Un train de la mort à faire vraiment peur…

Dans les années 1990, les 87 romans horrifiques de la collection Chair de poule ont rencontré un énorme succès auprès d’un jeune lectorat dans le monde entier. Sur le même principe de jouer avec les peurs, afin de mieux les surmonter, les éditions Soleil publient la collection À faire peur. Ce sont des récits autonomes qui se déroulent dans la petite ville de Trouillensac. Elle est le théâtre de phénomènes terrifiants comme raconté dans le deuxième volume intitulé « Le Train de la mort ».

Ville imaginaire, Trouillensac se situe dans une région française, dans le massif montagneux du Morvan : au cœur de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Coincée entre sombres forêts et montagnes inquiétantes, la ville est sujette depuis des décennies à des phénomènes fantastiques effrayants ; de disparitions inexpliquées en apparition monstrueuses, le danger semble roder continuellement dans la petite bourgade.

Le fait qu’elle ait été fondée par Armand Fleuric (anagramme de Lucifer) n’est pas étranger à la sombre ambiance cauchemardesque qui flotte dans tous ses environs. C’est lui qui raconte l’histoire de personnages confrontés à un moment ou un autre aux forces du mal.

Il y a à Trouillensac une fête foraine qui accueille des attractions joyeuses et certaines plus intimidantes comme le redoutable train de la mort. L’intrépide Julie rêve depuis l’année précédente de faire un tour dans ce manège à la présentation pour le moins intrigante : « Vous qui êtes venus ici, n’espérez pas être émerveillés ou éblouis, attendez-vous plutôt à être effrayés en charmante compagnie ! ».

Quentin, son petit frère lui a promis de l’accompagner, mais il est bien peu rassuré avant d’embarquer avec des inconnus dans ce train fantôme particulier. Un être malfaisant au sourire sardonique conduit la locomotive factice vers une série de défis mortels où chacun devra sauver sa peau, quitte à sacrifier celle des autres. Suivant une morale, finalement très morale, ce tour de manège angoissant se finira mal pour l’un des passagers

C’est déjà le deuxième volume de la collection À faire peur. Après « Terreur au camping », paraitront en juin prochain « L’Apiculteur », puis en octobre « Une intelligence pas si artificielle » et, en 2027, « Loup y es-tu ? ». Elle s’adresse à un jeune lectorat (dès dix ans) et adolescent qui aime se faire peur sans être toutefois traumatisé. Les auteurs jouent sur ce délicat équilibre en indiquant pour chaque récit le niveau de peur avant lecture sur un trouillomètre. Pour cet album, il est de deux sur quatre, mais attention ! Le suivant atteindra les quatre sur quatre ! Tous les volumes peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Le lecteur attentif aura néanmoins le plaisir de retrouver certains personnages sur plusieurs récits. Ils peuvent ainsi passer de silhouette entraperçue à héros de l’aventure. L’univers présenté est cohérent, les intrigues se déroulent toutes dans la ville et ses environs cartographiés précisément en pages de garde.

Cet album atteint tous les buts fixés par ses auteurs : un récit horrifique bien mené jusqu’à sa conclusion en guise de morale. On retrouve à la baguette un duo de scénaristes aguerris dans le récit jeunesse. Lylian l’auteur de « L’Éveil du Kuran », « La Famille fantastique », « Titouan », « Les Géants », « Les Monde d’Ewilan » ou « L’Île de minuit » et sa collègue sur la série à succès « Les Géants » : Ingrid Chabbert, la scénariste de « L’Étrange Boutique de Miss Potymary », « Elma, une vie d’ours » ou « Les Amies de papier ». À un récit horrifique classique, ils mêlent de belles thématiques, telles l’addiction aux écrans ou comment faire face aux intimidations ; et, surtout, à la fin de chaque épisode, le jeune lecteur aura la satisfaction d’avoir su dépasser ses peurs et l’impression d’avoir ainsi grandi. Paul Drouin est le directeur artistique de la série ; il crée les designs des personnages et des créatures et réalise le story-board. Son trait semi-réaliste est ensuite repris par le dessinateur de l’album : ici, l’Italienne Arianna Farricella, déjà à l’œuvre sur « Collège apocalypse » scénarisé par Lylian.

Nous ne pouvons que saluer cette initiative ambitieuse à qui nous souhaitons le même succès que celui rencontré par les romans de la collection Chair de poule. Une lecture pour faire frissonner d’horreur et de plaisir de jeunes lecteurs dès dix ans.

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Laurent LESSOUS (l@bd)

« Le Train d’enfer » par Arianna Farricella, Paul Drouin, Ingrid Chabbert et Lylian

Éditions Soleil (11,50 €) – ISBN : 9782302105775

Parution 19 mars 2026

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