Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Hop !, toujours nostalgique et on aime ça !
Louis Cance signe une nouvelle fois une performance avec la parution de ce formidable n° 153 de Hop !, lequel consacre un copieux dossier au dessinateur et syndicaliste Pierre Le Goff.

Né en 1932 à Paris, Pierre Le Goff publie ses premiers dessins en 1949 dans les journaux de la Société française de presse illustrée (SFPI), dirigée par l’impitoyable Jean Chapelle. C’est le début d’une riche carrière qui le conduira de Zorro à Vaillant, en passant par les poches des éditions Mon Journal, Hurrah !, L’Intrépide, Téméraire, Francs-Jeux, Télé junior, le Journal de Mickey, Pilote, Tintin, Ami-Coop… sans oublier la presse quotidienne : de Paris-Jour à l’agence Opera Mundi de Paul Winkler où il campe « Coplan » (sous le pseudonyme de Pol Greffière) et reprend les strips quotidiens de « Nimbus ».
Au cours d’un long entretien avec François Martinez, Gérard Thomassian et Évariste Blanchet, Pierre Le Goff se souvient sans concession ces temps lointains où le métier de dessinateur était un combat quotidien pour survivre. Il a aussi présidé le Syndicat national des dessinateurs de presse, dont il évoque, à l’aide de savoureuses anecdotes, les combats héroïques. Ce passionnant entretien est complété par l’impressionnante bibliographie de ce dessinateur à l’œuvre éclectique dont une partie mériterait d’être rééditée.
Le reste du sommaire est notamment consacré à la 27ème partie de la « Rétrospective Marijac » signée par Gérard Thomassian et consacrée à Frimousse magazine : journal qui a publié pendant 35 numéros de nombreuses séries anglaises, mais aussi Forest, Gloesner, Marin, Gaty, Le Guen, Mathelot, Duteurtre, Le Guen… Que du beau monde ! Guy Mouminoux (alias Dimitri) poursuit ses truculentes mémoires, évoquant son entrée au journal Pilote. On retrouve ensuite des informations, l’actualité des collectionneurs, les scoops et la rubrique « Remember »
qui présente les biographies complètes des auteurs récemment disparus comme Fabrizio Busticchi, Giacomo Pueroni, Duck Edwing, Dave Hunt, Pascal Zanon, Paul Peter Porges, Jack Mendelsohn, Murray Ball, Jan Kruis, Dan Spiegle, Skip Williamson, John Watkiss, John Gillatt…
auquel se rajoute, bien entendu, les noms de ceux que nous vous avons déjà signalés comme Jirô Taniguchi, Jean-Louis Fonteneau, Giovanni Venturi, Jay Lynch, Walther Taborda, Bernie Wrightson, Jean-Luc Vernal, Pascal Garray, Raoul Giordan…
Une fois encore, Louis Cance a parfaitement rempli sa mission qui consiste à informer, exhumer et perpétuer le souvenir de ces auteurs ou de ces journaux qui ont enchanté des générations de lecteurs.
Henri FILIPPINI
Hop ! n° 153 : trimestriel, 64 pages noir et blanc, 8 € (56, Boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac)












