Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« Le Khan » : une Chine, déjà rouge… de sang !
Cette nouvelle intégrale, qui change d’éditeur, redonne vie et hauteur aux cinq tomes du « Khan », pour les amateurs d’Histoire et de vastes fresques. L’ensemble narre la biographie — peu connue — de ce « plus grand des chefs de guerre », lequel a uni Chine et Mongolie dans un même empire. Cette fabuleuse épopée nous plonge aux XIIe et XIIIe siècles, sauvages, cruels et tumultueux, en nous contant la destinée hors normes d’un homme qui bataille pour réunir les tribus d’un peuple déchiré, entre « crimes de guerre » et grandes conquêtes : un livre impressionnant !
Né dans les steppes mongoles, Témoudjin, le futur Gengis Khan, est le fils de Yesugaï : chef de clan tyrannique. Avant la naissance de Témoudjin, sa mère avait été plusieurs fois enlevée et violée, ce qui nourrit des doutes sur sa filiation paternelle. À la mort de son père, Témoudjin est obligé de fuir avec sa mère et de lutter pour leur survie.
Sa « bâtardise » sera un puissant moteur, comme le seront injustice et frustration : ce qu’illustrent de nombreux épisodes violents, mais passionnants. « Sa vengeance sera terrible », mais ici on la voit à l’œuvre : cela donne un récit riche ethaletant. Le lecteur est littéralement baigné dans cette culture ancienne et méconnue, y compris dans ses moments de vie quotidienne et de sérénité. 
Initialement parue chez Soleil entre 1994 et 1999, la série a été publiée une première fois en intégrale en 2004. Pour cette nouvelle édition, passée chez Mosquito, Georges Ramaïoli, dessinateur et scénariste chevronné, signe de son nom (il avait signé les albums parus chez Soleil de son pseudonyme de scénariste : Simon Rocca).
Quant aux planches — pleines d’authenticité —, elles sont dues au dessinateur André Houot : un vieux routier de la BD, ayant réalisé son ultime œuvre récemment (1). Et les couleurs ont été remastérisées par la coloriste d’origine (Jocelyne Charrance), pour donner une nouvelle vie à l’ensemble. 
Cette nouvelle édition est une chance à saisir, pour les amateurs d’Histoire. Non seulement le trait, à la fois clair, précis et documenté, d’André Houot nous ravit, mais ce beau voyage à plus de sept siècles d’ici nous immerge pleinement dans un tumulte lointain…
Patrick BOUSTER
(1) Voir : « Asile ! » : la retraite à 76 ans pour André Houot !.
« Le Khan, empereur des steppes : intégrale » par André Houot et Georges Ramaïoli
Éditions Mosquito (39,50 €) — EAN : 978-2-493343-23-9
















