Après le long périple qui a conduit Alix et les siens sur les traces de sa jeunesse en Gaule, en Orient, puis jusqu’aux profondeurs de la mystérieuse Atlantide, le sénateur romain cinquantenaire est de retour à Rome. Aux albums d’aventures classiques au long cours succède ce one-shot qui invite le lecteur à pénétrer dans les coulisses du pouvoir, où complots et cérémonies secrètes morbides se succèdent. Un épisode au scénario subtil, écrit comme une tragédie, qui aurait sans nul doute passionné Jacques Martin…
Lire la suite...Le combat ordinaire
Le début : Marco a quitté Vélizy pour la campagne. Il a quitté son psy parce qu’il trouve qu’il va mieux. Il a quitté son boulot de reporter parce qu’il en a marre de photographier “des cadavres exotiques ou des gens …
Le début : Marco a quitté Vélizy pour la campagne. Il a quitté son psy parce qu’il trouve qu’il va mieux. Il a quitté son boulot de reporter parce qu’il en a marre de photographier “des cadavres exotiques ou des gens en passe de le devenir”. À part ça, tout va bien. Il a un frère complice (rigolades et gros pétards) qui l’appelle Georges et réciproquement, à cause de John Malkovich qui disait dans Des souris et des hommes : “J’aurai un petit lapin et je l’appellerai Georges, et je le garderai contre mon cœur.” Il a des parents au bord de la mer. Un papa tout ratatiné qui oublie le présent mais se rappelle très bien la couleur de la robe de sa mère le jour de son mariage. Une maman qui s’inquiète pour lui, sa constipation, son avenir et le cancer du poumon qu’il va sûrement choper, comme le fils de Mme Bergerin. Après une virée affectueuse (et éprouvante) chez les parents, il retrouve le silence de sa petite maison dans la verdure, et son chat (baptisé Adolf en raison d’un caractère “affirmé”), qui se fait charcuter par le gros chien d’un sale con de chasseur. À cette occasion, il rencontre Émilie, vétérinaire de son état, et un chouette petit vieux qui ramasse des mûres.
Notre avis : Second « retour à la terre » pour Manu Larcenet qui, après avoir exploré- en collaboration avec Ferri - son changement radical de mode de vie avec humour (Dargaud, Poisson Pilote) s’axe désormais sur la dimension introspective de ce besoin de changement et sur la reconstruction d’un homme saturé de la société et de son environnement immédiat. Dans ce récit, où pointe une importante part autobiographique, Larcenet alterne les styles graphiques et narratifs et élabore un récit à la fois drôle, émouvant et grave, jusqu’à la chute finale, qui lui permet de démontrer que le monde n’est ni simple ni attendu. “C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”, écrit Larcenet. C’est aussi et surtout un très grand ouvrage …LT
Editions Dargaud – 12,60€






