Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...La malle Sanderson
Pour son grand retour réussi à la bande dessinée, Jean-Claude G?tting traite des illusions, aux sens propre et figuré. Un ouvrage d’une qualité exceptionnelle à n e pas louper !
Rien à voir avec Harry Potter, le jeune héros apprenti-magicien dont il est l’illustrateur officiel pour les traductions en langue française. Non, si Jean-Claude Götting a choisi l’univers de la magie en toile de fond de La malle Sanderson, c’est tout simplement que l’illusion le captive, les trucs de magiciens en particulier, qu’il recherche avidement sur Internet. Peu sont dévoilés ici, en tout cas les seuls plus connus et l’essentiel est ailleurs. Sanderson, illusionniste renommé des années 1930 ne rêve que d’une gloire égale à celle d’Houdini et de conquêtes américaines. Il prépare d’ailleurs un tour exceptionnel pour son passage à New-York. Individualiste et peu mondain, il accepte du bout des lèvres une invitation à un dîner quand la maîtresse de maison, Marie Van Nolde, insiste pour l’avoir à sa table. Lui, qui n’a de cesse de dénoncer les illusions faciles tombe rapidement dans celle d’une aventure qu’il souhaite sans lendemain mais que Marie considère comme sérieuse. Elle même s’est mariée sans amour, sous réserve que son mari accepte son départ quand elle aura trouvé son idéal. Autre illusion La femme, l’amant puis, bien sur, le mari sont les acteurs de cette tragédie où règne encore l’illusion, sociale cette fois.
Avouons le, le retour de Jean-Claude Götting, qui n’avait pas publié de bande dessinée depuis plus de 10 ans, se fait en force. Son récit, habile dans le fond et totalement maîtrisé dans la forme, se double d’une lisibilité exemplaire et d’une formidable précision graphique, notamment dans la reconstitution des décors et de l’atmosphère de la période considérée.
Laurent Turpin







