Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...David B. expose « Par les chemins noirs »
On ne peut manquer de signaler une exposition particulièrement réussie qui se tient à Blois dans la bibliothèque de l’Abbé Grégoire jusqu’au 17 décembre prochain.
Elle permet de découvrir le travail de David B., lauréat du Prix de la BD historique 2007 pour son album très remarqué « Par les chemins noirs » dont l’action se passe dans l’univers foisonnant de l’immédiat premier après-guerre.
Au prétexte d’une histoire d’amour sur fond de prise du pouvoir par d’Annunzio à Fiume en 1919, David B. traite, sur un mode surréaliste, mais d’une totale historicité, d’un moment où la guerre peut exploser de nouveau et où l’Europe semble basculer dans l’utopie. C’est ce monde bigarré, caractérisé par l’explosion des possibles à une période charnière, que l’exposition s’attache à relier à l’album Par les chemins noirs. Dès l’entrée, avec une scène directement tirée d’un bistrot très années vingt, on se trouve saisi, pour ne pas dire happée, pas l’univers de David B., à la fois romanesque et parfaitement documenté, comme le révèlent les éclairages présentés dans un circuit savoureusement concocté.

Grâce à une scénographie très étudiée, à la fois intimiste et didactique, cette exposition offre une mise en perspective historique des planches de David B. de manière dynamique et riche, sans jamais tomber dans le pédantisme artistique ou l’information gratuite.
Pas de récupération donc, mais au contraire un travail d’une grande honnêteté mis au service de l’œuvre auquel il apporte un éclairage vivant et ludique. Une belle réussite de Sylvain Gache et de l’équipe de Bd Boum pour entrer dans l’univers d’un auteur dont le talent n’est plus à démontrer.
Signalons enfin, comme une occasion de faire d’une pierre deux coups, toujours dans la bonne ville de Blois, la tenue prochaine de la 25e édition du festival Bd Boum du 21 au 23 novembre 2008. Qu’on se le dise.
Joël Dubos









