« La Louve céleste » : une escale mouvementée à Rome pour Jhen Roque !

Le troisième héros important issu de l’imagination fertile de Jacques Martin propose son vingtième album. Compagnon de Jeanne d’Arc, ami du sulfureux Gilles de Rais et infatigable voyageur, Jhen fait escale à Rome pour ce nouvel épisode : lequel permet au lecteur de retrouver la signature de Jean Pleyers (le premier dessinateur de cette incontournable série).

An de grâce1440, à la fin de la guerre de Cent Ans. Jhen Roque — sculpteur, architecte et dramaturge — fait route vers Rome où il doit rejoindre le pape Eugène IV. Il est accompagné par Jean Fouquet (le peintre du roi de France), Antonio Filarète (un éminent architecte florentin), Angeline de Waldo (une musicienne virtuose et chanteuse) et le frère de celle-ci : Athanasius. La petite troupe est invitée par le souverain pontife à se produire devant Dorothée de Mitylène : l’émissaire du nouveau patriarche de Constantinople (Métrophane II).

En éblouissant ce représentant, Eugène souhaite redonner son faste d’antan à l’Église de saint Pierre aux prises avec le schisme et rêve de réunir les Églises d’Orient et d’Occident. Mais, depuis son palais épiscopal de Bâle, l’antipape Félix V conspire pour renverser le pontife romain. Il charge frère Ruben, un moine fanatique, de gagner Rome, afin de restaurer l’autorité papale en faisant assassiner Eugène II.

Il agit dans l’ombre avec la complicité d’Angélique et d’Athanasius qu’il fait chanter en leur promettant de gracier leur père — hérétique — menacé desupplice. Jhen, une fois encore au cœur de la conspiration malgré lui, découvre que — sous la défroque de Ruben — se dissimule le visage défiguré du moine Palefroid qu’il croyait disparu depuis plusieurs années, avalé par la lave d’un volcan. Après l’avoir affronté dans « L’Alchimiste », il engage un nouveau combat contre l’homme qui n’a qu’une idée en tête : se venger.

Ce troisième scénario écrit par Néjib est fidèle aux fondamentaux proposés par Jacques Martin depuis ses premiers pas dans la BD : un héros qui voyage, lutte contre un ennemi mystérieux, puis déjoue une conspiration. Ceci, tout en montrant un profond respect envers l’Histoire. De son côté, le dessin de Jean Pleyers, créateur voici bientôt 50 ans du personnage (lui-même est âgé de 83 ans !), donne à admirer des pages minutieusement travaillées qui ne dépayseront pas les habitués de l’un des maîtres de la ligne claire.

Apparu en 1978 dans les pages de Tintin sous le nom de Xan, le temps d’y vivre deux aventures, le jeune maître sculpteur revient en 1984 aux éditions Casterman sous le patronyme de Jhen. Plusieurs dessinateurs alternent les albums aux côtés de Jean Pleyers : Thierry Cayman, Paul Teng ou Hugues Payen. Divers scénaristes succèdent à Jacques Martin : Jerry Frissen, Valérie Mangin, Jean-Luc Cornette… Que les inconditionnels de la série se rassurent, un nouvel épisode est déjà en cours de réalisation : « Le Prince noir », écrit par Roger Seiter et dessiné par un nouveau venu (Robert Paquet, un ancien membre du studio Graton). De 2005 à 2019, la collection « Les Voyages de Jhen » — qui compte 18 albums — invite le lecteur à visiter l’Europe au temps de Jhen,avec les signatures de Jacques Martin, Jean Pleyers, Yves Plateau, Marco Venanzi, Benoît Despas, Ferry, Nicolas Van de Walle, Olivier Weinberg…

Jean Pleyers.

Né le 7 juin 1943 à Verviers, Jean Pleyers étudie à l’École supérieure des arts Saint-Luc de Liège. Il assiste Gérald Forton sur « Teddy Ted », réalise du lettrage pour Paul Cuvelier sur « Line », puis propose quelques récits pour le supplément jeunesse du quotidien Le Soir, réunis en 1977 dans l’album « West Stories » chez Michel Deligne. Il adapte une dizaine de romans des éditions du Fleuve noir pour les pockets des éditions Aredit (les collections Aventures fiction, Hallucination, Sidéral…) Après « Xan » et « Jhen », Jean Pleyers retrouve Jacques Martin qu’il assiste sur « Le Cheval de Troie » (de la série « Alix ») en 1988, et ce dernier lui écrira encore « Kéos » (aux éditions Bagheera en 1992, puis chez Hélyode et enfin chez Casterman). Seul, il signe le diptyque « Les Êtres de lumière » pour Métal hurlant de 1981 à 1983, puis en albums aux Humanoïdes associés, et la trilogie « Giovani » chez Casterman, de 1996 à 2002.

Néjib.

Brillant disciple de Jacques Martin, il tient toujours le cap : avec la collaboration de son épouse Corinne Pleyers pour la mise en couleurs.

Né en 1976 en Tunisie, Néjib Belhadjkacem — qui signe Néjib — étudie le graphisme aux Arts décoratifs de Paris. Cet auteur franco-tunisien commence par réaliser des livres pour enfants, dont « L’Abécédaire zoométrique » en 2010 chez Gallimard. Il publie la plupart de ses romans graphiques chez cet éditeur : « Haddon Hall » en 2012, « Stupor Mundi » en 2016, le triptyque « Swan » de 2018 à 2022, enfin « Haute Enfance ». Directeur artistique des éditions Casterman depuis 2013, il écrit « Les Frères Karabatic » pour Christopher et une version manga des « Trois Mousquetaires » pour Cédric Tchao. On lui doit les scénarios de trois épisodes de « Jhen ».

Henri FILIPPINI

Toutes les images sont sous copyright  Jhen T20 : La Louve céleste – PLEYERS & NEJIB / © CASTERMAN 2026.

« Jhen T20 : La Louve céleste » par Jean Pleyers et Néjib

Éditions Casterman (13,50 €) — EAN 9782203228597

Parution 18 mars 2026

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