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	<title>BDzoom.com &#187; Interviews</title>
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		<title>« Cartagena » : Hermann, jusqu&#8217;au bout de la piste mexicaine&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 05:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Tomblaine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[L'Art de ...]]></category>

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		<description><![CDATA[À 87 ans, Hermann s’en est allé tourner la page, mais son œuvre perdure… Cet acharné du dessin, qui venait d’initier un nouveau « Jeremiah », nous lègue ainsi le soin de découvrir un ultime one-shot : « Cartagena », polar mexicain aussi sombre qu’ensoleillé, imaginé en compagnie de son fils, le scénariste Yves H (interviewé en fin d’article).  Le jeune Alvi a choisi son destin : fuir le cartel d’ El Cocho Arriega, placé dans le viseur d’un flic tenace et sachant tenir une arme, nommé Felix Garzon. Devinez lequel de ces trois protagonistes s’en sortira le mieux ? Un récit où perce une dernière fois l’amertume légendaire de celui qu'on surnommait le Sanglier des Ardennes : le sort ou la malchance n’ont pas d’états d’âmes…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_211936" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p1/" rel="attachment wp-att-211936"><img class="size-large wp-image-211936" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p1-555x738.jpg" alt="" width="555" height="738" /></a><p class="wp-caption-text">Ombres et lumières mexicaines (planches 1 et 2 - Lombard 2026).</p></div>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p2/" rel="attachment wp-att-211937"><img class="aligncenter size-large wp-image-211937" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p2-555x740.jpg" alt="" width="555" height="740" /></a></p>
<p style="text-align: justify">La ville de Carthagène en Espagne ? Non. En Colombie (Carthagène des Indes) ? Pas mieux. C’est de fait au Mexique, dans une grande cité fictive (ceux qui chercheront [sic] pourront seulement trouver une bourgade nommée Cartagena, située dans l’entité fédérale mexicaine de Jalisco…) qu’Hermann et Yves H. sont venus poser leurs valises, pour ce qui constitue donc l’ultime album du <a href="https://www.bdzoom.com/210887/patrimoine/deces-de-hermann-le-sanglier-des-ardennes-nous-quitte-vaincu-par-une-longue-maladie%E2%80%A6/">célèbre bédéaste belge</a>. Avec 120 albums au compteur, ayant abordé presque tous les genres (aventure, western, historique, science-fiction, fantastique, horreur, policier, etc.), Hermann n’avait plus rien à prouver. Si ce n’est remettre le couvert, en entrainant ses nombreux lecteurs, énergie graphique et couleurs directes aidant, dans des contrées et destins encore inexplorés.</p>
<div id="attachment_211938" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p3/" rel="attachment wp-att-211938"><img class="size-large wp-image-211938" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p3-555x740.jpg" alt="" width="555" height="740" /></a><p class="wp-caption-text">Tout pour l&#039;argent (planches 3 et 4 - Lombard 2026).</p></div>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p4/" rel="attachment wp-att-211939"><img class="aligncenter size-large wp-image-211939" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p4-555x740.jpg" alt="" width="555" height="740" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Après leurs précédentes intrusions dans le <em>thriller</em> et le polar (songeons à « Liens de sang » (2000), « Zhong Guo » (2003), « The Girl from Ipanema » (2005) ou <a href="https://www.bdzoom.com/33859/bd-de-la-semaine/la-bd-de-la-semaine-une-nuit-de-pleine-lune-par-hermann-et-yves-h/">« Une nuit de pleine lune »</a> en 2011), le duo père/fils emprunte donc la route d’un Mexique contemporain, vérolé par le trafic de drogue et les cartels. En guise d’antihéros, le jeune Alvaro (dit Alvi), 18 ans, qui n’a pour toute ambition que de passer du stade de <em>dealer</em> à celui de <em>« sicario »</em> <em>:</em> autrement dit un tueur à gages sans foi ni loi, obsédé par le seul fait <em>« d’en profiter »</em> (<em>« Me faire du fric, me payer des filles, des fringues, une bagnole… » </em>) avant qu’il ne soit trop tard. Comme souvent dans les albums réalisés par Hermann dans les 20 dernières années, les personnages ne voient et vivent qu’à court terme : leurs existences précaires étant souvent surdéterminées par des conduites à risques, des environnements toxiques ou des contraintes mortifères. Comme souvent encore, le scénario vient s’ancrer dans une ville ou communauté asservie par un pouvoir mafieux, le seul espoir résidant dans un justicier (flic, mercenaire ou homme sans nom façon Clint Eastwood), lui-même plus ou en moins en empathie avec la ou les victimes locales.</p>
<p style="text-align: justify">Or, en matière de victimes, le Mexique peine à dénombrer ses morts. La guerre des cartels, qui implique l’armée depuis 2006, génère en effet un nombre d’homicides et de disparitions impressionnant (plus de 450 000). Pour les organisations criminelles, l’enjeu suprême réside dans le contrôle absolu du trafic de drogue à destination des États-Unis (premier consommateur mondial de cocaïne) et de l’Europe (l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne étant des points d’entrées identifiés). D’autres réseaux profitent également de l’immigration illégale, de la prostitution, du trafic d’armes et de la contrefaçon, n&#8217;hésitant pas à kidnapper, torturer et éliminer tous leurs opposants : en 2025, était ainsi découvert un véritable camp d’extermination à l’ouest du Mexique, où plus de 1500 victimes furent exécutées par le cartel de Jalisco Nouvelle Génération, fondé en 2009.</p>
<p style="text-align: justify">Saisi dans l&#8217;étau d&#8217;une spirale criminelle moite et étouffante, contraint de fuir et de faire basculer sa loyauté, Alvi garde dans son cœur la belle Eléna, l&#8217;une des clientes du club local. Sans même se douter qu’un policier opiniâtre, Felix Garzon, surveille ses faits et gestes en espérant faire tomber le cartel…. Dialogues minimalistes, séquences muettes et échanges de coups de feu ponctueront l’ensemble de l’intrigue, qui prend la forme d’une tragédie annoncée, en dépit du ciel bleu de Cartagena. La maîtrise graphique (cadrages et couleurs) d’Hermann y est saisissante, sans jamais virer dans la démonstration gratuite. Une manière d’inviter à découvrir ou relire la totalité de son œuvre…</p>
<div id="attachment_211940" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p10/" rel="attachment wp-att-211940"><img class="size-large wp-image-211940" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p10-555x732.jpg" alt="" width="555" height="732" /></a><p class="wp-caption-text">Couleurs directes pour la planche 10 (Lombard 2026).</p></div>
<p style="text-align: justify">Achevons cette chronique en laissant la parole à <strong>Yves H.</strong>, qui a aimablement accepté de répondre à nos questions.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Hermann, auquel nous pensons avec émotion, réalisait chaque année un travail d&#8217;auteur assez ahurissant : d&#8217;où lui venait une telle énergie ? Avait-il à ta connaissance encore beaucoup de récits ou d&#8217;albums en tête, au-delà du nouveau « Jeremiah » (T43), dont il avait achevé la première planche (voir en fin d&#8217;article) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Yves H. : </strong><em>« Je pense que son énergie lui venait naturellement, mais que son hygiène de vie lui a permis de tenir sur la longueur : il ne buvait presque plus d&#8217;alcool depuis plusieurs années et avait arrêté de fumer. Il avait arrêté le vélo, il y a deux ans (ma maman le lui avait demandé après qu&#8217;il se soit fait renverser par une voiture), mais sortait encore régulièrement faire un petit footing. Quant à se projeter dans l&#8217;avenir, ce n&#8217;était pas son mode de fonctionnement. Il a, depuis de très nombreuses années, avancé album par album, selon un rythme bien établi : un « Jeremiah » suivi d&#8217;un one-shot (ou autre), et ainsi de suite. Dès lors qu&#8217;il travaillait sur un album, il ne regardait pas au-delà. Bien entendu, il avait de temps à autre exprimé l&#8217;envie d&#8217;aborder un sujet spécifique (la campagne napoléonienne en Espagne, par exemple), mais cela restait une idée en l&#8217;air, comme tout auteur peut en exprimer une. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Après le western (« Duke ») puis le genre historique (« Brigantus »), « Cartagena » était-il l&#8217;occasion pour vous deux de revenir au polar, dans une atmosphère de <em>thriller</em> contemporain que vous n&#8217;aviez plus abordée depuis « Une nuit de pleine lune » en 2011? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Je ne vois pas « Cartagena » comme un véritable polar. Plutôt comme une sorte de western contemporain, mêlé de tragédie grecque. Chaque récit est différent et a son propre univers. Nous n&#8217;avons pas pensé en termes de retour à un genre spécifique, mais plutôt à explorer quelque chose de nouveau. Ce qui était le principe qui nous avait guidé à travers nos </em>one-shots<em> : emmener mon père dans un univers où il n&#8217;avait jamais mis ses pinceaux&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_211941" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/11-decoupage/" rel="attachment wp-att-211941"><img class="size-large wp-image-211941" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/11-découpage-555x782.jpg" alt="" width="555" height="782" /></a><p class="wp-caption-text">Découpage pour la planche 11.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong>Quand on songe à Carthagène, on pense Espagne ou Colombie, moins au Mexique : pourquoi ce choix, si ce n&#8217;est l&#8217;évocation des cartels, de la criminalité et de la corruption ambiante ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Je trouvais que Cartagena sonnait bien. Ça évoquait la latinité, mais aussi un lien subliminal avec l&#8217;Antiquité et cette fameuse idée de tragédie grecque. Et comme il n’existe pas de ville nommée Cartagena au Mexique, cela nous permettait de rester dans un environnement purement fictif. Dès lors, Cartagena pouvait être n&#8217;importe quelle ville mexicaine gangrénée par les cartels. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les premières planches sont pleines de soleil et de luminosité, inversement aux brumes et brouillards souvent représentés par Hermann dans ses derniers albums : un choix défini par avance, ou lié à l&#8217;environnement de cet album ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Disons que ça a renforcé notre envie de partir dans cette direction, de nettoyer un peu tout cette grisaille des derniers albums. Je pense aussi que les lecteurs apprécieront de retrouver une ambiance ensoleillée. Et, bien évidemment, quand on décide d&#8217;installer son intrigue au Mexique, il y a des chances de rencontrer le soleil. Mais, comme dit plus haut, ça tombait parfaitement bien. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>L&#8217;argent, la trahison, les rêves de liberté et d&#8217;ailleurs, les conflits d&#8217;intérêt, la confiance entre les générations : ces nombreuses thématiques se télescopent dans cette tragédie mexicaine. Quelles étaient tes inspirations, outre la trilogie cinématographique « Sicario », évoquée en ouverture ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Dès lors que j&#8217;ai eu envie de traiter de ce sujet, j&#8217;ai évidemment regardé des documentaires, lu des articles sur le sujet pour éviter de raconter trop de bêtises. À travers ces sources, toutes ces thématiques sont immédiatement apparues. Je ne les ai pas inventées, elles font partie intégrante du quotidien de la jeunesse prise dans les filets des cartels. Cette tragédie qui se joue dans les cases de l&#8217;album est la réalité de milliers de jeunes. Ici, bien au chaud en Occident, on a tendance à la perdre de vue. Ce n&#8217;est malheureusement pas que de la BD. »</em></p>
<div id="attachment_211944" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/cartagena-p6/" rel="attachment wp-att-211944"><img class="size-large wp-image-211944" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Cartagena-p6-555x740.jpg" alt="" width="555" height="740" /></a><p class="wp-caption-text">Amours et traque (planche 6 - Lombard 2026).</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Quid</em> de <em><strong>« </strong>la suite <strong>»</strong></em> : envisages-tu de poursuivre les grandes séries d&#8217;Hermann (de « Bernard Prince » à « Jeremiah » en passant par « Jugurtha », « Comanche » et « Les Tours de Bois-Maury ») ? Existe-t-il une possibilité d&#8217;adaptation sur grand ou petit écran ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Je ne pense pas. Ces séries lui appartenaient (certaines sont aussi la propriété des héritiers de Greg) et je pense que c&#8217;est très bien de les lui laisser. Et pour l&#8217;instant, il n&#8217;existe pas à ma connaissance de projet d&#8217;adaptation pour la TV ou le cinéma. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>As-tu toi-même d&#8217;autres projets BD ou d&#8217;autres envies ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« J&#8217;ai des projets, mais c&#8217;est encore vague et il est trop tôt pour en parler. »</em></p>
<div id="attachment_211945" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/211932/interviews/%c2%ab-cartagena-%c2%bb-hermann-jusquau-bout-de-la-piste-mexicaine/attachment/gipso/" rel="attachment wp-att-211945"><img class="size-large wp-image-211945" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/04/Gipso-555x735.jpg" alt="" width="555" height="735" /></a><p class="wp-caption-text">L&#039;ultime planche (n° 1) d&#039;Hermann pour « Jeremiah T43 : Gipso » (2026).</p></div>
<p><strong>Philippe TOMBLAINE</strong></p>
<p><strong>« Cartagena » par Hermann et Yves H.</strong></p>
<p>Éditions du Lombard (16,95 €) — EAN : 9782808218597</p>
<p>Parution 30 avril 2026</p>
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		<title>Entretien avec Melhia Martin : l’autrice du remarqué « L’Été avec Olivia »…</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 06:28:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Lessous</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[BD jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[« L’Été avec Olivia » est une bande dessinée toute en délicatesse et poésie qui décrit la naissance de sentiments inconnus, le temps d’un été, pour une préadolescente observatrice. De l’ennui à un enthousiasme bridé et incertain, la jeune autrice s’attarde par petites touches sensibles sur l’évolution émotionnelle de sa jeune héroïne. Nous remercions sincèrement Melhia Martin d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions sur une bande dessinée qui inaugure la collection <em>Orage</em> aux éditions Biscoto. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_210730" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Melhia-Martin_copyright_Esther-Chevallier.jpg" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-210730" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Melhia-Martin_copyright_Esther-Chevallier-205x136.jpg" alt="" width="205" height="136" /></a><p class="wp-caption-text">Melhia Martin_copyright_Esther Chevallier</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> - Bonjour Melhia Martin, pouvez-vous vous présenter ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bonjour, je m’appelle <a href="https://www.instagram.com/melhiahaha/">Melhia Martin</a>, j’ai 26 ans et je suis autrice de bandes dessinées à Angoulême.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai grandi dans les Ardennes, à Vouziers, puis j’ai rejoint Angoulême pour étudier le cinéma d’animation avant de rejoindre l’ÉESI et y développer une pratique de la microédition et du dessin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com -</em></strong><strong> Quel est votre parcours dans le monde de la bande dessinée avant « L&#8217;Été avec Olivia » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de mes cinq années d’étude à l’ÉESI, j’ai développé une pratique de la bande-dessinée et de la microédition. J’ai participé à quelques fanzines en collectif, dans lesquels je dessinais de courtes bandes dessinées drôles ou poétiques. C’est pendant ma troisième année que le projet « <a href="https://biscotojournal.com/article/lete-avec-olivia/">L’Été avec Olivia</a> » est apparu, à partir de dessins de plantes au crayon à papier et d’un recueil de poèmes sur l’été et la campagne.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/12.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210719" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/12.png" alt="" width="567" height="766" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> - Quelles influences revendiquez-vous en bande dessinée ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je lis majoritairement de la bande dessinée contemporaine et indépendante. J’aime énormément le travail de Julie Delporte dont les écrits et dessins me parlent énormément, j’adore le dessin d’Aidan Koch, de Valentine Gallardo et d’Oriane Lassus, l’écriture d’Alison Bechdel.</p>
<p>Mais le cinéma reste aussi l&#8217;une de mes influences principales dans ma façon de composer mes images et de créer mon découpage. Notamment les films des réalisatrices Andrea Arnold, Agnès Varda et Alice Rohrwacher.</p>
<div id="attachment_210720" class="wp-caption aligncenter" style="width: 577px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/15.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-210720" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/15.png" alt="" width="567" height="766" /></a><p class="wp-caption-text">« L’Été avec Olivia » page 15.</p></div>
<p><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> - Pouvez-vous nous résumer le scénario de votre album ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Anna s’ennuie pendant l’été. Elle aide sa maman au potager, se balade au milieu des champs, rend visite à sa grand-mère et soupire sous la chaleur. Mais, un après-midi, elle va rencontrer Olivia, une ado de son âge venue passer l’été chez sa tante qui vit dans le même village. Les deux filles vont se lier d’amitié, explorer la forêt, se baigner, discuter dans l’herbe, mais il se pourrait bien qu’Anna développe des sentiments nouveaux pour Olivia : une attirance qui va l’intriguer et qu’elle va tenter de déchiffrer comme elle peut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/16.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210721" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/16.png" alt="" width="737" height="1001" /></a>BDzoom.com</em> -  Quelle est la part autobiographique dans ce récit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai écrit cette bande dessinée en m’inspirant de ma propre enfance et adolescence, ainsi que celles d’amies qui sont passées par ces mêmes sentiments. J’ai moi-même grandi à la campagne, dans les années 2010 ; donc, les paysages, les sensations, certaines scènes sont tirées de souvenirs de mes étés, dans mon village dans les Ardennes.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/17.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210722" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/17.png" alt="" width="737" height="998" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> -  Régulièrement, les plantes envahissent des planches de l&#8217;album, pourquoi ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La nature a une place importante dans la campagne que j’ai souhaité représenter. Le jardinage et la cueillette du potager sont aussi des activités quotidiennes pour mes personnages. Aussi, les fruits qui pourrissent sous le soleil, les feuilles qui s’assèchent ou les légumes mûrs me permettaient de reconstituer des sensations et des odeurs de jardins d’été. L’été on a le temps de les contempler, de tuer l’ennui en les regardant, de passer du temps à s’en occuper et à les arroser, à les voir mûrir ou subir la chaleur dans des cases, voire des planches entières.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/19.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210723" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/19.png" alt="" width="680" height="909" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> - Pourquoi avoir choisi un dessin au crayon, donc de réaliser un album en noir et blanc et non pas en couleurs ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le crayon est un outil avec lequel je me sens à l’aise. C’est le premier que je sors de ma trousse quand je veux dessiner instinctivement. De plus, dans cet album, je trouvais que le noir et blanc devenait un bon allié pour représenter le contraste : le noir pour l’ombre fraîche, le ciel d’orage et la tiédeur du soir, face à la lumière étouffante du soleil en plein après-midi ou l’éblouissement quand on sort de chez soi en blanc.<strong></strong></p>
