Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
BREAK POINT: L’INTEGRALE !
Excellente idée que de réunir les deux titres de « Break Point », « La Matriochka » et « Le Cheval de Troie ». Dans cette présentation, on appréhende mieux l’intrigue et le machiavélisme des auteurs.
Nous avions été enthousiasmé à la lecture du premier volet de Break Point intitulé La Matriochka. Le deuxième album vient de paraître, Le Cheval de Troie et l’habileté de Mutti, le scénariste est démoniaque. Pendant 56 pages, il roule le lecteur dans la farine avec une subtilité rare chez un scénariste de bandes dessinées. Il nous laissait en haleine à la fin du premier récit et l’attente fut longue pour connaître le dénouement. C’est du grand art et porté à l’écran ce serait un pur chef d’œuvre de suspense. Cela me fait penser aux Diaboliques de Boileau et Narcejac (l’intrigue n’a rien voir avec Break Point), mais le retournement de situation est du même effet. Quant au dessinateur, il s’en tire à merveille, son procédé narratif est de qualité. A lire immédiatement. Mériterait un prix à Angouême.CM






