Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...« Un voyage en Transsibérien » par Bettina Egger
C’est à un vrai voyage auquel nous convie Bettina Egger, un voyage d’Ouest en Est de la Russie, de Moscou à Vladivostok, un voyage sur des voies de chemin de fer, celles du Transsibérien, un voyage sans intrigue mais qui loin d’être un carnet de route illustré constitue une vraie bande dessinée avec ses personnages, ses rencontres et ses décors…
Tout commence donc à Moscou, et plus précisément à Sokol, ex-village d’artistes rattrapé par l’urbanisation, où logent les deux protagonistes Adèle et Bettina, puis en gare de Kazan, capitale du Tatarstan. Puis c’est Perm et ses ruines (et la légende du Chat de Kazan), direction l’Oural, via Ekaterinbourg (et ses emblèmes communistes omniprésents), Novossibirsk, Akademgorodok (« cité radieuse des savants sibérien » qui ne l’est plus, radieuse). Enfin, le lac Baikal, le pays des Bouriates et les villes de Khoudir ou d’Oulan-Oudé achèvent le trajet de 9288 kilomètres jusqu’au Pacifique, après avoir traversé « 87 villes, 16 fleuves et 10 fuseaux horaires », longeant le Kazakhstan, la Mongolie et la Chine.
Ces cinq semaines de voyage sont évidemment l’occasion de goûter aux spécialités locales : le « tchak-tchak », pâtisserie au miel, ou l’oukha, soupe aux poissons, et la vodka, évidemment (et même la « vodka de lait » !).
Interrompant son récit, Bettina Egger évoque légendes, coutumes et croyances (le chamanisme, par exemple), ou l’histoire du train mythique et les fastes du Transsibérien 1900, mais aussi des « spécialités russes » comme le goulag « Perm 36 » devenu un musée. Pour « casser le moule » et varier l’esthétique, Bettina Egger change de style et de présentation selon les sujets, délaissant le dessin noir et blanc, au trait ténu, griffu, un peu suranné peut-être mais auquel on s’habitue bien, d’autant que les visages et les expressions sont particulièrement réussis.
C’est enfin l’occasion de découvrir les éditions Jarjille, « une maison d’édition alternative qui cherche à favoriser les auteurs et à mieux maîtriser les étapes de la chaîne du livre (…). Jarjille privilégie les circuits courts (imprimeurs, relieurs de la région Rhône-Alpes), fonctionne sans salarié, réinvesti ses bénéfices dans la structure associative et s’appuie sur un réseau national de libraires indépendants » : http://www.jarjille.org/
Alors, bon voyage ! Le train va partir…
Didier QUELLA-GUYOT : L@BD->http://9990045v.esidoc.fr/ et sur Facebook.
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« Un voyage en Transsibérien » par Bettina Egger
Éditions Jarjille (15 €) – ISBN : 978-2-9186-5842-9