<div id="attachment_210724" class="wp-caption aligncenter" style="width: 577px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/20.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-210724" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/20.png" alt="" width="567" height="772" /></a><p class="wp-caption-text">La rencontre entre Olivia et Anna...</p></div>
<p><strong><em>BDzoom.com</em> -  Il n&#8217;y a aucun personnage masculin dans votre récit ; pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En premier lieu, j’ai évité autant que possible de faire intervenir des personnages adultes. Je voulais laisser le maximum de place à Anna et Olivia, leur relation et leurs conversations. Mais quand des adultes devaient apparaître, il était assez évident pour moi de faire apparaître des femmes. Dans mon enfance, c’est majoritairement ma mère et mes grands-mères qui s’occupaient des enfants pendant les vacances, mais c’est aussi elles qui s’occupaient d’éplucher les légumes, de cuisiner et de faire les conserves. Je voulais mettre en avant l’importance de tout ce travail et la transmission de leurs gestes : de la grand-mère, à la mère jusqu’à la petite fille.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/23.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210725" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/23.png" alt="" width="567" height="766" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/45.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210726" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/45-205x276.png" alt="" width="205" height="276" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> - Vous excellez à détailler ces moments incertains d&#8217;attirance et de doute chez des pré-adolescentes, comment les avez-vous écrits et dessinés, en avez-vous éliminés dans la version définitive de « L&#8217;Été avec Olivia » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai essayé de replonger dans des sensations que j’avais vécues ou que des ami·e·s m’avaient partagées. C’est par là que commence l’attirance et le doute quand on est un enfant ou un adolescent, surtout quand on n’a pas les mots et que l’on manque de représentation. Tout se joue à l’intérieur, on n’ose pas en parler, on essaie de comprendre en observant les autres. On se demande ce que ça voulait dire quand on s’est pris la main ou quand tu as dit que j’étais jolie.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est terrifiant de mettre des mots, à voix haute, sur des sentiments dont on n’a jamais entendu parler. Je crois que la plupart de ces moments-là sont dans la version définitive de la bande dessinée. Je me suis demandé à plusieurs moments si c’était nécessaire de verbaliser cette attirance et ce doute dans des dialogues, mais je me souviens que &#8211; et c’est le cas aussi pour la plupart de mes amie·s concernée·s par le sujet &#8211; qu’on n’avait pas souvent la possibilité de le comprendre et/ou de le verbaliser, surtout à cet âge-là.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/47.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-210727" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/47.png" alt="" width="567" height="768" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/124.png" rel="lightbox[210703]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210728" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/124-205x276.png" alt="" width="205" height="276" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> :  Pour terminer, pouvez-vous dévoiler vos projets à court et moyen termes, retrouverons-nous bientôt Anna et Olivia ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai écrit le scénario d’un projet de bande dessinée que je commence doucement à dessiner, mais je n’ai pas prévu d’écrire une suite pour Anna et Olivia pour le moment !</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Laurent LESSOUS (<a href="https://9990045v.esidoc.fr/">l@bd</a>)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« L’Été avec Olivia » par Melhia Martin</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Biscoto (16,00 €) – ISBN : 9782379623486</p>
<p style="text-align: justify;">Parution 6 mars 2026</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/210703/interviews/entretien-avec-melhia-martin-l%e2%80%99autrice-du-remarque-%c2%ab-l%e2%80%99ete-avec-olivia-%c2%bb-%e2%80%a6/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
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		<title>« Scotland T5 » : rencontre d’un autre type ? La résolution !</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 23:53:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Bouster</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD voyages]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Meilleures ventes]]></category>

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		<description><![CDATA[En vacances dans un petit port d’Écosse, Kathy Austin, agente du MI6 (les renseignements extérieurs britanniques), découvre des phénomènes étranges, concomitants à la venue de mystérieux <em>« visiteurs »</em> <strong>(1)</strong>. Et bien sûr, elle enquête, poussée par sa hiérarchie. Les visiteurs, qu’elle a commencé à côtoyer, lui en apprennent un peu plus sur la raison de leur présence et de leur peur de retourner d’où ils viennent. Après les mystères, épaissis par la brume écossaise, et les fausses pistes données par le scénario, voici le temps de l’explication finale : un album aussi énigmatique que les précédents, épicé par un peu plus d’événements surprenants. Pour la conclusion de ce cycle passionnant, le dessinateur, Bertrand Marchal, nous a fait le plaisir d’accepter un entretien consacré à cette histoire et à l’ensemble de son travail avec Leo et Rodolphe. Grand merci à lui.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-3-Copier-2.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210380" title="Page 3 (Copier) (2)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-3-Copier-2-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a>À la fin de l’épisode 4, l’agent Benett<strong> </strong>s’était révélé être un traître au service des Russes. Kathy a rencontré sur place Lindsey, son ami d’enfance (resté dans ses tendres pensées), et veut croire au retour de flamme sentimentale. Un problème technique bloque les visiteurs, logés dans une maison campagnarde, et ils expliquent à Kathy l’énigme des différents cadavres, retrouvés sur la plage ou encastrés dans un mur… Ils ont connu des événements horribles et souhaiteraient que les humains ne les répètent pas. Parallèlement, la police continue à enquêter. Kathy apprend que Lindsey est décédé d’un accident de voiture, mais est-ce vrai ? Et que deviendront les visiteurs ?<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-4-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210381" title="Page 4 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-4-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Cet album de conclusion est au diapason des précédents. Les auteurs nous tiennent en haleine autour des nombreux phénomènes inexplicables et inattendus survenus dans cette paisible contrée écossaise. Durant tout le cycle, l’atmosphère — entre ciel lourd et lumières tamisées — nous plonge dans un réalisme à la belle patine, entre <em>vintage</em> et aujourd’hui.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-5-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210382" title="Page 5 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-5-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">À ce titre, le dessin impeccable de Bertrand Marchal ravit l’œil : que ce soit dans sa description des paysages écossais, des gens ordinaires croisés au port ou dans les <em>pubs</em>, ou des voitures d’époque (fin des années 1940). On mesure le travail fourni pour cette reconstitution qui sent bon l’authenticité, aux personnages justes. Un mot sur les couleurs de Sébastien Bouët, qui, après « Lady S » et tant d’autres, confirme un savoir-faire unique, à la colorisation sobre, mais très expressive. Cet album un peu plus long que les précédents (52 planches), comme souvent en clôture, achève ce beau cycle du <em>« trio de l’étrange »</em>.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-6-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210383" title="Page 6 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-6-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<div id="attachment_210384" class="wp-caption alignleft" style="width: 211px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Marchal-NB.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-210384" title="Marchal NB" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Marchal-NB.jpg" alt="" width="201" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Bertrand Marchal.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Bertrand Marchal, que l’on retrouve ci-dessous, a étudié à l’École de recherche graphique (ERG) de Bruxelles. Celle-ci, selon lui, n’est pas axée sur la BD, mais donne des bases et des pistes permettant de se préparer à toute situation et à choisir une spécialité graphique. C’est donc quasiment seul qu’il a acquis l’expérience du dessin. Sa première BD en tant que dessinateur complet fut « Le Châtiment de l’an mil » (trois tomes chez Glénat avec Toldac), puis — déjà avec Rodolphe — « Frontière » (quatre tomes au Lombard). Ensuite, on le retrouve publiant « Le Village », encore avec Rodolphe : un tournant dans lequel son style réaliste et élégant, tel qu’on le connaît aujourd’hui, s’affirme et se stabilise. C’est ainsi qu’il succède à Leo — après le cycle « Kenya » — comme dessinateur de la série « Les Missions fantastiques de Kathy Austin » : « Namibia », « Amazonie » et « Scotland ». Par ailleurs, il nous a confirmé qu’il lettraitles textes à la main, ce qui mérite d’être souligné !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Patrick BOUSTER</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur « Scotland », voir aussi sur <em>BDzoom.com</em> : <a title="Lien permanent vers " href="https://www.bdzoom.com/175838/actualites/%c2%ab-scotland-%c2%bb-des-vacances-insolites-pour-kathy-austin/">« Scotland » : des vacances insolites pour Kathy Austin !</a>, <a title="Lien permanent vers Fantômes d’Écosse ou… signes ?" href="https://www.bdzoom.com/184153/actualites/fantomes-d%e2%80%99ecosse-ou%e2%80%a6-signes%e2%80%89/">Fantômes d’Écosse ou… signes ?</a>, <a title="Lien permanent vers Rencontre du 1er type : observation !" href="https://www.bdzoom.com/192502/actualites/rencontre-du-1er-type-observation%e2%80%89/">Rencontre du 1<sup>er</sup> type : observation !</a>, <a title="Lien permanent vers " href="https://www.bdzoom.com/201897/actualites/%c2%ab-scotland-t4-%c2%bb-des-vacances-mouvementees-pour-kathy-austin%e2%80%a6/">« Scotland T4 » : des vacances mouvementées pour Kathy Austin…</a>.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-7-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210385" title="Page 7 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-7-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« <strong>Scotland T5</strong> » par Bertrand Marchal, Leo et Rodolphe</p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Dargaud (13,95 €) — EAN : 9782205213157</p>
<p style="text-align: justify;">Parution 27 février 2026</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-8-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210386" title="Page 8 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Page-8-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a>Entretien avec Bertrand Marchal</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-1.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210387" title="Scotland 1" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-1-205x267.jpg" alt="" width="205" height="267" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Bertrand Marchal, nous voici à la conclusion du cycle « Scotland ». Au-delà du pays servant de cadre à l’histoire, quelle est sa singularité, pour vous, par rapport aux cycles précédents de Kathy Austin (« Namibia », « Amazonie ») que vous avez dessinés ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — « Scotland » est ancré dans des décors qui me sont plus familiers. On pourrait en déduire que, les connaissant mieux (pour avoir visité l’Écosse à trois reprises), ils me viennent plus facilement. Or, c’est tout le contraire. La familiarité est exigeante, bien plus que l’exotisme : ce lointain étranger qu’on tente d’apprivoiser par ses aspects les plus décoratifs — les plantes bizarres, la pluie drue, la boue, les indigènes, les animaux dangereux… L’imagination se contente du superficiel. Quand on aborde des terrains mieux connus, de soi et sans doute aussi des lecteurs, il faut être précis, ne pas trahir la mémoire. C’est un vrai poids supplémentaire, une exigence de fidélité que je ne me suis pas imposée pour « Amazonie ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/10_SCOTLAND_05-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210388" title="10_SCOTLAND_05 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/10_SCOTLAND_05-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-2.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-210389" title="Scotland 2" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-2-205x270.jpg" alt="" width="205" height="270" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>L’ambiance de ce cycle n’est pas exotique, mais bien particulière, avec la lande brumeuse, la lumière étouffée, les voitures d’époque… Un plaisir pour vous ? Mais quelques défis également ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Le défi du réel, et non du réalisme. C’est-à-dire le réel qui est le mien, puisque je connais l’Écosse et pas le Brésil. Ensuite, plus concrètement, un monde urbain est toujours plus difficile à représenter : il est fait de lignes droites, contrairement à la jungle. Et poser des personnages dans un décor de rue, ou à l’intérieur d’une ferme, c’est beaucoup plus compliqué que de les faire marcher dans la forêt, où le point de fuite n’existe pas. De ce point de vue, la lande est un vrai soulagement : moins de contraintes, un ciel bas, quelques herbes folles, et l’affaire est dans le sac… sauf quand le château joue les trouble-fêtes !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Kathy Austin, dans les scénarios, mais aussi sous votre trait, au-delà de l’intelligence et du charme qu’elle dégage, montre une stabilité, une tranquillité rassurante et posée, même dans les événements surprenants ou dangereux. C’était volontaire à ce point ou cela apparaît comme cela en la dessinant ?<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/12_SCOTLAND_05-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210390" title="12_SCOTLAND_05 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/12_SCOTLAND_05-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-3.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210391" title="Scotland 3" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-3-205x268.jpg" alt="" width="205" height="268" /></a>Bertrand Marchal</strong> — Kathy est un personnage créé par Rodolphe et Leo. Leo lui a donné ses traits, auxquels j’ai cessé d’être complètement fidèle dans « Scotland ». Dans ce cycle, Kathy a les cheveux plus longs, et pour moi, pour le dessin, cela a changé assez fortement la façon dont je peux la <em>« manipuler »</em>. Ses cheveux, en prenant simplement quelques centimètres, sont devenus un vrai élément graphique qui apporte de la féminité, du romantisme, un côté échevelé parfois, qui ajoute à la personnalité de Kathy. Par ailleurs, elle reste cette jeune femme sans âge — mais le bel âge ! Déterminée, indépendante, curieuse, un peu ironique, rarement déstabilisée et l’objet de tous les fantasmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans « Scotland », on creuse davantage son passé, on évoque son enfance, ce qui lui donne de l’épaisseur. Elle fait partie d’une communauté, elle vient de quelque part. C’est aussi une femme sensible : quand elle aime, elle aime à fond et ne triche pas !<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/13_SCOTLAND_05-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210392" title="13_SCOTLAND_05 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/13_SCOTLAND_05-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-4.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-210393" title="Scotland 4" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Scotland-4-205x268.jpg" alt="" width="205" height="268" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Discutez-vous de la mise en couleurs avec le coloriste (ici Sébastien Bouët, mais cela vaut pour les autres cycles), ou est-ce Leo et Rodolphe, ou encore est-il quasiment libre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Oui, toujours au début d’un cycle. Sébastien Bouët est un coloriste de grand talent, avec qui je travaille depuis longtemps. Il a un art particulier des accords de couleurs qui surprennent, auxquels je ne m’attendais pas, une façon de poser ses lumières de manière non réaliste, mais très suggestive. Je sais que je peux compter sur ce facteur <em>« surprise »</em>, et donc, je me refuse à baliser son travail.</p>
