Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
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Après avoir évoqué le parcours et le rôle singulier de Kiki de Montparnasse dans le monde artistique parisien de l’entre-deux-guerres, le duo Catel-Bocquet fait encore merveille en s’attaquant à un autre biopic d’une attachante personnalité féminine : l’humaniste Olympe de Gouges, dont la forte contestation, en ces années de Terreur, la mena à l’échafaud…
Ces quatre cents pages de bandes dessinées (auxquelles il faut en rajouter quatre-vingt de documents biographiques annexes) sont publiées, comme « Kiki de Montparnasse », dans la belle collection Écritures des éditions Casterman.
Fort de sa cinquantaine de chapitres évoquant telle ou telle anecdote ou passage important de la vie de cette grande figure féministe du XVIIe siècle, ce lourd pavé restitue, chronologiquement et par petites touches, la trajectoire de celle qui naquit Marie Gouze, à Montauban, le 7 mai 1748, dans une famille de bouchers ; suite à une relation adultérine de sa mère (Anne-Olympe Mouisset) avec le marquis Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (qui deviendra, plus tard, académicien).
Très vite mariée, mère et veuve dans la foulée, la jeune femme prend le nom d’Olympe de Gouges, en hommage à sa mère. Elle monte alors à Paris et écrit une centaine de textes, dont plusieurs essais et pièces de théâtre, qui seront, pour la plupart, en faveur du droit des femmes ; notamment sa fameuse « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », écrite en 1791, deux ans avant d’être condamnée à la guillotine.
Outre le fait d’être l’inventrice de ce combat, étant même l’une des premières à plaider en faveur du divorce, Olympe de Gouges va s’engager plus largement contre l’esclavage, vivant pleinement l’influence des Lumières (Voltaire, Rousseau…) et multipliant les soupirants et les amants…
Et la passion des auteurs pour cette femme libre transparaît dans les moindres séquences, lesquelles sont toutes rigoureusement articulées autour d’une documentation sans faille. Une fois de plus, les deux complices ont su rendre toute la modernité de cet attachant personnage historique (hélas, connu seulement d’une élite) ; notamment grâce à la sensibilité ou à la justesse de la narration et à l’élégance ou à l’efficacité du trait ; sans parler de la finesse et de la minutie de ce dernier qui nous fait penser, parfois, aux gravures ou eaux-fortes de l’époque, mais dans un style bien plus libéré !
Gilles RATIER
« Olympe de Gouges » par Catel et José-Louis Bocquet
Éditions Casterman (24 €) – ISBN : 978-2-203-03177-7
Signalons, par ailleurs, que Catel et José-Louis Bocquet ont été les lauréats du prix BD de la Ville de Limoges, lors du salon du livre « Lire à Limoges 2012 » pour « Olympe de Gouges » ; voir la vidéo en cliquant ici : http://www.dailymotion.com/video/xptili_7-a-lire-emission-speciale-avec-catel-et-bocquet-et-gilles-ratier_tv















