Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Odilon Verjus : Vade Retro, Hollywood !
Le début : Flanqué de son inséparable acolyte, le jeune et impétueux père Laurent, le bouillant révérend Odilon Verjus est en mission à Hollywood, La Mecque du 7ème Art et aussi la moderne Babylone du vice… Le Saint-Siège a chargé …
Le début : Flanqué de son inséparable acolyte, le jeune et impétueux père Laurent, le bouillant révérend Odilon Verjus est en mission à Hollywood, La Mecque du 7ème Art et aussi la moderne Babylone du vice… Le Saint-Siège a chargé ses deux «inquisiteurs» d’y superviser et surtout d’y veiller à la bonne tenue morale du nouveau film des Marx Brothers dont le tournage va commencer. Groucho, Chico et Harpo vont en effet revisiter à leur manière burlesque, la vie de Jésus ! Nos deux vaillants soldats du Christ vont s’y retrouver confrontés aux pires embrouilles du «Star System». Outre les caprices extravagants d’un certain Charlie Chaplin, il leur faudra également faire face à la catastrophe financière et au drame international que constitue le mystérieux kidnapping de l’idole du moment, la mignonne Shirley Temple… Il leur faudra de plus déjouer les menaces de mort proférées par le puissant parrain de la mafia des casinos, le célèbre gangster Bugsy Siegel, farouchement résolu à empocher la petite fortune que cet étourdi de Chico Marx a perdue au poker et tarde trop à lui payer. Bref, Odilon et Laurent vont se retrouver en haut de l’affiche d’une «superproduction» au générique de laquelle abondent les «guest-stars» les plus prestigieuses du cinéma américain du début des années ?30.
Notre avis : Au moment où une version restaurée du film « Le dictateur » de Charles Chaplin est projetée dans de nombreuses salles de cinéma, Vade retro Hollywwod, le nouvel opus d’Odilon Verjus révèle au monde entier comment l’interprète de Charlot à l’écran eut l’idée de mettre en scène une parodie acerbe du régime d’Adolf Hitler : c’est en effet le missionnaire bedonnant de Yann et Verron qui suggéra au créateur de La ruée vers l’or et des Temps modernes, alors en panne d’inspiration, d’interpréter un personnage épouvantable, plus épouvantable encore que le diable ! Comment ça, où ça ? Mais lors de la soirée organisée par William Randolph Hearst, le magnat de la presse, où Odilon se rendit en compagnie de son fidèle Laurent, de Joséphine BAker et des Marx brothers !
Autant vous le dire, tout le récit se situe dans cet esprit, entre personnages rééls et imaginaires, entre faits avérés et imagination débridée. Yann donne le meilleur de lui même dans ce nouvel album d’Odilon Verjus (lequel n’aspire -rappelons le – qu’à rejoindre ses chers papous) tandis que Laurent Verron se lâche sur l’expressivité des personnages et le dynamisme des situations.Un vent de folie souffle sur la BD !!
Collection Troisième degré – 9,45€






