Enola jouit d’une belle réputation qu’il lui faut tenir. Il faut dire que les vétérinaires spécialisées dans les animaux des contes et légendes, ça ne court pas les rues. C’est pourquoi elle n’hésite pas à venir défier les flots déchainés du haut d’un phare quand des chevaux ailés attaquent les gardiens du bâtiment. Un travail pour Enola et Maneki : son chat parlant !
Lire la suite...Une pionnière orientaliste méconnue…
« Tante Suzanne » – sous-titré « Peintre orientaliste, pionnière des beaux-arts » – est à la fois une évocation familiale, liée à l’auteur Robin Walter, et un parcours artistique au fil des générations d’une même lignée. Au cœur du sujet : Suzanne Drouet-Réveillaud (1885-1970), une artiste oubliée comme c’est souvent le cas dans l’Histoire quand il s’agit des femmes…
Il a suffi d’un tableau récupéré lors d’un échange familial, faute de place ailleurs, pour que Robin Walter cherche à en savoir un peu plus sur son autrice, une femme dont les œuvres étaient disséminées chez les uns ou les autres. Walter se met donc à enquêter sur cette tante à l’évidence exceptionnelle et dont les ascendants ne manquent pas non plus de panache.
Walter contacte sa famille et, au fil des réponses, se construit, se reconstruit, un arbre généalogique d’artistes dans des domaines fort différents : le grand-père de Suzanne, Charles Cordier, sculpteur, dont on découvre notamment le buste étonnant d’un ancien esclave soudanais affranchi ; le fils de Charles Cordier, Henri, également sculpteur renommé…
Mais venons-en Suzanne ! Parallèlement à sa vie familiale et amoureuse, minutieusement reconstituée par l’auteur, c’est évidemment l’artiste qui est au cœur de la narration, notamment la « lente et difficile conquête » pour les femmes d’entrer à l’école des beaux-arts. Suzanne prépare le concours et le réussit.
Après la Première Guerre mondiale, Suzanne a l’opportunité d’une bourse pour un séjour de plusieurs mois en Tunisie, une étape déterminante pour sa peinture : « elle n’a jamais vu une telle lumière » ! Puis, ce sera la Sicile et bientôt le Maroc qu’elle découvre à 37 ans : Fès, notamment. Le coup de foudre ! Les séjours en Afrique du Nord vont dès lors se répéter. Riche de ses « couleurs éclatantes », sa peinture intéresse désormais amateurs, collectionneurs, exposants…
D’autres voyages suivront, notamment au Cameroun et au Mexique, car, comme il est dit « le voyage est l’une des caractéristiques de l’œuvre de Tante Suzanne » avec désormais l’étiquette de « peintre orientaliste », ce qui plait notamment à l’élite coloniale, comme il est précisé en postface. Une galerie de reproductions de ses tableaux achève utilement l’album fort documenté et qui donne effectivement envie de découvrir l’œuvre de Tante Suzanne ; une femme qui, comme tant d’autres, doit sortir de l’oubli…
Didier QUELLA-GUYOT
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« Tante Suzanne » par Robin Walter
Éditions Des ronds dans l’O (28 €) – EAN : 9782374181622
Parution 21 janvier 2026















