Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...« Le Goût du métal » serait-il le goût de l’accomplissement pour Bruno Duhamel ?
Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Influencé par toutes les vidéos qu’il regarde sur internet et malgré son manque de compétence, Léo est donc devenu un détectoriste : l’un de ces chasseurs de trésors qui rapportent surtout de vieux clous rouillés, au mieux d’anciennes pièces de monnaie sans valeur… 
Cela dit, notre héros est aussi un contemplatif qui préfère le contact avec la nature aux corvées de ménages ou de vaisselle : rien d’étonnant, alors, que sa sœur — qui, elle, travaille dur pour les faire vivre — le considère comme un ado mal dégrossi qui se contente d’encaisser son RSA. C’est une évidence, ils n’ont pas les mêmes aspirations !
Poursuivant son rêve de môme, détecteur en main, le jeune homme part donc en quête d’un hypothétique magot et va s’aventurer, malgré lui et sans autorisation, sur un terrain de chasse situé dans une zone d’intérêt historique très encadrée. La représentation de la campagne nivernaise et la vie rurale — avec sa riche galerie de personnages aux trognes inoubliables — sont, d’ailleurs, quelques-uns des principaux attraits de cette bande dessinée un peu nostalgique, où l’auteur a manifestement mis beaucoup de lui : de ses doutes, de ses espoirs, mais également de ses afflictions.
Quoiqu’il en soit, « Le Goût du métal » est un bel album fort bien dessiné et colorisé, dans la digne tradition de l’école franco-belge : respectueuse d’une certaine forme de narration graphique efficace et bien documentée, mais aussi de l’anatomie, du détail et des décors, tout en nous faisant passer, tout en douceur, un message plus ou moins sociétal et écologique.
(1) Sur Bruno Duhamel, voir aussi sur BDzoom.com : Dans « Whisky », Bruno Duhamel et David Ratte mettent en lumière les SDF…, Avec Bruno Duhamel, il ne faut jamais dire « Jamais » !, De drôles d’histoires au cœur des maisons…, Un western qui ne manque pas de sel !, Se faire la belle, un jour ?, « # Nouveau Contact » : une très drôle critique sociale, bien vue, sur fond de réseaux sociaux…, « Jamais » par Bruno Duhamel, « Le Retour » par Bruno Duhamel, « Les Brigades du temps » T1 (« 1492, à l’ouest, rien de nouveau ! ») et T2 (« La Grande Armada ») par Bruno Duhamel et Kris…
« Le Goût du métal » par Bruno Duhamel
Éditions Grand Angle (15,90 €) — EAN : 9791041119981















