Le tournage de la série « Lucky Luke » vu par Bouzard : hilarant !

Après son déjanté « Jolly Jumper ne répond plus » – 40 000 exemplaires vendus —, où il livrait sa propre version des aventures du célèbre cow-boy solitaire qui tire plus vite que son ombre, publié sous le label Lucky comics en 2017, Guillaume Bouzard retrouve Lucky Luke pour un album tout aussi loufoque — si pas plus ! — que le précédent. Invité à raconter le tournage de la série télé éponyme (à venir sur Disney+ et, ensuite, sur France Télévisions), il en recueille nombre de croquis et d’anecdotes sur la manière dont se prépare et se tourne une production au succès assuré. Bien entendu, ce reportage va donner lieu à une BD complètement décalée, où, en tant qu’adepte de l’autodérision, il se met lui-même en scène : à hurler de rire !

Absurde et humour potache sont donc au rendez-vous pour ce « Presque journal d’un tournage », publié cette fois-ci par la maison mère — aux éditions Dargaud —, dans le cadre des 80 ans du héros créé par Morris en 1946, et dont les aventures ont été scénarisées par René Goscinny entre 1955 et 1977.

On retrouve d’abord notre auteur quinquagénaire dans une boutique d’équitation, où il cherche un équipement complet de cow-boy vintage, avant de partir en Andalousie, dans le mythique désert de Tabernas : celui qui a servi de décor à de légendaires westerns spaghettis ou films historiques hollywoodiens.

Son rôle étant seulement de raconter, dans une bande dessinée sous forme de reportage — « il faut donc que ça soit sérieux, bien sûr, mais si ça pouvait être drôle, ça serait encore mieux ! » —, la réalisation de la série télé, le producteur le prévient tout de suite, dès son arrivée, qu’il doit se montrer hyper discret sur le tournage…

Le souci, c’est que ce bon Guillaume est toujours prêt à donner un coup de main, à rendre service, proposant régulièrement d’intervenir dans le scénario, l’écriture ou la mise en scène : parce qu’après tout, si on y réfléchit bien, la BD, c’est un peu du cinéma sur papier ! Il se sent même capable de remplacer un acteur malade : dommage pour lui, les acteurs de la série ne tombent jamais malades…

Toutefois, puisqu’il insiste, l’exécutif lui propose une mission de la plus haute importance : s’occuper de Rantanplan… Ou plutôt de l’un des Rantanplan ! Cette parodie de Rintintin n’étant pas dans le scénario, personne ne sait quoi en faire… Mais comme il ne faut pas que le canidé ait l’impression d’être tout seul sur le tournage, voilà une responsabilité toute trouvée pour notre dessinateur reporter.

C’est ainsi que, entre la prise de quelques notes, la réalisation de fugaces dessins réalistes à prendre au second degré ou la représentation de sa relation avec ses éditeurs découvrant planche après planche à distance — souvent avec effroi ! —, Bouzard va donc, finalement, passer le plus clair de son temps à discuter et à philosopher avec le chien le plus bête de l’Ouest…

Avec son regard unique sur l’envers du décor, le collaborateur du Canard enchaîné et auteur des « Vacances chez pépé-mémé » (1) — lequel n’est jamais, comme il le dit lui-même, au détour d’une case de l’album, « le dernier pour la déconne » — démontre, une fois de plus, son habileté narrative et graphique à jouer avec divers registres de comique…

Gilles RATIER

(1) Voir notamment sur BDzoom.com : Air pur et nature pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé » !.

« L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre : presque journal d’un tournage » par Guillaume Bouzard

Éditions Dargaud (17,50 €) — EAN : 9782205214383

Parution 27 février 2026

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