Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
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Les Enfers Que se passe-t-il lorsqu’ un scénariste de talent et un dessinateur génial se rencontrent, gràce à Marya Smirnoff, éditeur BD chez Robert Laffont,un album remarquable. On éprouve aujourd’hui une joie que peu d’auteurs de bandes dessinées parviennent à …
Les Enfers
Que se passe-t-il lorsqu’ un scénariste de talent et un dessinateur génial se rencontrent, gràce à Marya Smirnoff, éditeur BD chez Robert Laffont,un album remarquable. On éprouve aujourd’hui une joie que peu d’auteurs de bandes dessinées parviennent à susciter. Il est vrai que la bande dessinée s’est tournée vers d’autres horizons et on doit constater que dans la veine de la BD d’aventures fantastique des années 70, bien tristes sont les successeurs. Jean Dufaux a su renouer avec ce genre, lire Les Enfers, c’est ressentir la jubilation qu’a éprouvée à l’écrire un auteur dont le parcours est étonnant.Il débute à Tintin, on le retrouve chez Dargaud, puis chez Glénat et Dupuis . Il montre progressivement son attirance grandissante pour les histoires fantastiques et sa rencontre avec Paolo Eleuteri Serpieri lui permet de passer un nouveau cap. Cet album est mené tambour battant, c’est un régal pour les amateurs d’aventures de… (J’allais dire de cape et épée). De nombreux rebondissements, une intrigue complexe, des histoires de vengeance, des personnages nombreux et marquants, tout cela contribue de faire un excellent premier album
N’oublions pas non plus de mentionner le coté inquiétant et magique du personnage du Doge qui semble tenir le destin de tous dans ses mains et qui n’a qu’un but : posséder les trois clés qui donnent le pouvoir à celui que les possède à la seule condition de trouver la porte qui accepte les trois clés : La Porte de l’Ange(1), porte qui conduit au Paradis , à la puissance suprême.
…Et puis il y a La Luna, cette jeune femme rousse croquée avec maestria par Serpieri, la nouvelle héroïne sexy des Enfers. La Luna est admirablement proportionnée, les cheveux roux, le front dégagé, le nez bien tracé, la bouche pulpeuse, le menton volontaire. Mais ce qui frappe le plus, ce sont ses yeux, ils sont aussi clairs et durs qu’une lame d’acier. On évolue dans une Venise décadente, admirablement dessinée par Serpieri, ou l’on se dispute le pouvoir et où plane l’ombre de Galabriel , un être démoniaque, lui aussi, à la recherche des trois clés.
On ?a qu’une envie arriver au dénouement le plus vite possible…
Claude Moliterni
1 : Le second volet des aventures de La Luna.







