La publication de ce nouvel album de « Max Fridman », l’une des séries emblématiques de l’Italien Vittorio Giardino (âgé aujourd’hui de 79 ans), est un événement : d’autant plus que son réaliste dessin « ligne claire » est toujours aussi élégant et que son propos humaniste, témoignage d’une époque trouble pour une Europe en plein désarroi, est une fois de plus séduisant et poignant… Après avoir traqué les fascistes à Istamboul ou à Budapest, et pendant la guerre civile espagnole, notre énigmatique et flegmatique agent secret évolue, cette fois-ci, dans l’Autriche — annexée par l’Allemagne nazie — de 1938, pour cet imposant ouvrage composé de deux parties distinctes qui forment un tout passionnant…
Lire la suite...Clients et victimes, même satisfaction
Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est …
Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est qu’il fait ça bien, en petit chef d’entreprise, la Eraser limited, avec sa petite secrétaire, Virginia. Il a toute une gamme de forfaits au service de ses clients. Il peut vous proposer le « strike » (vous êtes fauché par une voiture), le « fondation » (on vous coule dans du béton), le « crescendo » (une balle dans le pied le premier jour, une dans le genou le second, etc.), le « last will » (qui comme son nom l’indique permet d’exaucer une dernière volonté avant le trépas), le « recyclage » (votre corps se retrouve éparpillé dans plusieurs boîtes de cassoulet), le « sculpture » (votre dernière demeure sera une statue exécutée avec des matériaux de grande qualité et un soin jamais égalé), et beaucoup d’autres encore…
Notre avis : Reynolds est évidemment aussi drôlatique qu’inquiétant. Utiliser un tueur à gages comme héros d’une série de gags en une planche, il fallait y penser (quoique Cauvin …). Jenfèvre et Richez, qui jouent beaucoup sur les clichés de la fonction – comme la maniaquerie du tueur ou la nécessité de ne jamais laisser de témoins vivants -réussissent l’exploit de déborder d’humour, même si celui ci se révèle finalement souvent très noir. A découvrir ! LT
Editions Vents d’Ouest – 8,99€






