Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Il faut tuer José Bové
Résumé : Il y a du blé à se faire avec José Bové : il suffit de le transformer en marchandise. Plus précisemment en figurine d’hypermarché, digne des produits dérivés de Star Wars. Seulement voilà : il n’est pas d’accord, …
Résumé : Il y a du blé à se faire avec José Bové : il suffit de le transformer en marchandise. Plus précisemment en figurine d’hypermarché, digne des produits dérivés de Star Wars. Seulement voilà : il n’est pas d’accord, mais pas du tout. Et les figurines sont déjà fabriquées par les chinois qui ne sont absoluments pas conciliants quant aux conditions de réglement. La solution, pour les multinationales qui ont montées l’opération : se passer de l’avis de José Bové en se passant de lui tout court. Un tueur à gages est embauché. Et parallèlement, Raël est cahrgé de confectionner un clone, génétiquement modifié pour que le nouveau José Bové soit un conservateur réactionnaire pur jus. Evidemment, tout va foirer !
Notre avis : Nouveau venu dans la bande dessinée (il s’agit ici de son premier album, même s’il signe la série André dans L’Echo des Savanes), le dessinateur de Charlie Hebdo Jul effectue un dynamitage en règle de l’Alter et anti-Alter mondialisation. Poussant la logique « Alter » jusqu’à l’absurde (« Ce livre n’est pas une marchandise », pourrez-vous lire en quatrième de couverture !), l’auteur joue avec un plaisir non dissimulé des clichés en tout genre . Détournement de slogans et caricature poussée des libéraux et des « Alter », tant dans leur physionomie que dans leur façon de fonctionner, ne sont que des exemples du contenu d’un livre qui va à 100 à l’heure et tourne en dérision les errances d’un mouvement populaire et (normalement) aux thèmes universels. Un feu d’artifice de gags et de détails qui fait de cet album la première très bonne surprise de l’année. LT (A lire, dans Bandes Dessinées Magazine n°5 (parution le 26 janvier) un portrait de Jul, signé de votre serviteur)
Il faut tuer José Bové – Albin Michel – 12,50€






