Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...« Les Ogres-dieux T3 : Le Grand Homme » par Bertrand Gatignol et Hubert
Troisième volet d’une saga gothique et flamboyante que la critique n’a pas hésité à comparer à la série télévisée américaine médiéval-fantastique « Game of Thrones », l’histoire de Lours, dit Le Grand Homme, se situe chronologiquement à la fin de « Petit » : le premier opus. Un récit toujours aussi passionnant et flamboyant, tant sur le plan graphique que narratif !
La maison des Ogres-Dieux est tombée et l’ensemble du royaume sombre dans l’anarchie. Yori, le chambellan au visage balafré, premier serviteur de la lignée des géants régnante, reprend la capitale avec son armée. Il s’installe dans les ruines du château et touche enfin au pouvoir en instaurant un régime de terreur
. Cependant, sa victoire n’est pas totale, car n’étant pas issu du sang du fondateur, il n’est pas légitime comme souverain et est contesté comme dirigeant du royaume. D’autant plus que le fils du défunt roi Gabaal (Petit, plus grand que les hommes, mais moins que les ogres) est toujours vivant, car il s’est échappé des flammes de la citadelle !
Ayant assisté, impuissant, à la capture de sa compagne Sala par les hommes du chambellan, Petit, blessé, est sauvé par un homme mystérieux appelé Lours. Ce chef rebelle, qui le recueille et le cache au sein de son groupe de résistants, lui propose de l’aider à délivrer Sala. En échange de leur aide, Petit devra revendiquer son trône, désavouer le chambellan, et rétablir l’entente entre les géants et les humains.
Une véritable chasse à l’homme commence alors et, dans cet épisode peut-être encore plus noir que les deux premiers (même si l’intrigue semble plus conventionnelle), c’est l’action qui prend le dessus sur la psychologie des protagonistes.
Pourtant, comme pour les précédents tomes (1), « Le Grand Homme » est découpé en chapitres que précèdent de courts textes (sortes de nouvelles) illustrés dans un style proche de la gravure sur bois.
Cette littérature contextualise et nourrit l’épopée en s’attardant sur chacun des personnages, lesquels sont tous liés les uns aux autres.
Ce conte fantastique ambitieux, histoire d’une société moyenâgeuse à bout de souffle rêvant de renaissance, est passionnant, car remarquablement construit et écrit par l’excellent scénariste Hubert, tout en bénéficiant de la surprenante mise en pages de Bertrand Gatignol : artiste au dessin hybride, évoluant entre manga, comics et franco-belge.
(1) Voir nos chroniques sur « Les Ogres-dieux T1 : Petit » par Bertrand Gatignol et Hubert et « Les Ogres-dieux T2 : Demi-Sang » par Bertrand Gatignol et Hubert.
« Les Ogres-dieux T3 : Le Grand Homme » par Bertrand Gatignol et Hubert
















