Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
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La collection 1800 des éditions Soleil continue de proposer quelques petits joyaux de la bande dessinée populaire, en rassemblant des héros de la littérature classique du XIXe siècle qui évoluent dans un univers aux accents fantastiques ; le tout sous la direction éditoriale avisée de Jean-Luc Istin.
Et celui qui se dissimule sous le pseudonyme de Dobbs (après avoir sévi en tant que pigiste dans le domaine du jeu de rôle, du jeu vidéo et de l’audiovisuel, ou avoir écrit les scénarios de la série humoristique « Après la classe », dessinée par Philippe Fenech dans Le Journal de Mickey, d’un album policier chez Carabas et de deux autres pour la collection Serial Killer de chez Soleil en 2009 et 2010) en est devenu, petit à petit, l’un des scénaristes les plus présents et des plus intéressants ; ne serait-ce qu’avec des séries comme « Mister Hyde contre Frankenstein » (dessins d’Antonio Marinetti), « Allan Quatermain et les mines du roi Salomon » (dessins de Dim D), « Alamo » (dessins de Fabio Pezzi et Darko Perovic) ou « Loki » (dessins de Benjamin Loirat).
D’ailleurs, il s’y impose une fois de plus, avec brio, grâce à cette plongée dans le monde du crime à l’ère victorienne, remarquablement illustrée par Stéphane Perger, le dessinateur du premier cycle de « Sir Arthur Benton » et de « Sequana » chez EP ou d’un épisode des « Avengers Origins » pour Marvel : ce dernier y dévoile tout le registre de son immense talent graphique, lequel est en totale adéquation avec l’ambiance et l’époque de ce scénario aussi palpitant que terrifiant…
Bien entendu, les références et les influences y sont nombreuses (c’est la loi même du concept)… ; mais les auteurs réussissent à marquer cet ouvrage par leurs particularités narratives, rendant presque originale cette enquête dans le Londres de 1890 où un jeune et prometteur inspecteur, un peu trop humaniste au goût de ses supérieurs de Scotland Yard, se retrouve au placard après un transfert de prisonnier qui a mal tourné.
Le sensible et avant-gardiste policier va alors prendre la tête d’une équipe atypique (un gamin des rues qui servait d’informateur à Sherlock Holmes, un médecin psychiatre déjanté et son étrange assistante…) pour tenter de retrouver les évadés afin de démontrer à son Commissionner de patron qu’il reste une valeur sûre de la vénérable institution londonienne ; et pour se faire, il ne va pas hésiter à pactiser avec la pègre locale…
Gilles RATIER
« Scotland Yard » T1 (« Au cœur des ténèbres ») par Stéphane Perger et Dobbs
Éditions Soleil (13,95 €) – ISBN : 978-2-302-02339-0












Effectivement cette BD a l’air exceptionnelle. Merci pour cette découverte.