Quel beau récit en bande dessinée que ces bouleversantes « Mémoires d’un garçon agité » : l’histoire d’un gamin émotionnable d’une dizaine d’années qui a décidé d’arrêter de grandir et de se raconter, à l’aide de la vieille machine à écrire familiale. Ce refuge dans l’écriture est le seul moyen qu’il a trouvé pour essayer de stopper le temps : pour oublier le fait de se sentir responsable, ainsi que la douleur subie devant l’anéantissement de ce qui était jusque-là sa vie. Le sensible dessin à la Sempé de Valérie Vernay et cet attachant personnage qui retrace des anecdotes de sa courte existence pourraient nous faire penser au Petit Nicolas, mais le propos du scénariste Vincent Zabus — par ailleurs poète et dramaturge — est tout autre : l’humour n’est là que pour dissimuler la gravité du sujet.
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Le début : Du neuf au lycée, Julien jeune enseignant en mathématiques rejoint l’équipe des Profs. Un poil angoissé, le novice va offrir quelques fous rires aux élèves et aux lecteurs. Par ailleurs, M. Polochon, fameux professeur d’histoire, est nommé …
Le début : Du neuf au lycée, Julien jeune enseignant en mathématiques rejoint l’équipe des Profs. Un poil angoissé, le novice va offrir quelques fous rires aux élèves et aux lecteurs. Par ailleurs, M. Polochon, fameux professeur d’histoire, est nommé maître de stage. Il est chargé d’encadrer la sémillante Mlle Doucet, dont le regard de biche bouleverse l’établissement. Enfin, les profs sont au regret d’annoncer le décès du vénérable catalogue Camif. Il est remplacé par Shopping prof.com, plus moderne et plus loufoque.
Notre avis : Pourquoi parler des « Profs » ? Les détracteurs de cette série à succès ne seront surement pas sensibles à son aspect divertissant et ne sauront convaincre les très nombreux lecteurs de sa soi-disant superficialité. Soi-disant, car au-delà d’une mécanique désormais bien rodée mettant en scène le quotidien de professeurs de lycée avec une légèreté très souriante basée sur la caricature, ou plutôt l’exploitation humoristique de stéréotypes, les auteurs s’attachent à défendre l’éducation publique républicaine, tout en se moquant gentiment de ses travers. Bref, on se prend au jeu et on finit par s’attacher à ces « Profs » désacralisés pour les rendre simplement mais profondément humains.
Laurent Turpin
« Les Profs T12 : Grève party » – Pica & Erroc – Bamboo – 9,95 Euros






