Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Van Melkebeke, Hergé et Jacobs
A l’ombre de la ligne claire ou la passion de Jacques Van Melkebeke… Toute la vie de cet artiste sensible, rêveur et lunaire, qui a cru avec son ami Edgar jacobs, dans leur jeunesse commune, que la réussite allait leur sourire à tous deux, est voilée d’ombre… celle, après la guerre, de ses amis dessinateurs, dans laquelle il fut contraint de s’abriter, puis, vers le crépuscule, celle de l’amertume.
Ce peintre qui, comme Jacques Laudy, mais d’une manière moins positive, fut toujours décalé par rapport à son époque, n’a jamais pu parvenir à l’accomplissement de son art ni y trouver son épanouissement. Il n’en fut pas moins à l’origine des plus belles idées qui ont inspiré Hergé, Jacobs et d’autres quoiqu’il ai toujours refusé – contraint ou non – d’y apposer sa signature, et toujours rejeté la qualité de scénariste.
Un portrait intéressant pour une histoire triste, écrite sobrement, qui présente aussi l’intérêt de nous faire observer de l’extérieur la personnalité et le caractère de certains monstre sacrés. Un point de vue important, et un de plus, pour quelques biographies célèbres, toujours à refaire.
A l’ombre de la ligne claire, Jacques Van Melkebeke le clandestin de la BD, de Benoit Mouchard (Editions Vertige Graphic, 17 euros).






