Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Kuklos
Sylvain Ricard et Christophe Gaultier nous avaient séduits il y a quelques mois avec l’effrayant et fantastique roman graphique d’atmosphère « Banquise », peuplé de violence et de sorcellerie. Ils récidivent aujourd’hui en mettant en scène un récit plus réaliste et plus engagé.
Sud des Etats Unis, années 50. Tout bon notable local se doit d’intégrer le Ku Kux Klan, pour préserver l’avenir de sa domination sociale. C’est ainsi que Jackson devient naturellement klaniste, par devoir. Comme Hummond. Sauf que ce dernier le fait par plaisir. Les engagements des deux hommes n’ont donc rien à voir. Entre ces deux là, la cagoule risque bien de virer au rouge …
Sylvain Ricard et Christophe Gaultier nous avaient séduits il y a quelques mois avec l’effrayant et fantastique roman graphique d’atmosphère « Banquise », peuplé de violence et de sorcellerie. Ils récidivent aujourd’hui en mettant en scène un récit plus réaliste et plus engagé. Avec malice, il font s’opposer les klans modérés et extrémistes, on dirait aujourd’hui les branches politiques et activistes, tout en démontrant qu’il ne faut jamais oublier que l’idéologie raciste d’origine, quelque soit son vecteur, est à rejeter. Le graphisme de Christophe Gaultier , qui peut sembler à difficile d’accès à priori, est en fait très lisible. Le dessinateur utilise avec habileté son style pour jouer d’expressivité et de mouvement tout en maintenant une atmosphère lourde au récit, violent comme la réalité de l’histoire. LT






