Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...« Rainmaker » : un personnage « eau » en couleurs…
Original, daté de la césure XIXe et XXe siècle, le récit de la vie de l’Américain Rainmaker rejoint, malgré lui, les craintes contemporaines sur la question cruciale de l’eau. Ce bien joli album, dans l’air du temps, est l’œuvre de Griffo et Rodolphe. Eau à la bouche…
Cette aventure éditoriale débute lorsque l’éditeur Nicolas Anspach tombe sur une photo de Charles Hatfield, accompagnée d’une note lacunaire. Comme souvent, l’éditeur se documente et en conclut qu’il détient un sujet incroyable. Dès lors, il le confie à deux auteurs reconnus : Rodolphe et Griffo. Ensemble, le duo de septuagénaires a déjà réalisé un album chez l’éditeur en janvier 2025 : « La Main du Diable ». (1)
Riche de son savoir-faire, de cinq décennies de pratique, le Normand Rodolphe livre aussitôt un scénario limpide et addictif. Et non dénué d’humour, ce qui ne gâche rien ! Le scénariste prend le parti de raconter l’histoire de Charles Hatfield à la première personne du singulier, notamment à travers un échange entre l’inventeur et un écrivain recueillant son témoignage en vue d’un livre.
Puis, c’est avec gourmandise que Griffo abat les planches en couleur directe, à raison d’une quinzaine par mois : excusez du peu ! Si la bande dessinée n’est pas une course de vitesse, le résultat est là : épatant en soi, bluffant si l’on considère le paramètre temps. Comme au temps des Félix Molinari ou Jean-Yves Mitton, autres vieux routards œuvrant au lendemain de la dernière guerre. D’emblée, le lecteur retrouvera ici le charme du dessin de Griffo — solide et vivant —, son trait de croquiste, sa couleur sensible et élégante, sa justesse des attitudes, sa variété du jeu d’expressions, son réalisme incarné… et distancié du réel, ou encore la richesse de ses trognes…
Quid du récit ? Fils d’un éleveur californien en proie au manque d’eau, le jeune Charles est marqué, comme son frère Paul, par ces années de sécheresse. Dès lors, le jeune homme s’intéresse aux phénomènes climatiques. Alors que les sourciers demeurent impuissants, Charles comprend ces phénomènes grâce à la lecture d’un livre : « Elementary Meteorology ». Dans les années 1890, le collégien commence de premières expériences météorologiques, infructueuses. Puis, en 1894, il rencontre un certain Fred Bimmay et, en mettant au point une formule chimique, il réalise enfin des essais concluants : en lançant du haut d’une tour — et à des moments propices — ses fusées chargées en chimie, Hatfield réussit à faire pleuvoir comme à Gravelotte ! Dès lors, son ami Fred optimise la découverte…
Pour le reste, il convient de préserver le suspense. Bref, outre le fait de ne pas être triste comme la pluie, ce récit — centré sur un personnage original — saura captiver le lecteur. Une réussite signée des inoxydables Griffo et Rodophe.
(1) Voir sur BDzoom.com : Rodolphe et Griffo tentent de revendre la main du diable !.
« Rainmaker » par Griffo et Rodolphe
Éditions Anspach (16 €) — EAN : 9782931105528

















