Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...Alexandre Coutelis dans les coulisses du théâtre de la République…
Passer de la fiction aux couloirs du Palais Bourbon, avec pour guide (excusez du peu !) Jean-Louis Debré, tel est l’exercice périlleux que réussissent avec succès Alexandre Coutelis et son scénariste Xavier Cucuel.

C’est à la suite de circonstances hasardeuses que Jean-René Galopin, médecin de campagne en Aquitaine et maire du petit village de Saint-Julliac-en-Médoc (350 âmes), se présente à la députation, afin de remplacer au pied levé un élu démissionnaire.
Deux mois plus tard, à sa grande surprise, il débarque à Paris et franchit les portes du Palais Bourbon. Aidé par un mystérieux mentor, il découvre l’énorme machine qu’est l’Assemblée nationale : son quotidien, ses rouages, ses mœurs, ses coups bas… mais aussi l’irrésistible attrait du pouvoir. Candidat sans étiquette, bien que cherchant à bien faire et persuadé qu’on peut faire de la politique autrement, il se trouve mêlé à d’obscures affaires sans pour autant être hors la loi.
Le scénario documenté de Xavier Cucuel, diplômé d’une grande école de commerce, venu des médias (télévision et jeux vidéo), est riche en anecdotes et petits détails qui lui confèrent sérieux et crédibilité. Tout au long de la réalisation de leur ouvrage, les auteurs ont bénéficié de la présence bienveillante de Jean-Louis Debré, ancien député et président de l’Assemblée nationale, qui a participé à sa conception et en signe la préface.
Vieux routier de la bande dessinée, né à Paris en 1949, Alexandre Coutelis a signé une aventure de « Tanguy et Laverdure » (« Survol interdit » en 1988), mais aussi bien d’autres créations telles « Le Cimetière des fous », « Bienvenue à Welcome Land » et surtout « A.D. Grand-Rivière » et « Le Grec », avec Laurent-Frédéric Bollée. Refusant de réduire ce « Député » à un roman graphique à l’exécution rapide, il a opté pour la bande dessinée classique, ce qui lui permet de proposer des planches riches où personnages et décors sont travaillés avec soin. Ses pages, dont il a réalisé les couleurs discrètes, bien que réalistes, sont peuplées de personnages aux trognes succulentes. Un régal !
Un album de 152 pages d’actualité brûlante, puisqu’il arrive en librairies alors que l’Assemblée nationale vient d’accueillir plus de deux cents députés fraîchement élus, tout aussi peu informés sur les coulisses du pouvoir que Jean-René Galopin, le héros de cette fiction politique diablement réussie.
« Le Député, la noble assemblée » par Alexandre Coutelis et Xavier Cucuel
Éditions Grand Angle (21,90 €) — ISBN : 978-2-81894-139-3















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