Depuis 2007, Greg Shaw travaille au Musée de la BD du Centre belge de la bande dessinée de Bruxelles, dont il dirige la bédéthèque. À partir de 2021, il y devient aussi rédacteur en chef de la revue trimestrielle bilingue Le Dessableur/Zandstraal — laquelle ambitionne, surtout, de faire découvrir le 9e art belge d’avant 1930 (1) — et même, récemment, commissaire d’exposition. Par ailleurs, il est également un auteur de BD, souvent minimaliste (car il recherche inlassablement la forme narrative la plus épurée possible), et va sortir « Culpabilis » chez Leaf Stripping Books [voir https://leaf-stripping.sumupstore.com] dans les prochains jours. Les dessins de ce nouvel album concept, où un homme se rend coupable de la mort accidentelle de sa compagne, ont tous été réalisés en découpe (au cutter) sur des feuilles de format A3 : une technique qui suscite l’admiration.
Lire la suite...Le commun des mortels

Le début : Cuba. Le Tueur est à La Havane, en mission. Sa cible : un jeune et brillant Cubain très proche de la présidence, commissaire spécial en charge des affaires pétrolières. De toute évidence, le Tueur est ici l’instrument …
Le début : Cuba. Le Tueur est à La Havane, en mission. Sa cible : un jeune et brillant Cubain très proche de la présidence, commissaire spécial en charge des affaires pétrolières. De toute évidence, le Tueur est ici l’instrument d’intérêts stratégiques américains. Mais cette fois, le scénario n’est plus aussi limpide que lors de ses précédents engagements. Le Tueur est réticent à aller jusqu’au bout, il n’aime ni la mission qu’on lui a confiée, ni l’identité et les motivations de ses commanditaires. Alors, pour la première fois, il va se laisser aller à jouer double jeu : sauver la mise de sa cible tout en donnant le change à ceux dont il est l’exécuteur. Un jeu particulièrement dangereux, évidemment. Pas de quoi affoler le Tueur. Le danger, il connaît. Et que ne ferait-il pas pour complaire à l’officier traitant que lui ont affecté les Cubains, la sculpturale Katia…
Notre avis : Un tueur aux états d’âme qui n’hésite pas à doubler ses commanditaires ! Matz nous propose cette intéressante évolution de son personnage au sang froid dans un album, dédié par le scénariste à Claude Moliterni, au ton plus posé que les précédents et dont une grande partie politisée est consacrée aux réflexions du personnage principal de cette série sur notre société. L’action, qui se ranime en fin de récit, dynamise un ensemble soutenu par le graphisme réaliste aux cadrages toujours pertinents de Luc Jacomon et se clôt sur une interrogation qui ne nous laisse qu’un seul choix : attendre impatiemment la suite !
Laurent Turpin
Casterman – 10,40 euros