Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
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Excellent ouvrage que nous présente Chantal Montellier, peut-être le meilleur de sa production.A lire absolument. Le 4 octobre 1994, Florence Rey et Audry Maupin attaquent la préfourrière de Pantin pour voler des armes. Place de la Nation, le …
Excellent ouvrage que nous présente Chantal Montellier, peut-être le meilleur de sa production.A lire absolument.
Le 4 octobre 1994, Florence Rey et Audry Maupin attaquent la préfourrière de Pantin pour voler des armes. Place de la Nation, le taxi à bord duquel ils s’enfuient percute une voiture de police. Fusillade. Course-poursuite. Cinq morts et cinq blessés en moins de trente minutes. Coup de folie ou opération terroriste ? Le visage d’ange paumé de Florence Rey devient une icône cathodique instantanée, symbole de la violence des temps. On invoque l’influence de films comme le Tueurs nés d’Oliver Stone. On présente Rey et Maupin comme des Bonnie & Clyde de la terreur, des nihilistes délirants, alors qu’en réalité leur parcours épouse celui de tant d’enfants des classes moyennes et ouvrières en rupture avec un modèle de société de plus en plus brutal et matérialiste… Dix ans plus tard, Chantai Montellier rouvre le dossier et suit les pistes négligées à l’époque, y compris celle, évoquée à mi-voix par certains médias, du troisième, voire du quatrième homme. Son travail, vibrant de compassion et de sincérité, jette une lumière nouvelle sur une période de notre histoire qui reste à consigner. Une mise en perspective utile, au moment où la confusion idéologique et les tentations révisionnistes brouillent ce passé proche. Et par-dessus tout cela, flotte l’inoubliable visage de Florence Rey, le soleil noir de son regard.
Denoel Graphic
MONTELLIER, Chantal
Après des études à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne, Chantal Montellier devient professeur de dessin en 1969, tout en commençant une carrière d’artiste peintre. Parallèlement, elle réalise des dessins de presse dans L’Humanité Dimanche, France-Nouvelle, Révolution, Le Matin de Paris.
Elle aborde la bande dessinée dans Le Canard sauvage (1973), Charlie Mensuel (1974), Ah ! Nana ! (1976), où elle prépublie Andy Gang, qui se poursuivra dans Métal Hurlant (1978).
Aux Humanoïdes Associés, elle signe plusieurs albums rassemblant des récits parus dans Métal Hurlant : 1996 (1978), Shelter (1979), Lectures (1982), Wonder City (1983), L’Esclavage, c’est la liberté (1984), Odile et les crocodiles (1984), Rupture (1985). À partir de 1978, elle collabore également à la revue (À Suivre) où elle se fera remarquer, en 1989, avec Julie Bristol, série qui se poursuivra chez Dargaud en albums jusqu’en 1994. Chez Kesselring, en 1979, elle réalise l’album Blues, puis édite chez Futuropolis Les Rêves du fou (un recueil « 30 x 40 », 1981), Le Sang de la commune (1982), La Toilette (1983), Un deuil blanc (1987). En 1998, chez Dargaud, elle conçoit Paris sur sang ? Mystère au Père Lachaise.En 2005, elle publie chez Denoel Graphic, Les Damnés de Nanterre.
Chantal Montellier témoigne avec talent, mais sans illusions, pour la cause des marginaux et des exclus d’un monde déshumanisé. Proche de Tardi à ses débuts, elle a intégré de nombreuses expériences graphiques « modernistes », dont celles du groupe Bazooka, avant de parvenir à un esthétisme d’une profonde originalité.






