Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
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Le début : Marseille, 2049. Alors qu’ils marchandent une part de haschish, Sev’ et Toff’ échappent de peu à une descente de police. En fuite vers l’hôpital d’Aix-en-Provence pour réparer l’implant fantasmaticq 3.6 de Pagnol, le père de Sev’, ils …
Le début : Marseille, 2049. Alors qu’ils marchandent une part de haschish, Sev’ et Toff’ échappent de peu à une descente de police. En fuite vers l’hôpital d’Aix-en-Provence pour réparer l’implant fantasmaticq 3.6 de Pagnol, le père de Sev’, ils se retrouvent entre les feux croisés de la milice et d’une bande de truands lancés aux trousses d’une jeune femme, Brigitte, et d’un étrange personnage : « le Bonheur »…
Notre avis : Jean-David Morvan, qui n’est pas à un défi près, n’hésite pas à mettre en scène Le Bonheur, dans une société futuriste qui en manque cruellement. Très dense, l’histoire se situe dès ce premier tome à plusieurs niveaux, entre préoccupations sociales de fond, récit policier et évolutions individuelles des personnages. Cette richesse narrative associée au dynamisme du graphisme débouche sur un ensemble percutant, avec une qualité plutôt rare pour le premier album de ce jeune dessinateur. Steven Lejeune, qui a visiblement été élevé à la sauce « Manga » se révèle autant à l’aise dans les scènes d’action que dans les moments plus intimistes. Souhaitons que la suite de cette nouvelle série restera à la hauteur de ce premier volume.
Editions Delcourt – Collection Néopolis – 12,5€







