Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Jojo, un p’tit gars trop discret…
La parution du troisième volume sur quatre annoncés de l’édition intégrale consacrée à Jojo, le gamin sympa imaginé par André Geerts, est une bonne nouvelle. Espérons que cette heureuse initiative des éditions Dupuis permettra à de nouveaux lecteurs de découvrir ce merveilleux gosse de papier pas vraiment comme les autres.
« Jojo » rejoint discrètement « Boule et Bill » dans les pages de l’hebdomadaire Spirou en 1983, quatre avant le « Petit Spirou » de Tome et Janry et « Cédric » de Cauvin et Laudec. Leur cohabitation dans les pages du journal ne posera pas de problème, Jojo étant un gosse à part dans la famille des héros juvéniles. S’il ne manque pas de joie de vivre, Jojo est marqué par la mort de sa mère, l’absence de son père qui travaille à la ville, la présence de sa délicieuse grand-mère qui a fait rêver des générations de lecteurs. Il vit la plupart du temps dans une riante campagne avec ses copains dont l’omniprésent Gros Louis et Charlotte pour qui son coeur chavire. Plus complexe que les habituelles histoires d’enfants « Jojo » pose de vrais problèmes, affronte la maladie, le deuil, la solitude… A la fois drôle, tendre, émouvant, Jojo est un petit garçon qui suscite la réflexion chez les petits comme chez les grands. Une éternelle casquette verte sur la tête, des vêtements pas vraiment à la dernière mode, Mamy y veille, il évolue dans des décors rassurants, fréquente l’école du village, lorsqu’il ne pose pas son regard curieux sur le monde étrange des adultes.
André Geerts né en 1955 suit les cours de l’institut Saint-Luc de Bruxelles sa ville natale et publie ses dessins dans le journal de Spirouqu’il ne quittera plus. Avec Le Gall, Hislaire, Benn, Yann, Conrad, Wasterlain, Darasse… il permet au vieil hebdomadaire des éditions Dupuis de connaître une nouvelle jeunesse. Outre « Jojo » il propose dès 1982 une série de cartoons aux couleurs délicates réunis sous le titre « Monde cruel », il est aussi le créateur de la délicieuse « Mademoiselle Louise » chez Casterman, puis chez Dupuis. Hélas, il décède à 54 ans des suites d’un cancer, laissant Jojo à jamais orphelin. Si « Jojo » n’a jamais connu des ventes colossales, le personnage a marqué plusieurs générations de lecteurs touchés par sa proximité avec leur propre quotidien.
La présente intégrale réunie les albums 9 à 13, ceux d’un auteur ayant atteint la maturité de son art : « Le Retour de papa » (1999), « La Chance de Sébastien » (2000), « « Les Choix de Charlotte » (2001), « Jojo au pensionnat » (2002) et « Une Pagaille de Dieu le père » (2003). Une ultime intégrale proposera les cinq derniers albums de cette création hors des sentiers battus.
Ce volume de 296 pages en couleurs à la présentation parfaite est accompagné d’un dossier richement illustré de 25 pages réalisé par Morgan Di Salvia, tout nouveau rédacteur en chef de Spirou.
Henri FILIPPINI
« Jojo Intégrale 3 » par Geerts
Éditions Dupuis (35 €) – ISBN : 979 1 0347 3459 7