<p style="text-align: justify;">On discute essentiellement de l’apparence générale, puis des détails d’ambiance indispensables : nuit/jour, couleur des voitures ou des vêtements, particulièrement quand cela a une importance dans le scénario. Sinon, c’est : <em>« Fais comme tu le sens !</em> <em>»<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/14_SCOTLAND_05-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210394" title="14_SCOTLAND_05 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/14_SCOTLAND_05-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Int-Namibia.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210398" title="Couv Int Namibia" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Int-Namibia-205x269.jpg" alt="" width="205" height="269" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Les albums mentionnent que les scénaristes sont responsables également du découpage (structure et mise en place des cases par planche : le <em>storyboard</em>). Cela va jusqu’où et quelle est votre marge de manœuvre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Je tiens à ce qu’on reconnaisse mon travail sur la mise en page. Je distingue la mise en page du découpage. Le découpage, c’est le scénario de Rodolphe et Leo : découper l’album par planches et par cases avec un bref descriptif, voire juste des dialogues. La mise en page, c’est la composition d’une planche en tant qu’espace graphique contenu dans certaines dimensions (les miennes : 40 cm sur 29,5 cm). <a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Int-Amazonie.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-210396" title="Couv Int Amazonie" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Int-Amazonie-205x270.jpg" alt="" width="205" height="270" /></a>À l’intérieur de ce cadre, je dois placer les cases prévues par les scénaristes. Parfois moins, ou plus, selon que je pense que cela peut servir à la fois la narration et l’aspect graphique. Mettons que je doive placer huit cases dans cette planche : mon travail consiste à ne pas ennuyer le regard du lecteur, tout en le guidant de la case 1 à la case 8, de gauche à droite et de haut en bas. Je joue sur le dynamisme, essentiellement amené par les angles de vue — plongée, contre-plongée, gros plan, etc. — et l’imbrication des cases entre elles, avec parfois des recouvrements et/ou des inserts. Les émotions transmises par les personnages figurent au premier rang de mes préoccupations essentielles, à travers les regards et les attitudes. C’est un gros travail qui se joue à trois niveaux, et constamment : travail de composition, d’incarnation de tous les personnages et de rendu réaliste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/16_SCOTLAND_05-Copier.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-210397" title="16_SCOTLAND_05 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/16_SCOTLAND_05-Copier-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Namibia-T1.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210395" title="Couv Namibia T1" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Namibia-T1-205x272.jpg" alt="" width="205" height="272" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Pouvez-vous revenir un peu sur vos débuts pour Leo et Rodolphe ? Comment vous ont-ils approché et choisi ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — J’ai moi-même contacté Rodolphe après avoir découvert « Trent », à la fin des années 1990. Je cherchais un scénariste amenant un univers qui me plaise et j’ai tout de suite apprécié la mélancolie que Rodolphe et Leo développent dans « Trent » : un côté très humain, fragile, qui me parlait. On s’est bien trouvés, et puis les années ont passé… Et un beau jour, je crois bien celui exactement de mon anniversaire, Rodolphe m’a fait le beau cadeau de me proposer la reprise de « Kathy Austin ». Léo ne me connaissait pas et je ne crois pas qu’il ait été très rassuré sur le coup, mais, s’il est intervenu régulièrement au début du premier tome de « Namibia », ensuite, on s’est serré la main avec beaucoup de respect mutuel et, depuis, il est toujours très content de notre collaboration, et nous le sommes tous les trois : faut-il encore le dire au bout de 15 albums ?</p>
<div id="attachment_210400" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Planche01-Namibia-T5.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-210400" title="Planche01 Namibia T5" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Planche01-Namibia-T5-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 2 du tome 5 de « Namibia ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv_Memphis.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-210399" title="Couv_Memphis" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv_Memphis-205x271.jpg" alt="" width="205" height="271" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Évoquons un peu des albums dessinés pour les mêmes scénaristes qui sont parfois en solo (vous êtes très fidèle !) : « Memphis » (trois tomes, et en intégrale, chez Glénat) et « L’Homme qui inventait le monde » (un album unique chez Dargaud). Toujours l’étrange et les mondes parallèles, mais dans des univers plus familiers, et surtout un propos plus « politique » au sens large, plus sociétal…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Rodolphe et moi, on est branchés sur le même intérêt : celui du fantastique, tel qu’il est résumé par des auteurs comme Thomas Owen et Jean Ray (auteurs majeurs du genre, et oh, ils sont Belges !). La faille, l’incertitude, l’imprécision, l’effroi, l’envers de la raison… Les personnages que Rodolphe et Leo imaginent pour moi (leur univers prend des directions variées et ils savent ce qui convient à leurs différents dessinateurs) sont toujours en butte avec une distorsion, un mensonge, une équivoque qui dissout leurs repères, voire leur identité. Qui sont-ils ? En quoi peuvent-ils encore croire ? Ce jeu sur l’illusion c’est aussi, fondamentalement, notre métier. Ce sont ces histoires bizarres visitant les marges du réel qui m’intéressent le plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Lhomme-qui-inventait-le-monde.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-210402" title="Couv L'homme qui inventait le monde" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv-Lhomme-qui-inventait-le-monde-205x272.jpg" alt="" width="205" height="272" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Les attitudes et positions de vos personnages ont l’air si réelles, si bien campées, quel que soit l’angle de vue, qu’elles semblent sortir de photos ou de documents, mais c’est évidemment impossible. En plus de votre technique — qui doit être très solide —, vous utilisez beaucoup de documentation ou bien est-ce le résultat d’un travail précis à partir de l’anatomie ou de l’observation ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Un dessinateur réaliste a deux choix. Soit il considère qu’il a parachevé sa maîtrise et se détourne de l’observation directe, et alors, très souvent, il reproduit des motifs toujours semblables (en particulier, et cela me frappe toujours, tous leurs personnages féminins ont généralement un seul visage, avec d’infinies variations) ; mais il est vrai qu’on a aussi des fantasmes d’un physique idéal, et je n’y échappe pas. Soit il décide de toujours se confronter à la réalité et il va chercher des modèles différents dans le réel, et cela concerne les personnages, mais aussi les arbres, les rochers, les mouvements des vagues, les plis des vêtements. C’est l’exigence du réalisme qui ne se réduit pas à des signes, mais essaie d’atteindre à l’illusion, en sachant bien qu’il n’y parviendra pas, naturellement. C’est ce que je fais : je fais poser, ou je m’inspire de personnages réels. Quand je commence un cycle, j’accumule de la documentation sur tout, et ce n’est pas suffisant ! Mon travail est surtout méticuleux au moment du trait : le trait est toujours simple au début, mais le plus fidèle possible à la réalité — c’est un travail très lent. Après le crayonné, je dessine le trait à l’encre, de façon légère, fine, qui assure la mise en place. Ensuite, dans un second temps, j’encre définitivement avec le modelé, l’épaisseur du trait au pinceau, je travaille les ombres et les reliefs, et là, j’oublie d’être précis… enfin, j’essaie !</p>
<div id="attachment_210403" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Influence-Juillard-Pl-4-Namibia.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="size-large wp-image-210403" title="Influence Juillard Pl 4 Namibia" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Influence-Juillard-Pl-4-Namibia-555x731.jpg" alt="" width="555" height="731" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 4 du tome 1 de « Namibia » où l&#39;on décèle l&#39;influence d&#39;André Juillard.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv_Amazonie-T3.jpg" rel="lightbox[210376]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-210404" title="Couv_Amazonie T3" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2026/03/Couv_Amazonie-T3-205x271.jpg" alt="" width="205" height="271" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>J’ai lu quelque part que Juillard appréciait beaucoup votre travail. Le connaissiez-vous, avez-vous eu un contact avec lui ? Et quels sont les dessinateurs qui vous ont marqué, qui sont dans votre panthéon ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Malheureusement, j’ai appris qu’il aimait mon travail un peu avant sa mort, et je n’ai pas eu le temps de le rencontrer. « Les 7 Vies de l’Épervier » reste une grande œuvre. Mes auteurs favoris n’ont rien à voir avec mon style de dessin : Richard Corben, Jordi Bernet et Sergio Toppi, entre autres. Je dirais que celui qui m’a le plus apporté, c’est Vittorio Giardino, et aussi, Leo avec « Trent », et avant lui John Buscema et Hal Foster. Des dessinateurs qui allient réalisme et élégance. Je recherche toujours l’élégance du trait : j’ai tendance à vite trouver qu’un dessin est vulgaire…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Et après « Scotland », on imagine que l’équipe se lance dans un nouveau projet. Il y a déjà une piste ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bertrand Marchal</strong> — Oui, et elle est déjà ouverte. Kathy part à Hong Kong. L’album est bien avancé ; on en reparle l’année prochaine !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Bertrand Marchal, merci !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Des rebondissements surprenants : on passe facilement de la peur au rire dans « Le Dinosaure électrique » et Benoît Preteseille nous en dit plus sur cette excellente BD jeunesse…</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 06:28:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Lessous</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.bdzoom.com/?p=206894</guid>
		<description><![CDATA[Éditeur, professeur de bande dessinée et auteur protéiforme Benoît Preteseille excelle autant dans la bande dessinée adulte que dans des œuvres pour les plus jeunes lecteurs. Nous le remercions sincèrement d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions, notamment sur sa dernière BD jeunesse aux éditions Biscoto : « Le Dinosaure électrique ». ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em>  Bonjour Benoît Preteseille, pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs de <em>BDzoom.com</em> ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Bonjour, je suis auteur de bande dessinée, et je suis également éditeur… et professeur de bande dessinée à Angoulême.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em>  Parlez-nous un peu plus de votre travail d&#8217;éditeur.</strong></p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;aime sortir régulièrement de la solitude d&#8217;auteur de bande dessinée, et l&#8217;édition m&#8217;intéresse depuis longtemps. J&#8217;avais d&#8217;abord co-fondé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Warum">Warum</a> en 2004 pour publier de la bande dessinée, puis j&#8217;ai monté <a href="https://ionedition.net/">ION</a> en 2010, qui montre des images et des dessins, pas forcément narratifs, d&#8217;artistes que j&#8217;admire. J&#8217;ai découvert plein de choses merveilleuses, parfois très contemporaines, parfois plus anciennes, c&#8217;est une ouverture créatrice précieuse pour moi.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify">
<dl>
<dt><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-3.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-206897" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-3.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a></dt>
<dd>« Le Dinosaure électrique » page 3.</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-1.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-206905" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-1.jpg" alt="" width="169" height="194" /></a>BDzoom.com :</em>  Vous êtes reconnu comme un auteur exigeant pour un lectorat adulte, pouvez-vous nous parler de votre travail comme auteur complet sur des ouvrages comme « <a href="https://atrabile.org/catalogue/livres/les-poupees-sanglantes/">Les Poupée sanglantes</a> » qui a figuré dans la sélection pour le Fauve d&#8217;or en 2021 ou plus récemment sur « <a href="https://atrabile.org/catalogue/livres/loubliee/">L&#8217;Oubliée</a> », tous les deux publiés aux éditions Atrabile ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Je fais chaque livre après l&#8217;autre, selon mes envies et questions du moment. « Les Poupées sanglantes » était au départ l&#8217;adaptation d&#8217;un roman-feuilleton de Gaston Leroux (« Le Mystère de la chambre jaune », « Le Fantôme de l&#8217;Opéra » …), qui me fascine par son travail sur le fantastique et la façon qu&#8217;il a de retourner les points de vue.</p>
<p style="text-align: justify">Avec lui, les personnages effrayants sont rarement ceux que l&#8217;on croit. « L&#8217;Oubliée » étant un livre sur la mémoire et les souvenirs, j&#8217;avais envie de le composer comme un meuble à tiroirs que l&#8217;on ouvre un à un, et chaque fois un récit différent en sort, pour donner à la fin le portrait d&#8217;une femme mystérieuse.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-4.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206898" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-4.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a>BDzoom.com :</em>  Vous êtes un collaborateur régulier du journal jeunesse <em>Biscoto</em>, dans lequel vous animez tous les mois une rubrique autour de la musique, « <a href="https://www.preteseille.net/portfolio/le-coin-des-oreilles/">Le Coin des oreilles</a> ». Expliquez-nous un peu de quoi il s&#8217;agit. </strong></p>
<p style="text-align: justify">Ma rubrique est passée par différentes phases, j&#8217;ai commencé par des biographies de femmes, puis j&#8217;ai continué avec des découvertes musicales, aujourd&#8217;hui ça s&#8217;appelle « Le Placard du bizarre ». Chaque mois, je traite le sujet proposé par<em> <a href="https://biscotojournal.com/">Biscoto</a></em> avec un petit pas de côté. Globalement, comme toujours, j&#8217;essaie de partager des choses qui m&#8217;intéressent !</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-5.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206899" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-5.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-2.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="alignleft size-full wp-image-206906" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-2.jpg" alt="" width="228" height="195" /></a>BDzoom.com :</em>  Après « Le Petit Poucet et l&#8217;usine à saucisses » et « <a href="https://biscotojournal.com/article/les-tetes-minuscules/">Les Têtes minuscules</a> », « Le Dinosaure électrique » est votre troisième bande dessinée jeunesse aux éditions Biscoto. Travailler en direction des jeunes lecteurs, est-ce une envie ancienne ? Quelles sont les différences avec votre travail pour la bande dessinée adulte ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Il y a une dizaine d&#8217;années, je ne pensais pas du tout avoir un travail compatible avec la jeunesse, mais les éditrices de Biscoto ont su me convaincre du contraire.</p>
<p style="text-align: justify">Et j&#8217;y ai trouvé un espace de création passionnant. Je me sens libre d&#8217;y parler de mille sujets qui me posent question ou qui me passionnent en tant qu&#8217;adulte. Les enfants sont curieux de plein de choses, et ils ont beaucoup moins d&#8217;<em>a priori</em> ! Il faut juste éviter de dessiner des scènes érotiques ou trop violentes, ce n&#8217;est pas une contrainte si compliquée !</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-8.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206900" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-8.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a>BDzoom.com :</em>  Pouvez-vous nous résumer l&#8217;intrigue du « Dinosaure électrique » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les deux personnages principaux, Gigi et Chayeness, ont une amie passionnée par les dinosaures, qui s&#8217;appelle Charlie. Un jour, Charlie disparaît, et les deux filles se demandent si cela n&#8217;aurait pas un lien avec une étrange créature qui rôde sur la ville. Est-ce que ça pourrait être un dinosaure ? C&#8217;est une enquête avec un petit côté frisson, mais où tout se termine bien.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-3.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206907" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-3.jpg" alt="" width="410" height="159" /></a>BDzoom.com :</em> Pouvez-vous nous préciser les caractères des deux héroïnes Chayennes et Gigi ? D&#8217;ailleurs, pourquoi avoir choisi ce prénom &laquo;&nbsp;Chayennes&nbsp;&raquo; ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Chayeness et Gigi sont malines, parfois courageuses, parfois moins. Elles ont du caractère et de l&#8217;humour, et savent très bien manipuler leurs parents. Je me suis beaucoup attaché à elles depuis « Les Têtes minuscules ». J&#8217;ai fait beaucoup d&#8217;ateliers en milieu scolaire, et j&#8217;ai rencontré plusieurs petites filles qui s&#8217;appelaient Chayeness (avec des orthographes variées). Surtout dans des milieux peu favorisés. Quand j&#8217;ai commencé à faire des bandes dessinées jeunesse, j&#8217;ai eu envie qu&#8217;elles puissent s&#8217;y reconnaître.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-9.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206901" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-9.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a>BDzoom.com :</em> Selon vous, que vont aimer les jeunes lecteurs dans cet album ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je suis mon premier lecteur. J&#8217;ai tenu à écrire une histoire avec des retournements surprenants, que je n&#8217;aurais pas l&#8217;impression d&#8217;avoir déjà lue ailleurs. J&#8217;ai dessiné des scènes qui me font beaucoup rire, d&#8217;autres qui me font un peu peur (j&#8217;ai le vertige par exemple, j&#8217;ai eu du mal à dessiner certaines pages qui se passent en haut d&#8217;un arbre). Je ne prends pas les jeunes lecteurs et lectrices pour des truffes, je fais des livres qui me plaisent à moi-même : en conséquence, j&#8217;espère que cela leur plaira.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-27.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206902" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-27.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a>BDzoom.com :</em>  Y a-t-il une référence aux aventures d&#8217;Adèle Blanc-sec avec l&#8217;œuf de dinosaure qui éclot au sein d&#8217;un musée ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Oui, effectivement. J&#8217;aime énormément le travail de Tardi. Pour ces bandes dessinées chez Biscoto, j&#8217;ai également en tête certaines aventures de Spirou par André Franquin, ou bien « <a href="https://www.lelombard.com/bd/benoit-brisefer-lombard/fetiche-le">Le Fétiche</a> » : une aventure de Benoît Brisefer par Peyo et Albert Blesteau. Des lectures d&#8217;enfance qui m&#8217;ont produit des émotions fortes, et que j&#8217;essaie de recréer aujourd&#8217;hui.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify">
<dl>
<dt><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-42.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-206903" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-42.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a></dt>
<dd>« Le Dinosaure électrique » page 42.</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em>  Pour clore cet entretien, pouvez-vous nous révéler quels sont vos projets artistiques à court et moyen termes ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je travaille en ce moment dans une nouvelle direction, très autobiographique, qui sortira au printemps chez Atrabile. Encore quelque chose de différent dans ma bibliographie !</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-43.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-206904" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-43.jpg" alt="" width="481" height="651" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/CL-PortraitBPreteseille-01-©Céline-Levain.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-206895" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/CL-PortraitBPreteseille-01-©Céline-Levain-205x256.jpg" alt="" width="205" height="256" /></a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Laurent LESSOUS (</strong><strong><a href="https://9990045v.esidoc.fr/">l@bd</a></strong><strong>)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Le Dinosaure électrique » par Benoît Preteseille</strong></p>
<p style="text-align: justify">Éditions Biscoto (15,00 €) — EAN : 9782379623424</p>
