <em>&laquo;&nbsp;</em><strong>(6)</strong>. &nbsp;&raquo; <em>Tintin au Congo</em> &nbsp;&raquo; et son cortège de préjugés raciaux est d&#8217;ailleurs l&#8217;une des cibles favorites de Joe Dog qui en fait même le thème d&#8217;un recueil de ses œuvres récentes, &nbsp;&raquo; <em>Pappa in Afrika</em> &nbsp;&raquo; paru en 2010 (non encore traduit en France). Mais même s&#8217;il s&#8217;en sert comme cible, l&#8217;influence d&#8217;Hergé est incontestable dans le travail de Joe Dog. C&#8217;est particulièrement vrai pour l&#8217;un des rares albums publiés en dehors du « circuit Bitterkomix » : &nbsp;&raquo; <em>Zeke and the mine Snake</em> &nbsp;&raquo; (scénarisé par Vuka shift, David Philip Publishers – 1998), une belle histoire d&#8217;aventures se déroulant dans le milieu des mineurs.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/zekeB.jpg" alt="" /></p>
<p>Cette influence est également présente dans le parcours professionnel des autres artistes pour lesquelles elle est revendiquée depuis le début &laquo;&nbsp;<em> We were more french influenced, to bring a point across. Moebius, etc.</em> &laquo;&nbsp;<strong>(1)</strong>, en particulier avec des auteurs indépendants comme le précise Karlien de Villiers : &nbsp;&raquo; <em>Anton et Conrad m&#8217;ont également permis de découvrir par la suite les travaux d&#8217;auteurs qui m&#8217;ont influencé comme David B., Marjane Satrapi, Julie Doucet, <a href="...">&#8230;</a> Jean Philippe Stassen, Baudoin</em> &laquo;&nbsp;<strong>(2)</strong>.<br />
<img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/fddd476a49d9e784ae213f37dfe27982-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Grâce à des éditeurs comme L&#8217;association ou Cornélius, les auteurs Bitterkomix sont publiés en langue française. En 2000, juste après avoir été invités au festival d&#8217;Angoulême de 1999, Conrad Botes, Joe Dog et son frère Lorcan White participent à &nbsp;&raquo; <em>Comix 2000</em> &laquo;&nbsp;, album de 2000 planches muettes qui constituait une photographie très représentative de la bande dessinée indépendante internationale. Par la suite, Conrad Botes et Joe Dog seront publiés en France en 2002 dans <em>Lapin</em>, journal édité par L&#8217;association, et Conrad Botes en 2006 dans <em>Ferraille</em>, édité par Les Requins marteaux.</p>
<p>En 2007, en éclaireur, paraissent les premiers albums « d&#8217;auteurs Bitterkomix » en France : Joe Daly avec Scrublands, un album quasi-muet, chez L&#8217;association et Karlien de Villiers avec &nbsp;&raquo; <em>Ma mère était une très belle femme</em> &nbsp;&raquo; aux éditions Ça et là ; superbe bande dessinée autobiographique où l&#8217;auteur revient sur son enfance à l&#8217;époque de l&#8217;apartheid<strong>(3)</strong>, « <em>temps béni » où « on ne parlait ni de sexe, ni de politique : on ne savait rien. C&#8217;était impossible de lutter, puisqu&#8217;on n&#8217;avait même pas idée qu&#8217;il pouvait exister une autre réalité. </em>»<strong>(4)</strong><br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/de-villiers_karlien.jpg" alt="" /></p>
<p>2009 et 2010 sont des années de consécration en France pour l&#8217;ensemble du groupe. Plusieurs albums individuels sont publiés : Conrad Botes avec &nbsp;&raquo; <em>Rats et chiens</em> &nbsp;&raquo; chez Cornélius et surtout Joe Daly chez L&#8217;Association avec le très farfelu &nbsp;&raquo; <em>The Red Monkey</em> &nbsp;&raquo; dans &nbsp;&raquo; <em>John Wesley Harding</em> &laquo;&nbsp;<strong>(5)</strong> (une aventure policière sur fond de scandale écologique où les deux héros recherchent un animal du nom d&#8217;un titre de Bob Dylan) et les deux premiers tomes de la trilogie de &nbsp;&raquo; <em>Dungeon Quest</em> &laquo;&nbsp;, albums-pastiches des jeux de rôle où l&#8217;auteur revisite à sa manière un des pans de la culture populaire contemporaine.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/9782844142955_1.jpg" alt="" /></p>
