Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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La dynastie Kennedy fascine, bien au-delà des États-Unis ,un large public qui dépasse les passionnés de politique. Deux auteurs néerlandais, ardents défenseurs de la ligne claire, se penchent non sans dérision sur l’histoire de ce mythe de la politique américaine : le clan Kennedy. Premier acte : Joseph P. Kennedy.
En 2009, Edward M. Kennedy (Ted Kennedy), qui se sait perdu, accepte enfin d’évoquer à son petit fils Joseph P. Kennedy III et avec sincérité l’histoire de son père Joseph. En 1938, le millionnaire Joseph Patrick Kennedy (Joe) (1888-1969) est nommé ambassadeur à Londres par le président Franklin D. Roosevelt. Descendant d’immigrants catholiques irlandais, investisseur éclairé et politicien roué, il rêve de devenir le premier Kennedy président des États-Unis. Avec sa femme Rose et leurs neuf enfants, il se rallie à la politique d’apaisement prônée par le premier ministre anglais Neville Chamberlain, qui milite en faveur d’un accord avec l’Allemagne d’Hitler. Au fil des pages, les auteurs évoquent ce personnage au passé trouble de trader ayant fait fortune en anticipant la fin de la prohibition. Entre business et politique, l’homme voit ses rêves s’effondrer avec l’arrivée de Churchill, qui encourage l’Angleterre à combattre Hitler. Il pousse ses fils vers la politique, surtout Jack le souffreteux après la mort au combat de son frère Joe en 1944.
Premier d’une série de trois, « L’Homme qui voulait devenir président » (96 pages en couleurs) évoque la saga des Kennedy en s’appuyant sur plusieurs ouvrages, dont celui de Nigel Hamilton (historien et auteur du best-seller « JFK : Reckless Youth ») qui propose en fin de volume une série de dossiers riches en explications. Les albums suivants, « La Guerre en Europe » et « Un héros accidentel », devraient paraître prochainement aux éditions Dargaud.
Mick Pet, directeur artistique du journal financier néerlandais Het Financieele Dagblad est aussi scénariste, notamment d’« Agent Orange », qu’il écrit depuis 2004 pour Erik Varekamp : une série contant la vie  du prince Bernhard de Lippe-Biesterfeld. Né en 1964 à Amsterdam, Erik Varekamp étudie le dessin à la Gerrit Rietveld Academie. Après avoir collaboré avec Gerrit de Jager, il crée en 2004 « Agent Orange » : série qui compte aujourd’hui 6 albums édités par Van Proog.
Après Joost Swarte, Theo Van Den Boogaard, Eric Heuvel, Dick Briel, Henk Kuijpers et bien d’autres Erik Varekamp perpétue de belle manière l’intérêt que les dessinateurs néerlandais portent à la ligne claire. L’édition originale néerlandaise de ce premier album a été publiée en 2016 sous le titre « De Kennedy Files : De Man President Wilde Worden », aux éditions Scratch Books d’Amsterdam.
Henri FILIPPINI
« Les Dossiers Kennedy T1 : L’Homme qui voulait devenir président » par Erik Varekamp et Mick Peet
Éditions Dargaud (16,50 €) – ISBN : 978 2205 07720 9











Pour information, Joseph Patrick Kennedy III n’est pas le petit fils d’Edward Kennedy, mais son petit neveu. Il est le petit fils de Robert F. Kennedy (frère d’EMK).