<p style="text-align: justify">Parution 3 octobre 2025</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-4.jpg" rel="lightbox[206894]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-206908" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Le-Dinosaure-électrique-page-26-case-4.jpg" alt="" width="399" height="211" /></a></p>
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		<title>« Kennedy[s] » : la dramatique saga de l&#8217;Amérique&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 05:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Tomblaine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[L'Art de ...]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Kennedy ! Une famille et des <em>leaders</em>, devenus un mythe américain controversé ; dépassé par sa légende noire, hanté par la soif du pouvoir, les compromissions, les assassinats et les théories du complot… Sondant l’âme et le cœur de cette dynastie sur plus de six décennies, Philippe Pelaez et Bernard Khattou ont rassemblé, chez Glénat, une immense matière historique, à la manière de « La Bombe » (Rodier, Alcante et Bollée, 2020). Le résultat ? Un <em>one-shot</em> de 528 pages en noir et blanc, aussi imposant que saisissant, qui donne à comprendre en détails les causes des tourments politiques complexes de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui… ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_206325" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/page0005_4/" rel="attachment wp-att-206325"><img class="size-large wp-image-206325" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/page0005_4-555x753.jpg" alt="" width="555" height="753" /></a><p class="wp-caption-text">Une séquence choc en ouverture : la lobotomie de Rosemary Kennedy en 1941 (planche 1 et 2 ; Glénat, 2025).</p></div>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/page0006_4-2/" rel="attachment wp-att-206326"><img class="aligncenter size-large wp-image-206326" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/page0006_4-555x753.jpg" alt="" width="555" height="753" /></a></p>
<p style="text-align: justify">JFK (John Fitzgerald Kennedy, né le 29 mai 1917), devenu le 35<sup>e</sup> président des États-Unis (du 20 janvier 1961 à son retentissant assassinat à Dallas le 22 novembre 1963) n’avait naturellement pas échappé au 9<sup>e</sup> art. Citons « Rebelles T2 : John. F. Kennedy » (par Thierry Bouüaert, Maryse et Jean-François Charles ; Casterman, 2006), « Jour J T5 : Qui a tué le président ? » (Colin Wilson et Jean-Pierre Pécau ; Delcourt, 2011), <a href="https://www.bdzoom.com/129608/actualites/kennedy-3-dossiers-en-ligne-claire%E2%80%A6/">« Les Dossiers Kennedy »</a> (par Erik Varekamp et Mick Peet ; trois volumes publiés par Dargaud entre 2018 et 2022) ou « Ils ont fait l’Histoire T18 : Kennedy » (par Damour et Sylvain Runberg ; Glénat, 2016 ; réédition Glénat/Fayard/Le Monde en 2019). À l’instar de certains de ses prédécesseurs, et comme l’indique son titre et sa couverture (voir plus loin), « Kennedy(s) » ne se focalise pas uniquement sur une destinée présidentielle tragique, mais restitue plutôt toute l’architecture préalable de son ascension et de son accession à la fonction suprême.</p>
<div id="attachment_206327" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/couv_383261/" rel="attachment wp-att-206327"><img class="size-large wp-image-206327" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/Couv_383261-555x732.jpg" alt="" width="555" height="732" /></a><p class="wp-caption-text">Kennedy, un sujet déjà présent chez Glénat ! (rééd. Le Monde 2019).</p></div>
<p style="text-align: justify">À la base de toute dynastie trône souvent un patriarche, doté d’un caractère fort et d’une vision limpide de son futur et de celui des siens. Chez les Kennedy, il y eut Rose Fitzgerald (1863-1950) et surtout Joseph (surnommé Joe) Patrick Kennedy, tous deux descendants de familles catholiques irlandaises. Influent patriarche et sénateur démocrate sulfureux, homme d’affaires roué (millionnaire à 20 ans, il embrasse alternativement la construction navale, la banque, le cinéma (la RKO Pictures) et la bourse), nommé ambassadeur des USA en Grande Bretagne en 1938. Amplement discrédité pour ses accointances avec la mafia, sa vie dissolue et son admiration pour le nazisme, il conserve une ardeur politique et une influence certaine. Il reporte alors ses ambitions politiques sur ses fils, Joseph Patrick Kennedy Jr. (mort en août 1944 durant la guerre du Pacifique), puis John, deuxième d’une famille de neuf enfants…</p>
<div id="attachment_206333" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/page0007_4-2/" rel="attachment wp-att-206333"><img class="size-large wp-image-206333" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/page0007_4-555x753.jpg" alt="" width="555" height="753" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 3 (Glénat 2025).</p></div>
<div id="attachment_206330" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/47388u-tif-e1662746344960-2000x1124/" rel="attachment wp-att-206330"><img class="size-large wp-image-206330" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/47388u.tif-e1662746344960-2000x1124-555x311.jpg" alt="" width="555" height="311" /></a><p class="wp-caption-text">Joe Kennedy avec le Président Roosevelt en 1938, lors de sa nomination comme ambassadeur au Royaume-Uni.</p></div>
<p style="text-align: justify">Comme nous l’explique longuement le <strong>scénariste Philippe Pelaez</strong> dans les chapitres suivants, la genèse et la préparation de cet album se produisirent sur un déclic :</p>
<p style="text-align: justify"><em>« En juin 2021, je me suis décidé à lire <a href="https://www.bdzoom.com/152600/interviews/son-nom-est-bombe-alcante-bollee-et-rodier-racontent-une-histoire-explosive/">« La Bombe »</a>, que j&#8217;avais offert à mon fils de 17 ans six mois auparavant. Il n&#8217;arrêtait pas de me tanner pour que je le lise, en me disant que c&#8217;était génial. Mais je n&#8217;arrivais jamais à trouver le temps pour le faire (j&#8217;étais encore enseignant, à ce moment, avec énormément d&#8217;heures supplémentaires et du boulot à n&#8217;en plus finir). Mais ce jour de juin (vers le 20, je crois), j&#8217;étais seul, je me suis assis sur le canapé, et j&#8217;ai attaqué « La Bombe », donc&#8230; Pour m&#8217;arrêter à la page 3, exactement. J&#8217;ai feuilleté la BD, j&#8217;ai fermé le livre, et je me suis dit : « Mais ce n&#8217;est pas la Bombe qu&#8217;il faut faire, c&#8217;est Kennedy !! » J&#8217;ai appelé tout de suite Franck Marguin, mon éditeur chez Glénat, en lui précisant que je venais de commencer le livre qu&#8217;il avait édité (il était tout fier, au passage), mais que j&#8217;avais arrêté ma lecture à la troisième page, en rajoutant : </em>« Et si je te faisais la même chose sur les Kennedy ?<br />
- L&#8217;assassinat ?<br />
- Non, pas uniquement, c&#8217;est trop cliché ! L&#8217;ascension du père, Joe ; puis celle des fils ; et enfin une troisième partie qui naviguerait entre les moments-clés de la présidence et l&#8217;assassinat. Trois parties, une trinité ; pour des catholiques c&#8217;est parfait. Et je commencerais par une scène monstrueuse pour décontenancer le lecteur et lui donner une idée de l&#8217;ambiance.<br />
- Banco ! Mais là, ça va être l&#8217;été, il y aura de nombreuses absences ; peux-tu me faire quelques pages de scénario et une note d&#8217;intention pour la rentrée de septembre ?<br />
- Tu auras tout ça, promis&#8230; »</p>
<div id="attachment_206336" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvfamilleavecdecorsrough/" rel="attachment wp-att-206336"><img class="size-large wp-image-206336" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvFamilleAvecDecorsRough-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a><p class="wp-caption-text">Recherches successives pour la couverture.</p></div>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvfamilleroughblanc/" rel="attachment wp-att-206337"><img class="aligncenter size-large wp-image-206337" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvFamilleRoughBlanc-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvfamillesansdecorsrough/" rel="attachment wp-att-206338"><img class="aligncenter size-large wp-image-206338" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvFamilleSansDecorsRough-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Bref, en septembre, j&#8217;avais lu une vingtaine de livres, écrit une trentaine de pages, et rédigé une très longue note d&#8217;intention. J&#8217;ai proposé le projet à Bernard Khattou (qui voulait faire « Neuf », que j&#8217;ai réalisé chez Dargaud, mais on avait déjà choisi Guénaël Grabowski avec Ryun, mon éditrice). Je connaissais la capacité de travail de Bernard, ainsi que son évident talent. Il a dessiné trois pages de test, et tout a été validé chez Glénat, dans l’enthousiasme général. Ensuite, je me suis lancé à fond dans la lecture, la prise de note et l&#8217;écriture, pour terminer en juin 2024, trois ans après donc. J’ai lu exactement 376 livres (j&#8217;en ai enlevé quelques-uns dans la bibliographie en fin d&#8217;album), des centaines de lettres, de correspondances, des témoignages, des dépositions, etc. Puis j’ai visionné des films, des documentaires, et écouté des podcasts (en voiture, en me couchant, dès que je pouvais). Je ne dors pas beaucoup, ce qui fait que mes journées sont plus longues que celles des autres, je pense. Dans le même temps, j&#8217;ai eu d&#8217;autres livres publiés, écrit d&#8217;autres scénarios et continué mon métier d&#8217;enseignant. Ce qui a forcément posé problème à un moment, car je ne savais plus où donner de la tête. Comme aujourd&#8217;hui je peux vivre de mon métier de scénariste, maintenant je me suis mis en disponibilité de l&#8217;Éducation nationale depuis le 1<sup>er</sup> septembre 2024. »</em></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/dfba93ee5c291ea6811e9a8ac8f11efbe51bf183/" rel="attachment wp-att-206339"><img class="aligncenter size-large wp-image-206339" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/dfba93ee5c291ea6811e9a8ac8f11efbe51bf183-555x720.jpg" alt="" width="555" height="720" /></a></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvperefilsrough1/" rel="attachment wp-att-206340"><img class="aligncenter size-large wp-image-206340" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvPereFilsRough1-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvperefilsrough3/" rel="attachment wp-att-206341"><img class="aligncenter size-large wp-image-206341" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvPereFilsRough3-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvperefilsrough4/" rel="attachment wp-att-206342"><img class="aligncenter size-large wp-image-206342" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvPereFilsRough4-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Le travail de Bernard a été remarquable, car il lui a quand même fallu réaliser environ 500 planches (497, je crois) en trois ans, ce qui correspond à environ huit albums BD classiques. Le choix du noir et blanc s&#8217;est imposé, bien sûr, car en couleurs, les délais auraient été doublés. Et le noir et blanc s’accorde très bien à cette période. Bernard a réussi à rendre cette histoire crédible ; je veux dire, elle est extrêmement réaliste et nous sommes plongés dans la saga dès le début, grâce à son dessin. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Cette dernière année (septembre 2024-août 2025) a surtout été une période de relecture, d’ajustement, d’écriture de la postface pour bien peser mes mots, de la rédaction du </em>&laquo;&nbsp;who&#8217;s who&nbsp;&raquo;<em>, de l’arbre généalogique, etc. La relecture a été très, très longue, car après chaque passage, nous remarquions toujours, avec les correctrices et le studio graphique, des petites erreurs çà et là (une virgule mal placée, des italiques oubliées, des espaces ou interlignes incorrects). Bref, ça a été un très long travail, mais très enrichissant. Bernard a retouché quelques vignettes, arrangé quelques noirs, et a réussi à finir dans les temps. Il a réalisé un boulot titanesque. »</em></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvperefilsrough11/" rel="attachment wp-att-206344"><img class="aligncenter size-large wp-image-206344" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvPereFilsRough11-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Pour cet album, je dois dire que j&#8217;avais un petit avantage : j&#8217;ai étudié Kennedy avec mes élèves de lycée, et même ceux de classes préparatoires, vu que je suis professeur d&#8217;anglais (dans la biblio, il y environ 80 livres en français, et tous les autres en anglais). La difficulté a été de faire la synthèse de toutes mes lectures ; c&#8217;est à dire que chaque fois que je lisais un bouquin, je prenais des notes, surlignais les passages et les repérais avec des post-it annotés. Et quand j&#8217;écrivais une scène, je savais exactement où trouver mes sources et piocher mes informations. J&#8217;écrivais avec beaucoup de livres étalés sur une grande table, des pages de notes, mon iPad, mes carnets. »</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Je crois que la difficulté n&#8217;a pas été d&#8217;écrire « Kennedy(s) »&#8230; mais de ne pas l&#8217;écrire. Parfois, j&#8217;étais tellement plongé dans mon travail que c&#8217;était un déchirement d&#8217;arrêter l&#8217;écriture et d&#8217;aller en cours. Vraiment. Mes élèves savaient que je faisais de la BD et que j&#8217;écrivais parfois en classe, pendant qu&#8217;ils faisaient des exercices ou un contrôle. Et j&#8217;utilisais tout le temps que j&#8217;avais (interclasses, pause de midi) pour continuer. Heureusement, mes enfants étaient déjà assez grands. Mais bon, mon immersion dans l&#8217;écriture (car j&#8217;étais aussi sur d&#8217;autres projets) n&#8217;a pas été sans tensions familiales&#8230; Ma femme était un peu effrayée, j&#8217;étais comme possédé, un peu comme le Jack Nicholson de « Shining », sauf que je n&#8217;écrivais toujours la même phrase ! »</em></p>
<p><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/kennedyscouvperefilsrough10/" rel="attachment wp-att-206343"><img class="aligncenter size-large wp-image-206343" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/KENNEDYSCouvPereFilsRough10-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>« Pour ma part, je trouve la couverture très réussie. Nous avons effectué plusieurs tests ; j&#8217;étais contre le premier souhait de Franck Marguin de représenter toute la famille Kennedy, car le livre concerne surtout le père, les deux fils ainés, Rosemary et la mère, Rose. Et Bernard et moi voulions une typo forte, puissante, carrée, quelque chose qui en impose. Les graphistes on fait, à partir des sublimes portraits de Bernard, un travail fantastique. Nous avons pas mal tâtonné, mais c&#8217;était un passage obligé vu les enjeux : taille du livre, pagination, sortie importante pour Glénat. Une fois que nous avions le bon découpage, Bernard a dessine les portraits au propre, et le reste s&#8217;est enchainé très vite. Je crois que ce sera un beau livre ; qu&#8217;il marche ou pas, nous sommes super contents de l&#8217;avoir fait. » </em></p>
<div id="attachment_206349" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/0000-2/" rel="attachment wp-att-206349"><img class="size-large wp-image-206349" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/0000-555x716.jpg" alt="" width="555" height="716" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture du magazine All About History: Book of the Kennedys (juillet 2021).</p></div>
<p style="text-align: justify">De la soif de réussite de Joe Kennedy à l’assassinat de JFK, de l’Irlande à la baie des Cochons et d&#8217;un président au suivant, « Kennedy[s] » brasse et embrasse très large, inspectant en détails tant le charisme que la part sombre des membres d’un clan qui défia le destin de l’Amérique. Traité graphiquement de manière réaliste, l’album – à la fois autobiographie historique et <em>thriller</em> historique – s’attarde également en détails sur le vendredi noir de novembre 1963, qui a tant fait couler de sang et d’encre (plus de 40 000 livres dédiés au sujet depuis la disparition de JFK) : dès lors, preuve après preuve, l’ombre de plusieurs tireurs diligentés par un complot ou une vengeance (mafia, consortium pétrolier, puissance étrangère, politiques US ?) ne fait plus guère de doute. Le tout cependant sans donner la clé d’une énigme insoluble avant la déclassification des documents et preuves existantes. Ce n’est pas la moindre force de l’album que de savoir se montrer convaincant par la précision de sa documentation, mais surtout par son ambition historique exigeante. Un indispensable à lire, qui explique méticuleusement et par-delà le mythe Kennedy les troublantes arcanes de la politique américaine.</p>
<div id="attachment_206352" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/206316/interviews/%c2%ab-kennedys-%c2%bb-la-dramatique-saga-de-lamerique/attachment/cc70312dcc91118d9070f0ca9984cb76e9e7f449/" rel="attachment wp-att-206352"><img class="size-large wp-image-206352" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/10/cc70312dcc91118d9070f0ca9984cb76e9e7f449-555x521.jpg" alt="" width="555" height="521" /></a><p class="wp-caption-text">« Je veux leur montrer... » (p. 430 ; Glénat, 2025).</p></div>
<p><strong>Philippe TOMBLAINE</strong></p>
<p><strong>« Kennedy[s] » par Bernard Khattou et Philippe Pelaez </strong></p>
<p>Éditions Glénat (38 €) — EAN : 9782331089251</p>
<p>Parution 15 octobre 2025</p>
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		</item>
		<item>
		<title>« La Fureur de vivre» de Vicente Jiménez-Bravo racontée par son petit-fils : le dessinateur espagnol Pau&#8230;</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/</link>
		<comments>https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 09:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brigh Barber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.bdzoom.com/?p=205284</guid>
		<description><![CDATA[Dans le tome 2 de la série « Les 5 Drapeaux » de l’auteur de bande dessinée espagnol Pau, lequel vient de paraître aux éditions Paquet  (voir notre chronique du premier volume : <a href="https://www.bdzoom.com/193965/actualites/«%E2%80%89les-5-drapeaux%E2%80%89»-un-republicain-espagnol-dans-l’europe-en-guerre…/">« Les 5 Drapeaux » : un républicain espagnol dans l’Europe en guerre...</a>), nous retrouvons Vicente Jiménez-Bravo, jeune républicain espagnol au camp de Barcarès. Lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne en septembre 1939, les étrangers détenus sont sommés de rejoindre les Compagnies de travailleurs étrangers. Le but des CTE était d’utiliser la force de travail des étrangers réfugiés dans l’effort de guerre. Vicente est alors déplacé près de Poitiers, avec un millier de ses compatriotes. Présent au Festival de la BD de Ligugé samedi 29 et dimanche 30 mars 2025, Pau a participé à une visite commentée autour de l’exposition qui lui été consacré. Il a bien voulu répondre aux questions de <em>BDzoom.com</em> et du public présent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Pau, comment avez-vous commencé votre carrière ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Après mes études à l’Escola Superior de Disseny de Palma de Majorque — où je suis né —, j’ai commencé à publier dans de nombreux fanzines, dans les années 1990 : c’est-à-dire à une époque où les journaux de bande dessinée fermaient les uns après les autres. Je ne pouvais plus être publié en Espagne, alors je me suis dirigé vers le marché franco-belge. À Angoulême, en 1996, j’ai tenté de contacter quelques éditeurs avec mon projet « La Saga d’Atlas et Axis. »</p>
<p>Mais je n’ai pas trouvé immédiatement d’éditeur intéressé. J’ai eu la chance de travailler pour le journal <em>Spirou</em> et pour des magazines espagnols : <em>Nosotros somos los muertos</em>, <em>Dibucomics</em> et <em>El Víbora</em>. J’ai aussi beaucoup travaillé comme dessinateur de presse pour les journaux de Majorque, <em>Diario de Mallorca</em> et <em>Mallorca Zeitung</em>.</p>
