Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Un faune sur l’épaule
Le début : Bruxelles. Par une nuit paisible, Broussaille ressent le besoin de coucher sur le papier les moments un peu magiques d’harmonie, de plénitude, qu’il ressent au fond de lui. Pour tenter de les transmettre, même s’ils ne se …
Le début : Bruxelles. Par une nuit paisible, Broussaille ressent le besoin de coucher sur le papier les moments un peu magiques d’harmonie, de plénitude, qu’il ressent au fond de lui. Pour tenter de les transmettre, même s’ils ne se partagent pas, dit-on. Pour revivre ces balades d’été, les menus plaisirs de l’existence, la lumière que lui ont apportés d’autres livres. Et pour parler de la nature, de la vie au rythme des fleurs, des animaux, et surtout des arbres, en prenant le temps de les écouter, de respirer… Puis, au fil des pages, vient l’indignation, face aux dégâts des hommes. Parce que l’homme est homocentrique. Mais surtout Broussaille évoque sa rencontre avec un être pas comme les autres, le faune, source de lumière au-delà des livres, qui lui a appris à regarder le monde autrement…
Notre avis : Revenant à ses premières amours, dans le style de ses fameux « carnets de Broussaille », Frank s’attarde sur la nature et ses trésors, refuse notre monde devenu « imbuvable » (Broussaille dixit) et permet à ses lecteurs de prendre leur temps. Cet ouvrage onirique, poétique et lumineux se lit et se relit, se déguste à petites doses ou se croque à pleine dents. Bouffée d’air pur dans un monde de brutes, Un faune sur l’épaule devrait être remboursé par la sécurité sociale comme thérapie anti-stress ! ! LT
Dupuis – Collection Repérages – 9,50€






