Quel beau récit en bande dessinée que ces bouleversantes « Mémoires d’un garçon agité » : l’histoire d’un gamin émotionnable d’une dizaine d’années qui a décidé d’arrêter de grandir et de se raconter, à l’aide de la vieille machine à écrire familiale. Ce refuge dans l’écriture est le seul moyen qu’il a trouvé pour essayer de stopper le temps : pour oublier le fait de se sentir responsable, ainsi que la douleur subie devant l’anéantissement de ce qui était jusque-là sa vie. Le sensible dessin à la Sempé de Valérie Vernay et cet attachant personnage qui retrace des anecdotes de sa courte existence pourraient nous faire penser au Petit Nicolas, mais le propos du scénariste Vincent Zabus — par ailleurs poète et dramaturge — est tout autre : l’humour n’est là que pour dissimuler la gravité du sujet.
Lire la suite...Découvrir une reine berbère…
La collection des éditions Delcourt consacrée aux Reines de sang et qui compte déjà le destin de quelques femmes d’exception, telles Cléopâtre, Aliénor, Jeanne d’Arc, Constance d’Antioche, Catherine de Médicis et quelques autres, voit arriver la fascinante et quasi-légendaire Kahina…
Le diptyque qui va lui être consacré ne peut échapper ni à l’histoire ni à la légende, car la Kahina reste à ce jour une icône pour les Berbères qui lui accordent des pouvoirs surnaturels de devineresse, ce que l’album ne manque pas d’évoquer. Kahina signifie précisément « prophétesse » en berbère, mais le vrai nom de la reine est Dihya, surnommée également « la reine rouge des Aurès ».
À l’aube du VIIe siècle, les armées omeyyades déferlent sur le Maghreb. Dihya unifiant toutes les tribus berbères et les rassemblant contre l’envahisseur, repoussera durant dix ans les armées arabes. Pas étonnant que le scénario de ce premier volet multiplie les combats acharnés qui opposent ces populations. Dragan Paunovic réalise d’ailleurs, là, de fort belles pages de batailles.
Au cœur du récit, bien évidemment, Kahina : très belle femme au regard perçant qui a pris sans faillir la succession de son père mort au combat et mène les escadrons berbères. Elle fait alliance avec le roi Exarque pour stopper les exactions des armées d’Alexandrie et leur faire perdre Kairouan.
Bien évidemment, un tel personnage a suscité l’intérêt de romanciers et romancières, notamment d’Isaure de Saint-Pierre avec « La Kahina, reine des Aurès », paru en 2011 chez Albin Michel. Mais on n’oubliera pas non plus Antinéa, reine du Hoggar, dans « L’Atlantide » de Pierre Benoit qui, cependant, s’inspirait quant à lui d’une précédente reine Berbère : Tin-Hinan…
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« La Kahina, la reine berbère » par Dragan Paunovic et Simons Treins
Éditions Delcourt (14, 95 €) – EAN : 9782413037620
Parution 15 juin 2022