<div id="attachment_205420" class="wp-caption aligncenter" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/pau-portrait/" rel="attachment wp-att-205420"><img class="size-medium wp-image-205420" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Pau-portrait-205x307.jpg" alt="" width="205" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Pau au festival de Ligugé.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Jusqu’à « La Saga »…</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau — </strong>Finalement, les éditions Ankama ont publié « La Saga d’Atlas et Axis » en France, à partir de 2011… avec un petit succès discret, puisque le premier tome a été sélectionné pour le festival d’Angoulême en 2012, mais l’album n’y a pas gagné de prix, et la suite a failli ne pas être publiée.</p>
<p style="text-align: justify">J’ai pu convaincre quelques éditeurs étrangers de le publier (aux Pays-Bas, en Pologne et en Espagne) et Ankama s’est senti obligé de poursuivre la série ! Mais la faiblesse des ventes a encore une fois failli tout arrêter. De nouveau, j’ai pu convaincre des éditeurs de publier « La Saga d’Atlas et Axis », en russe, en italien, en anglais… Et Ankama a continué : le quatrième tome est sorti en 2016, et l’intégrale en 2017. Pour moi, c’est un réel succès : la série a touché beaucoup de monde de différents pays, de différentes cultures, sur trois continents.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/saga-2/" rel="attachment wp-att-205320"><img class="aligncenter size-large wp-image-205320" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Saga-555x818.jpg" alt="" width="555" height="818" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Comment en êtes-vous arrivé à l’histoire des « 5 Drapeaux » ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Eh bien, ma fille est née, il y a 8 ans, et j’ai décidé de lui raconter l’histoire de mon grand-père (qu’elle n’a pas connu), pour lui montrer d’où elle venait, pour qu’elle sache qu’on peut surmonter toutes les difficultés de la vie. C’était un homme très gai et très courageux. Quand il est décédé, on a trouvé chez lui trois cahiers livrant, avec beaucoup de détails, toutes les aventures qu’il nous racontait l’été lorsque nous étions enfants. J’ai compris que j’avais quelque chose que je devais partager avec tous ceux de mes compatriotes qui n’avaient pas eu la chance de connaître cette histoire. J’avais les moyens de convertir une histoire familiale en un récit universel pour toucher le grand public. Mais cela s’est avéré très difficile, surtout à cause de la documentation.</p>
<div id="attachment_205418" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/visite-commentee/" rel="attachment wp-att-205418"><img class="size-large wp-image-205418" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Visite-commentée-555x370.jpg" alt="" width="555" height="370" /></a><p class="wp-caption-text">Pau commentant son travail.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>C’est-à-dire ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau — </strong>Par exemple, mon grand-père dit : <em>« On est arrivés à la frontière avec six tanks ».</em> Moi, je dois savoir quelle frontière, quel modèle de tank, comment eux ou les soldats français étaient habillés, quelles armes ils portaient… Et tout ça, pour une seule case ! Comme j’avais calculé qu’il me faudrait 350 pages, ça me faisait très peur d’entreprendre ce projet-là ! Mais j’ai décidé de le faire quand même. En commençant par la documentation… Je suis parti des trois cahiers qu’il avait écrits et des photos et des documents de France qu’il avait conservés. J’ai lu peut-être une centaine de livres sur le sujet.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Et en parallèle ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau — </strong>Dans le même temps — pour gagner ma vie —, j’ai continué d’autres récits en bande dessinée, notamment « Curtiss Hill ». C’est également une histoire liée aux années 1930, ce qui m’a permis de continuer mes recherches de documentation sur l’époque. Et j’ai eu la chance de gagner le prix de la bande dessinée Ciutat de Palma en 2019 : cela m’a permis de finir ce récit et de trouver un éditeur en Suisse. En parallèle, j’ai créé ma maison d’édition (Escápula Comics) à Majorque, pour publier mon travail et survivre, même avec des ventes faibles. J’ai publié « La Saga d’Atlas et Axis » en espagnol et en catalan, puis « Curtiss Hill » et enfin « Baboon ! » (une histoire muette avec laquelle je voulais toucher un public universel, de tout âge, de tout sexe, de tout pays). J’étais prêt pour commencer à dessiner l’histoire de mon grand-père ! Tout commence au passage de la frontière, à Portbou en Catalogne, avec les tanks et tout ça…</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/char/" rel="attachment wp-att-205291"><img class="aligncenter size-large wp-image-205291" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Char-555x343.jpg" alt="" width="555" height="343" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Dans une BD, il n’y a pas besoin de dessiner tous les détails, mais je voulais les partager avec les lecteurs, parce qu’en plus d’une aventure c’est comme une espèce de reportage. Je dispose de tous les documents que mon grand-père a conservés. Les photos de sa concentration au camp du Barcarès (il y a les gens qui disent que ça n’a jamais existé…) Une photo du jour même où la guerre a commencé en Espagne, avec ses frères. Sa permission de la journée pour aller à Vichy en vélo depuis La Ferté-Hauterive, dans l’Allier. Sa carte d’alimentation de Lorient. Et le permis d’accès au chantier — en allemand — certifiant qu’il a participé à la construction d’une base de sous-marins à Lorient.</p>
<p style="text-align: justify">Voilà le type de documentation que j’ai voulu partager avec tout le monde.</p>
<div id="attachment_205416" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/documents-vicente/" rel="attachment wp-att-205416"><img class="size-large wp-image-205416" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Documents-Vicente-555x392.jpg" alt="" width="555" height="392" /></a><p class="wp-caption-text">Quelques documents conservés par Vicente Jiménez-Bravo.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Question du public</em></strong><strong> — </strong>Cela a duré combien de temps ? Cela s’étale sur combien d’années ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> La partie française dure deux ans, mais le récit s’étale sur neuf ou dix ans. Depuis le début de la guerre — lorsqu’il a décidé de lutter contre l’État fasciste — jusqu’à ce qu’il ait repris en main les rênes de sa vie. Il disait qu’il avait perdu la maîtrise de son destin. Mon grand-père était sous le drapeau républicain espagnol, parce qu’il s’était engagé comme soldat, et après, sous le drapeau français. Encore après, il a rejoint les Anglais pour la bataille de Dunkerque. Puis il a été pris par les Allemands. Et, finalement, il est revenu en Espagne sous Franco, et il a travaillé sous le drapeau franquiste. Voilà pourquoi, pendant ces dix ans, cinq drapeaux ont dirigé son destin. Et ce sont les dix années que j’ai dessiné : dix années extraordinaires. Cette année, les organisateurs du festival de Ligugé m’ont invité à réaliser l’affiche du festival, et j’en suis très fier !</p>
<div id="attachment_205415" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/cartel-liguge2025/" rel="attachment wp-att-205415"><img class="size-large wp-image-205415" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/cartel-Liguge2025-555x777.jpg" alt="" width="555" height="777" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin original réalisé pour l&#039;affiche du festival de Ligugé.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Une partie du périple de votre grand-père s’est joué dans la région (le département de la Vienne), à Migné-Auxances aux carrières des Lourdines.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> En effet, mais je n’ai pas pu y retourner : le site est actuellement interdit. J’avais déjà dessiné beaucoup de pages sur les carrières sans avoir aucune idée de leur apparence, quand, heureusement, il y a quelques années j’avais pu y entrer. C’est très différent de ce que j’imaginais. J&#8217;ai trouvé sur place des traces du passages des Espagnols, un prisonnier a gravé son nom dans un mur de la mine.</p>
<div id="attachment_205404" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/j-ruiz-1939/" rel="attachment wp-att-205404"><img class="size-large wp-image-205404" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/J.-Ruiz-1939-555x312.jpg" alt="" width="555" height="312" /></a><p class="wp-caption-text">J. Ruiz (1939).</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><strong><em>Question du public</em></strong> — </strong>Mais, aux Lourdines, pour qui travaillait-il ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Pour les Français, pour l’artillerie. Les Espagnols devaient aménager cet endroit pour y stocker des projectiles d’artillerie. C’était les compagnies de travailleurs étrangers, sous discipline militaire : ces travailleurs ne pouvaient pas sortir, ils ne pouvaient pas choisir leur travail, ils ne pouvaient pas choisir leur nourriture. Certains étaient même pieds nus. Ils mangeaient ce qu’on leur donnait. Ils dormaient dans la carrière, ils travaillaient dans la carrière. Ils ne voyaient le soleil que le dimanche s’il faisait beau.</p>
<div id="attachment_205454" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/5_drapeaux02_v6-38/" rel="attachment wp-att-205454"><img class="size-large wp-image-205454" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/5_DRAPEAUX02_V6-38-555x764.jpg" alt="" width="555" height="764" /></a><p class="wp-caption-text">Les Lourdines.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>C’était en quelle année ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> En 1939. Lorsque les Espagnols sont arrivés en France, ils disposaient de trois options pour sortir des camps de concentration : intégrer la Légion étrangère, retourner en Espagne — ce qui signifiait la mort pour certains —, rejoindre les compagnies de travailleurs étrangers, c’est-à-dire travailler gratuitement. Bon, ils touchaient un franc par jour. C’était des esclaves.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Quand il est revenu en Espagne, votre grand-père a eu des problèmes avec la dictature.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> D’après la loi franquiste, si on pouvait prouver que vous aviez été au moins sergent, c’était la mort. Mon grand-père avait été l’équivalent d’un commandant de compagnie. Je ne comprenais pas pourquoi il n’avait pas été exécuté à son retour et j’ai finalement découvert le document qui expliquait cela. Dans le rapport de police, le voisin qui a dénoncé ma famille s’est trompé : mon grand-père a été confondu avec l’un de ses frères. Il a seulement été condamné aux travaux forcés, à Majorque. Il y est resté parce qu’il adorait l’île. Ma famille est donc de Majorque, à cause de Franco. Merci, Franco <em>[rires.]</em> !</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Parlons un peu du travail sur les textures. La façon dont vous travaillez les matières est fascinante. Les cuirs sont rendus de manière exceptionnelle. Vous utilisez à la fois le pinceau, le crayon à papier le stylo bille ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> En fait, j’ai décidé de créer trois styles différents pour les couleurs, car il y a cinq drapeaux. Mais ce n’est pas complètement linéaire : parfois, il y a un souvenir de la guerre d’Espagne qui revient avec son propre code couleur, cela aide le lecteur. Je voulais faire une bande dessinée avec ces souvenirs. Je souhaitais raconter une histoire qui ne puisse être contée qu’en bande dessinée : on utilise des onomatopées, on peut montrer des cartes, on peut mélanger les images, on peut raconter quelque chose par les images et autre chose par le texte et créer des personnages animaliers.</p>
<div id="attachment_205414" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/4451_p13-1/" rel="attachment wp-att-205414"><img class="size-large wp-image-205414" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/4451_P13-1-555x764.jpg" alt="" width="555" height="764" /></a><p class="wp-caption-text">La bête est lâchée.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>C’est l’expérience de « Maus » en fait !<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, il y a cette tradition. Avant « Maus », il y avait Calvo avec « La Bête est morte ». Plus récemment, il y a eu « Cat Shit One » de <em>Motofumi</em> Kobayashi : la guerre du Vietnam avec des petits lapins. Je voulais m’inscrire dans cette tradition-là qu’en tant que lecteur j’adore. À mon avis, lorsque les personnages sont mignons, l’impact de leurs expériences est beaucoup plus fort sur le lecteur.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Pour en revenir aux matières…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Pour les parties qui se passent pendant la guerre d’Espagne, la partie qui est la plus connue de sa vie, j’utilise des couleurs un peu plus anciennes. Lorsqu’il passe en France, j’utilise la sépia, comme dans les photos qu’il a gardées du camp de concentration. Lors de la bataille de Dunkerque, tout est rouge : c’est la guerre. Puis, après sa capture par les Allemands, la coloration est vert-de-gris, comme les uniformes allemands. Enfin, lorsqu’il revient en Espagne, ce sera gris comme l’Espagne l’était à l’époque.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/ok-las-cinco-banderas-ok-2/" rel="attachment wp-att-205357"><img class="alignright size-large wp-image-205357" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/ok-Las-cinco-banderas-ok-555x517.jpg" alt="" width="555" height="517" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Sur l’affiche du festival, vous avez intégré la carte que votre grand-père avait réalisée.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> C’est une carte où il a tracé son parcours en France. Je suis certain que beaucoup de Français n’ont pas connu autant de routes que lui… Il y a marqué son parcours et ce n’est pas uniquement par chemin de fer, mais aussi à pied, par la route. C’est à partir de cette carte que j’ai commencé à mettre des repères avec ces documents conservés. Par exemple, il avait conservé une collection de petites cartes postales. Sur l’une, il a écrit le jour et l’heure exacts où il est arrivé à Lorient. Il parle également d’une fille dont il a fait connaissance. Elle gérait un café-tabac à Lorient et il a mis l’adresse sur la carte. Sur Facebook, j’ai cherché un groupe consacré aux photos anciennes de Lorient. Le café existe toujours, et une dame m’a répondu qu’elle connaissait la fille de la photo et sa descendance ! Au début, j’ai douté un peu de l’histoire de mon grand-père, qui semblait tellement incroyable. Mais, finalement, j’ai réalisé que tout était vrai, qu’il n’avait pas besoin d’imaginer : il a écrit ça pour sa famille.</p>
<div id="attachment_205413" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/carte-routiere-annotee/" rel="attachment wp-att-205413"><img class="size-large wp-image-205413" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Carte-routière-annotée-555x740.jpg" alt="" width="555" height="740" /></a><p class="wp-caption-text">Carte routière annotée par Vicente Jiménez-Bravo.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Tout à l’heure vous parliez de votre fille : est-ce qu’elle a lu cette histoire ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Elle ne l’a pas encore lue, elle n’a que huit ans. Elle l’appréciera plus tard. Mais mes enfants aînés sont très fiers. Des amis qui ont connu mon grand-père me disent que le chien lui ressemble. Ma mère elle-même dit : <em>« Je ne vois pas un chien, je vois mon père ! »</em></p>
<div id="attachment_205417" class="wp-caption aligncenter" style="width: 344px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/vicente-jimenez-bravo/" rel="attachment wp-att-205417"><img class="size-full wp-image-205417" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Vicente-Jiménez-Bravo.jpg" alt="" width="334" height="392" /></a><p class="wp-caption-text">Vicente Jiménez-Bravo.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Certaines planches sont notées tome 3…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, j’ai terminé le tome 2, mais j’ai découvert que ça marche mieux si je dessine les pages que j’ai envie de dessiner sur le moment. Pour moi, c’est mieux de ne pas bloquer sur une page, d’avancer comme ça, même si ce sont des pages du futur tome 5. Et c’est bien comme ça : quand j’arrive au tome 5, des pages sont déjà faites.</p>
<div id="attachment_205412" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/dunkerque/" rel="attachment wp-att-205412"><img class="size-large wp-image-205412" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Dunkerque-555x768.jpg" alt="" width="555" height="768" /></a><p class="wp-caption-text">Une planche inédite du tome 3.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Alors vous avez déjà tout <em>story-boardé</em> ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, parce que, pour bénéficier d’un contrat d’édition, il faut anticiper le nombre de pages et calculer le prix du livre. Pour l’éditeur, c’est indispensable et, pour moi aussi, c’est important : pour savoir quelle importance je donne à chaque livre. J’ai découpé l’histoire en cinq tomes : ça m’a pris plus d’un an, tout en continuant les autres bandes dessinées. Comme ça au moins, tous les ans, tous les un an et demi, je peux parler avec le public, présenter les anecdotes, avoir la chance de gagner un prix <em>[rires].</em></p>
<div id="attachment_205406" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/dunkerque-2/" rel="attachment wp-att-205406"><img class="size-large wp-image-205406" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Dunkerque-2-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a><p class="wp-caption-text">Une autre planche inédite.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Vous nous avez dit qu’en Espagne vous avez créé votre propre maison d’édition. Vous n’avez pas fait ce choix dès le début ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Non ! Mon idéal, c’est juste la création. Mais ce n’est pas possible financièrement, alors j’ai créé ma maison d’édition, Escápula Comics, à Majorque. Je dessine moins, parce que ça prend du temps, mais ça me permet quand même de continuer à dessiner, sinon j’aurais quitté le métier. J’y ai publié les livres qui étaient déjà réalisés : « La Saga d’Atlas et Axis », « Baboon ! », puis « Curtiss Hill ». J’essaie de sortir un livre tous les ans.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/curtiss/" rel="attachment wp-att-205381"><img class="aligncenter size-large wp-image-205381" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Curtiss-555x778.jpg" alt="" width="555" height="778" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Les voitures, c’est aussi une passion ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, c’est grâce à André Franquin que j’adore le dessin des voitures. J’ai essayé d’en dessiner, ça ne sortait pas, alors j’ai commencé à étudier les voitures, à lire des journaux de voitures, et, finalement, j’ai eu le plaisir d’en dessiner ! Et puis, des auteurs de bande dessinée m’ont demandé des conseils : j’ai créé un livre pour dessiner les voitures en bande dessinée, puis un deuxième pour les voitures de course.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/91gabxfhmul/" rel="attachment wp-att-205358"><img class="alignright size-large wp-image-205358" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/91GabXFHmUL-555x796.jpg" alt="" width="555" height="796" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>C’est comment de dessiner « Spirou » ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> C’est un rêve que j’ai accompli ! Dans la BD espagnole, il y avait des personnages récurrents comme dans la série « Mortadelo y Filemón ». Mais, quand on trouvait des publications avec des BD franco-belges… il y avait un saut de qualité. J’ai découvert que mes personnages préférés espagnols étaient copiés : des copies de Franquin (pour moi, c’était le meilleur). Lorsque j’ai découvert « Astérix », cela a été un choc. Et j’ai décidé de publier chez <em>Spirou</em>. Pour un numéro spécial auto, la rédaction m’a commandé une couverture et une histoire. Finalement, j’ai pu dessiner une histoire de « Spirou », avec Sti [Ronan Lefebvre], mon scénariste de « Jacky Touch » : juste un récit de quatre pages, mais pour moi, c’est un rêve ! On m’a demandé de faire une histoire courte des « Tuniques bleues » et une du « Marsupilami », un bonheur complet.</p>
