Isabel Allende, Georges Simenon…

Adapté du roman éponyme d’Isabel Allende, « Fille du destin » constitue un étonnant voyage entre Valparaiso, au Chili, et San Fransisco. Surtout en 1849 ! L’Amérique du Nord représente alors un rêve, un idéal, l’Eldorado, même pour une jeune fille de bonne fille, ce qu’est Eliza. Enfin, presque !

Eliza est en fait une enfant abandonnée recueillie par les Sommers, une famille de la bonne société anglaise grâce à laquelle elle va s’instruire, réfléchir, apprendre le piano. Problème : la « bonne famille » entend aussi la marier, à 16 ans ! Avec un bon parti, cela va de soi ! Second problème, Eliza est tombée amoureuse de Joaquim : un jeune ouvrier…

Joaquim a cependant décidé de rejoindre San Francisco, ignorant que sa conquête est enceinte. Qu’à cela ne tienne, Eliza se lance dans l’aventure pour tenter de le retrouver.

Un long, très long voyage commence, surtout pour une jeune femme qui va devoir affronter les travers liés à la ruée vers l’or en Californie : les hors-la-loi, la prostitution, le racisme, le sexisme…

Mais Eliza ne manque pas d’atouts : elle devient tour à tour pianiste, écrivaine public, infirmière, toujours travestie en homme. Ce récit féministe ne manque ainsi pas d’intérêts. En outre, la variété des situations du personnage et celle des décors est joliment portée par un graphisme spontané, plutôt caricatural, tout à fait efficace.

Les difficultés d’intégration, on les trouve aussi dans cette autre adaptation : « Barrio negro », roman de Georges Simenon intitulé « Quartier nègre », datant de 1935 et situé au Panama. C’est l’histoire d’un jeune couple, Germaine et Joseph, qui lâche tout pour rejoindre l’Équateur, où Joseph a accepté un poste de directeur dans la Société anonyme des mines.

Mais arrivés à Panama, c’est la désillusion : l’entreprise est en faillite ! Et plus d’argent pour revenir ! Tout bascule. Même leur couple. Dans cet univers multiculturel hyper codé, profondément raciste, avec d’un côté des Européens ou des Américains blancs, et de l’autre, dans le « barrio negro », les communautés africaines et antillaises venues construire le canal. Belle adaptation sur le déclassement et la colonisation, signée José-Louis Bocquet, sur les dessins tout en finesse de Javi Rey.

Didier QUELLA-GUYOT

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« Fille du destin » par Paula Lomas, d’après Isabel Allende

Éditions Le Lombard (23,95 €) – EAN : 9782808212885

Parution 13 février 2026

« Barrio Negro » par Javi Rey et José-Louis Bocquet, d’après Georges Simenon

Éditions Dargaud (22,95 €) – EAN : 9782505129110

Parution le 6 février 2026

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