C’est le 15 avril 1941 qu’Edgar Jacobs est présenté par son ami d’enfance Jacques Van Melkebeke à Hergé, à l’occasion de la représentation de « Tintin et Milou aux Indes » au théâtre des Galeries, à Bruxelles : une pièce écrite par Hergé et Van Melkebeke. Cette rencontre marque le début d’une longue et fructueuse amitié entre le dessinateur des aventures du déjà célèbre Tintin et l’imposant baryton devenu dessinateur par nécessité. Au fil de cet ouvrage passionnant, Éric Verhoest revient sur les trois décennies au cours desquelles les deux maîtres de la ligne claire se sont livrés à un amical duel. Jacobs, et plus encore Hergé, ont fait l’objet d’une multitude d’ouvrages (1) ; celui-ci est le premier réunissant les destins croisés de ces deux géants de la bande dessinée belge.
Lire la suite...« Les Sisters » T6 (« Un namour de Sister ») par William et Christophe Cazenove
Wendy, la grande, et Marine, la petite, sont actuellement les deux sœurs les plus populaires de la bande dessinée franco-belge destinée aux adolescentes.
Elles sont apparues sur le blog créé par le dessinateur Wiliam, qui en raconte ainsi la genèse :
« Je me suis dit un jour qu’il serait amusant de mettre en scène la vie quotidienne de mes deux filles. J’ai commencé par ouvrir un blog en 2006, deux ans avant la parution du premier album. Je l’ai appelé « Un air de famille ». Comme il a connu un certain engouement, j’en ai parlé à Olivier Sulpice, éditeur de Bamboo. Je venais de terminer de dessiner un polar en BD, j’étais disponible pour me lancer dans ce projet, et voilà comment « Les Sisters » ont démarré. »
Wendy et Marine sont des filles d’aujourd’hui, qui vivent avec leurs parents. La première est en plein dans l’adolescence ; la seconde est encore dans l’enfance. Elles n’ont pas les mêmes préoccupations, forcément. Elles se disputent souvent parce que Marine ne se laisse jamais oublier, exaspérant souvent sa grande sœur qui lui préfère ses amies. Mais elles ne peuvent se passer l’une de l’autre. Ce sont de vraies sœurs, quoi, à la fois complices et chamailleuses.
« Les Sisters », ce n’est pas la vie de famille. William précise : « Je tenais à ce que les deux filles restent les vedettes. Je n’avais pas envie d’une série qui raconte la vie d’une famille, et il en existe déjà suffisamment qui montrent les deux parents. J’aimais bien aussi les dessins animés de Tom et Jerry où l’on ne voit que les personnages d’animaux, à l’exclusion des humains. Ce qui ne m’a pas empêché de me dessiner de trois-quarts dans certaines planches, mais je suis plus suggéré que vraiment montré … »
« Les Sisters » ne vieilliront pas. Christophe Cazenove, le scénariste, s’en explique : « L’un des ressorts humoristiques de la série tient au fait que Marine comprend tout de travers et se trompe de mots. Si elle grandissait, elle ne pourrait plus commettre ce genre d’erreurs –d’ailleurs, la vraie Marine a dépassé ce stade ! [… ] Si Marine devenait grande, elle ferait et dirait moins de bêtises, ce qui serait dommage car l’énergie des « Sisters » tient à son côté turbulent et spontané. Nous aimons bien la faire jouer avec les mots, et cela ne serait pas possible si elle grandissait. Mais par rapport au premier tome de la série, nous avons constaté que les deux sœurs ont évolué. Aujourd’hui, elles ressemblent plus à de jeunes ados. Elles n’auront jamais 18 ans, mais elles sont suffisamment actives et vivantes dans la vraie vie pour que leur pape me propose des situations amusantes pendant encore longtemps. »
Le tome 6 : « Un Namour de Sister »
Même si elles ne vieillissent pas, les deux sœurs grandissent et leurs préoccupations évoluent, surtout celles de Wendy. La voici amoureuse de Maxence, le petit blond aux jeans déchirés sur les genoux, pour le style. C’est aussi le temps des grandes conversations secrètes avec les copines, des sorties, des essayages qui n’en finissent pas dans les boutiques de vêtements, des discussions sur Internet. Pour Wendy, le monde s’ouvre. La petite Marine observe tout cela, fait « le crampon », se demande de quoi peut bien parler sa sœur, s’interroge et se fâche tout rouge quelquefois en la traitant de « pourrite ».
Cela ne l’empêche guère d’être toujours en mouvement, de rire, de jouer, de s’enthousiasmer pour une gomme à paillette, de faire preuve d’une logique bien à elle, de trouver son nouveau grand lit génial et, à l’occasion, de consoler la grande sœur qui a des peines de cœur.
Une chronique très enlevée, qui procède par petites touches, dans de courtes histoires en une planche aux chutes savoureuses. La narration fluide, le dessin clair et dynamique, les dialogues savoureux et le vécu distillé dans ces récits du quotidien, expliquent le grand succès d’une série agréable à retrouver et à partager.
Catherine GENTILE
« Les Sisters » T6 (« Un namour de Sister ») par William et Christophe Cazenove
Éditions Bamboo (10,40 €) – ISBN 978 2 8289 0790 0