<div id="attachment_205411" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/spirou3781-auto/" rel="attachment wp-att-205411"><img class="size-large wp-image-205411" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/spirou3781-auto-555x771.jpg" alt="" width="555" height="771" /></a><p class="wp-caption-text">Spirou n° 3781 spécial auto.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Mais « Mortadelo y Filemón », c’est très bien aussi…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, mais il y a des gags complets qui sont copiés de Gaston Lagaffe. L’original, c’est beaucoup mieux…</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>De grands dessinateurs espagnols ont fait carrière en France : Antonio Parras, Carlos Giménez, Jesús Blasco, Victor de la Fuente…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, en fait, c’était les dessinateurs de Selecciones Ilustradas : l’agence artistique fondée de Josep Toutain…</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Qui alimentait les revues comme <em>Creepy</em>, <em>Eerie</em>… Carlos Giménez a dessiné (en trois tomes, aux Échappés) la vie de José González, dit Pepe, celui d’entre eux, au sein de Selecciones Ilustradas, qui a créé le design de Vampirella !<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, Carlos Giménez a aussi dessiné « Les Professionnels », un récit qui parlait de tous ces dessinateurs.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/professionnels/" rel="attachment wp-att-205376"><img class="alignright size-large wp-image-205376" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/Professionnels-555x750.jpg" alt="" width="555" height="750" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Savez-vous s’il a lu « Les 5 Drapeaux » ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Je ne suis pas en contact avec lui. Je l’ai rencontré dans des festivals, mais c’était avant « Les 5 Drapeaux ».</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Ces filières d’infusion de la bande dessinée espagnole, elles ont finalement disparu ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> En partie, oui, mais il y a des auteurs espagnols qui produisent en France et qui sont des stars ! Prenez José Luis Munuera, qui a réalisé des « Spirou », Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, avec « Blacksad ». Et Ana Miralles, Rubén Pellejero, Paco Roca… Il y a plein d’Espagnols qui sont au top !</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Il y a également des auteurs espagnols qui travaillent pour Marvel ou D.C.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, parce que, en Espagne, les auteurs de bandes dessinées ne pouvaient pas gagner leur vie. On a émigré… et on a réussi !</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Il y a Émile Bravo, qui lui aussi a pu faire « <em>son »</em> Spirou.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Émile Bravo : ses parents sont des exilés espagnols. Il parle espagnol couramment. On s’est rencontrés et il m’a dit que je ressemblais tellement à son père qu’il en était choqué : <em>« C’est comme si je voyais mon père »</em> (son père aussi a été interné dans des camps). C’est un grand ! Et c’est l’un de mes auteurs préférés.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>C’est donc une histoire commune entre l’Espagne et la France.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, mais elle est plus connue en France qu’en Espagne ! En Espagne, on ne parle pas de ça. Tandis qu’en France, on en parle. Il y a des plaques, des hommages, tout ça. Mais c’est justement parce que, en France, ceux qui l’ont vécue sont restés ici, tandis que, en Espagne, ceux qui sont restés sont soit morts, soit muets.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/escapula/" rel="attachment wp-att-205405"><img class="aligncenter size-full wp-image-205405" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/escapula.jpg" alt="" width="389" height="130" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Dites-nous, « Les 5 Drapeaux », vous l’avez tiré à combien ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> J’ai lancé une campagne de <em>crowfunding</em>. En Espagne, une vente moyenne c’est entre 1 000 et 1 500 exemplaires, normalement. Pour mes premiers albums, avec également une campagne de <em>crowfunding</em>, j’avais prévendu entre 300 et 400 exemplaires avant impression. Tandis que, pour « Les 5 Drapeaux », j’en avais prévendu 1 700 ! Alors, j’ai tiré à 4 000 — ce qui est énorme — et j’en ai vendu déjà plus de 3 000.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>En début d&#8217;année 2025, Paco Roca a publé (chez Delcourt) « L&#8217;Abîme de l&#8217;oubli » (<a href="https://www.bdzoom.com/201549/actualites/avec-%c2%ab%e2%80%89l%e2%80%99abime-de-l%e2%80%99oubli%e2%80%89%c2%bb-paco-roca-retrouve-la-memoire-du-passe/">voir Avec « L&#8217;Abîme de l&#8217;oubli », Paco Roca retrouve la mémoire du passé&#8230;</a>), avec l&#8217;aide scénaristique de Rodrigo Terrasa&#8230;</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau —</strong> Oui, ça a connu un beau succès en Espagne.</p>
<p style="text-align: justify">Cette histoire a été dramatique pour tout le monde. Dans ma famille, il y a eu un disparu, le frère de mon grand-père, et toute ma vie j’ai entendu parler de lui. C’est pire, parce qu’un mort on sait qu’il est mort. On peut faire le deuil. Mais, là, on ne parle pas de deuil, parce qu’il n’est pas mort, et ça dure toute la vie. Quand j’ai commencé mon enquête, j’ai trouvé une photo du frère disparu. Derrière, mon grand-père avait écrit : <em>« C’est mon frère mort, 10 décembre 1936. »</em> Alors oui, il était mort.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><strong><em>Question du public</em></strong></em></strong><strong> — </strong>Vous le racontez dans le premier tome. L’hôpital où était le frère de votre grand-père a été bombardé. Ils ont tué les gens à l’intérieur…</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pau — </strong>Oui, on savait qu’il était mort, mais on n’a pas vu le cadavre. Pour la famille, il était disparu, mais pour mon grand-père : son frère était mort, il en connaissait la date exacte.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> — </strong>Pau, merci beaucoup.</p>
<div id="attachment_205410" class="wp-caption aligncenter" style="width: 565px"><a href="https://www.bdzoom.com/205284/interviews/%c2%ab%e2%80%89la-fureur-de-vivre%c2%bb%e2%80%89de-vicente-jimenez-bravo-racontee-par-son-petit-fils-le-dessinateur-espagnol-pau/attachment/echange-public/" rel="attachment wp-att-205410"><img class="size-large wp-image-205410" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/08/echange-public-555x416.jpg" alt="" width="555" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">Pau échangeant avec un admirateur.</p></div>
<p style="text-align: justify">Mille mercis républicains à Pau pour sa disponibilité, et tout autant aux bénévoles du festival de Ligugé.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Propos recueillis par Brigh BARBER (et retranscrits avec l’aide de Fred Fabre et Gilles Ratier)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Les 5 Drapeaux T2 : La Fureur de vivre » par Pau</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify">Éditions Paquet (18 €) – EAN :  9782889325962</p>
<p style="text-align: justify">Parution 6 août 2025</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rencontre avec Luki Bancher, scénariste d’« Aliénor et les aliens » : la nouvelle série jeunesse des éditions Jungle !</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jun 2025 22:49:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouet</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.bdzoom.com/?p=204423</guid>
		<description><![CDATA[Quand un scénariste français s’associe au dessinateur belge, Gyom, cela donne une BD humoristico-historico-fantastique au ton parfaitement décalé, où une jeune Terrienne doit partager son quotidien avec un pigeon obèse et un radiocassette doué de parole… Rien que ça ! ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL3.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204491" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL3" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL3-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></em></strong></p>
<div id="attachment_204492" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/A-photo-LB.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204492" title="A photo LB" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/A-photo-LB-205x273.jpg" alt="" width="205" height="273" /></a><p class="wp-caption-text">Luki Bancher.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Tout vient à point à qui sait attendre. Cette expression te va comme un gant. Il t’aura fallu 12 ans pour sortir une seconde BD… Qu’as-tu fait pendant tout ce temps ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Tout d’abord, il faut savoir que, comme de nombreux scénaristes de BD, je cumule cette activité professionnelle avec une autre : celle de professeur d’anglais dans le secondaire. Ainsi, j’ai dû mettre temporairement la BD de côté, à la suite de la sortie de mon premier album « En classe with me » <strong>(1)</strong>, dans l’optique de passer le concours de l’agrégation en 2015. Une fois ce concours en poche, ma femme est tombée enceinte de jumelles dans la foulée, pour doubler notre nombre de merveilleux bambins. Bref, la période fut riche en événements pros et persos. Dans la vie, il y a un temps pour tout et me voilà de retour.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Pour l’album « En classe with me », tu étais auteur complet. Sur « Aliénor et les aliens », tu ne t’occupes plus que du scénario, pourquoi ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Même si j’adore dessiner, ce qui me plaît le plus dans la BD, c’est de raconter des histoires. Or, aujourd’hui, j’ai la chance de travailler avec Gyom : un dessinateur au talent incroyable, qui sert notre propos de la plus belle des manières, chez un chouette éditeur… Ça ne se refuse pas ! Cela dit, il m’arrive encore d’être sollicité en tant qu’illustrateur, mais sur des formats plus courts ou pour du dessin de presse, ce qui me va très bien pour le moment.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL4.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204493" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL4" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL4-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Peux-tu nous <em>pitcher</em> un peu cet album ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Xitol et Stéréo, deux agents spatiotemporels extraterrestres complètement nazes, confondent les XII<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles et débarquent par erreur chez une jeune Terrienne : Aliénor Leroy… qu’ils prennent pour la reine Aliénor d’Aquitaine. Incapables de rentrer chez eux, ils décident alors de s’installer clandestinement chez leur nouvelle amie. Au fil des pages, celle-ci s’accommode tant bien que mal de la situation, notamment grâce à leur camouflage : Xitol et Stéréo bénéficient en effet d’une technologie avancée, qui leur permet de prendre l’apparence d’un pigeon en surpoids et d’un vieux radiocassette. J’ajoute que c’est un album de gags à lire individuellement ou à la suite, dans le cadre d’une histoire complète.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204494" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
<div id="attachment_204495" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/5-sans-famille.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204495" title="5 sans famille" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/5-sans-famille-205x289.jpg" alt="" width="205" height="289" /></a><p class="wp-caption-text">Storyboard de la planche 7 par Luki Blancher.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Comment travailles-tu avec ton dessinateur, puisque tu dessines toi-même ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — C’est une situation loin d’être inédite dans le 9<sup>e</sup> art et, même si le lecteur ne voit pas cette phase de mon travail, je prends beaucoup de plaisir à dessiner le scénarimage (<em>storyboard</em>) des planches avant de les envoyer à Gyom. Je fonctionne à l’ancienne, à la manière de Raoul Cauvin, Bob De Groot ou Christophe Cazenove. Les deux dernières pages de l’album donnent d’ailleurs des explications complémentaires sur ce travail à quatre mains.</p>
<div id="attachment_204496" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5-scaled.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204496" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5-scaled" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL5-scaled-205x270.jpg" alt="" width="205" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 7 finalisée par Gyom.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Peux-tu nous parler de cette demoiselle ? Son prénom est une référence à une reine de France dont le gisant se trouve à quelques kilomètres de ton domicile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — À partir du quiproquo mentionné plus haut, j’ai trouvé amusant de placer quelques références historiques dans un album humour-jeunesse aux tonalités SF. Cela m’a permis d’allier blagues et pédagogie sans prise de tête. C’est un point commun que notre Aliénor partage d’ailleurs avec Astérix, en plus de la première lettre de son prénom… L’influence de l’immense René Goscinny se fait sentir ici sur mon écriture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Aliénor est accompagnée de deux acolytes, dont un radiocassette… où es-tu allé chercher tout cela ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Stéréo est l’alien qui s’est imposé à moi en premier… Je trouvais intéressant de renforcer son côté décalé par le biais d’un objet aussi anachronique qu’un radiocassette en guise de camouflage. Xitol m’a demandé plus de réflexion, puisque je l’ai d’abord imaginé comme une espèce de pieuvre volante, avant de penser à une petite créature dans un engin bipède multifonction, le <em>« biposcaphe »</em>.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL6.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204497" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL6" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL6-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— D’ailleurs, crois-tu que les aliens existent vraiment ? Tu en as déjà rencontré ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — J’ai essayé de me renseigner sur ce point, mais j’avoue que la documentation historique sur Aliénor d’Aquitaine m’a paru plus convaincante. Désolé d’être aussi terriblement conventionnel : j’ai bien peur de ne pas avoir de révélations à faire sur le sujet pour le moment.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL8.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204498" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL8" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL8-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
<div id="attachment_204500" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1-Creation-dune-planche.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204500" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1 - Creation d'une planche" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1-Creation-dune-planche-205x269.jpg" alt="" width="205" height="269" /></a><p class="wp-caption-text">Creation d&#39;une planche.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— As-tu mis une part de caractère de chacun de tes enfants dans tes différents personnages ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Haha, non, pas vraiment, même si je m’inspire parfois d’anecdotes familiales et que j’aime avoir leur avis de jeunes lecteurs. J’ai déjà mentionné René Goscinny plus haut, mais mes autres influences sont également à chercher du côté de Matt Groening (« Les Simpson ») ou Bill Watterson (« Calvin et Hobbes »), par exemple. Guillaume [Guillaume Seijnhaeve, dit Gyom] étant belge et moi français, je crois que nos héros s’inscrivent ainsi dans une certaine tradition franco-belge, tout en reprenant les codes d’un humour décalé, allié à un graphisme résolument moderne.</p>
<div id="attachment_204499" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1-Creation-dune-planche-2.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204499" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1 - Creation d'une planche 2" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-T1-Creation-dune-planche-2-205x269.jpg" alt="" width="205" height="269" /></a><p class="wp-caption-text">Creation d&#39;une planche, suite.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Devra-t-on attendre 12 ans pour voir un troisième album ? Un tome 2 d’Aliénor est-il déjà en préparation ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luki Bancher</strong> — Comme souvent, cela dépendra bien sûr du succès du premier tome. En tout cas, nous sommes d’ores et déjà prêts pour la suite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Merci, Luki Bancher !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Julien DEROUET</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1) </strong>Voir :<strong> </strong><a title="Lien permanent vers Luki Bancher : un prof d’anglais dessinateur de BD…" href="https://www.bdzoom.com/65777/interviews/luki-bancher-un-prof-danglais-dessinateur-de-bd/">Luki Bancher : un prof d’anglais dessinateur de BD…</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Aliénor et les aliens T1 : Reine des aliens » par Gyom et Luki Bancher</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Jungle (11,95 €) — EAN 9782822247276</p>
<p style="text-align: justify;">Parution 28 mai 2025<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL9.jpg" rel="lightbox[204423]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204501" title="ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL9" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/ALIENOR-ET-LES-ALIENS-PL9-555x730.jpg" alt="" width="555" height="730" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.bdzoom.com/204423/interviews/rencontre-avec-luki-bancher-scenariste-d%e2%80%99%c2%ab%e2%80%89alienor-et-les-aliens%e2%80%89%c2%bb-la-nouvelle-serie-jeunesse-des-editions-jungle%e2%80%89/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
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		<title>« Deuxième Bureau » : les jeux sont faits !</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/204345/interviews/%c2%ab%e2%80%89deuxieme-bureau%e2%80%89%c2%bb-les-jeux-sont-faits%e2%80%89/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 22:42:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Miniac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[« Faites vos jeux » : tel est le titre du deuxième album de la série d’espionnage « Deuxième bureau », concoctée par le tandem Chacma-Goepfert et colorisée par Fabien Blanchot. Deuxième et non second, car cette amorce de série parue chez Kennes n’est pas un quitte ou double, tant le récit fictionnel est addictif, porté par le souci de véracité des documentaristes et la qualité d’écriture. Les jeux sont faits, rien ne va plus !

