Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
L’autre laideur, l’autre folie
Le début : États-Unis, années 80. Une vieille dame souffrante qui arpente le quai d’une gare désaffectée, revient sur des lieux chargés de souvenirs. Autrefois jolie jeune femme, elle a rencontré dans ce même endroit un homme à la …
Le début : États-Unis, années 80. Une vieille dame souffrante qui arpente le quai d’une gare désaffectée, revient sur des lieux chargés de souvenirs. Autrefois jolie jeune femme, elle a rencontré dans ce même endroit un homme à la laideur exceptionnelle. Et pas n’importe quel homme : animateur radiophonique célèbre, sa voix chaude et séduisante le faisait passer pour un play-boy !Ces deux individus qui s’opposent par leur plastique ont pourtant un point commun. Lui, vit dans un coin perdu pour cacher sa disgrâce et se réconforte en bricolant des voitures. Elle, fuit le souvenir traumatisant de la mort tragique de sa sœur jumelle. Ce livre raconte la rencontre entre deux personnages que le destin a marqué irrémédiablement, l’un par la laideur, l’autre par la folie. Chacun délivrera l’autre de ses démons…
Notre avis : Marc Malès, le dessinateur de 1000 visages ou, plus récemment, de Lucy, nous livre ici une œuvre personnelle, sombre et profondément humaine à travers ce roman graphique, un genre vers lequel il s’aventure pour la première fois avec une grande réussite. Connu pour sa maîtrise des atmosphères et décors réalistes, l’auteur démontre une nouvelle fois sa virtuosité graphique en jouant sur le noir et blanc comme un élément narratif majeur et développe avec sensibilité (mais sans sensiblerie) son récit. LT






