Avec sa sensibilité et son trait aussi délicat que maîtrisé, et en seulement une quinzaine de titres — dont certains en plusieurs tomes — réalisés depuis 1999, Cyril Bonin (1) s’est bâti, une solide réputation dans le monde du 9e art : enchaînant les albums émouvants, mais qui nous interpellent également sur la nature humaine. L’histoire de ce Karl, robot dévoué qui va provoquer un accident de la route pour éviter une biche et, en conséquence, le décès de son riche et fantasque banquier de maître, risque de hanter pendant longtemps nos réflexions sur les rapports entre l’homme et la technologie…
Lire la suite...Des soldats d’honneur
Le début :Görk et Krag sont frères. Soldats de la Géhenne, ils gardent une porte secrète du Donjon. La porte étant peu usitée, ils s’ennuient. Jusqu’à ce qu’un vieillard aveugle oblige Krag, seul ce jour-là, à appeler du renfort …
Le début :Görk et Krag sont frères. Soldats de la Géhenne, ils gardent une porte secrète du Donjon. La porte étant peu usitée, ils s’ennuient. Jusqu’à ce qu’un vieillard aveugle oblige Krag, seul ce jour-là, à appeler du renfort pour l’empêcher d’entrer. Parce qu’il n’a pas rempli sa mission, Krag est condamné à être tué en plein désert par son propre frère…
Notre avis : Attention : chef d’œuvre ! Les « Donjons », à qualités inégales (comment pourrait-il en être autrement pour une collection de 5 séries dérivées totalisant déjà 25 titres), se suivent, mais ne se ressemblent pas. Avant le nouveau « Potron Minet » de Blain et les deux « Monsters » de Bercovici et Stanislas, tous prévus en 2006, c’est à Bézian qu’a fait appel le duo Trondheim & Sfar pour illustrer « des soldats d’honneur ». Illustrer est bien le verbe qui convient dans ce récit sans dialogue, dont les textes reflètent, en « voix off », les pensées de Görk, soldat aveuglément discipliné. Des pensées poignantes et résignées. Cette tragédie (grecque) sombre, violente où règne le désespoir et la mort est sublimée par le dessin de Bézian et couleurs de Walter qui renforcent l’atmosphère oppressante d’un récit (monstrueusement) existentiel. Du grand art. LT






