Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...La malle Sanderson
Pour son grand retour réussi à la bande dessinée, Jean-Claude G?tting traite des illusions, aux sens propre et figuré. Un ouvrage d’une qualité exceptionnelle à n e pas louper !
Rien à voir avec Harry Potter, le jeune héros apprenti-magicien dont il est l’illustrateur officiel pour les traductions en langue française. Non, si Jean-Claude Götting a choisi l’univers de la magie en toile de fond de La malle Sanderson, c’est tout simplement que l’illusion le captive, les trucs de magiciens en particulier, qu’il recherche avidement sur Internet. Peu sont dévoilés ici, en tout cas les seuls plus connus et l’essentiel est ailleurs. Sanderson, illusionniste renommé des années 1930 ne rêve que d’une gloire égale à celle d’Houdini et de conquêtes américaines. Il prépare d’ailleurs un tour exceptionnel pour son passage à New-York. Individualiste et peu mondain, il accepte du bout des lèvres une invitation à un dîner quand la maîtresse de maison, Marie Van Nolde, insiste pour l’avoir à sa table. Lui, qui n’a de cesse de dénoncer les illusions faciles tombe rapidement dans celle d’une aventure qu’il souhaite sans lendemain mais que Marie considère comme sérieuse. Elle même s’est mariée sans amour, sous réserve que son mari accepte son départ quand elle aura trouvé son idéal. Autre illusion La femme, l’amant puis, bien sur, le mari sont les acteurs de cette tragédie où règne encore l’illusion, sociale cette fois.
Avouons le, le retour de Jean-Claude Götting, qui n’avait pas publié de bande dessinée depuis plus de 10 ans, se fait en force. Son récit, habile dans le fond et totalement maîtrisé dans la forme, se double d’une lisibilité exemplaire et d’une formidable précision graphique, notamment dans la reconstitution des décors et de l’atmosphère de la période considérée.
Laurent Turpin






