Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Clients et victimes, même satisfaction
Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est …
Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est qu’il fait ça bien, en petit chef d’entreprise, la Eraser limited, avec sa petite secrétaire, Virginia. Il a toute une gamme de forfaits au service de ses clients. Il peut vous proposer le « strike » (vous êtes fauché par une voiture), le « fondation » (on vous coule dans du béton), le « crescendo » (une balle dans le pied le premier jour, une dans le genou le second, etc.), le « last will » (qui comme son nom l’indique permet d’exaucer une dernière volonté avant le trépas), le « recyclage » (votre corps se retrouve éparpillé dans plusieurs boîtes de cassoulet), le « sculpture » (votre dernière demeure sera une statue exécutée avec des matériaux de grande qualité et un soin jamais égalé), et beaucoup d’autres encore…
Notre avis : Reynolds est évidemment aussi drôlatique qu’inquiétant. Utiliser un tueur à gages comme héros d’une série de gags en une planche, il fallait y penser (quoique Cauvin …). Jenfèvre et Richez, qui jouent beaucoup sur les clichés de la fonction – comme la maniaquerie du tueur ou la nécessité de ne jamais laisser de témoins vivants -réussissent l’exploit de déborder d’humour, même si celui ci se révèle finalement souvent très noir. A découvrir ! LT
Editions Vents d’Ouest – 8,99€