<p>2009 sera également l&#8217;année d&#8217;une exposition au Festival International de la bande dessinée d&#8217;Angoulême où Joe Dog, Conrad Botes, Karlien de Villiers et Joe Daly seront les invités d&#8217;honneur. <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitter1-2.jpg" alt="" />Malheureusement une polémique naîtra avec la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l&#8217;Image qui demandera à ce que l&#8217;on retire certaines planches jugées trop choquantes pour un jeune public. Un accord fut finalement trouvé en dernière minute.</p>
<p><strong>(1)</strong> Propos recueillis et traduits par Laurence Le Saux, <em>Bo Doï</em>, avril 2007.</p>
<p><strong>(2)</strong> &nbsp;&raquo; <em>The Outrageous Art of South Africa&#8217;s Bitterkomix</em> &laquo;&nbsp;, <em>The Comics Journal</em> n°275, avril 2006.</p>
<p><strong>(3)</strong> Extrait de &nbsp;&raquo; <em>Ma mère making of &#8211; 2</em> &laquo;&nbsp;, blog des éditions çà et là : <a href="http://infoscaetla.over-blog.com/article-	6881275.html">http://infoscaetla.over-blog.com/article- 6881275.html</a>.</p>
<p><strong>(4)</strong> Une nouvelle édition de l&#8217;ouvrage est sortie en début d&#8217;année 2011.</p>
<p><strong>(5)</strong> Le titre de l&#8217;édition originale s&#8217;intitulait : &nbsp;&raquo; <em>The Red Monkey : the Leaking Cello Case</em> &laquo;&nbsp;, publié en 2003 par un éditeur du cap, Double Storey, après une première publication dans <em>SL Magazine</em>.</p>
<p><img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/1794649_1_413_2.jpg" alt="" />Cette même année voit l&#8217;édition de &nbsp;&raquo; <em>Bitterkomix</em> &laquo;&nbsp;<strong>(1)</strong>, une anthologie rétrospective, transcription en français de &nbsp;&raquo; <em>The Big bad Bitterkomix Handbook</em> &laquo;&nbsp;. Au delà du travail de traduction, l&#8217;éditeur L&#8217;association a produit une nouvelle version du livre qui n&#8217;existait pas dans l&#8217;édition originale en langue afrikaan et qui en fait un ouvrage complètement différent. En effet, reprenant entièrement l&#8217;organisation de ce superbe collectif, y rajoutant un appareil critique et historique, L&#8217;association contextualise l&#8217;ouvrage pour le rendre plus lisible aux lecteurs européens.<img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitterkomix_.jpg" alt="" /> Quelques scènes doivent en effet être remises dans le contexte de post-apartheid : en ouverture, par exemple, des personnages blancs à tête de Tintin se battent contre des noirs dessinés de façon caricaturale et ressemblant au jeune coco de &nbsp;&raquo; <em>Tintin au Congo</em> &laquo;&nbsp;. Dans une autre partie, des petits Blancs, toujours échappés de &nbsp;&raquo; <em>Tintin au Congo</em> &nbsp;&raquo; luttent contre la prolifération de sexes noirs démesurés. Ailleurs, d&#8217;autres personnages à tête de Tintin transportent un Noir en chaise à porteurs.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/200907ExtraitBitterkomix2.jpg" alt="" /></p>
<p>On peut également y découvrir Conrad Botes donnant sa version de la bataille de Blood river, acte fondateur pour le peuple afrikaner. <img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/9781606994368.jpg" alt="" />Tout cela fait de cet album, un des livres majeurs de l&#8217;époque, à ne pas mettre entre toutes les mains, cependant. Même si <em>Bitterkomix</em> relève de l&#8217;auto-publicatio (tiré à un millier d&#8217;exemplaires, chaque numéro ne touche qu&#8217;un nombre limité de personnes), leur impact reste indéniable du fait de leur influence sur les autres auteurs, de la singularité de leur travail en Afrique et de leur rayonnement à l&#8217;étranger. C&#8217;est particulièrement vrai des