Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Direction le Népal… Vite fait ?
Difficile de refuser d’accompagner un personnage parti au Népal, quand le simple feuilletage de l’album qui raconte son histoire n’inspire qu’au voyage : un voyage dans les pas de Maëlle, célibataire et directrice financière d’une start-up en pleine expansion, laquelle ne vit que pour son travail. Or, elle vient d’accepter de rendre un service très particulier à sa meilleure amie, très malade…
Maëlle accepte de faire un aller-retour assez rapide pour Katmandou pour récupérer sur place un médicament, ou plutôt une méthode de guérison, dont elle estime qu’elle a besoin pour se soigner. C’est flou, peu convaincant pour Maëlle, très cartésienne, mais elle part quand même, sans imaginer qu’elle va devoir y rester beaucoup plus longtemps que prévu et réaliser, sur place, un séjour plutôt initiatique pour elle.
Il faut dire que Maëlle est du genre à toujours bosser, à tout vouloir rentabiliser : le genre totalement addict au travail. Alors, pour autant, peut-elle perdre son temps, et décevoir son amie ? Ce qu’elle découvre sur place va cependant l’amener à réfléchir sur elle-même, à comprendre face aux célèbres yeux du temple de Bodnath qu’il est temps pour elle d’apprendre à observer, de prendre son temps, savourer l’instant, et de mieux apprécier la vie ; et même l’effort physique !
On n’adhèrera évidemment pas forcément au discours sur les vertus guérissantes liées à une prise de conscience globale de soi : c’est-à-dire à une philosophie du bonheur liée à un ego très persuasif qui consiste à positiver tout simplement. Tout simplement, car on sait évidemment qu’être optimiste est toujours plus positif pour l’individu, sa santé et son entourage, que l’inverse !
Peu importe ! C’est toujours bon à redire ! Ces propos qui ont probablement grandement participé au succès de « Kilomètre zéro », le roman de Maud Ankaoua, adapté ici-même par Mathilde Ducrest, dont on savourera les dessins magnifiques. Peu de cases par page, mais des cases pleines de couleurs, dont on se délecte notamment pour les paysages, jusqu’au sanctuaire des Annapurna, via des forêts de rhododendrons, des sentiers enneigés, bref « Le Chemin du bonheur », pour reprendre le sous-titre de l’album.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Kilomètre zéro : le chemin du bonheur » par Mathilde Ducrest et Maud Ankaoua
Éditions Casterman (21, 50 €) – EAN : 9782203290839
Parution 14 mai 2025














