Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Souvenirs de la mer assoupie » une rêverie éveillée pour ensoleiller nos soirées d’hiver.
Bien loin de l’image que l’on peut avoir des mangas, ce recueil de rêveries nous emmène dans un dépaysement océanique exaltant. On y suit les déambulations surréelles de la jeune Lisa sur ce bord de mer chaleureux qui sent bon la nonchalance du sud de l’Europe.
On pourrait décrire cette collection d’histoires courtes de Shin’ya Komatsu comme la rencontre entre l’univers de « Tororo » de Miyazaki et de « Little Nemo » de Winsor McCay. Une balade dans un monde onirique où tout semble possible. Un endroit où une jeune fille aurait un violon fait d’écume, où les phares se baladeraient durant leur temps libre, où un parapluie serait un engin sophistiqué permettant de voler et surtout se rechargerait auprès des éoliennes.
Le dessin de Shin’ya Komatsu est extrêmement clair. Ses personnages sont simples et expressifs. Ses décors sont fouillés sans être confus. Il va à l’essentiel et offre surtout une plénitude bienveillante propice à la rêverie. Au travers de ce trait léger et de ces couleurs aquarellées dans les tons de bleu et de blanc, on se laisse facilement embarquer par ces aventures étranges. Dépaysement et bonne humeur garantis en suivant les escapades de la jeune fille qui vont l’amener à visiter tour à tour le bord de mer, les dédales de la ville et même un monde sous-marin rempli de détails poétiques, à même de faire rêver toutes les tranches d’âges. À noter que cet ouvrage d’une centaine de pages est entièrement en couleur.
Ce recueil est divisé en deux parties. Dans la seconde, il est question des Chroniques de la colline aux étourdis, succession d’histoires surréalistes en une page. Ici le traitement graphique est plus conventionnel et la mise en couleur plus classique. Néanmoins, la mise en page longiligne et l’absurdité des histoires qui dépeint une vie surréaliste offrent des situations charmantes et surtout très amusantes. On y découvre un monde où les abeilles se rechargent avec du miel et si on regarde au travers de cannellonis cela déforme les visages.
Il n’est pas étonnant de voir que les oeuvres de Shin’ya Komatsu sortent du magazine AX, successeur de l’avant-gardiste Garo. Son trait doux côtoie des histoires à l’atmosphère forte, dépeignant une rêverie du quotidien qui remet en perspective la singularité de notre monde. L’univers de cet auteur est accessible aux très jeunes enfants comme aux adultes qui y verront indéniablement un message différent, mais toujours positif.
Gwenaël JACQUET
« Souvenirs de la mer assoupie » par Shin’ya Komatsu
Éditions IMHO (14 €) – ISBN : 978-2-36481-008-2