États-Unis qui saluent le talent du collectif puisque des galeries new-yorkaises s&#8217;arrachent leurs peintures provocatrices tournant, elles aussi, autour de la problématique des problèmes sociaux de la nouvelle Afrique du Sud et attaquant les valeurs conservatrices de la culture afrikaner, à l&#8217;origine de l&#8217;apartheid. C&#8217;est le cas en particulier avec deux expositions actuelles de Anton Kannemeyer, l&#8217;une au Museum of modern Art de New York : &nbsp;&raquo; <em>Impressions of South Africa from 1965 to Now</em> &nbsp;&raquo; (jusqu&#8217;au 14 août), l&#8217;autre au musée d&#8217;art du Salvador en mai prochain (&nbsp;&raquo; <em>Coca-colonized</em> &laquo;&nbsp;). Son dernier livre (encore un catalogue d&#8217;exposition) relève également d&#8217;un engagement politique (&nbsp;&raquo; <em>Alphabet of Democracy</em> &laquo;&nbsp;). Joe Daly est également édité chez Fantagraphics, la référence américaine du roman graphique <strong>(2)</strong>.</p>
<p>En 2010, Joe Dog a également eu les honneurs de la presse généraliste française, puisqu&#8217;il fut le seul auteur d&#8217;Afrique à participer au numéro spécial du <em>Monde diplomatique</em> en bandes dessinées pour lequel il illustre la couverture et une histoire L&#8217;agression d&#8217;une femme blanche par un jeune noir à Cape town qui, à travers un fait-divers, revient, sur les rapports troubles entre blancs et noirs dans l&#8217;Afrique du sud post-apartheid d&#8217;aujourd&#8217;hui.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/DIPLO_INT-GUILLAUME-67.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais il serait faux de voir dans le groupe des Bitterkomix une exception en Afrique du sud. Ce coté trash, provocateur existait déjà, on l&#8217;a vu, à l&#8217;époque de l&#8217;apartheid à travers des revues étudiantes. En un sens, le travail de Joe Dog et ses partenaires se situe dans une certaine tradition bien ancrée dans les milieux artistiques locaux. De plus, de par son enseignement universitaire, Joe Dog a fait école et a entraîné un mouvement, qui, sans adhérer formellement à <em>Bitterkomix,</em> suit les mêmes traces. On a pu le constater en 2003, année où les étudiantes des beaux arts de Stellenbosch ont publié un magazine de BD exclusivement féminin, premier du genre en Afrique, <em>Stripshow</em>, en anglais et afrikaans, avec des artistes comme Nicolene Louw.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/gif/A4BLOEDSKANDE02.gif" alt="" /></p>
<p>Ce constat est visible par exemple, à travers le travail de Daan, un autre auteur visible en France puisqu&#8217;il avait été publié dans &nbsp;&raquo; <em>BD Africa</em> &laquo;&nbsp;, album collectif piloté par P&#8217;tit Luc, chez Albin Michel en 2004.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Daan.jpg" alt="" /></p>
<p><img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Sparkopinupgreylo.jpg" alt="" /><br />
D&#8217;autres productions et revues se réclamant du même mouvement ont émergé depuis la fin de l&#8217;apartheid. C&#8217;est le cas de la revue auto-produite Brein, née en 1998, toujours à Stellenbosch. On peut également se référer à la production de 2000 à 2004 du collectif Igubu qui a publié plusieurs titres assez peu commercial en 2002 : &nbsp;&raquo; <em>Igubuzero</em> &laquo;&nbsp;, dont le premier numéro est sorti cette année là, une autre revue, <em>Off Cuts</em>, <em>Helix</em><strong>(3)</strong>, <em>Clockworx</em>, <em>Fang Club</em>&#8230;. À ceci, on peut rajouter le bi-annuel <em>Psi-ave</em>.<br />
La BD alternative représente donc un courant non négligeable du 9ème art sud-africain.</p>
<p><strong>(1)</strong> Chez L&#8217;association, ISBN 978-2-84414-286-3.</p>
