Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...Bruxelles et ligne claire sous le joug allemand…
Après « Sourire 58 » et « Léopoldville 60 », albums plutôt réussis qui ont bénéficié d’un bon accueil du public (surtout en Belgique, évidemment !), le dessinateur ligne claire Baudouin Deville et l’historien-scénariste Patrick Weber poursuivent leur série de récits indépendants et autoconclusifs mettant en scène Kathleen — une héroïne qui nous aide à mieux connaître l’Histoire contemporaine de la Belgique — avec « Bruxelles 43 ».
Cette fois-ci, la protagoniste est un peu en retrait de l’action, puisqu’en 1943, sous l’occupation, elle n’était qu’une gamine de 12 ans. L’aventure débute cependant en 1960, alors que la jeune Bruxelloise, de retour de Léopoldville, assiste sa mère qui a entrepris de ranger son grenier.
C’est ainsi qu’elle tombe sur une enveloppe contenant des planches de bande dessinée certainement destinées à la presse clandestine, car dénonçant les agissements allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et caricaturant Hitler. Elle replonge tout de go dans son passé et se remémore le kiosque à journaux que tenait son père, un passionné des illustrés de l’époque, sur la place de Brouckère.
Alors que les bottes des nazis claquent sur les pavés de la capitale belge où les rafles de juifs se multiplient, un dessinateur ami montre des strips corrosifs à l’encontre d’Hitler au kiosquier belge. Il les a lui-même réalisés et tente de les faire publier dans une revue imprimée par la Résistance. Mais les contrôles sont très fréquents et l’atmosphère devient de plus en plus lourde, d’autant plus que l’artiste se sent surveillé par les collaborateurs rexistes.
Comme la période relatée est passionnante, que notre medium favori est continuellement en toile de fond (Hergé et Jacobs y font d’ailleurs des apparitions), et que les auteurs sont en constant progrès, le captivant « Bruxelles 43 » est certainement l’album le plus abouti de cette série très bien documentée : ne le ratez pas !
« Bruxelles 43 » par Baudouin Deville et Patrick Weber