Nous remercions sincèrement Chacma d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions à brûle-pourpoint.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed-2.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204349" title="unnamed-2" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed-2-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a>Entretien avec Chacma</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/Chacma.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-204347" title="Chacma" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/Chacma-205x280.jpg" alt="" width="205" height="280" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Bonjour Chacma. D’emblée, une question générique : pourquoi ce pseudonyme ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>J’avais à cœur de distinguer mon implication en tant que scénariste des autres projets que je peux mener en bande dessinée. Puis, je ne voulais pas induire le lecteur en erreur sur la base de mon nom, afin d’éviter qu’il ne puisse se dire : <em>« Tiens, mais pourquoi ce gars se prend-il aussi pour un scénariste ?! » </em>Il m’a dès lors semblé logique de reprendre mon totem scout, avec lequel j’ai organisé pas mal d’événements par le passé. Mon épouse, mes enfants et pas mal de mes amis m’appellent d’ailleurs Chacma. J’y réponds presque mieux qu’à mon prénom.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Un album reste un travail d’équipe. Pour porter ce projet, pourquoi avoir choisi Kennes, éditeur ressuscité grâce au remarquable succès en librairie du légiste Philippe Boxho ? Vous aimez jouer à la roulette russe ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Kennes était le premier éditeur à qui nous avions présenté le projet, lorsque nous l’avons lancé en 2021. Son approche et son enthousiasme nous ont convaincus d’avoir fait le bon choix. En quatre ans, pas mal de choses se sont passées, mais l’éditeur a finalement tenu ses engagements et nous aussi. Un bilan plutôt positif dans le climat actuel.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204348" title="unnamed" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Comment s’est effectuée la rencontre de votre partenaire au dessin, le vieux briscard Brice Goepfert ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Oulà, il ne faut pas qualifier mon ami Brice de vieux briscard !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— C’est un compliment.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Sa dextérité et sa rapidité rabattraient le caquet à pas mal de blancs-becs. L’opportunité de notre rencontre va au crédit de Maryse et Jean-François Charles. Brice est un de leurs amis de longue date, et lorsque j’ai évoqué aux Charles mon désir de trouver un dessinateur réaliste pour porter ce projet, ils m’ont soumis le nom de Brice. Nous nous sommes très rapidement appréciés et l’alchimie de nos héroïnes en a découlé.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed-3.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204350" title="unnamed-3" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/unnamed-3-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— « Deuxième bureau » conte des fictions inscrites dans un réel historique…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Je souhaitais explorer les ferments de la Seconde Guerre mondiale par l’enchaînement des événements qui a conduit au plus tragique des conflits, des faits souvent mal connus. J’ai donc voulu approfondir l’année 1936, avec un semestre pour chaque tome. Pour des raisons scénaristiques, le premier volume débute le 7 mars 1936, avec le premier coup militaire d’Hitler qui aurait dû lui valoir les foudres internationales : et, j’explique pourquoi il n’en fut rien. Et le second tome débute le 1<sup>er</sup> août à l’ouverture des J.O. de Berlin : la plus grande mystification mondiale jamais organisée auparavant. J’ai choisi deux espionnes, afin qu’on puisse se glisser entre les diverses machinations et opérations de désinformation, et obtenir une vision la plus historique possible de la réalité des faits.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-8.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204351" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 8" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-8-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— La Britannique Abby et la pilote française Maryse. Ce duo féminin anime cet album (suite du premier tome intitulé « Le Magnétron »). Quelle est la part du réel et de la fiction ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Même si toutes deux empruntent à d’authentiques aviatrices et/ou espionnes, nos héroïnes sont fictionnelles. Toutefois, les événements historiques rapportés, les revers géopolitiques, les gadgets des espions, les technologies liées à l’aspect militaire comme le radar, ainsi que les avions présentés de manière détaillée, tout cela est réel. Comme expliqué dans les denses dossiers qui clôturent chaque récit.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-9.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204352" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 9" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-9-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<div id="attachment_204353" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/Deuxième-bureau-tome-1.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-204353" title="Deuxième bureau tome 1" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/Deuxième-bureau-tome-1-205x274.jpg" alt="" width="205" height="274" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture du tome 1 de «Deuxième Bureau ».</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Ces deux amies ont donc une activité de renseignement…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Comme l’explique si justement Henri Filippini sur <em>BDzoom.com </em><strong>(1)</strong>, nos deux héroïnes sont des espionnes qui se retrouvent progressivement à jouer double-jeu avec leurs commanditaires. Une manière d’expliquer le flou qui régnait à l’époque dans le monde du renseignement, alors que les tensions entre les grandes nations ne cessaient de monter, au même rythme que les budgets alloués aux services secrets. C’est d’ailleurs à cette époque que de nouveaux services secrets prennent véritablement leur essor, comme en Allemagne où les trois branches pouvaient entrer en concurrence entre elles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— C’est d’ailleurs par l’arrestation d’un agent français du Deuxième Bureau allemand, l’Abwehr, que débute ce second tome. Son sujet, les Jeux de Berlin, est-il un territoire vierge en BD ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Oui et non. Ces premiers J.O. à être si fort critiqués et boycottés ont déjà été le cadre de séquences au sein de plusieurs bandes dessinées : un tome de « Jan Karta », le début de « L’Histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka, « Johnny Goodbye aux Jeux olympiques » par Yves Duval et Dino Attanasio, ainsi que, plus récemment, « La Désobéissance d’Andréas Kuppler » par Corbeyran et Manuel Garcia ou encore « Jesse Owens » par Gradimir Smudja. C’est peu par rapport à l’ampleur de l’événement, mais c’est déjà bien. <a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-10.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204355" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 10" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-10-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Cette littérature vous a-t-elle inspiré ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Je dois pourtant avouer n’avoir pas vraiment lu ces histoires avant d’écrire ce second tome… et c’est sans doute mieux : j’ai donc pu disposer d’une vision assez vierge des événements et mettre en avant ce qui m’avait plus particulièrement touché.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-12.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204356" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 12" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-12-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— En quoi « Deuxième Bureau » diffère-t-elle des quelques autres séries d’espionnage abordant les prémices de ce conflit mondial ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-ill.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-204359" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 ill" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-ill-205x165.jpg" alt="" width="305" height="265" /></a>Chacma </strong>—<strong> </strong>Je pense que les séries d’espionnage qui traite de cette époque ne sont pas légion, sans doute à cause de la complexité des situations politiques et sociales de l’époque. Je pense au premier tome de « Sir Arthur Benton » ou aux « Aventures de Max Fridman ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Deux séries majeures.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>« Deuxième Bureau » s’en distingue, tout d’abord parce qu’elle met en scène deux femmes, ce qui change particulièrement l’ambiance générale, surtout dans l’intrigue sous-jacente et l’épaisseur psychologique des personnages. De plus, notre série met un <em>focus </em>particulier sur les avions de cette époque et l’évolution technologique du radar, montrant comment cette invention a réellement modelé le cours de la guerre. Enfin, nous avons voulu nous documenter au plus près des faits historiques, qu’il s’agisse d’espionnage ou des coulisses du pouvoir. <a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-12-13.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204360" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 12-13" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-12-13-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Un mot sur les dossiers historiques ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Chaque tome de la série brasse énormément de personnages et d’événements historiques, tout en les présentant parfois sous des aspects assez étonnants. Je désire qu’après avoir lu la dernière page de l’album, qui mêle donc fiction et réalité, les lectrices et les lecteurs puissent démêler l’un de l’autre via des explications aussi détaillées que documentées. L’éditeur m’a d’ailleurs accordé une page complémentaire dans ce tome 2, afin que je puisse développer tout ce qui était nécessaire. J’ai toujours le désir de fournir des albums assez complets sans que le lecteur se sente obligé de plonger dans la lecture des dossiers. C’est un complément accessoire, mais qui permet de réellement prolonger sa lecture pour ceux qui le désirent.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-dossier.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204358" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 dossier" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-dossier-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Pour terminer ce trop court entretien, quel devenir pour la présente série ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chacma </strong>—<strong> </strong>Ce second tome clôture le diptyque, répondant ainsi à toutes les questions des lecteurs. Si le succès est au rendez-vous, comme nous l’espérons à la suite des ventes du premier tome, nous serons tous heureux de continuer à raconter les aventures de nos espionnes en 1937 : une autre année riche en vérités historiques méconnues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-François MINIAC</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1)</strong> Voir : <a title="Lien permanent vers « Deuxième Bureau » : une femme de l’ombre…" href="https://www.bdzoom.com/196456/actualites/%c2%ab%e2%80%89deuxieme-bureau%e2%80%89%c2%bb-une-femme-de-l%e2%80%99ombre%e2%80%a6/">« Deuxième Bureau » : une femme de l’ombre…</a>.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-13.jpg" rel="lightbox[204345]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-204357" title="DEUXIEME_BUREAU_BD_T02 13" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/06/DEUXIEME_BUREAU_BD_T02-13-555x743.jpg" alt="" width="555" height="743" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«</strong><strong> </strong><strong>Deuxième Bureau</strong><strong> </strong><strong>T2</strong><strong> </strong><strong>: Faites vos jeux</strong><strong> </strong><strong>»</strong><strong> par Brice Goepfert </strong><strong>et Chacma</strong><em><strong></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Kennes (16,95 €) — EAN 9782931300046<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Parution 21 mai 2025</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Entre comédie d’aventure et polar onirique, vous apprendrez ce qu’il faut savoir sur « Camille Cobra » en lisant cet entretien avec son duo d’auteurs…</title>
		<link>https://www.bdzoom.com/203724/interviews/entre-comedie-d%e2%80%99aventure-et-polar-onirique-vous-apprendrez-ce-qu%e2%80%99il-faut-savoir-sur-%c2%ab-camille-cobra-%c2%bb-en-lisant-cet-entretien-avec-son-duo-d%e2%80%99auteurs%e2%80%a6/</link>
		<comments>https://www.bdzoom.com/203724/interviews/entre-comedie-d%e2%80%99aventure-et-polar-onirique-vous-apprendrez-ce-qu%e2%80%99il-faut-savoir-sur-%c2%ab-camille-cobra-%c2%bb-en-lisant-cet-entretien-avec-son-duo-d%e2%80%99auteurs%e2%80%a6/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 22:36:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Lessous</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.bdzoom.com/?p=203724</guid>
		<description><![CDATA[Cela fait presque 20 ans que Cléry Dubourg et Léo Louis-Honoré se connaissent depuis leur rencontre à Angoulême à l’école de l’image. Après un recueil de strips, leur deuxième travail à quatre mains est une bande dessinée jeunesse amusée et amusante. « Camille Cobra » s’adresse à un vaste lectorat dès 7 ans et jusqu’à un âge bien avancé... au moins 77 ans (sic). Il nous explique dans ce riche entretien les ressorts comiques d’une enquête loufoque dans laquelle le rêve joue un rôle important. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Nous remercions sincèrement <a href="https://www.instagram.com/clerydubourg/">Cléry Dubourg</a> et <a href="https://www.instagram.com/leolouishonore/">Léo Louis-Honoré</a> d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Ils nous dévoilent dans cet entretien leur méthode de travail et certains ressorts de l’enquête farfelue de Camille Cobra : un policier qui ne porte pas par hasard un prénom mixte. <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Cléry-Dubourg-Léo-Louis-Honoré-©Louise-Dubourg.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203759" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Cléry-Dubourg-Léo-Louis-Honoré-©Louise-Dubourg-205x205.jpg" alt="" width="205" height="205" /></a>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Bonjour messieurs, pouvez-vous vous présenter ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> Bonjour ! On est nés en 1988 à Paris et en 1990 à Montpellier. On fait de la bande dessinée chacun de notre côté depuis l&#8217;enfance et on aime tous les deux écrire et dessiner. Cléry a publié deux livres : « Clémence dans les cratères » en 2012 et « Des astres » en 2015, aux éditions Na. Pareil pour Léo : « <a href="https://www.flblb.com/catalogue/lisa-de-la-nasa/">Lisa de la Nasa</a> » en 2016 aux éditions FLBLB et « <a href="https://www.bdzoom.com/187528/interviews/entretien-avec-leo-louis-honore-autour-de-sa-derniere-bande-dessinee-jeunesse-qui-revisite-avec-humour-des-legendes-du-monde-entier-%c2%ab-les-vieux-skis-de-mamie-%c2%bb/">Les Vieux skis de mamie</a> » en 2023 aux éditions Biscoto.</p>
<p style="text-align: justify">Ensemble, on a aussi co-signé «<em> <a href="https://biscotojournal.com/article/strip-ou-double/">Strip </a></em><a href="https://biscotojournal.com/article/strip-ou-double/">ou double</a> », un recueil de<em> strips</em> croisés prépubliés dans le journal <em><a href="https://biscotojournal.com/catalogue/livres/">Biscoto</a></em>. On écrit et dessine régulièrement pour la presse jeunesse et on fait tous les deux de la musique.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong> Comment vous êtes-vous rencontrés et comment avez-vous travaillé ensemble sur « Camille Cobra » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> On s&#8217;est rencontrés à l&#8217;<a href="https://www.eesi.eu/">École de l&#8217;Image d&#8217;Angoulême</a> en 2006, on a très vite sympathisé et on a rapidement commencé à faire des fanzines ensemble. On a notamment cofondé les éditions Les Machines, où on a publié plusieurs collectifs et petits livres.</p>
<p style="text-align: justify">Après « Strip ou double », on a commencé à réfléchir à un projet d&#8217;histoire longue dans laquelle on scénariserait et<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-titre.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203726" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-titre-205x97.jpg" alt="" width="205" height="97" /></a> dessinerait tous les deux. On a imaginé ce système de rêve et réalité qui permettait ces variations de styles et collait bien à nos univers respectifs.</p>
<p style="text-align: justify">Au fil des années et à chacune de nos retrouvailles (n&#8217;étant pas dans la même ville à l&#8217;époque), nous avons trouvé de nouvelles idées et construit petit à petit l&#8217;histoire globale et les personnages principaux. L&#8217;an dernier, en 2024, on a été invités en résidence à <a href="https://www.moulinboissard.fr/">Moulin Boissard</a> (86) pour un mois. C&#8217;était l&#8217;occasion idéale de nous réunir pour réaliser nos planches ensemble, ce qui était nécessaire pour ce projet.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-9.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-203762" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-9.jpg" alt="" width="887" height="1209" /></a>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Pouvez-vous nous résumer l&#8217;intrigue de la bande dessinée ? À quel public s&#8217;adresse-t-elle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-1.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203770" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-1-205x207.jpg" alt="" width="205" height="207" /></a>Cléry et Léo :</strong> Camille Cobra est une aventurière intrépide et charismatique qui ne frémit jamais face à l&#8217;adversité&#8230; du moins dans ses rêves, car dans la réalité, Camille est un piètre enquêteur, paresseux, peu dégourdi, qui plus est avec une très mauvaise réputation. Sa cheffe est catégorique : sa prochaine mission sera sa dernière chance de prouver ses qualités de détective. Alors quand la réalisatrice de la saga à succès « Chatons et trahisons » disparaît mystérieusement, c&#8217;est à lui de jouer ! Mais il doit faire vite, car le dernier épisode de la série n&#8217;a pas encore été écrit et le suspense est insoutenable.</p>
<p style="text-align: justify">Freiné par le manque de pistes, Camille se rend compte d&#8217;une chose surprenante : les aventures farfelues qu&#8217;il vit en rêves font étrangement écho à des événements réels. Et si ces visions nocturnes étaient des indices pouvant l’aider à résoudre son enquête ? C&#8217;est vraiment une bande dessinée tout public, qu&#8217;on n&#8217;a pas spécialement pensé pour la jeunesse à l&#8217;origine, mais elle est clairement accessible à partir de huit ans (voire sept ans et demi).</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-10.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-203763" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-10.jpg" alt="" width="879" height="1191" /></a></em></strong></p>
<div id="attachment_203760" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Cléry-Dubourg-©Louise-Dubourg.png" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-203760" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Cléry-Dubourg-©Louise-Dubourg-205x269.png" alt="" width="205" height="269" /></a><p class="wp-caption-text">Cléry Dubourg ©Louise Dubourg</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Qui est Camille Cobra ? Quel est son caractère et pourquoi dort-il autant ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> Camille Cobra est un enquêteur rêveur, tête en l&#8217;air, plein de bonne volonté mais au caractère enfantin et peu adapté au monde qui l&#8217;entoure.</p>
<p style="text-align: justify">Ce n&#8217;est clairement pas un lève-tôt et il n&#8217;est pas du genre à se surmener, donc l&#8217;occasion de dormir davantage pour trouver des indices dans ses rêves ne lui apparaît pas comme une solution trop désagréable.</p>
<p style="text-align: justify">Évidemment, ça n&#8217;améliore pas sa réputation auprès de ses collègues.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Pourquoi le personnage est-il glabre quand il rêve et mal rasé dans son quotidien ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> On a longtemps hésité entre un héros masculin et féminin, et il nous a semblé intéressant de choisir les deux, puisque l&#8217;idée était de le changer en un personnage très différent dans ses rêves. Aussi, pour des raisons graphiques, c&#8217;était une bonne manière pour nous de s&#8217;approprier les deux versions du personnage. C&#8217;est pourquoi on a choisi le prénom mixte Camille. La barbe était un moyen simple de différencier les deux sans trop changer son apparence.</p>
<div id="attachment_203765" class="wp-caption aligncenter" style="width: 923px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-17.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-203765" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-17.jpg" alt="" width="913" height="1221" /></a><p class="wp-caption-text">« Camille Cobra » page 17.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-2.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203771" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-2-205x202.jpg" alt="" width="205" height="202" /></a>BDzoom.com :</em></strong><strong>  On vous sent particulièrement au point sur le bigaradier, est-ce une passion ancienne ou vous êtes-vous documentés sur cette espèce d&#8217;arbres ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> Parmi les idées qu&#8217;on notait au fur et à mesure de nos retrouvailles, on avait ce personnage de médecin qui ne jurait que par la fleur d&#8217;oranger.</p>
<p style="text-align: justify">On a commencé à se renseigner sur cette fleur et on a découvert l&#8217;existence du bigaradier, qui nous a inspiré de nouvelles idées pour le scénario et l&#8217;intrigue. Ça nous amusait de partager cette découverte, et puis le nom nous faisait rire.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Utilisez-vous habituellement vos rêves dans votre travail d&#8217;auteur ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Léo</strong> : Pas du tout.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry </strong>: Pas de manière si frontale mais mes histoires se déroulent souvent dans des mondes oniriques, même si elles ne sont pas nécessairement issues de ses rêves. C&#8217;est aussi pour cela qu&#8217;il a été assez évident que je me charge des séquences de rêves.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-18.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-203766" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-18.jpg" alt="" width="915" height="1215" /></a></em></strong></p>
<div id="attachment_203761" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Léo-Louis-Honoré-©Khassatu-Ba.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-203761" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Photo-Léo-Louis-Honoré-©Khassatu-Ba-205x180.jpg" alt="" width="205" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Léo Louis-Honoré ©Khassatu Ba</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong> Dans quel genre classez-vous cette œuvre singulière : polar onirique, enquête loufoque, cadavre exquis surréaliste ou autre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> Polar onirique et enquête loufoque, c&#8217;est très bien dit. Il y a aussi, comme dans notre travail en général, un côté comédie d&#8217;aventure. On pourrait dire que le point de départ de la création pouvait se rapprocher du cadavre exquis, qui est un système qu&#8217;on utilise souvent sur des formats plus courts (fanzines ou <em>strips</em>), mais on a très vite structuré nos deux récits ensemble pour qu&#8217;ils s&#8217;imbriquent bien, que les indices soient bien répartis et que l&#8217;histoire retombe sur ses pattes.</p>
<div id="attachment_203767" class="wp-caption aligncenter" style="width: 909px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-26.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-203767" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-26.jpg" alt="" width="899" height="1205" /></a><p class="wp-caption-text">« Camille Cobra » page 26.</p></div>
<p style="text-align: justify"><strong><em>BDzoom.com :</em></strong><strong>  Parlez-nous un peu de « Bobby Boa » le récit en 3 planches qui clôt l&#8217;album ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> On avait évoqué à un moment l&#8217;existence d&#8217;un rival de Camille Cobra, et le nom de Bobby Boa nous est venu. Finalement, on a imaginé cette idée de livres d&#8217;enquêtes pour enfants, qui auraient marqué la jeunesse de Camille Cobra et auraient suscité sa vocation, allant même jusqu&#8217;à lui faire choisir ce patronyme. Ça nous amusait d&#8217;autant plus que nous avions nous-mêmes choisi le nom Cobra en référence à un <a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2221.html">film d&#8217;action</a> qu&#8217;on a beaucoup regardé ensemble, plus jeunes, durant nos études.</p>
