Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Zapata, en temps de guerre
Il y a à peine un an, Philippe Squarzoni secouait le petit monde du neuvième art avec « Garduno, en temps de paix », un essai politique en bande dessinée (le premier du genre) traitant de la mondialisation libérale que l’auteur dénonçait avec vigueur.
Le temps du constat est désormais révolu et si avec Garduno …, l’auteur dressait sans complaisance un état des lieux des ravages liées à la mondialisation, il s’intéresse aujourd’hui, dans Zapata en temps de guerre aux mouvements citoyens contestant cet ordre libéral et à la résistance qui s’organise. Zapata … n’est pas vraiment la suite de Garduno, il en est la conséquence. Philippe Squarzoni se situe dans une perspective historique. Il dénonce le capitalisme libéral sauvage tout en lui reconnaissant une certaine saveur. Pourtant, il imagine d’avance le jugement historique qui découle de cette orientation abandonnant de plus en plus de laissés pour compte sur le bord de la route : « Un enfant toutes les trois secondes, qui meurt de faim à cause de la pauvreté. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas ». Essai politique majeur, bien qu’engagé, clairement situé dans la lignée des mouvements alter-mondialistes, Zapata … est l’arme avec laquelle Squarzoni veut, à sa manière, lutter pour changer le monde. LT
Zapata, en temps de guerre – Les requins Marteaux – 20€






