Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...« Les Contes de la ruelle » par Nie Jun
Les ruelles de Pékin, les fameuses hutong, ont failli disparaître avec la modernisation effrénée qu’a connue la capitale chinoise. Une partie pittoresque du vieux Pékin a cependant été sauvée : portes, courettes carrées, ruelles étroites, calmes et ombragées sont même devenues un enjeu touristique…
La vie familiale, populaire de ces ruelles ancestrales y est intense et on les retrouve dans ces quatre saynètes mettant en scène un grand-père et sa petite fille, Yu’er, une gamine infirme qui rêverait par exemple d’être nageuse. Le grand-père est pour elle une sorte de Sésame, celui qui permet les rêves, comme celui de découvrir « Le Paradis des insectes ». Le monde joliment coloré et aquarellé de cet album pourrait tirer vers le conte merveilleux, mais les enfants n’y sont pas tous gentils, loin de là !
La plus belle histoire est sûrement celle de « La lettre » : une lettre, une vieille boite aux lettres, des timbres de collection…quelle importance tout ça à l’heure des e-mails ?! Pourtant, le grand-père, facteur retraité, leur doit tout et on le retrouve pédalant sur les petits ponts aux rambardes de pierre ouvragées, enfilant les ruelles aux maisonnettes identiques aux toits de tuiles rondes et grises…
En fin d’ouvrage, un « Carnet de la ruelle » réunit justement cinq dessins au crayon de ces travées pleines d’Histoire, et d’histoires ! On en aurait aimé bien davantage d’autant que l’auteur est pékinois ! Nie Jun participait d’ailleurs, en 2008, à l’ouvrage collectif « Chroniques de Pékin » (Éditions Xiao Pan) où 10 auteurs de Pékin racontaient en BD leur ville juste avant les Jeux Olympiques de 2008. Ces 10 courts récits décrivaient une mégapole en évolution rapide et le combat permanent entre tradition et modernité, n’éludant aucun des défis qu’affrontait le pays : exode rural massif, enfants uniques gâtés, vieillissement de la population, jeunesse déracinée ou pollution… Il est par ailleurs l’auteur de « My Street » (Xiao Pan, 3 tomes), « Diu Diu » (Xiao Pan, 3 tomes) et « Zobo » (Paquet, 2 tomes).
Alors, bon voyage…
Didier QUELLA-GUYOT ([L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook).
http://bdzoom.com/author/didierqg/
« Les Contes de la ruelle » par Nie Jun
Éditions Gallimard (18 €) – ISBN : 978-2-0706-6399-6