<p style="text-align: justify">On a commencé à imaginer des histoires de Bobby Boa pour s&#8217;amuser, et il nous a semblé évident d&#8217;en inclure une en bonus de l&#8217;album. On est aussi allés plus loin en imaginant carrément un générique animé, que vous pouvez retrouver dans la <a href="https://youtu.be/MTPwCoYYZt4">bande-annonce du livre</a> .</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-32.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-203768" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-32.jpg" alt="" width="895" height="1203" /></a>BDzoom.com :</em></strong><strong> Pour terminer cet entretien, pouvez-vous nous révéler vos prochaines publications en duo et en solo ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Cléry et Léo :</strong> Léo travaille sur un recueil d&#8217;histoires courtes d&#8217;aventure en Afrique, qui devrait sortir en 2027.</p>
<p style="text-align: justify">Cléry travaille sur un western décalé d&#8217;environ 200 pages, qui devrait sortir en fin d&#8217;année.</p>
<p style="text-align: justify">Rien n&#8217;est encore calé en duo, mais il ne devrait pas se passer trop de temps avant que l&#8217;envie de travailler ensemble nous reprenne ! <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-33-.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-203769" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-33-.jpg" alt="" width="1004" height="1358" /></a><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-3.jpg" rel="lightbox[203724]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203772" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/05/Camille-Cobra-34-case-3-205x198.jpg" alt="" width="205" height="198" /></a>Laurent LESSOUS</strong> (<a href="https://9990045v.esidoc.fr/">L@bd</a>)</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Camille Cobra » par Cléry Dubourg et Léo Louis-Honoré</strong></p>
<p style="text-align: justify">Éditions Biscoto (15,00 €) — EAN : 9782379623387</p>
<p style="text-align: justify">Parution 7 mai 2025</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ce qu’il va rester de Terpant…</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 22:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Bouster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.bdzoom.com/?p=203001</guid>
		<description><![CDATA[Après de grandes séries impressionnantes (« Sept Cavaliers », « Le Royaume de Borée »…), et les albums récents (1), singuliers et forts, Jacques Terpant nous offre un nouvel et bel objet non identifié, hors des comparaisons et des codes. Il s’agit simplement de plusieurs chroniques du monde rural, dans sa province du Dauphiné et aux alentours de son village familial. L’angle qu’il a choisi est de raconter cette terre et ce peuple par épisodes, sur une période couvrant 1 000 ans, puisqu’il fait commencer le récit en 1025 ! Mais l’originalité réside dans l’absence d’intrigue et presque d’histoire : plutôt les habitudes, la manière de vivre et de travailler —avec le temps qui passe — de cette population qui nous a précédés. De petits événements, et non des grands, sont donc contés, tranquillement, avec cœur, via le graphisme qu’on lui connaît depuis longtemps : solide, mais sensible, discret, mais éclatant, avec des couleurs soigneusement choisies, un charme mystérieux. Pour ce nouvel album, l’auteur a accepté l’interview qui suit cette chronique, grand merci à lui.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_3_TEL-Copier2.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203016" title="MEP_CE_QU'IL_RESTE_DE_NOUS_3_TEL (Copier2)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_3_TEL-Copier2-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a>D’emblée, le récit est à la première personne, s’ouvrant sur un prologue : les souvenirs de l’auteur, garçonnet, avec son père près de la maison familiale, à la campagne dauphinoise. Sans raconter l’album — long de plus de 110 pages —, disons que les chapitres, peu nombreux, confortables en longueur, prennent le temps de découvrir ou d’imaginer des épisodes vécus ou vraisemblables.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_4_TEL-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203020" title="MEP_CE_QU'IL_RESTE_DE_NOUS_4_TEL (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_4_TEL-Copier-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">À commencer par « Ragner », le seigneur d’Hostun (le fief local), qui, au XI<sup>e</sup> siècle, nous installe pour longtemps dans ce paysage dauphinois. Le sanglier, aperçu çà et là au fil des planches, s’avérera un mystérieux fil conducteur, symbolisant peut-être la partie naturelle, sauvage, de ces campagnes montagnardes.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_6_TEL-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203022" title="MEP_CE_QU'IL_RESTE_DE_NOUS_6_TEL (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_6_TEL-Copier-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, c’est « La Guerre de Jean » (Jean Terpant, déjà…), en 1676, qui illustre authentiquement la vie rurale, sans fioriture. Avec « Ce qu’il reste de nous », le récit prend une tournure plus épicée : une histoire de remords qui répare une injustice immobilière de famille. Le chapitre du milieu du XIX<sup>e</sup> siècle voit un jeune prêtre arriver à Hostun et lutter pour la réparation de l’église ou son remplacement par un nouvel édifice. « Les Fleurs de partance », presque sans histoire, juste l’évocation de la fragilité d’un jeune homme, témoigne du temps qui passe, tout en représentant les animaux, impassibles et bienveillants. Ouverture naturelle sur l’ultime chapitre (« Là où je vais la nuit ») : un rêve dans lequel l’auteur se décrit dans ses lieux, y compris avec sa famille, et qu’il évoque dans son entretien. <a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_7_TEL-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203023" title="MEP_CE_QU'IL_RESTE_DE_NOUS_7_TEL (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QUIL_RESTE_DE_NOUS_7_TEL-Copier-555x784.jpg" alt="" width="555" height="784" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Après tant d’albums singuliers, au charme indéfinissable, le dessinateur-scénariste nous surprend une fois encore. Sa façon unique de représenter les corps, les animaux et les pierres fait merveille dans ce récit minimaliste, mais au long cours. Contrairement à ses grandes fresques passées, on n’y trouve pas la grandiloquence — qui se justifiait par l’histoire —, mais une simple description qu’il a voulue authentique, modeste, évocatrice des temps anciens.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-30-Copier2.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203003" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-30 (Copier2)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-30-Copier2-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Jacques Terpant a déjà créé des multitudes de personnages et, pourtant, c’est probablement dans cet album que la variété est la plus grande. Le charme mystérieux de l’auteur fait que l’on peut s’attarder amplement, tranquillement, sur une case, une planche, une scène. Le rythme doux, bienveillant, qui raconte — au fil des pages — sans avoir l’air d’y toucher, est envoûtant. La technique, outre l’encre noire, recourt aux encres de couleurs, pour un rendu plus intense. C’est beau, c’est vrai, c’est totalement sincère. Un album de haut niveau.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-42-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203004" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-42 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-42-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Entretien avec Jacques Terpant</strong></p>
<div id="attachment_203028" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Terpant.jpeg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="size-medium wp-image-203028" title="Terpant" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Terpant-205x205.jpg" alt="" width="205" height="205" /></a><p class="wp-caption-text">Jacques Terpant.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Racontez-nous un peu la genèse de cet album, votre but, votre motivation, j’allais dire votre besoin…<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — En fait, c’est parti d’une réflexion sur mon travail. Je me suis rendu compte que, dans les histoires que je faisais seul, il y avait un point commun. Que ce soit « Le Royaume de Borée » (le dernier petit homme de la forêt), « Capitaine perdu » (le dernier capitaine français dans le dernier fort de l’Amérique française sur les bords du Mississippi), « Sept Cavaliers » (les sept derniers hommes du margrave qui partent au-dehors pour comprendre la fin de leur monde)…</p>
<p style="text-align: justify;">Je racontais toujours la même chose : ceux qui sont les derniers des derniers… J’ai compris pourquoi à ce moment-là, et pourquoi j’aimais lire les écrivains que je cite au deuxième plat de couverture, car je faisais, comme eux, partie de ces derniers, j’avais entrevu un monde aujourd’hui disparu et j’en venais. J’avais déjà fait des recherches historiques assez poussées sur l’histoire des lieux et de ma famille, j’ai attrapé tout cela et j’ai entrepris d’en faire des histoires.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-56-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203005" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-56 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-56-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_5fdc07_lamoureux001.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203011" title="ob_5fdc07_lamoureux001" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_5fdc07_lamoureux001-205x279.jpg" alt="" width="205" height="279" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>— Pour 1 000 ans d’histoire, même en 120 pages, on ne peut que faire des choix drastiques [rires]. Quels ont été vos critères de sélection des périodes, des chroniques, des personnages à dépeindre ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Il fallait faire des histoires qui donnent bien à voir ce qu’était le monde rural qui s’installe, vers l’an 1000. Je suis parti d’un texte (en bas latin) de 1025, je connaissais un peu les faits, j’en ai inventé les péripéties… Ensuite<strong>, </strong>j’ai délaissé ceux pour lesquels on a les informations : l’élite, la noblesse — qui est dans le premier récit —, pour m’intéresser au reste de la population. On n’a pas de texte pour les périodes anciennes sur les paysans, bien que j’aie trouvé des bouts de choses intéressantes, qui remettent les pendules à l’heure sur le rapport seigneurs<strong>-</strong>paysans. Par exemple<strong>,</strong> le bail que fait le seigneur à un paysan, pour louer une terre, est particulièrement social, à vie, avec une clause de non-paiement en cas de mauvaise récolte, ou encore la possibilité de bail à une femme en son nom propre… Les baux que feront les bourgeois après la Révolution seront, eux, impitoyables… Bref, c’est la richesse de la documentation qui déclenchait une possibilité d’histoire ou pas.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-67-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203006" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-67 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-67-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_002a4c_mussoune001.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203013" title="ob_002a4c_mussoune001" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_002a4c_mussoune001-205x164.jpg" alt="" width="235" height="194" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>L’accent est mis sur les gens simples, ensuite sur votre famille (dans une partie de l’album), votre province du Dauphiné, bien différente de nos régions actuelles, beaucoup plus technocratiques. La population modeste était plus intéressante, plus évocatrice que la « grande histoire » ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Attention, c’est une société en soi, avec ses gens simples, mais aussi ses bourgeois, ses élites, etc. Le greffier,fils de notaire de l’histoire, qui donne son titre au livre, en est un exemple. La société rurale d’autrefois est une société complète,avec ses intellectuels (Joseph Tortel dans le chapitre « La Discorde » en est un exemple, comme le greffier précité, deux siècles avant) ; il y a des pauvres, des riches, un prolétariat, des bourgeois, etc.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-72-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203007" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-72 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-72-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_59f236_magenti-blog.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203015" title="ob_59f236_magenti-blog" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_59f236_magenti-blog-205x148.jpg" alt="" width="295" height="238" /></a>Mais il y a un ciment commun à tous ces gens, qui est la mémoire collective, tous ont en tête, riches ou pauvres, la même culture, le même passé, lorsque quelqu’un s’avance, tout le monde sait qui il est, d’où il vient, son histoire, ses ancêtres, etc. C’est ce ciment, cette mémoire collective qui fait que l’on appartient à ce monde, c’est cela que les grands brassages de population vont faire disparaître au XX<sup>e</sup> siècle. Autrefois, le mot famille et le mot maison se confondent… La transmission du bas en haut de la pyramide sociale obéit aux mêmes principes : transmettre le fief, le nom, etc. C’est vrai pour le noble, dans le château, comme pour le paysan. Comme le seigneur, les familles de paysans ont leurs prénoms héréditaires, leurs branches familiales diverses auxquelles on ajoute un sobriquet qui les définit. Comme en haut de la pyramide, vous avez des Bourbon-Parme, des Bourbon-Siciles, des Bourbon-Orléans, etc., en bas au fond de la campagne, vous avez des Delaye-Sarron, des Delaye-Bourrie, des Delaye-Matras… Un banquier me faisait justement remarquer que l’achat d’une maison a rejoint aujourd’hui ce qui était il y a 30 ans l’achat d’une voiture : on achète aujourd’hui une maison en pensant qu’il faudrait pouvoir la revendre, si jamais… On ne peut pas être plus loin de la mentalité du milieu que j’évoque, c’est en cela que je parle d’un monde disparu, la coupure de mentalité est abyssale.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-88-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203008" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-88 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-88-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Int-Messara.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203019" title="Couv_Int Messara" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Int-Messara-205x280.jpg" alt="" width="205" height="280" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Après vos belles séries « Messara », « Sept Cavaliers » ou « Le Royaume de Borée », vos albums en un seul tome (« Le Chien de Dieu », « Nez-de-cuir », « Un roi sans divertissement ») traitent à chaque fois d’un univers très différent. Tout change : époque, point de vue, et même le style graphique d’une certaine façon. Comment voyez-vous votre parcours avec le recul, et votre position actuelle d’auteur ?<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/7-Cavaliers1-couv_74498.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203018" title="7 Cavaliers1-couv_74498" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/7-Cavaliers1-couv_74498-205x273.jpg" alt="" width="205" height="273" /></a><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Il me plaisait de faire un livre et d’installer à chaque fois un monde, c’est encore le cas avec ce dernier, où j’ai essayé de faire revivre la société rurale. Mais pour répondre à mon regard sur ce que j’ai fait, j’ai l’habitude de dire que, dans une carrière artistique, il y a un plaisir à faire, aucun à avoir fait. Je suis, de mon côté, un des plus intégristes dans ce domaine, je n’ouvre jamais un de mes livres, j’avoue avoir également à peine ouvert ce dernier qui vient d’arriver, c’est derrière moi, je ne m’y intéresserai plus. Et si je les regarde, c’est très en dessous de ce que j’aurais voulu, c’est donc toujours une déception. Je discutais de cela avec mon éditeur, qui me racontait une conversation entre Mœbius et Edmond Baudoin, dans une exposition<strong>, </strong>je crois. Devant un dessin de Mœbius, Baudoin demande : <em>« Tu as déjà été satisfait d’un dessin que tu venais de finir ? </em><em>»</em><em>,</em> et après réflexion Mœbius avait répondu : <em>« Non, jamais… </em><strong><em>»</em></strong> Voilà, ce n’est pas un métier ou l’on se complaît dans ce qui a été fait. Mais on a plaisir à le faire. Je retiens donc que, depuis ma sortie des études (je débute dans <em>Métal hurlant</em>, alors que je suis encore étudiant), j’ai fait ce que j’ai voulu, ce que je rêvais de faire à 12 ans déjà, de surcroît sans difficulté, c’est un privilège énorme dans une vie, j’en ai conscience.<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-97-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203010" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-97 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-97-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Le-royaume-de-Borée-T3.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-203021" title="Couv_Le royaume de Borée T3" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Le-royaume-de-Borée-T3-150x199.jpg" alt="" width="120" height="169" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Tout ce que nous venons de dire, cela fait de cet album le plus personnel, n’est-ce pas ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Oui, bien sûr, l’histoire commence avec ce qui est mon premier souvenir, et le livre se termine par un rêve à suite, qui s’étire sur plusieurs années (est-ce que cela existe, les rêves Netflix ?!), ma famille apparaît en plus dans certaines histoires, je descends d’ailleurs de beaucoup de personnages figurant dans le livre. Il fut assez compliqué de le faire pour cette raison d’ailleurs, j’ai fait revivre des gens, disparus depuis longtemps ou plus récemment comme mon père, je n’avais jamais été confronté à cela…<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-117-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203012" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-117 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-117-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Capitaine-perdu-T2.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203017" title="Couv_Capitaine perdu T2" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Capitaine-perdu-T2-205x273.jpg" alt="" width="185" height="253" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Que pouvez-vous dire sur vos précédents albums récents ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Glénat m’a commandé « Capitaine perdu ». Dans cette période, on m’a présenté au scénariste Jean Dufaux, on a discuté, notamment au cours d’un repas. J’avais son adresse email. Et j’ai voulu adresser un email à ma fille, Garance, et c’est Jean qui l’a reçu ! Il faut dire que sa société porte le nom Garance dans son titre… (En Belgique, les auteurs doivent avoir une société pour gérer leurs droits.) <a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv-Un-roi.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203024" title="Couv Un roi" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv-Un-roi-205x290.jpg" alt="" width="185" height="270" /></a>Donc, après cela, on discute ensemble. Parmi les dessins que je lui envoie, il y a, dans « L’Imagier », un petit portrait de Céline. Il me dit alors qu’il a un scénario prêt, sans dessinateur, et il me le fait lire. Je lui donne quelques conseils pour le faire aboutir graphiquement : lavis principalement, et dominantes de couleurs différentes selon les époques. Futuropolis trouve que je serai parfait pour le dessiner. Je me laisse faire en testant une planche. Puis, on tombe d’accord, voilà comment cela s’est fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour « Un roi sans divertissement », je voulais en faire l’adaptation, seul. Mais je n’y arrivais pas, c’était sans issue. Je décidais donc de laisser tomber. Toujours autour d’un repas avec Jean Dufaux, on discute ensemble de Jean Giono, qu’il adore également, et il me confie, sans que je cite ce livre, qu’il rêve de l’adapter ! C’était donc l’occasion idéale, concrétisée par l’album que vous connaissez, l’avant-dernier…<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-119-Copier.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203014" title="MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-119 (Copier)" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/MEP_CE_QU_IL_RESTE_DE_NOUS-119-Copier-555x767.jpg" alt="" width="555" height="767" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_b31672_la-cure001.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignright size-medium wp-image-203025" title="ob_b31672_la-cure001" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_b31672_la-cure001-205x148.jpg" alt="" width="255" height="198" /></a>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Avez-vous déjà une idée de votre prochain album (en-dehors de livres illustrés, recueils) ? Et il n’y aura plus de séries ?<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Terpant</strong> — Il n’y aura plus de livre de bande dessinée, celui-ci est mon dernier album.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_3fc9f3_gre-goire-blog.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203026" title="ob_3fc9f3_gre-goire-blog" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_3fc9f3_gre-goire-blog-205x148.jpg" alt="" width="255" height="198" /></a>Dans le dernier chapitre de cet album, je raconte un peu le résultat de rêves récurrents que je faisais. Le rêve commençait toujours de la même façon, je voyais une issue, une fin, et c’était une fin pour moi. En écrivant cette histoire, je trouvais que c’était une bonne fin pour ce livre, et puis d’un seul coup, il m’est apparu que c’était bien de finir mon parcours dans la BD là-dessus. Je veux choisir ma sortie. J’ai constaté chez bon nombre de dessinateurs âgés un déclin, un graphisme automatique, qui se raidit… Je ne souhaite pas connaître cela.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_a1e562_souvenir002.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="aligncenter size-large wp-image-203027" title="ob_a1e562_souvenir002" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/ob_a1e562_souvenir002-555x369.jpg" alt="" width="555" height="369" /></a></p>
<div id="attachment_203009" class="wp-caption alignright" style="width: 176px"><a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Terpant-2.jpeg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="size-full wp-image-203009" title="Terpant 2" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Terpant-2.jpeg" alt="" width="166" height="303" /></a><p class="wp-caption-text">Jacques Terpant.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Je continue de dessiner, j’ai des ouvrages en cours, mais ce seront des livres d’images ou de textes-images, je ferai des participations, des histoires courtes, de petites choses, mais je ne ferai plus les grands récits qui m’ont occupé jusqu’à ce jour. Éventuellement, si ce livre ne marche pas trop mal, dans quelque temps, une édition augmentée avec une ou deux histoires en plus… Mais je sors de la BD.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>BDzoom.com</em></strong><strong> </strong>—<strong> </strong>Jacques Terpant, merci !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Patrick BOUSTER<a href="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Nez-de-cuir.jpg" rel="lightbox[203001]" class="lightbox"><img class="alignleft size-medium wp-image-203029" title="Couv_Nez de cuir" src="https://www.bdzoom.com/wp-content/uploads/2025/03/Couv_Nez-de-cuir-205x287.jpg" alt="" width="205" height="287" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(1)</strong> Voir sur <em>BDzoom.com</em> les chroniques : <a title="Lien permanent vers Drolatique ou sans divertissement ?" href="https://www.bdzoom.com/170506/actualites/drolatique-ou-sans-divertissement/">Drolatique ou sans divertissement ?</a> et <a title="Lien permanent vers Jean Dufaux et Jacques Terpant forment un duo parfait pour " href="https://www.bdzoom.com/145028/actualites/jean-dufaux-et-jacques-terpan-forment-un-duo-parfait-pour-%c2%ab-nez-de-cuir-%c2%bb%e2%80%a6/">Jean Dufaux et Jacques Terpant forment un duo parfait pour « Nez de cuir »…</a><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Ce qu’il reste de nous » par Jacques Terpant</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Éditions Futuropolis (22 €) — EAN : 9782754833455</p>
<p style="text-align: justify;">Parution 2 avril 2025</p>
]]></content:encoded>
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