<p><strong>(2)</strong> On peut rajouter Ina Van Zyl, qui a dessiné dans les premiers numéros de <em>Bitterkomix</em> et qui vit aujourd&#8217;hui aux Pays bas depuis 1996 où elle expose et publie des BD : par exemple le recueil &nbsp;&raquo; <em>Fly on the Wall</em> &nbsp;&raquo; (2007)</p>
<p><strong>(3)</strong> Igubu était composé de Moray Rhoda, Grant Muller, Vincent Sammy, Daniël Hugo, Karl Stephan et Noel van Ster.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/van-ster_strangethings.jpg" alt="" /></p>
<p>Cependant, avant <em>Bitterkomix,</em> la BD sud-africaine était connue en France depuis près de 15 ans. En effet, la première série sud-africaine à avoir été traduite et adaptée en français est la série des &nbsp;&raquo; <em>Madame et Ève</em> &nbsp;&raquo; , gros succès local de librairie avec 30 000 ventes en moyenne dans un pays où un best-seller atteint péniblement les 7000 exemplaires.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/me004473.jpg" alt="" /></p>
<p>Publiée en strips quotidiens dans 13 journaux du pays, ainsi que dans 16 magazines à l&#8217;étranger, cette série humoristique est le miroir à peine déformant des relations entre blancs et noirs, symbolisés par une &laquo;&nbsp;maid&nbsp;&raquo; (une servante nommée Eve Sisulu) et sa patronne, bourgeoise blanche à collier de perles (Gwen Anderson).<img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/20070530110004_t1.jpg" alt="" /> Les 12 albums originaux de &nbsp;&raquo; <em>Madame &amp; Eve</em> &nbsp;&raquo; ont été compilés en six opus par Vent d&#8217;Ouest entre 1997 et 2000 avec un certain succès critique et public, malgré son univers plus proche des comics anglo-saxons que de la BD franco-belge (les histoires se déroulaient sous forme de strips de trois ou quatre cases).</p>
<p>En dehors du talent des auteurs (Stephen Francis, Harry Dugmore et Rico Scharchel) et de sa justesse d&#8217;analyse, &nbsp;&raquo; <em>Madame &amp; Eve</em> &nbsp;&raquo; devait également son succès au contexte politique et au regain d&#8217;intérêt né en France au milieu des années 90 envers la nation arc-en-ciel post-apartheid<strong>(1)</strong>. Cette série, emblématique de la période de transition du début des années 90 (elle est née en 1992 dans le <em>Weekly Mail &amp; Guardian</em>) se faisait remarquer par un ton caustique et détaché que l&#8217;on peut expliquer par l&#8217;origine des auteurs (Scharchel est né autrichien, Francis est américain, Dugmore est natif du Botswana) qui s&#8217;étaient rencontré en travaillant à <em>Laughing Stock</em>, un magazine satirique de la fin des années 80 créé par Gus Silber<strong>(2)</strong> et Arthur Goldstuck. De nos jours, bien que n&#8217;étant plus traduit en français, le trio continue à publier quotidiennement et à voir leurs strips édités dans des recueils annuels qui se montent à 19.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/51lPfmTRS4L.jpg" alt="" /></p>
<p>Les deux derniers titres, &nbsp;&raquo; <em>Strike while the Iron is Hot</em> &nbsp;&raquo; (octobre 2009) et &nbsp;&raquo; <em>Twilight of the Vuvuzelas</em> &nbsp;&raquo; (octobre 2010) font toujours partis des meilleurs ventes de « Cartoons &amp; comic strips » du pays. <img class="spip_gauche" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/2267265240_88c066a0dc.jpg" alt="" />Ils ont également publié, en 1999, un recueils de 191 pages de dessins humoristiques sur Mandela, intitulé &nbsp;&raquo; <em>Nelson Mandela : a Life in Cartoons</em> &laquo;&nbsp;. Dans un pays où la bande dessinée et le dessin de presse sont, on l&#8217;a vu, « racialisés », &nbsp;&raquo; <em>Madame &amp; Eve</em> &nbsp;&raquo; était la première série à casser les codes et à s&#8217;adresser à tout le monde en mettant en scène les relations entre blancs et noirs, ce qui sépare et ce qui&#8230; rapproche. Mais la recette ne prend pas à chaque fois. Leur série suivante, au début des années 2000, &nbsp;&raquo; <em>Ver &amp; Dern</em> &laquo;&nbsp;, qui racontait les aventures d&#8217;un couple un peu paresseux et leurs amis bizarres, n&#8217;a pas réussi à trouver son public et a été arrêté depuis. Il n&#8217;en reste qu&#8217;un recueil toujours en vente, &nbsp;&raquo; <em>Vern &amp; Dern Files</em> &laquo;&nbsp;, disponible en Grande Bretagne<strong>(3)</strong>.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/Vern_and_Dern_and_car_windows.jpg" alt="" /></p>
