Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« Pain d’alouette » T2 par Lax
Avec « Pain d’alouette », sorte de suite à « L’Aigle sans orteils », Christian Lax met à nouveau en scène les forçats de la route, afin d’évoquer au mieux les débuts du Tour de France, entre les deux guerres. Son personnage central, Reine Fario, n’est autre que la fille d’Amédée : ce sportif qui resta bloqué toute une nuit dans la montagne gelée et qui dû se faire amputer de tous ses orteils ; ce qui ne l’empêchera pourtant pas de s’engager sur le Tour, en tant que coureur isolé, en 1912, et de devenir le célèbre « Aigle sans orteils », ceci avant d’être tué sur le front?

Cette héroïne, jeune femme farouchement progressiste et émancipée, va reprendre, d’une certaine manière, le flambeau paternel, en s’intéressant de près aux courses cyclistes ; allant jusqu’à se déguiser en homme pour y participer et vivre ce milieu de l’intérieur… Ainsi, elle va pouvoir rédiger des articles dans la presse, en tant que journaliste sportive, et être en prise avec l’actualité de son époque : notamment lorsque certaines injustices se produiront sur les Paris-Roubaix des années 1930…

En peaufinant et renouvelant sa technique illustrative, surtout en ce qui concerne les couleurs directes, les dégradés et les rendus avec la matière, le dessinateur d’« Azrayen’ » et de « La Fille aux ibis » (entre autres chefs-d’œuvre) réussit, une fois de plus, à nous émouvoir et à nous communiquer sa passion pour le vélo ; tout en y mêlant, par petites touches, une touchante description du milieu ouvrier (les scènes dans le fond des mines sont vraiment oppressantes et particulièrement réussies) et de la complexité du climat politique de ces années quelque peu dépressives. Bref, voici un diptyque à conseiller fortement, même à ceux qui sont loin d’être des adeptes de la Petite Reine !
Gilles RATIER
« Pain d’alouette » T2 par Christian Lax
Éditions Futuropolis (16 €)