<p>Par son format de 4 cases se terminant automatiquement par une chute humoristique, son décor minimaliste, son style graphique épuré, &nbsp;&raquo; <em>Madame &amp; Eve</em> &nbsp;&raquo; illustre surtout les rapports étroits qu&#8217;entretient le 9ème art sud-africain (et celui des autres pays d&#8217;Afrique australe) avec la caricature et le dessin humoristique.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/me004747.jpg" alt="" /></p>
<p>Cette proximité entre la bande dessinée et la presse est, on l&#8217;a vu, générale. La BD sud-africaine prend une forme graphique toujours très proche de la caricature et du dessin de presse. Ce qui pose problème. En effet, à la différence du dessin de presse, les séries satiriques ne se portent pas bien dans le pays. Si &nbsp;&raquo; <em>Madame &amp; Eve</em> &nbsp;&raquo; a toujous du succès, elle est l&#8217;arbre qui cache la forêt. Il est loin le temps où la première grande série post-apartheid, &nbsp;&raquo; <em>Shoestring</em> &nbsp;&raquo; (née en 1993) de Robert Schorman était publiée dans 14 magazines et revues du pays.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/png/Picture_1.png" alt="" /></p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les principaux strips sont américains. Le <em>City Paper</em> de Johannesbourg est le seul média national à ne pas y avoir recours.<br />
Face à ce constat, une conclusion s&#8217;impose : raconter l&#8217;histoire du 9ème art sud-africain revient à épouser la grande histoire, celle que tout le monde retient. Car, dans ce pays plus qu&#8217;ailleurs, tout au long des 60 dernières années, l&#8217;art n&#8217;a été que le reflet de la société.<br />
<img class="spip_centre" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/bitter9.jpg" alt="" /><br />
<em>Une page extraite de &laquo;&nbsp;</em> Kruger Park <em>&laquo;&nbsp;&#8230;</em></p>
<p><strong>(1)</strong> On peut les découvrir sur <img class="spip_droite" src="http://bdzoom.com/v_2/wp-content/uploads/V1/IMG/jpg/852528_101010122843_it_Takes_two_to_Toyi-Toyi.jpg" alt="" /><a href="http://www.madamandeve.co.za">http://www.madamandeve.co.za</a>.</p>
<p><strong>(2)</strong> Gus Silber a également écrit &nbsp;&raquo; <em>It takes Two to Toyi-toyi : a survival Guide to the New South Africa</em> &laquo;&nbsp;, ouvrage satirique sur la période de la transition, dessiné par Stidy.</p>
<p><strong>(3)</strong> Ce recueil est une réédition d&#8217;une première édition locale de 2001.</p>
<p><strong>Christophe CASSIAU-HAURIE</strong>,<br />
avec l&#8217;aide de Gilles RATIER à la technique, la recherche d&#8217;iconographie et à la mise en pages</p>
<p>L&#8217;auteur a déjà écrit deux articles sur le sujet : &nbsp;&raquo; <em>La BD d&#8217;Afrique et la France : l&#8217;exception sud-africaine</em> &laquo;&nbsp;, cf. <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=7207">http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=7207</a><br />
&nbsp;&raquo; <em>Zapiro, envers et contre tout</em> &laquo;&nbsp;, cf. <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=9079">http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=9079</a>.</p>
<p>Pour lire la première partie de cet article, cliquez ici : <a href="http://bdzoom.com/8051/patrimoine/le-coin-du-patrimoine-bd-lafrique-du-sud-un-9eme-art-en-noir-et-blanc-1/">http://bdzoom.com/spip.php?article4916</a>.</p>
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